Safiétou Lopez, présidente d’honneur du CCNOSC : « Si nous n’avons pas reculé devant les crépitements des balles assassines du RSP, ce ne sont pas les magistrats qui vont nous faire reculer »

vendredi 29 juillet 2016 à 12h40min

Convoquée ce jeudi, 28 juillet 2016 au Service régional de la Police judiciaire sis à Wemtenga, suite aux propos qu’elle a tenus le 3 juin dernier lors d’un sit-in devant le Palais de la justice à Ouagadougou, la présidente d’honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CNCOSC), Safiétou Lopez, est repartie après environ deux heures d’audition. Elle était accompagnée de son avocat, Me Ambroise Farama.

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Safiétou Lopez, présidente d’honneur du CCNOSC : « Si nous n’avons pas reculé devant les crépitements des balles assassines du RSP, ce ne sont pas les magistrats qui vont nous faire reculer »

Il était 11h 20, lorsque la présidente d’honneur du CCNOSC, Safiétou Lopez, est arrivée au Service régional de la Police judiciaire de Wemtenga, accueillie par des dizaines de ses partisans auxquels on peut adjoindre des leaders d’autres organisations de la société civile à l’image d’Hervé Ouattara du CAR et de Marcel Tankoano du M21. A ses côtés également, son avocat Me Ambroise Farama.

« Ce qui me fait mal, c’est qu’on m’appelle ici. On aurait dû m’appeler à la justice. Il y a des juges qui sont gonflés, mais on va les dégonfler », a t-elle lancé à ses soutiens sur place. Puis, l’hymne national est entonné avant qu’elle fasse son entrée dans la cour de la Police judiciaire pour l’audition. 13h15, ses partisans piaffent d’impatience dehors…, le mercure monte. « Ça dure là, ça fait deux heures maintenant qu’elle est dedans… Dans les 30 mn qui suivent, il faut qu’elle sorte. (…). La vérité ne se négocie pas. Commissaire, libérez Safiétou Lopez, nous donnons 30 mn, sinon nous allons prendre nos responsabilités », pouvait-on enregistrer des propos de cette ambiance mouvementée. Les éléments de la police positionnés tentent de calmer les nerfs. Pour le porte-parole du CNCOSC, Désiré Guinko, cette mobilisation vise à « dire non à la justice à double vitesse. On n’est pas venu pour s’amuser, nous sommes venus pour défendre la liberté ». C’est sur ces entrefaites que Safiétou Lopez va franchir le portail, accompagnée de son avocat, adressant un sourire à ses partisans dans un mouvement de joie aux allures de victoire.

‘’J’ai maintenu mes propos et j’assume. Ce qui s’est passé pendant l’insurrection populaire n’est pas dirigé contre une institution, c’est contre tout un système de 27 ans dont fait partie la justice. Ils ont demandé si nous, nous comptons incendier le palais de justice, j’ai dit qu’en temps opportun, le peuple avisera. Mais, il est clair et net qu’au niveau de la justice, ça doit changer ; la justice à double vitesse on n’en veut pas… », a confié la présidente d’honneur du CCNOSC à sa sortie de l’audition. « Nous croyions que c’était les politiques qui s’ingéraient dans les décisions de la justice. Mais nous avons compris que les magistrats travaillent pour eux, ils ne travaillent pas pour le peuple. Je profite répondre au SAMAB ( un des syndicats des magistrats, ndlr) et au magistrat Antoine Kaboré pour lui dire que quand il dit que ce ne sont pas les tee-shirts qui sont sortis pour faire partir Blaise, je lui dis que ce sont les tee-shirts qui ont commencé à dénoncer, à sensibiliser et ce sont les tee-shirts qui se sont battus pour que eux, ils aient leur indépendance. Et c’est le contribuable qui paie leur salaire et ils ont des comptes à nous rendre. Nous avons dit, nous n’allons plus subir au Burkina Faso ‘’, s’est-elle insurgée. Elle signe : « Nul n’est au-dessus de la justice et même les magistrats ne sont pas au-dessus de la justice. On peut toujours m’enfermer, mais même à la MACO, je vais toujours dénoncer l’injustice. (…). Si nous n’avons pas reculé devant les crépitements des balles assassines du RSP (ex-régiment de sécurité présidentielle), ce ne sont pas les robes noires des magistrats qui vont nous faire reculer ».

Selon son conseil, Me Ambroise Farama, après l’audition, les conclusions seront transmises au procureur, qui décidera donc de la suite à donner à cette affaire.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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