Violences à l’égard des femmes et des filles : Le cas tout aussi préoccupant du centre-Ouest

dimanche 21 juin 2015 à 02h00min

La maison de la femme de Koudougou a abrité, le jeudi 18 juin 2015, la séance de travail de la caravane de presse sur les VEFF. C’était à travers la communication de la Directrice régionale de la Promotion de la femme et du genre du Centre-Ouest, Alimata Sodoré/Ouédraogo.

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Violences à l’égard des femmes et des filles : 	Le cas tout aussi préoccupant du centre-Ouest

Une collecte de données de 2007 de la direction régionale de la promotion de la femme et du genre (DRPFG) a fait ressortir la situation suivante : en moyenne 30 cas par trimestre d’exclusion du village pour cas de grossesse ou de mariage forcé, 60 cas de conflit pour non reconnaissance et prise en charge de grossesse, 25 as de dépouillement des femmes de leurs biens. Egalement, l’exclusion des filles mères ou en grossesse du domicile familial au nom des coutumes, des coups et blessures en moyennes 10 cas par trimestre, enlèvements de mineurs, menaces d’abandon du foyer conjugal par les hommes, en moyenne 5 cas par trimestre.

En outre, les causes des conflits diffèrent d’une localité à une autre. Dans la province de la Sissili, elles sont dues au refus de soumission de la femme et la discrimination des enfants. Dans le Ziro c’est le refus de soumission et la rivalité entre coépouses qui sont les causes des conflits conjugaux. Quant au Sanguié, elles trouvent leur justification dans le refus de soumission, les vols commis et la discrimination des enfants.

Pour ces cas de figure, de 2012 à 2014, seulement 33 cas de victimes de violence physique ou corporelle ont été déclarés à la justice, 12 cas pour psychologie et 10 cas pour acte sexuel. « Même si les victimes commencent à poser plainte entre temps, ces plaintes sont retirées, c’est ce qui explique ces chiffres durant ces trois mois » dixit la directrice régionale de la Promotion de la femme et du genre du Centre-Ouest, Alimata Sodoré/Ouédraogo.

Subséquemment, elle a expliqué que la situation est assez préoccupante quand on sait que certaines violences existent mais ne sont pas dévoilées. « Le cas du lévirat est une situation réelle dans notre localité, mais aussi le sororat même s’il n’est pas trop perceptible. A cela, il faut noter la pratique de l’excision qui reste une préoccupation dans la région de Ziro » a-t-elle indiqué.
Les défis pour venir à bout de ces fléaux, c’est l’implication des journalistes dans la sensibilisation.

« Nous essayons de rencontrer les responsables coutumiers, religieux et la société civile pour demander leur contribution. Mais force est de constater que jusque- là, leurs actions ne sont pas visibles ». Et de poursuivre : « A notre niveau même, il y a des difficultés parce que nous ne disposons pas beaucoup de moyens pour sortir sur le terrain. Dans les quelques endroits où nous sommes parties, on nous demande de descendre assez en profondeur pour toucher la population, mais au niveau de notre direction, nous ne disposons pas suffisamment de moyens pour aller à la base et le relai aussi n’est pas facile ».

Des échanges, il a été question de montrer la part quand même importante que jouent les autorités coutumières et religieuses. En cela, la chargée d’études du MPFG, Noélie Ouangrawa a insisté que ses derniers sont des acteurs primordiaux de lutte contre les VEFF et dans toutes les activités de formation, de sensibilisation, d’information. « Le ministère a toujours impliqué ces leaders qui ont le pouvoir de décision au niveau social, d’où l’importance de leur implication ». Toutefois, une question se pose, pourquoi les leaders politiques n’ont pas une autorité quand un conflit survient au sein d’une famille. A cette question, le chef de la localité a laissé entendre qu’il n’était pas de leur autorité d’intervenir inopinément dans les conflits de couples. « Il faut au préalable écouter les deux camps avant de voir dans quelle mesure intervenir ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 21 juin 2015 à 08:11, par sociologue des cultures et des croyances ancestrales
    En réponse à : Violences à l’égard des femmes et des filles : Le cas tout aussi préoccupant du centre-Ouest

    Bon,vs savez c,est dificile,voir impossible de faire comprendre a un moaga que la gente feminine sert a qlq chose en dehors de faire a manger,elever les enfants et pour les besoins physiologiques nocturnes.Sensibiliser n,y changera rien c,est inne.Donc,je propose une deportation annuelle des populations de cette localite vers l,ouest a hauteur de 2%/an et compenser ce depeuplement par l,insatallation de 3%\an des populations originaires de l,ouest et de l,Est.Ainsi,au bout de 3 generations on aurait renverse la tendance.Naturellement l,element Sanguie/Sissili existant constitue l,equibre de stabilisation dans le schema.Merci d,en tenir compte comme base de travail pour une meilleure gestion socio-demographique.

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