Dialogue politique au Burkina : des jeunes de partis politiques chez le Mogho Naaba

vendredi 2 janvier 2015 à 22h15min

Une délégation de jeunes de huit partis politiques réunis au sein de la Coordination des jeunes leaders PYPA du Burkina Faso (CJEP/BF) est allée rendre visite au Mogho Naaba ce vendredi 2 janvier 2015. L’objectif, selon les « jeunes leaders politiques », est de présenter la structure, ses activités et, surtout, décliner les actions qu’elle compte entreprendre en cette période de transition.

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Dialogue politique au Burkina : des jeunes de partis politiques chez le Mogho Naaba

Ils sont issus du Program for Young Politicians in Africain (PYPA) de l’Institut général Tiémoko-Marc-Garango pour la gouvernance et le développement (IGD). Un programme africain qui couvre quatre pays en Afrique de l’Ouest à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cet institut à vocation sous-régionale ouvert en 2012 et sis à Ouaga 2000 ambitionne de former des cadres politiques à l’image de « son père spirituel » dont il porte le nom, Général Tiémoko Marc Garango. L’IGD a pour, entre autres objectifs, le renforcement des capacités des cadres des partis politiques, la formation des élites sur les questions de gouvernance et la consolidation du processus démocratique en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, huit partis politiques choisis, de façon générale, sur la base de leur représentativité à l’Assemblée Nationale y prennent part à ce programme. L’ensemble des bénéficiaires de cette formation ont constitué une organisation sous-régionale dénommée Réseau Jeunesse et politique de l’Afrique de l’Ouest (RJP/AO) avec une représentation nationale dans chacun des quatre pays sus-énumérés. Et c’est dans ce schéma que s’incarne cette visite de la Coordination des jeunes leaders PYPA du Burkina Faso (CJEP/BF). A leurs côtés, Julie Von Tran, chargée des relations internationales des étudiants du parti Centre de Suède, élue parlementaire régionale. Julie Von Tran est, par ailleurs, membre du Conseil d’administration de la Fondation dudit parti (parti Centre) partenaire financier du programme PYPA. Selon le coordonnateur national de la CJEP/BF, Bantan Jean-Pierre Paré, cette visite a pour motif principal de présenter le réseau à Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho, décliner ses activités et également pour solliciter des conseils pour conduire à bien les missions l’organisation.

Comprendre la politique autrement …

A en croire le premier responsable, la CJEP/BF s’est donnée pour mission principale de travailler à renforcer le dialogue politique entre jeunes pour un épanouissement réel du Burkina. Pour M. Paré, les jeunes du Burkina partagent le même destin, au-delà des opinions individuelles de chacun. La coordination prône et encourage donc « une autre façon de faire la politique qui consiste, certes à défendre ses convictions mais surtout dans la limite du seuil normal, c’est-à-dire l’esprit Républicain et Patriotique ». C’est pourquoi, parmi les priorités, la Coordination inscrit-elle, une démarche d’ouverture aux responsables de l’ensemble des partis politiques au Burkina (déjà entamée avec l’UNIR/PS, le REDBF, le CDP, l’ADF/RDA, le PDS/Metba), à des personnalités d’institutions nationales et internationales ainsi qu’à des personnes ressources. En cette période de transition, la CJEP/BF a mis en place un chapelet d’activités de promotion de valeurs de réconciliation, de dialogue, de pardon et de paix. « Travailler surtout à réconcilier la jeunesse pour qu’ensemble, nous puissions préserver les acquis et nous servir des insuffisances pour le développement de notre pays et l’épanouissement de tout le peuple », a développé le coordonnateur de la CJEP/BF, Bantan Jean-Pierre Paré. Toujours dans la dynamique de la transition, la coordination prévoit de former les délégués de bureau de vote et outiller des acteurs sur des pans du processus électoral.

En retour, Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho, Empereur des Mossé, n’a pas voilé son admiration de voir des jeunes d’obédiences politiques diverses unis autour de l’essentiel, la Patrie. Il les a donc abreuvés de conseils et de bénédictions. « L’esprit de tolérance, de dialogue, d’humilité, d’écoute, de paix et de solidarité », ce sont des valeurs sur lesquelles Sa Majesté a insistées, exhortant la délégation à poursuivre leur élan de large rassemblement autour de l’intérêt supérieur du pays.

Un appel à une culture de valeurs !

« C’est une humilité et un courage de travailler ensemble dans votre diversité d’opinion », a souligné le 37ème Empereur des Mossé, demandant aux bénéficiaires du programme PYPA d’être son porte-parole auprès de leurs aînés politiques pour leur « rappeler » l’impératif de cultiver l’esprit patriotique, de tolérance, de pardon, d’humilité, de partage et de solidarité. « Quand il y a la paix dans un pays, c’est la jeunesse la plus grande bénéficiaire. C’est elle qui a encore la vie devant elle et qui est l’avenir d’un pays », a galvanisé Sa Majesté. Rendant, dans la même dynamique, un hommage à la jeunesse burkinabè qui, de son avis, a montré un sens élevé de son patriotisme et de sa maturité pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre, en étant soucieuse de la préservation de la paix et des Biens publics. Pour lui, tous les Burkinabè sont du même sang et cela doit guider les actions de tout Burkinabè. Comme il fallait s’y attendre, même dans un cadre solennel, aussi fusse-t-il une audience, la parenté à plaisanterie finit par ‘’avoir raison’’ de l’objet. En tout cas, cette audience n’a pas dérogé à cette règle car, le coordonnateur de la CJEP/BF, Bantan Jean-Pierre Paré, en se présentant, arrachera un sourire à sa Majesté et à son ministre (le Poé Naaba), surtout lorsqu’il ajoute être en face de son « esclave » Mossi. Entre autres répliques, Sa Majesté, tout en le chargeant de transmettre ses nombreux messages à ses « esclaves Samos », a renvoyé M. Paré à un poème accroché dans le Palais qu’il fera lire (et relire) à haute voix. Un poème que l’Empereur a, lui-même, composé en hommage aux Samos et intitulé « Zoom Koom » ; cette boisson faite à base de petit mil qu’on attribue aux Samos. Dans ce poème à la fois hilarant et pédagogique, on retient quelques passages comme « Zoom koom, … Fruit de dur labeur… Lutteur Samo… Eau de paix, de pardon. Tu honores tes ancêtres… ».
Bien avant l’audience, la délégation a pu vivre avec son hôte suédoise, le « Faux départ du Mogho Naaba », une cérémonie ‘’hebdomadaire’’ considérée comme un modèle de sagesse et d’appel à la paix.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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