Yacouba Isaac Zida à Bobo : « Ceux qui doutaient de la sincérité de l’armée peuvent constater que le Président du Faso et le Président du Conseil national de la transition sont tous des civils »

lundi 1er décembre 2014 à 01h36min

Le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, a rencontré les forces vives de la ville de Bobo-Dioulasso ce samedi 29 novembre 2014. Venu avec une forte délégation, le nouveau Premier ministre a pu s’imprégner des attentes des Bobolais au cours d’une rencontre avec les forces vives de la ville dans l’enceinte du palais de la culture.

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Yacouba Isaac Zida à Bobo : « Ceux qui doutaient de la sincérité de l’armée peuvent constater que le Président du Faso et le Président du Conseil national de la transition sont tous des civils »

Pour sa première sortie hors de Ouagadougou après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre derniers, Yacouba Isaac Zida, s’est rendu dans la ville de Bobo-Dioulasso. Accueilli en héros à l’entrée de la ville, le Premier ministre a pu s’imprégner des attentes des Bobolais au cours d’une rencontre avec les forces vives. Bravant la politesse au maître de cérémonie, c’est un Premier ministre bien dans sa peau et dans son treillis militaire qui a tenu à présenter lui-même les membres de sa délégation. Notamment les militaires qui ont des portefeuilles ministériels dans son gouvernement (Boubacar Ba, Auguste Denise Barry, David Kabré). En mode rupture avec le régime déchu de Blaise Compaoré, Yacouba Isaac Zida a salué la bravoure des Burkinabè et des Bobolais.

Pour lui, l’insurrection burkinabè a été favorisée par un certain nombre d’injustices. « Sans prétendre refaire une genèse de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, vous me permettrez de revenir sur quelques faits. La cause première de la cristallisation de la crise est sans conteste la volonté du Président Blaise Compaoré de modifier une fois de plus, les clauses de notre Constitution pour asseoir un pouvoir à vie qui pourrait payer à sa fille Djamillah notre présidence… Au-delà de l’article 37, bien d’autres maux expliquent l’exacerbation de la crise : le chômage endémique de notre jeunesse, les problèmes d’éducation notamment les crises dans nos universités, la vie chère...Toutes ces crises trouvent leur ancrage dans le déficit de gouvernance politique et économique, la trop forte main mise d’une minorité de Burkinabè, d’un clan, d’une famille sur l’appareil politique et sur le système économique…La conjugaison de tous ces facteurs explique la colère, somme toute légitime du peuple notamment dans sa frange jeune », a-t-il rappelé.

Pour honorer la mémoire des martyres tombés au cours de l’insurrection, il a demandé une minute de silence. Suite à la minute de silence, le Premier ministre a tenu à démontrer, preuve à l’appui que l’armée burkinabè est intègre et le demeurera : « Ceux qui doutaient de la sincérité de l’armée peuvent constater que le Président du Faso et le Président du Conseil national de la transition sont tous des civils. L’armée burkinabè est une armée républicaine et intègre ».

Aux forces vives de Bobo-Dioulasso, Yacouba Isaac Zida a lancé un appel à « la mobilisation pour la renaissance d’un Burkina dont nous seront tous fiers ».

Le Premier ministre a du pain sur la planche

Face à Isaac Zida, des Bobolais se sont exprimés soit pour faire des suggestions, soit pour avoir des éléments de réponse sur l’Etat de la nation et/ou de leur ville. Pour Eloi Ouedraogo de la Ligue des jeunes de Bobo, le gouvernement de la transition doit travailler à la gratuité du transport pour les étudiants de l’Université de Nasso ; à faire un audit sur les lotissements dans les différents arrondissements de la ville et à travailler aux recouvrements des impôts chez toutes les personnes redevables aux fiscs burkinabè.

Pour sa part, Kaba Diakité de la Coordination régionale du Balai Citoyen a demandé des mesures fortes pour redonner vie à la zone industrielle de Bobo. Le problème foncier, la dissolution du Conseil régional de la jeunesse des Hauts-Bassins et de toutes les organisations semblables a également été suggérée par le représentant du Balai Citoyen à Bobo…

Intervenant au nom de son association, Mariam Banémanie/Traoré a plaidé pour l’ouverture, dans les meilleurs délais de l’hôpital Kamkasso. Un édifice (financé principalement par CLITORAID, un organisme proche du mouvement raélien)

Chacun a eu sa réponse

Après avoir écouté et pris connaissances des préoccupations des intervenants, le Premier ministre a apporté des éléments de réponses aux questions des uns et des autres. C’est ainsi qu’il a invité les opérateurs économiques qui doivent aux impôts de se hâter sous peine d’être sous le feu des projecteurs. En ce qui concerne le problème foncier, il a laissé entendre qu’un audit sera fait dans les différentes localités pour situer les responsabilités.

Pour la ville de Bobo, le lieutenant-colonel Zida a invité les investisseurs à rendre dynamique la zone industrielle afin de redynamiser l’économie de la ville. En ce qui concerne la clinique Kamkasso, le chef de l’Etat a invité la promotrice à prendre attache avec le ministère de la santé pour être située sur la suite qui sera réservée à sa requête.

Ousséni BANCE
Lefaso.net

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