Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

LEFASO.NET | Soumaila Sana • vendredi 10 mars 2017 à 23h57min

Des organisations de la société civile (OSC) et le Syndicat national des commerçants du Burkina (SYNAT-COM-B) ont organisé, le jeudi 9 mars 2017 à Fada N’Gourma, une marche-meeting. Ils ont ainsi interpelé la société minière, SEMAFO Boungou et pris l’opinion publique à témoin, sur le non-respect du Code minier par ladite société.

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Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

Ils se disent persuadés que le Code minier burkinabè (loi n°036-2015/CNT du 26 juin 2015) prône entre autres la bonne gouvernance, le développement local, la protection de l’environnement et les intérêts des communautés. Réunis à 8 h à la place des Martyrs, des organisations de la société civile (OSC) et le Syndicat national des commerçants du Burkina (SYNAT-COM-B) ont entamé leur marche, 30 mn plus tard pour un trajet de 1,5 km avec pour itinéraire, Place des martyrs - station Bayama- place des martyrs. Après un meeting de 30mn, une délégation a été constituée pour remettre un message au gouverneur de la région de l’Est, le colonel Ousmane Traoré, afin qu’il se penche sur leurs préoccupations et les transmettre à qui de droit pour leur prise en compte.

Il est ressorti de leur message transmis au premier responsable de la région, que les marcheurs saluent les efforts de la mine à l’égard de la population de la commune de Partiaga. En effet, et tout en espérant une occasion propice pour des débats de fond, ils estiment avoir recensé une somme de préoccupations liées aux prestations des services et aux emplois. Il s’agit, entre autres, du sort des déguerpis de Boungou, de la protection de l’environnement, de l’exigence du principe de subsidiarité à appliquer dans les prestations des services et l’offre des emplois locaux, surtout les emplois non qualifiés et semi qualifiés. A ceux-là, s’ajoutent le respect par la mine du décret qui établit la nomenclature des postes et les quotas d’emplois locaux requis suivant le cycle de vie de la mine.

Dans leur message, les marcheurs exigent la prise « dans l’urgence » des mesures et décisions comme la garantie des intérêts des déguerpis de Boungou et des populations riveraines du site minier et l’octroi de la livraison du carburant à MEGA-Energie, « la seule société de fourniture de carburant de la région de l’Est ayant postulé au marché et remplissant les conditions », tel que stipulé par l’article 101 du code minier du Burkina Faso. Ils demandent également l’attribution prioritaire des marchés de prestations de services (restauration, construction, transport et gardiennage) aux opérateurs de la région de l’Est, l’ouverture de négociations autour de la plate-forme revendicative des populations de la région de l’Est entre SEMAFO, les organisations de défense des droits des populations, les opérateurs économiques de l’Est et les autorités administratives.

Le gouverneur a remercié ses hôtes du jour pour leur marche pacifique et a souhaité, pour les prochaines fois, qu’il y ait un dialogue avant toute autre action. Il a promis de faire ce qui relève de sa compétence et de transmettre à qui de droit ce qui ne relève pas de ses prérogatives.
Il faut noter que les portes du grand marché de Fada N’Gourma sont restées fermées avant la tenue de cette marche-meeting.

Soumaila Sana
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 11 mars à 01:11, par Un professionnel du domaine minier
    En réponse à : Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

