Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

mardi 25 août 2015 à 23h14min

La situation sociopolitique actuelle est le reflet de la ronde des hypocrites. Adoul Karim Sango a bien raison d’affirmer : « Si vous mourrez pour un homme politique, vous êtes mort comme un chien ». Alliant sa formation de juriste, sa profession d’enseignant à l’ENAM et son expérience de militant engagé, cette boutade doit amener l’opinion burkinabè à réfléchir par deux fois surtout en cette période d’effervescence marquée par les dépôts de candidatures et les recours en inéligibilité.

Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

Cette sortie sonne le désarroi d’un homme avisé sur l’échiquier politique et la société civile. Elle traduit à tel point les acteurs politiques sont devenus dégoutants. Le respect de la parole donnée apparait dans leurs milieux comme la chose la moins partagée.

S’il est vrai que l’arène politique burkinabè n’a jamais été saine, force est de reconnaitre sa puanteur a pris des proportions inquiétantes ces derniers mots. Une fois, les trente-trois (33) martyrs ou héros, enterrés et pleurés, les velléités individuelles, collectives et partisanes ont pris un grand pas sur la cause commune. Après que le Chef de file de l’opposition ait volé en éclat, chacun est retourné à son champ avec ses partisans oubliant parfois la mobilisation et la communauté de destin qui ont forgé la vitalité démocratique burkinabè. Dorénavant, tous les coups sont permis. Aidés en cela par catégorie spontanée d’OSC animée par des prétendus leaders dont « la panse ne cesse de dépasser la pensée ». Jamais, des individus n’ont connu une ascension sociale aussi rapide que celle qui est donnée à voir après l’insurrection.

Du vélo à la 135, de la moto à la BMW ou au V8, des personnes portées en première ligne du chamboulement sociopolitique des 30 et 31 octobre 2014, profitent habilement du climat national en dents de scie. Elles ont tiré des dividendes des différentes crises survenues au cours de la Transition et entretiennent une partie de leurs compatriotes dans la psychose. Si bien que le délit d’apparence se lit maintenant à l’œil nu. Même certains hauts responsables du parti, qui a initié la proposition de loi contre ce phénomène, n’hésitent à randonner la frange oligarchique du pays pour se donner les moyens de leurs ambitions partisanes (paiement de la caution et financement de la campagne) pendant les échéances électorales du 11 octobre prochain.

C’est un secret de Polichinelle que des responsables de partis politiques et d’OSC vivent actuellement de racket. A la tête de groupuscules agissant comme des milices, ils tiennent à leur merci, sous la menace, l’intimidation et le chantage, des opérateurs économiques et des personnalités qui se voient obligés de leur verser fréquemment des rançons afin d’avoir la paix. C’est à visage découvert que certains arpentent les bureaux pour négocier avec d’autres Burkinabè comme eux le prix à payer pour vivre en toute quiétude dans un pays prétendument nouveau. Si un profond travail de sensibilisation et de conscientisation n’est pas entrepris maintenant pour prévenir et condamner certaines dérives, la Transition pourrait secréter au Burkina Faso, comme la période post-électorale en Côte D’Ivoire, ses propres microbes c’est-à-dire des bandes meurtrières incontrôlées, qui vont empester le processus démocratique devant prendre le relai.

Ironie de l’histoire, la campagne électorale s’ouvre le 19 septembre prochain. Faut-il le rappeler aux partis et aux candidats en lice, la tragédie ivoirienne ayant conduit à une partition, résultante de toutes les myopies et des errances politiques d’un pays voisin voué à la prospérité, a éclaté un 19 septembre 2002. Ce sont les desseins inavoués et les aventures égoïstes qui ont entrainé l’inimaginable dans un pays qui a longtemps donné les gages de cohésion et d’hospitalité. Ce n’est pas jouer à l’oiseau de mauvais augure que de rappeler aux acteurs politiques qu’ils ont rendez-vous avec l’histoire dans leur élan de conquérir l’électorat. Le Burkina Faso est un navire de plus de dix-sept (17) millions de passagers, y compris soi-même. Il ne saurait être menacé par un naufrage quelconque du fait de dérapages dans les propos ou dans les actes. La Nation et la République doivent guidées les actions des uns et des autres.

