Explosions de Larlé : Plus de deux mois après, les victimes attendent toujours

jeudi 9 octobre 2014 à 06h01min

Près de trois mois après les fortes explosions qui ont secoué le quartier Larlé de Ouagadougou, le dossier avance à pas de caméléon. C’est du moins l’avis de certaines victimes. Avec le renfort de la Coalition Contre la Vie Chère (CCVA) des Arrondissements 1 et 2 de Ouagadougou, ex Baskuy, ils ont animé une conférence de presse ce mardi 07 octobre 2014.

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Explosions de Larlé : Plus de deux mois après, les victimes attendent toujours

Jean De Dieu Ouédraogo, Président de la CCVC des Arrondissements 1 et 2 et Siméon Guébré, Secrétaire à l’information de la même organisation comme animateurs principaux de la conférence de presse ; cinq autres personnes occupaient avec eux le présidium. « Des personnes ressources, des sinistrés et des gens qui peuvent contribuer effectivement à donner des éclaircissements à cette conférence », ajoutera le secrétaire à l’information. En face, les hommes de média. Et le sujet même s’il n’a pas été ainsi libellé : « Les explosions de Larlé près de trois mois après ». La forte détonation s’étant produite le 15 juillet 2014.

« Vite des mesures de relogement »

Un peu plus de dix minutes ont suffit pour la lecture par le Secrétaire à l’information de la déclaration liminaire. Une déclaration dont il faut retenir, outre le rappel des cinq morts officiels et les nombreux dégâts matériels, le traitement qui est fait du dossier. « On ne peut pas dire qu’on a donné 500 mille, 600 mille ; qu’on a donné à manger aux sinistrés et se taire », s’offusque à tout va monsieur Guébré. 500 mille et 600 mille, ce sont les montants qu’auraient donné respectivement la Mairie et le Ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale. De l’avis des conférenciers, cette conférence de presse a entre autres été convoquée pour que d’une part les victimes de cette explosion ne soient pas oubliées ; d’autre part, elle vise à attirer l’attention des uns et des autres sur leurs conditions de vie et appeler à des actions urgentes. Du centre de l’Action sociale et de l’école de Leadership où ils étaient logés au début de la crise, les sinistrés ont été relogés à l’INJEPS avec la rentrée scolaire à l’INJEPS (le 20 septembre dernier précisément), où ils dorment sous des tentes. Mais à en croire les conférenciers du jour, les conditions ne sont toujours pas des meilleures pour les 51 sinistrés recensés officiellement. « Les tentes sont gorgées d’eau après chaque pluie, alors que femmes, hommes et enfants dorment sur des nattes posées à même le sol. Il n’y a ni latrines, ni douches. Les victimes sont donc contraintes de se soulager à l’air libre et de ne faire leurs toilettes que seulement la nuit tombée. Tout cela pose de graves problèmes d’hygiène et de santé pour les sinistrés », nous confient- ils. D’où cette préoccupation parmi les fondamentales : « La prise de mesures concrètes pour leur relogement, chez eux, dans leurs anciennes habitations que l’explosion a détruites. »

La coalition contre la vie chère des arrondissements 1 et 2 note au passage que la plateforme initiale des sinistrés est pratiquement restée la même depuis tout ce temps. Une plateforme en trois points qui se résumait à une indemnisation proportionnelle aux dégâts, le remboursement des ordonnances des malades postérieurs à l’explosion et un relogement des sans abris, y compris la prise en charge de la scolarisation des enfants. En attendant les mesures définitives de relogement. Rien, à leurs yeux, n’a pu aboutir à ce jour. Même pas la prise de dispositions pour la scolarisation des enfants des sinistrés. Ce qui aurait de facto exclu certains de ces enfants des cours d’écoles. Tout en en appelant à une diligence dans le traitement de ce dossier, les conférenciers ont appelé toute la population ainsi que l’ensemble des associations à se mobiliser a cet effet. « Nous allons poursuivre jusqu’à la solution définitive et totale du problème », se résolvent les conférenciers du jour.

En rappel, l’explosion du mardi 15 juillet dans le quartier Larlé de Ouagadougou fait l’objet d’une information judiciaire. Un avocat a été désigné par les victimes à cet effet. Les premiers éléments de l’enquête ont conclu à un « accident » provoqué par des engins explosifs des mines. Ce à quoi ne croient pas certaines victimes. Le présumé propriétaire des explosifs est entre les mains des enquêteurs et les résultats définitifs toujours attendus.

Samuel Somda

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 octobre 2014 à 10:50, par Bidiore
    En réponse à : Explosions de Larlé : Plus de deux mois après, les victimes attendent toujours

    Une plateforme de revendication en trois points : qui va les exécuter ? Le présumé responsable des explosifs,l’État ou les population souvent complices de telles situations ?
    Si c’est l’État, rien ne l’oblige à le faire. Si c’est le propriétaire des explosifs, les sinistrés attendront encore longtemps. Négociez seulement avec l’État mais surtout pas de revendications à ce niveau.

    Répondre à ce message

  • Le 9 octobre 2014 à 11:07, par TAPSOBA Delphine
    En réponse à : Explosions de Larlé : Plus de deux mois après, les victimes attendent toujours

    c est plûtot un cri de coeur que j’ai à lancer à l’endroit des autorités.
    Nous sommes sans ignorer que la fièvre à virus EBOLA sévie un peu partout dans le monde alors, de gràce les autorités n’ont qu’à voir pour que les conditions d’hygiène soient quand même respectées dans ces sites. La lutte contre Ebola commence d’abord par là.
    - dormir sur des nattes à même le sol pourtant lorsqu’il pleut les tentes regorgent d’eau ;
    - attendre que la nuit tombe pour se laver à l’aire libre ;
    - manque de latrines etc.
    où allons nous avec ça ?
    Certes il faut du temps pour faire les enquèttes afin de situer les responsabilités, mais pensons à ces pauvres gens qui souffrent actuellement.

    Répondre à ce message

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