    Les Societes minieres sont des entreprises privees internationales. Elles sont tenues de respecter les lois locales et aussi internationales en ce qui concerne "doing business". Aucun soumissionnaire ne peut etre favorise sur la base de criteres fallacieux telle que « la seule société de fourniture de carburant de la région de l’Est ayant postulé au marché et remplissant les conditions ». Cela serait une discrimination ou une sorte de traffic d’influence condamnee par les lois internationales du "code of conduct and ethic". Votre demarche peut etre comprehensible en ce qui concerne l’environnement, les emplois et la responsabilite sociale pour les deguerpis. Pour la question du carburant vous etes hors jeu. Le carburant releve d’une question de securite de la mine et son contrat ne peut pas etre donne sur la base de "le seul soumissionnaire est de la region". Dans tous les cas le carburant lui meme n’est pas une denrhee local venant de Fada. La SEMAFO a le droit de choisir qui elle veut pour lui fournir le carburant pour sa nouvelle mine. La livraison du carburant est tres delicate pour les mines et l’attribution de son contrat ne suit pas toujours la "regle du seul soummissionnaire de la region". Votre soit disant societe a quel capital ? Est ce que votre source d’approvisionnement est elle fiable ? Comment vous approvisionnez vous ? Avez vous un plan B en cas de rupture de votre stock ? S’il vous plait, arretez ces genres de manifestations qui sont un freint a l’investissement. Tout investisseur veut avoir la latitude de choisir librement ses partenaires avec qui faire ses affaires. Pendant que nous y sommes, est ce que la societe MEGA-Energie elle meme donne l’exemple. Est ce qu’elle peut prouver qu’elle respecte faire affaire qu’avec « les seule sociétés de fourniture de la région de l’Est ayant postulé au marché et remplissant les conditions » ? Il ne faut pas demander a l’autre ce que vous ne pouvez offrir.

    Un professionnel du domaine minier

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  • Le 12 mars à 01:14, par Zorro
    En réponse à : Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

    Internaute 1 je suis tout à fait d’accord avec vous. J’ai personnellement de par mes fonctions, étudié de très près les rapports d’étude d’impact environnemental et social ainsi que le plan d’action de réinstallation des populations à déplacer. J’ai également participé au processus de validation de ces rapports où tous les acteurs ont été consultés de manière participative depuis les autorités régionales et provinciales aux populations de Boungou, de Partiaga, de Tatiangou, de Natongou, de Tambouangou et de Tawori. Le Gouverneur de l’Est a même organisé une rencontre entre la mine, les autorités de l’Est et les OSC. Mais franchement je trouve que les gens exagèrent. Car les différentes préoccupations des différentes parties prenantes ont été prises en compte dans les Arrêtés de faisabilité environnementale et le permis minier. Au sujet des fournitures locales, existe-t-il une entreprise à l’Est qui peut fournir par exemple quotidiennement 1 000 poulets de qualité sans rupture ? Parlant de fourniture de carburant la société "Mega Énergie" dispose-t-elle par exemple d’une politique environnementale ? Dispose-t-elle de compétence ou protocole pour intervenir en cas de déversement accidentel de carburant ? Quel restaurateur de l’Est peut fournir par exemple 1 000 couverts ( européens, africains et autres) trois fois par jour ?

    Parlant de préoccupations environnementales des marcheurs je suis étonné qu’aucun de ces marcheurs n’ait mis par écrit ces préoccupations dans des registres ouverts à cet effet pendant un mois. Ces registres ont été ouverts par le ministère en charge de l’environnement au Gouvernorat de Fada, à la Direction régionale de l’environnement de Fada, au Haut Commissariat de Diapaga et à la Préfecture de Partiaga (le Préfet était le PDS en son temps). Malgré les Communiqués dans les journaux, radios et crieurs publics annonçant l’existence de ces registres pendant 30 jours, seul le registre de la Préfecture de Partiaga n’a enregistré que deux interventions et aucune n’était relative à une quelconque préoccupation environnementale.

    Je ne suis pas de la mine, je n’ai pas d’intérêt quelconque à défendre.Je suis de l’administration publique et je n’ai rien contre les populations mais j’aimerais que l’on fonde nos revendications sur des faits objectifs et véridiques. Essayons plutôt de négocier là où nous ne sommes pas compétitifs et non faire des revendications. Allons aux sources d’informations pour mieux nous cultiver et savoir nos atouts et faiblesses de revendications

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  • Le 12 mars à 08:53, par Maria de Ziniare.
    En réponse à : Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

    C’est quoi une société étrangère. Total Burkina est une société de droit burkinabé qui paie ses impôts au Burkina qui embauche des Burkinabè et des ressortissants de la région de l’Est. Si vous estimez que SEMAFO a violé un texte de l’arsenal juridique burkinabè attaquez la en justice. Arrêter cet enfantillage qui ne vous fera pas avancer.