L’atmosphère qui a caractérisée un tant soit peu le dépôt des candidatures vient rappeler un climat à risque qu’il appartient à tout citoyen et à tout citoyen d’œuvrer à dissiper. S’il y a un reproche à formuler à la majorité des femmes et des hommes de la terre, c’est qu’elle ne sait pas tirer suffisamment leçon du passé, une fois l’orage passé. Si l’ex-parti au pouvoir est à condamner avec la dernière énergie, l’opposition est aussi à blâmer. L’antagonisme entre le refus d’accepter sa défaite pour tourner la page des uns et l’avancée bourrasque dans un élan de spoliation politique tous azimuts des autres ne présage pas des lendemains meilleurs. Alors que la situation économique actuelle du pays couplée au fardeau de la pauvreté sans cesse pesante sur une population essoufflée requiert que chacun mette un peu d’eau dans son zoom koom, son dolo ou son bangui.

Une collusion entre les partis politiques et les acteurs de la société civile semble prendre en étau l’environnement sociopolitique. L’idéologie et la conviction fondent très peu les actions du paysage politique et de la société civile. La propension aux envolées solitaires est légion. L’heure a malicieusement sonné de travailler pour soi-même en rêvant d’être élu président ou député. Cette boulimie politique foule au pied la cohésion sociale. A tel point qu’une grande partie de la population ne sait aujourd’hui à quel avenir démocratique se vouer. Quand un dirigeant se laisse acheter ou accepte des perches financières inflexibles, il doit se tenir prêt à fructifier cet investissement électoraliste contre le gré de ses militants et de ses compatriotes.

Quelle crédibilité et quelle garantie de bonne gouvernance offrira un parti politique qui a procéder à une collecte de fonds auprès d’opérateurs économiques pour s’acquitter de la ou des cautions de son ou de ses candidats. Au-delà du débat sur l’inéligibilité d’un tel ou tel, il faut aussi se préoccuper de la source de financement des partis politiques. Au pacte de bonne conduite, doit s’ajouter un engagement moral à mener un combat politique décent. Il faut craindre un remake du piège dans lequel le régime de Blaise Compaoré est tombé au point d’abandonner l’économie nationale aux main d’un groupuscule.

Quand des leaders politiques se mettent à quémander des soutiens financiers de gauche à droite pour parvenir à leurs fins, il est évident qu’eux-mêmes et leurs actions seront enchainés par les desiderata des bailleurs de leur ascension. Après les expériences électorales continues depuis 1991, la population burkinabè doit être maintenant à mesure de s’armer une opinion publique véritable pour sanctionner les candidats en fonction de leurs paroles, de leurs actes, voire de leur programme de société.

Filiga Anselme RAMDE
filiga_ramde@yahoo.fr
Pour lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 25 août 2015 à 20:18, par YIRMOAGA En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    Merci au conseil Constitutionnel Qui vient de communiquer le verdict Les partis concernés ont le choix de trouver d’autres candidatures qui feront le bonheur de nouveaux prétendants ? Où est le problème ?

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  • Le 26 août 2015 à 08:55 En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    Vous savez vous paler pour rien............
    Ils ne vous ecouteront pas.
    Il sont des noir (je le suis aussi) il ne crois que quand il voient.
    Allons la ou nous iront......Eddy a plus a perdre que mon voisin de Zogona non ?
    Les politiciens ont les moyens de leur politiques et se prominent rarement avec baluchons.
    Prenez garde

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  • Le 26 août 2015 à 09:15 En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    Mr Anselme, ce que vous dites est tellement vrai et pertinent. Mais, voyez-vous, le bon sens a fui le Faso il y a bien longtemps. Quand ceux qui sont lucides parlent on les taxe d’être venduS. Il n’y a que les griots, les manipulateurs et les menteurs qui se font applaudir. Comme s’il n’y a plus que les ventres et le tube digestifs qui comptent dans ce pays. On ne parle plus que du passé et du présent. On ne parle pas d’avenir malgré les élections à venir. Or, c’est l’avenir que nous pouvons et devons changer. Le passé est révolu et nous devons bien utiliser le présent pour penser, préparer et construire le futur. Une simple question de morale sociale et de bon sens.

    On dirait nous sommes tous hypnotisés pour courir vers la destruction du pays. Tout le monde sent qu’on va dans une mauvaise direction, mais ils disent "allons seulement". Jusqu’où faut-il se laisser tirer dans la mauvaise direction avant de retrouver le bon sens et dire STOP ? Le Burkina est malade de la cupidité, de la voracité et de la malhonnêteté de ces fils (vieux comme jeunes, femmes comme hommes). Nous sommes complètement hypnotisés et conduits comme des moutons vers l’abattoir des politiciens. Le charlatan qui a wacké les leaders politiques du Burkina Faso et une bonne partie de sa jeunesse est très fort. Le pays des hommes intègres est devenu le règne du mensonge et des flatteries du style "blaguer tuer". Moi, j’ai très peur et j’ai juste envie de pleurer. Je sens que les politiciens vont continuer de nous faire souffrir et nous pousser à nous entretuer. La transition est juste un lenga dans cette longue souffrance à venir. Je vais fuir au village de mes grands parents et attendre que les élections passent. Je voterai blanc.

    Ils veulent juste le pouvoir pour leur propre ambition personnelle, mais Dieu seul sait ce qu’ils feront de nous après. En terme de développement, je pense que nous sommes partis pour 5 à 10 ans d’errance comme en Cote-d’Ivoire après la crise de Guei et Bédié. Nous sommes devenus prisonniers et victimes de la politique politicienne. La société va beaucoup régresser car la qualité du leadership politique qui sortira des élections ne sera pas meilleure par rapport à l’époque de Blaise COMPAORE. Le pays a plus de problèmes maintenant car personne ne surveille la mise en oeuvre des nombreux programmes prioritaires de développement sur le terrain. Les coordonnateurs et autres gestionnaires risquent de piller allègrement l’argent des projets pour financer la campagne électorale dans l’espoir de conserver leurs postes. A cette allure les bailleurs risquent de refuser de financer notre prochain SCADD. On ne sait pas où les nouveaux élus trouveront l’argent pour répondre au aspirations des enfants, des jeunes, des femmes, des personnes âgées, des paysans, des éleveurs, des commerçants, des fonctionnaires, des politiciens professionnels, des burkinabé de la diaspora. On va souffrir si on compte sur les politiciens qui veulent se faire élire, car ils ne feront que de fausses promesses.

    Il faut que dès maintenant, les populations et les différentes composantes de la société se ressaisissent et prennent leurs sorts en main pour se battre et s’en sortir, comme elles l’ont toujours fait. On connait les problèmes de chaque composante de la société. On peut cependant en faire un inventaire plus exhaustif. Nous pouvons nous organiser pour les résoudre au niveau local tout avec les OSC de développement (et non les OSC politisées) en préservant l’environnement et les ressources naturelles pour les prochaines générations. Il faut que nous travaillions à réapprendre vite à nos enfants, nos familles, nos villages, nos communautés et nos collectivités de vivre de façon autonome sans rien attendre de l’Etat central. Les nouveaux gouvernants vont être tellement occupés à se partager les ressources publiques pour s’enrichir comme ceux de la transition et bien d’autres avant eux. Moi je n’attends rien d’eux.

    Il faut que les populations aussi se prennent en main dès maintenant et évite les vains espoirs. C’est ce que Ky Zerbo appelait l’auto-développement ou développement endogène. Si nous voulons survivre et échapper à la mainmise des politiciens véreux et apatrides sur l’avenir de ce pays, nous devons prendre en main notre destinée et les laisser s’entretuer entre eux si cela les amuse. Le jeu politique et surtout la démocratie ne sont pas synonymes de guerre, de méchanceté, de haine et de divisions. Comme l’a dit le Moogho Naba, la politique est venue trouver notre société, il ne faut pas qu’elle nous détruise. Les politiciens doivent faire beaucoup attention même s’ils sont sans moralité et ont le pouvoir d’Etat. Tôt ou tard, ils seront rattrapés par leurs actes. Ils rendront compte pour leurs méfaits à l’endroit de la "majorité silencieuse" qui ne demande qu’à vivre sa misère dans la paix et la dignité.

    Répondre à ce message

  • Le 26 août 2015 à 09:16 En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    Mr Anselme, ce que vous dites est tellement vrai et pertinent. Mais, voyez-vous, le bon sens a fui le Faso il y a bien longtemps. Quand ceux qui sont lucides parlent on les taxe d’être venduS. Il n’y a que les griots, les manipulateurs et les menteurs qui se font applaudir. Comme s’il n’y a plus que les ventres et le tube digestifs qui comptent dans ce pays. On ne parle plus que du passé et du présent. On ne parle pas d’avenir malgré les élections à venir. Or, c’est l’avenir que nous pouvons et devons changer. Le passé est révolu et nous devons bien utiliser le présent pour penser, préparer et construire le futur. Une simple question de morale sociale et de bon sens.

