Changements climatiques : l’Agence CORADE restitue les résultats du débat et de la consultation citoyenne

vendredi 7 août 2015 à 00h07min

Deux mois après l’organisation du débat et de la consultation citoyenne sur le climat et l’énergie le 6 juin dernier, l’heure est à la restitution des résultats pour l’Agence CORADE. C’était au cours d’une conférence organisée, ce 6 août 2015 à Ouagadougou, et qui a réuni une vingtaine de participants.

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Changements climatiques : l’Agence CORADE restitue les résultats du débat et de la consultation citoyenne

La COP 21 qu’abritera Paris, fin 2015, approche à grands pas. Chaque Etat est à pied d’œuvre pour se faire entendre lors des négociations qui auront lieu à ce grand rendez-vous mondial sur le climat. Au Burkina Faso, il est des structures qui se mobilisent et avec elles, des citoyens. L’Agence CORADE (Conseils, recherche-action et développement d’expertise) est l’une d’elles. En partenariat avec l’Institut de génie de l’environnement et du développement durable (IGEDD) et d’autres institutions telles que l’ambassade de France, elle a organisé un débat citoyen sur le climat et l’énergie, lequel débat était organisé simultanément dans 76 pays du monde autour de cinq sessions en rapport avec les changements climatiques et la COP 21. Les résultats de cette consultation sont portés à la connaissance de plusieurs acteurs lors de la conférence.

Le Burkina plus concerné que la Chine

Au total, ce sont 109 participants venus des régions du Centre, du Centre-nord et de la Boucle du Mouhoun qui ont pris part au débat. Ils se sont familiarisés avec les enjeux de la COP 21 et ont proposé des stratégies d’adaptation propres à leurs réalités, souligne Madame Gifty Guiella/NARH, directrice de CORADE. D’après la restitution de cet exercice de réflexion qu’est le débat citoyen, il ressort que 95,4 % des Burkinabè se sentent concernés par les conséquences des changements climatiques. Ce taux, rappelons-le, est largement au-dessus de celui de la Chine et des Etats-Unis, classés respectivement 1er et 2eémetteurs de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Transformer une contrainte en opportunité est également possible et 2/3 des participants au débat y croient fortement.

Des outils de lutte

Dans sa présentation sur les causes et les conséquences du dérèglement climatique, le Dr Bernard Nana fait remarquer qu’en plus des facteurs naturels, l’homme est également responsable de la situation. Si la COP 21 ambitionne « contenir le réchauffement de la terre en deçà de 2°C », cela ne pourrait se faire sans une baisse de l’émission des GES. A ce propos, 83% sont favorables pour la mise en place d’une taxe carbone dont les coûts seront plus élevés pour les mauvais élèves de l’accord. Les moyens de lutte sont légions et 86% des participants au débat estiment que « des programmes éducatifs sur les changements climatiques destinés au grand public » seraient la bienvenue.

Détermination citoyenne

La COP 21, c’est aussi des négociations, des engagements, donc des compromis. Il sera demandé aux Etats de donner en termes chiffrés les efforts qu’ils comptent faire pour lutter contre le changement climatique. Pour les citoyens, ces contributions nationales doivent être établies suivant les émissions de GES passées, celles actuelles ou anticipées, ou les capacités économiques actuelles ou futures des Etats. Et même si ces Etats ne s’alignent pas dans la dynamique, les citoyens sont déterminés à prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques. Ce taux est très élevé dans les pays développés tels que les Etats-Unis où il est de 95%. Au Burkina Faso, il est de 72% tout comme sur le plan africain.

Le respect des promesses

Les grands rendez-vous sur le climat ont toujours été émaillés de discours volatiles. L’on se rappelle la conférence de Copenhague en 2009. A Paris, les promesses qui naitront de l’accord international devront être tenues. Neuf citoyens sur dix dans le monde sont favorables à une actualisation quinquennale des engagements des pays en faveur du climat. Aussi, 73% des Burkinabè pensent que l’accord devra être juridiquement contraignant pour tous les pays.

En attendant donc Paris 2015, le Burkina Faso ne dort pas sur ses lauriers. L’étau se resserre autour de tous les Etats et la Planète n’a pas droit à l’erreur.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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