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  • Le 12 mars à 09:03, par On est tous de ce pays
    En réponse à : Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

    Burkinabé de toutes les régions, mobilisez vous pour chasser tous les ressortissants de l’Est qui travaillent dans les entreprises de vos régions respectives... Comment l’Etat peut-il fermer les yeux sur ce phénomène de régionalisme en devenir dans notre pays !

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  • Le 13 mars à 09:16, par Elysée
    En réponse à : Exploitation minière dans la région de l’Est : Une marche-meeting contre le non-respect du Code minier par SEMAFO

    L’Etat Burkinabè doit jouer pleine responsabilité dans le contrôle de l’exercice des sociétés minières mais aussi dans la relation entre les sociétés et les populations.
    La question de l’emplois national : si nos textes donnent une priorité à l’emploi national, il est important de bien communiquer la dessus et de recadrer les choses. Malheureusement, la pratique montre souvent que le politique pour des fins politiques voilent les chosent et encouragent sinon font exiger que l’emploi soit régional sinon ethnique (les ressortissants de telle région...). Souvent ces sociétés minières laissées à elle même accèdent à ces pressions illégales des populations. Or, ces actions sont une jurisprudence pour d’autres cas.
    Quand je lis le commentaire de l’internaute 4, c’est très grave car vous encouragez une guerre ethnique !!! Dans les autres régions comme dans le Nord ou le sahel, les même revendications ont été posées avec les mêmes arguments "fallacieux" comme le dit l’internaute N°1, et ils ont ont obtenu gain de cause souvent après violence (mine brûlée à Ouahigouya). Combien de Burkinabè travaillent ici au Burkina hors de leur région natale ???? faisons très attention, et l’Etat doit prendre vite des mesures avant que ce ne soit tard !!!
    Secundo : notre législation exige un contrôle du nombre des expatriés avec renouvellement du permis de séjour ; quelle mesure concrète l’Etat a t il pris pour suivre cela ?
    Enfin, les grilles salariales dans ce secteur : les administrateurs de l’Etat dans ces sociétés se contentent souvent juste de prendre leurs jetons de présence et oublier leur rôle. Comment comprendre qu’un boulanger expatrié vienne occuper un poste senior dans un secteur minier et se tape 20 fois le revenu de son adjoint directe (Burkinabè) qui fait le gros du travail ? L’État devrait définir une grille salariale minimale pour ce secteur afin de mieux protéger ses populations.
    Pour la fourniture des biens et services locaux : c’est très simple de raisonner comme l’internaute 2 "existe-t-il une entreprise à l’Est qui peut fournir par exemple quotidiennement 1 000 poulets de qualité sans rupture ?", et j’espère que ce n’est pas le raisonnement que tiendra des ministres en charge du commerce, de la jeunesse et de l’entrepreneuriat, sinon il leur faudra rendre le tablier ! Ce raisonnement tient au fait qu’il y a déjà des mégas structures déguisées dans l’ombre qui sont positionnées et attendent pour exploiter encore plus le pauvre : l’employer à 35 000f/mois et facturer 70 000 ou même 100 000f/mois aurpès de la société.
    Exprimez plutôt à l’avance aux jeunes entrepreneurs nationaux vos besoins, et que chacun (Etat, chambre de commerce, chambre des mines etc) se dise "comment nous allons les aider à fournir 1000 poulets par jour sans rupture". Comment développer l’économie structurelle de notre région ? au lieu de penser comment résoudre mon besoin rapide de nourriture ! La convention entre l’Etat et les sociétés minières doit englober tous ces aspect.

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