Situation nationale : Les organisations de la société civile annoncent des meetings ce samedi sur toute l’étendue du territoire

vendredi 6 février 2015 à 02h17min

Dix-neuf organisations de la société civile exigent la dissolution du régiment de sécurité présidentielle, conformément à la recommandation du collège des sages de 1999. Ils l’ont annoncé ce jeudi 5 février à Ouagadougou au cours d’une conférence de presse. Elles ont, pour l’occasion, appelé à une grande mobilisation pour des meetings le samedi 7 février sur toute l’étendue du territoire.

Situation nationale : Les organisations de la société civile annoncent des meetings ce samedi sur toute l’étendue du territoire

« La marche du samedi 7 février doit être considérée comme un rapport de force. Et si le rapport de force est grand, on pourra reprendre les choses en main, s’il ne marche pas bien, il faudra laisser les militaires nous bouffer dans leur sauce ». Ce sont entre autres justificatifs que Ra-Salbga Seydou Ouédraogo de Free-Afrique a avancé pour signifier l’importance du meeting de samedi prochain pour soutenir la transition. Pourquoi une telle réaction donc ? Hervé Kam porte-parole du Balai citoyen dans sa déclaration liminaire, indique que : « trois mois après l’insurrection populaire qui a mis fin, sous l’admiration des peuples d’Afrique et d’ailleurs, à la dérive monarchique du régime de Blaise Compaoré et de son CDP, la transition politique mise en place par un consensus inédit entre les forces vives de la nation est menacée ». Le porte-parole du balai citoyen rappelle alors les évènements du mercredi 4 février dont les conséquences ont été d’empêcher le conseil des ministres par le régiment de sécurité présidentielle et la « fuite » du premier ministre chez le roi des Mossi. Des négociations, poursuit Hervé Kam, seraient en cours autour des revendications corporatistes et relatives à l’abrogation de décisions de nominations et de remise en cause de réforme en vue dans ledit régiment. Les faits semblent ne pas dater d’hier selon les organisations qui disent avoir appris par les voix de presse d’un précèdent en décembre 2014 ou des revendications avaient été faites par cette unité militaire.
Il faut également, selon les conférenciers, constater que ces évènements coïncident avec un activisme important de l’ancien parti au pouvoir qui annonce un agenda politique chargé dans les semaines à venir avec une probable candidature du Général Gilbert Diéndéré à la présidentielle sous la bannière du CDP. A l’analyse, tous ces évènements constituent très clairement, selon les OSC, des tentatives de remise en cause du consensus national cimenté dans la charte de la Transition, du sabordage de la transition démocratique en cours, de liquidation des espoirs et attentes politiques et sociales de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du retour à un passé révolu et à une direction militaire, militariste et anti-démocratique du pays. Ces agissements sont considérés par les OCS comme des intimidations et des chantages que les auteurs font au peuple. Ce sont également, soutient Hervé Kam, des tentatives de prise en otage de la transition de la part des forces du passé, lesquelles qui ont conduit le pays au bord du gouffre. Et c’est désormais clair, la contre-révolution est en œuvre. C’est pourquoi, les 19 organisations de la société civile tout en dénonçant les forces réactionnaires, les entreprises mafieuses, les rêveries du passé, condamnent avec la haute énergie patriotique : « les manœuvres réactionnaires et anti-démocratiques, les intimidations militaires, les atteintes à la transition politique et démocratique ainsi que le viol du sacrifice des martyrs de l’insurrection ».

La peur avait changé de camp, elle doit rester dans le même camp

La dissolution du RSP doit-elle faite maintenant ou faudra-t-il attendre le nouveau pouvoir qui viendra ? Le meeting serait-il également un soutien à Yacouba Zida, premier ministre ? Pourquoi cette réaction tardive des OSC sur la question du RSP ? Ce sont entre autres questions sur lesquelles les hommes et femmes de médias ont voulu être éclairés. Pour Ambroise Kaboré, la situation est claire et il n’y pas lieu de polémiquer. Il faut, dit-il, sauvegarder les valeurs démocratiques de la transition. Et de rappeler la mobilisation des populations pour exiger la dissolution du RSP. « Les modes d’impunité doivent prendre fin », précise-t-il. Hervé Kam de poursuivre que « Si l’on pouvait dès demain dissoudre le régiment, ce serait l’idéal. Personne n’empêche à ce régiment de faire des revendications corporatistes. D’ailleurs tout le monde le fait ». Mais empêcher la tenue du conseil des ministres, les OSC estiment qu’il ne s’agit plus d’une revendication corporatiste. Ils ont débordé, parole du balai citoyen et l’on doit avoir le courage de le dire. Sur la question de soutien de la personne de Zida, Hervé Kam pense qu’il ne faut pas personnaliser les débats mais plutôt de mettre en amont les principes de fonctionnement de la démocratie.

L’armée a lancé un défi et il faut le relever

Les agissements des militaires du RSP sont vus par Dr Seydou Ouédraogo comme un défi. « L’armée nous a lancé un défi et il faut le relever », lance Dr Ouédraogo qui invite à revenir à l’appel historique. Il appelle également à un traitement très professionnel et un encadrement expert des questions militaires. Le Burkina Faso, à l’en croire, a besoin d’un pouvoir démilitarisé. Sollicitant l’accompagnement de la presse, Seydou Ouédraogo rappelle que : « nous avons mené une lutte extraordinaire en mettant à terme un pouvoir de 27 ans mais elle n’a pas terminé. Il faut donc sortir massivement le samedi 6 février ». Et Ambroise Kaboré de conclure en ces termes : « la peur avait changé de camp et la peur doit rester dans ce camp ».

Bassératou KINDO
LeFaso.net

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