Rétablissement de la transition au Burkina Faso : Le Mouvement Afrikamba appelle à éviter les erreurs du passé

samedi 3 octobre 2015 à 01h46min

Le Burkina Faso vient de connaître de nouveau des moments difficiles du fait du tristement célèbre régiment de sécurité présidentielle. Après une énième prise d’otage du traditionnel conseil des ministres, ce groupe de hors la loi instaurait un fantomatique Conseil National pour la Démocratie (sic), en abrégé CND. Ce CND sera balayé en une semaine par un mouvement populaire ayant peu de précédents. Malgré ce message ferme du peuple burkinabè, cette « horde d’insoumis » refusera le désarmement et le démantèlement exigé par le peuple burkinabè. Cette attitude apatride obligera les forces de défense et de sécurité, qui traînaient des deux pieds, à neutraliser finalement ces délinquants armés.

Rétablissement de la transition au Burkina Faso : Le Mouvement Afrikamba appelle à éviter les erreurs du passé

Malheureusement tous ces événements ont entraîné des dégâts matériels mais surtout des morts de femmes et d’hommes. Pour ces personnes tombées au champ d’honneur, le MOUVEMENT AFRIKAMBA exige vérité et justice et dénoncera toute hypocrisie à leur égard avant cela, en particulier des hommages sans justice ! En attendant nous nous inclinons sur leur mémoire et souhaitons que la terre libre du Burkina leur soit légère !

Ces événements sont loin d’avoir surpris notre mouvement. En effet nous avions à maintes reprises dans des déclarations publiées notamment dans les médias en ligne, affirmé nos appréhensions sans langue de bois, ni faux fuyants (suivre http://burkina24.com/2014/11/21/transition-afrikamba-invite-les-osc-a-respecter-lesprit-de-linsurrection/ et http://burkina24.com/2015/02/26/conduite-de-la-transition-le-mouvement-afrikamba-exprime-sa-deception/).
En particulier dès le 19 novembre 2014 nous affirmions ce qui suit : « Ainsi, bien que dans le principe cette charte proclame une transition civile, elle fait la part belle aux militaires (donc le RSP) qui peuvent contrôler la transition sans avoir ni la présidence de transition, ni la présidence du CNT. (…) Au regard de tout ce qui précède le MOUVEMENT AFRIKAMBA se réjouit, certes, du retour formel du pouvoir aux civils après 48 ans de pouvoir militaire mais invite le peuple burkinabè à une vigilance active afin d’annihiler le rêve à peine voilé du RSP de demeurer au contrôle des leviers du pouvoir d’État, mieux, d’exiger la dissolution de ce régiment qui a toutes les allures d’une milice au service du président en fuite ! »

C’est dans cette lancée que notre mouvement s’est engagé activement au sein de la coordination des OSC mises en place en février 2015 à la suite de la deuxième prise d’otage du conseil des ministres par le RSP. Le MOUVEMENT AFRIKAMBA en particulier faisait partie du groupe restreint (avec le FRC et la ligue panafricaniste) qui avait en charge la réflexion sur la stratégie à mettre en place pour aboutir à la dissolution effective du RSP et la démilitarisation du pouvoir. Nous ne savions pas que le RSP allait nous faciliter la tâche par son énième aventure.
Au moment où nous sommes en train d’enterrer ce pilier du régime COMPAORE, il est essentiel de ne pas refaire les mêmes erreurs que dans le passé. En effet un certain échec de la transition expliquerait en partie ces derniers événements. Pour n’avoir pas pris les bonnes mesures et/ou décisions au bon moment, malgré les interpellations constructives multiples dont celles de notre mouvement, pour avoir réduit l’objectif de la transition à une course de vitesse vers les élections, la transition a permis toutes les aventures imaginables.
Déjà, des mesures fermes et sans complaisance à la fois administratives et judiciaires doivent être prise à l’encontre des éléments du RSP, avant la fin du mandat de la transition. L’arrestation et le jugement (pour les événements d’octobre-novembre 2014 et de septembre 2015) de la chaîne de commandement du RSP ainsi que des supplétifs zélés doit en faire partie. Au-delà, il est essentiel que les jalons solides pour l’avancée des principaux dossiers de crimes de sang et de crimes économiques soient posés avant la fin de cette transition.
Notre mouvement souhaite donc que l’élan en cours ne soit pas vendangé à l’autel de la course vers les élections. À cet effet, le récent rapport de la commission des reformes et de la réconciliation nationales pourrait être la base d’une large discussion afin d’identifier les mesures urgentes à mettre en œuvre et comment suivre la mise en œuvre de celles qui le seront par le nouveau pouvoir.
Quoiqu’il en soit notre mouvement, tout en se démarquant de toute formation politique, ne ménagera aucun effort pour apporter sa pierre à la construction d’un Burkina débarrassé de l’impunité, de l’injustice sociale et de la justice partiale et partielle.

Pour la fondation d’un Burkina nouveau, en avant !

AFRIKAMBA, pour une Afrique des peuples !

Pour bureau national du MOUVEMENT AFRIKAMBA

Le Vice-Président

Oumarou HEBIE

Vos commentaires

  • Le 3 octobre 2015 à 21:13, par tengen-biga En réponse à : Rétablissement de la transition au Burkina Faso : Le Mouvement Afrikamba appelle à éviter les erreurs du passé

    Espérons que cette fois-ci cette position de AFRIKAMBA sera entendu. On se souvient en effet de vos précédentes prises de position. L’histoire vous donne raison. Merci beaucoup pour cette sortie.

    Répondre à ce message

  • Le 4 octobre 2015 à 14:15, par NOEL COMBARY En réponse à : Rétablissement de la transition au Burkina Faso : Le Mouvement Afrikamba appelle à éviter les erreurs du passé

    Tout a fait d accord avec votre ligne. Nous ne pouvons pas faire l économie de la vérité, de la justice et des principes fondateurs quand nous voulons construire un Etat.

    La tache est trop ardue pour la confier précipitamment a des partis politiques plus ou moins amateurs et qui sans doute se pencheront des leur élection a leur exercice naturel, la consolidation et la conservation de leur pouvoir en reléguant aux calendes grecques et techniquement, toutes les préoccupations véritables de la société.

    Or l heure est propice a une veritable introspection sociale pour decider de comment nous voulons etre et ce que nous devons rever pour les generations a venir. Le choix est loin d etre simple certes.

    En effet, d un cote, notre heritage socio culturel et historique nous dispose a une attitude de compromis, de pardon, de familiarite, de silence comme incarnation de l autorite, de respect quasi religieux envers l autorite. Non pas que ces valeurs ne soient pas propices et fructueuses a l ordinaire, mais dans notre nouveau monde, ces valeurs deviennent des freins surtout que justement, nos responsables ne sont plus aussi dignes que nos chefs de famille par le passe. Et pire lorsque les dirigeants de cette societe se laissent blaser par les richesses et le crime comme nous l avons vecu depuis une trentaine d annee.

    D un autre cote le fondement d un Etat de droit suppose que toutes les classes et entites sociales precedentes se fondent dans des individus equitables, sans ethnie, sans sexe, sans superpuissant, sans privilege particulier. Individus tous au service de leur nation, dont ils en tirent le bien etre reve. Cela suppose donc une mutation que nous ne soupconnons meme pas souvent et une re definition de nous memes avec des habitudes et des pesanteurs socio culturelles aux antipodes de notre etre culturel actuel.

    L enjeu est donc notre choix, lucide et conscient. Apres ce choix, il faudra reeduquer le peuple autour de ce nouveau contrat social.

    En realite, je crois que l aspiration profonde de ce peuple est tourne vers cette equite, d abord parce que toutes nos cultures parlent d integrite et de solidarite, mais aussi parce que depuis SANKARA, l esprit critique est devenu le mode de pensee et d analyse des actes de la plupart des jeunes.

    Nous recoltons aujourd hui cette histoire, cette sorte de faux depart de SANKARA, ce retour inique de Blaise au passe royaliste, et nous avons a les comptabiliser car avant tout ce furent tous des burkinabe et ils ont tous agi avec plus ou moins nos complicites, nos silences et nos resistances. C est notre histoire.

    S il faut commencer a faire la synthese, je dirai que le nouveau burkinabe devra retrouver toute la lucidite de son integrite comme reference de ses actes, et cette integrite lui commandera la modestie et la dignite de se soumettre a la justice de son pays lorsqu il est accuse de tort. Faire face parce que c est la la dignite, faire face parce que c est la la modestie et faire face parce que ce peuple est genereux lorsqu on le res[pecte en reconnaissant sincerement ses torts.

    Mais attention !!! Ce peuple ne tolerera certainement jamais les artificiers du pardon, a l image de toutes ces larmes de crocodile versees lors de nombreuses journees de pardon qui n ont emu personne, pas meme ceux qui demandaient pardon...

    Juste une reflexion et ma facon de voir.

    Répondre à ce message

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