    On dirait nous sommes tous hypnotisés pour courir vers la destruction du pays. Tout le monde sent qu’on va dans une mauvaise direction, mais ils disent "allons seulement". Jusqu’où faut-il se laisser tirer dans la mauvaise direction avant de retrouver le bon sens et dire STOP ? Le Burkina est malade de la cupidité, de la voracité et de la malhonnêteté de ces fils (vieux comme jeunes, femmes comme hommes). Nous sommes complètement hypnotisés et conduits comme des moutons vers l’abattoir des politiciens. Le charlatan qui a wacké les leaders politiques du Burkina Faso et une bonne partie de sa jeunesse est très fort. Le pays des hommes intègres est devenu le règne du mensonge et des flatteries du style "blaguer tuer". Moi, j’ai très peur et j’ai juste envie de pleurer. Je sens que les politiciens vont continuer de nous faire souffrir et nous pousser à nous entretuer. La transition est juste un lenga dans cette longue souffrance à venir. Je vais fuir au village de mes grands parents et attendre que les élections passent. Je voterai blanc.

    Ils veulent juste le pouvoir pour leur propre ambition personnelle, mais Dieu seul sait ce qu’ils feront de nous après. En terme de développement, je pense que nous sommes partis pour 5 à 10 ans d’errance comme en Cote-d’Ivoire après la crise de Guei et Bédié. Nous sommes devenus prisonniers et victimes de la politique politicienne. La société va beaucoup régresser car la qualité du leadership politique qui sortira des élections ne sera pas meilleure par rapport à l’époque de Blaise COMPAORE. Le pays a plus de problèmes maintenant car personne ne surveille la mise en oeuvre des nombreux programmes prioritaires de développement sur le terrain. Les coordonnateurs et autres gestionnaires risquent de piller allègrement l’argent des projets pour financer la campagne électorale dans l’espoir de conserver leurs postes. A cette allure les bailleurs risquent de refuser de financer notre prochain SCADD. On ne sait pas où les nouveaux élus trouveront l’argent pour répondre au aspirations des enfants, des jeunes, des femmes, des personnes âgées, des paysans, des éleveurs, des commerçants, des fonctionnaires, des politiciens professionnels, des burkinabé de la diaspora. On va souffrir si on compte sur les politiciens qui veulent se faire élire, car ils ne feront que de fausses promesses.

    Il faut que dès maintenant, les populations et les différentes composantes de la société se ressaisissent et prennent leurs sorts en main pour se battre et s’en sortir, comme elles l’ont toujours fait. On connait les problèmes de chaque composante de la société. On peut cependant en faire un inventaire plus exhaustif. Nous pouvons nous organiser pour les résoudre au niveau local tout avec les OSC de développement (et non les OSC politisées) en préservant l’environnement et les ressources naturelles pour les prochaines générations. Il faut que nous travaillions à réapprendre vite à nos enfants, nos familles, nos villages, nos communautés et nos collectivités de vivre de façon autonome sans rien attendre de l’Etat central. Les nouveaux gouvernants vont être tellement occupés à se partager les ressources publiques pour s’enrichir comme ceux de la transition et bien d’autres avant eux. Moi je n’attends rien d’eux.

    Il faut que les populations aussi se prennent en main dès maintenant et évite les vains espoirs. C’est ce que Ky Zerbo appelait l’auto-développement ou développement endogène. Si nous voulons survivre et échapper à la mainmise des politiciens véreux et apatrides sur l’avenir de ce pays, nous devons prendre en main notre destinée et les laisser s’entretuer entre eux si cela les amuse. Le jeu politique et surtout la démocratie ne sont pas synonymes de guerre, de méchanceté, de haine et de divisions. Comme l’a dit le Moogho Naba, la politique est venue trouver notre société, il ne faut pas qu’elle nous détruise. Les politiciens doivent faire beaucoup attention même s’ils sont sans moralité et ont le pouvoir d’Etat. Tôt ou tard, ils seront rattrapés par leurs actes. Ils rendront compte pour leurs méfaits à l’endroit de la "majorité silencieuse" qui ne demande qu’à vivre sa misère dans la paix et la dignité.

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  • Le 26 août 2015 à 09:16 En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    Mr Anselme, ce que vous dites est tellement vrai et pertinent. Mais, voyez-vous, le bon sens a fui le Faso il y a bien longtemps. Quand ceux qui sont lucides parlent on les taxe d’être venduS. Il n’y a que les griots, les manipulateurs et les menteurs qui se font applaudir. Comme s’il n’y a plus que les ventres et le tube digestifs qui comptent dans ce pays. On ne parle plus que du passé et du présent. On ne parle pas d’avenir malgré les élections à venir. Or, c’est l’avenir que nous pouvons et devons changer. Le passé est révolu et nous devons bien utiliser le présent pour penser, préparer et construire le futur. Une simple question de morale sociale et de bon sens.

    On dirait nous sommes tous hypnotisés pour courir vers la destruction du pays. Tout le monde sent qu’on va dans une mauvaise direction, mais ils disent "allons seulement". Jusqu’où faut-il se laisser tirer dans la mauvaise direction avant de retrouver le bon sens et dire STOP ? Le Burkina est malade de la cupidité, de la voracité et de la malhonnêteté de ces fils (vieux comme jeunes, femmes comme hommes). Nous sommes complètement hypnotisés et conduits comme des moutons vers l’abattoir des politiciens. Le charlatan qui a wacké les leaders politiques du Burkina Faso et une bonne partie de sa jeunesse est très fort. Le pays des hommes intègres est devenu le règne du mensonge et des flatteries du style "blaguer tuer". Moi, j’ai très peur et j’ai juste envie de pleurer. Je sens que les politiciens vont continuer de nous faire souffrir et nous pousser à nous entretuer. La transition est juste un lenga dans cette longue souffrance à venir. Je vais fuir au village de mes grands parents et attendre que les élections passent. Je voterai blanc.

    Ils veulent juste le pouvoir pour leur propre ambition personnelle, mais Dieu seul sait ce qu’ils feront de nous après. En terme de développement, je pense que nous sommes partis pour 5 à 10 ans d’errance comme en Cote-d’Ivoire après la crise de Guei et Bédié. Nous sommes devenus prisonniers et victimes de la politique politicienne. La société va beaucoup régresser car la qualité du leadership politique qui sortira des élections ne sera pas meilleure par rapport à l’époque de Blaise COMPAORE. Le pays a plus de problèmes maintenant car personne ne surveille la mise en oeuvre des nombreux programmes prioritaires de développement sur le terrain. Les coordonnateurs et autres gestionnaires risquent de piller allègrement l’argent des projets pour financer la campagne électorale dans l’espoir de conserver leurs postes. A cette allure les bailleurs risquent de refuser de financer notre prochain SCADD. On ne sait pas où les nouveaux élus trouveront l’argent pour répondre au aspirations des enfants, des jeunes, des femmes, des personnes âgées, des paysans, des éleveurs, des commerçants, des fonctionnaires, des politiciens professionnels, des burkinabé de la diaspora. On va souffrir si on compte sur les politiciens qui veulent se faire élire, car ils ne feront que de fausses promesses.

    Il faut que dès maintenant, les populations et les différentes composantes de la société se ressaisissent et prennent leurs sorts en main pour se battre et s’en sortir, comme elles l’ont toujours fait. On connait les problèmes de chaque composante de la société. On peut cependant en faire un inventaire plus exhaustif. Nous pouvons nous organiser pour les résoudre au niveau local tout avec les OSC de développement (et non les OSC politisées) en préservant l’environnement et les ressources naturelles pour les prochaines générations. Il faut que nous travaillions à réapprendre vite à nos enfants, nos familles, nos villages, nos communautés et nos collectivités de vivre de façon autonome sans rien attendre de l’Etat central. Les nouveaux gouvernants vont être tellement occupés à se partager les ressources publiques pour s’enrichir comme ceux de la transition et bien d’autres avant eux. Moi je n’attends rien d’eux.

    Il faut que les populations aussi se prennent en main dès maintenant et évite les vains espoirs. C’est ce que Ky Zerbo appelait l’auto-développement ou développement endogène. Si nous voulons survivre et échapper à la mainmise des politiciens véreux et apatrides sur l’avenir de ce pays, nous devons prendre en main notre destinée et les laisser s’entretuer entre eux si cela les amuse. Le jeu politique et surtout la démocratie ne sont pas synonymes de guerre, de méchanceté, de haine et de divisions. Comme l’a dit le Moogho Naba, la politique est venue trouver notre société, il ne faut pas qu’elle nous détruise. Les politiciens doivent faire beaucoup attention même s’ils sont sans moralité et ont le pouvoir d’Etat. Tôt ou tard, ils seront rattrapés par leurs actes. Ils rendront compte pour leurs méfaits à l’endroit de la "majorité silencieuse" qui ne demande qu’à vivre sa misère dans la paix et la dignité.

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  • Le 26 août 2015 à 17:26, par elka En réponse à : Echéances électorales : Au-delà de la bonne conduite, la morale politique

    N’oubliez pas que les leadeur des OSC sont des travailleurs du public et du privé.Ne soyez pas jaloux d’eux.Vous n’avez pas de preuves en parlant d’enrichissement illicite.Si vous en avez,il faut les emmener devant la justice.

    Répondre à ce message

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