Ecole de Qualité Amie des enfants : Une approche pour scolariser et maintenir les élèves dans les écoles du sahel

mardi 21 avril 2015 à 22h14min

Le sahel Burkinabè affiche les plus faibles taux de scolarisation au plan national. Les rares écoliers aussi, désertent les bancs pour les sites miniers, ou sont victimes de pratiques socioculturelles arriérées. Trois agences onusiennes et l’Agence japonaise de coopération internationale unissent leurs forces pour changer la donne. En présence du ministre de l’éducation nationale, le projet « Ecole de Qualité Amie des enfants » a été officiellement lancé ce 15 avril à l’école de Katchirga, une vingtaine de km de Dori. D’un coup de plus de trois milliards de f CFA, ce projet multidimensionnel couvre les quatre provinces du Sahel.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Ecole de Qualité Amie des enfants : Une approche pour scolariser et maintenir les élèves dans les écoles du sahel

Dans le domaine de l’enseignement primaire, les chiffres dans la région du sahel ne sont pas reluisants. Le taux brut de scolarisation est de 49,8% alors que la moyenne nationale se situe à 83%. Les quelques élèves qui ont la chance d’aller à l’école, désertent très tôt les bancs. Entre 2012 et 2013, on a noté une baisse du taux d’achèvement de près de 10 points. Le taux est passé de 31,6 dont 30% pour les filles en 2012 à 21,1% dont 20,7 pour les filles en 2013.
Les causes sont entre autres liées aux facteurs socio culturels. Mariages précoces des filles ou réticence à les envoyer à l’école, déplacements vers les sites d’orpaillage, pauvreté extrême des parents, crise sécuritaire au Mali…Par exemple, nous apprendra le directeur de l’école de Katchirga, Amadou Mamadou Diallo, depuis le début de l’année scolaire 2014-2015, son école a enregistré 11 abandons.
Il y a donc lieu de questionner la qualité de l’éducation qui inclue plusieurs aspects comme une approche intégrée de service visant un environnement sain de développement pour chaque enfant, garçon et fille.

Pour donc renverser la tendance, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) ont lancé le projet « Ecole de qualité amie des enfants » (EQAmE). Il sera mis en œuvre en collaboration avec le Projet d’appui aux comités de gestion d’école (PACOGES), appuyé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). De l’avis de la représentante adjointe de l’UNICEF, représentante des agences au lancement du projet, l’approche éducative EQAmE a des effets immédiats sur le maintien des enfants à l’école. Elle est donc une urgence s’il faut assurer le droit de chaque enfant burkinabè à l’éducation de qualité dans la poursuite de l’atteinte de l’éducation pour tous … », a poursuivi Sylvana Nzirorera.

L’EQAmE, un paquet de mesures pour la réussite de l’élève

L’Ecole de qualité amie des enfants est une innovation promue par l’UNICEF avec le gouvernement. Elle est définie comme un pôle de changement, en ce qu’elle doit assurer les principales missions de toutes structures éducatives : l’enseignement, la socialisation et le développement d’un socle de compétences au profit des élèves.
L’objectif visé par une telle initiative est d’améliorer « la qualité du capital humain, en particulier à travers le renforcement des capacités du système éducatif formel pour un accès universel à une éducation et à une formation de qualité, en ciblant les zones les plus défavorisées … »

Selon le ministre de l’Education nationale, le gouvernement se félicite de la mise en œuvre de cette approche au sahel. « Les résultats de trois années de mise en œuvre de cette approche dans les régions du centre Nord et du plateau central ont conforté le MENA de prendre la décision de la généraliser », a indiqué le ministre Samadou Coulibaly. Le premier responsable de l’éducation nationale a par ailleurs noté que l’EQAmE permet d’améliorer de manière significative les performances scolaires, la qualité du processus d’enseignement-apprentissage et l’épanouissement général des enfants. Pour exemple, l’écart entre les enfants des EQAmE ayant réussi au CEP et admis à l’entrée en 6e et ceux des non EQAmE atteint 16 points en 2014.
Et pour que le projet atteigne ses résultats, le ministre de l’éducation nationale a lancé un appel aux communautés, collectivités territoriales, organisation de la société civile du secteur de l’éducation, leaders d’opinion de la région du sahel, à s’impliquer pleinement en jouant chacun sa part contributive.
Des salles de classes, des cantines et jardins scolaires…
L’école de qualité amie des enfants, dans le Seno, Soum, le Yagha, Oudalan, vise :
-  la transformation de 130 écoles primaires existantes dans les quatre provinces en école de qualité amie des enfants,
-  la transformation de 20 écoles pilotes en EQAmE
-  l’érection de trois complexes de références comprenant le préscolaire, le primaire, le post primaire et l’éducation non formelle, respectant toutes les normes de qualités, dont un dans le sahel, et plus précisément à Béléhédé dans le Soum.

La réalisation de ces infrastructures coutera plus de trois milliards. Un investissement qui permettra :
-  d’améliorer l’état de santé nutrition des enfants à travers les cantines scolaires qui en plus des repas servis intègrent les rations à emporter pour les filles et le projet Yaourt,
-  de réaliser des jardins scolaires dans 27 écoles dont 23 dans la région,
-  l’appui en activités génératrices de revenus dans 150 écoles avec la collaboration du projet PACOGES appuyé par la JICA
-  la distribution de lampes solaires pour permettre les études de nuit,
-  la mise en place de Comités de gestion (COGES)
-  la formation des enseignants sur l’approche et des modules spécifiques prenant en compte le maraichage, l’éducation physique et sportive, la gestion des bibliothèques…

Le projet « Ecole de Qualité amie des enfants » est donc une force coalisée pour venir à bout des facteurs qui entravaient l’éducation des élèves dans le Sahel burkinabè. Au nom de ses camarades, l’élève Cissé Oumarou a traduit sa reconnaissance aux partenaires qui, de par leurs actions, les « extirperont » des griffes de l’ignorance et des problèmes qui menacent leurs avenirs. Les élèves de l’école de Katchirga ont promis par la voix de leurs représentants, étudier pour mériter le soutien dont ils bénéficient.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés