Mouloud 2013 à Ramatoulaye : Prières pour la cohésion sociale au Burkina et la paix au Mali

dimanche 27 janvier 2013 à 22h55min

A l’instar des années passées, la Communauté islamique de la Tidjania du Burkina Faso (C.I.T.B.F) s’est encore retrouvée dans la nuit du 24 au 25 janvier 2013 à Ramatoulaye, sous la direction de Cheick Aboubacar Maiga II, Guide Spirituel de la Tidjiania au Faso, pour célébrer, avec grande ferveur, la naissance du prophète Mohammad. La célébration de cette 91e édition du Mouloud a été placée sous le thème, « Education des enfants en islam : rôle et perspective pour une société meilleure ».

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Mouloud 2013 à Ramatoulaye : Prières pour la cohésion sociale  au Burkina et la paix au Mali

Pour Cheick Aboubacar Maiga II, l’éducation et son rôle dans l’édification d’une société meilleure est une des questions importantes auxquelles les éducateurs doivent accorder de l’intérêt qu’elles méritent car, les enfants sont les équipements, les ressources de la nation et les acteurs du présent et du futur. La notion d’’éducation dans la perspective islamique est, explique-t-il, « un ensemble de comportements et de citations tirées du Saint Coran, de la tradition prophétique ou de la jurisprudence. Les éléments constitutifs de l’ensemble sont volontairement employés par un individu dans son rapport avec autrui en vue de l’aider à terminer sa croissance, de performer ses capacités, d’orienter et d’organiser ses compétences afin qu’il puisse exercer ses activités et réaliser les finalités déterminées par l’islam ».

En plus d’éduquer l’enfant à avoir la foi en Dieu et à pratiquer les cultes, il faut, selon le Guide Spirituel, l’éduquer aussi, au plan intellectuel, à acquérir le savoir et à développer ses compétences ; ce qui lui donne confiance en soi et en islam en tant que religion capable de manager la vie et de résoudre les problèmes de l’homme. « La réalisation de ce noble objectif nécessite des conseillers sincères et des éducateurs engagés qui guident la jeunesse musulmane à se rendre compte que le Créateur Tout-puissant les voit et contrôle leurs actes ».

Au-delà du thème de l’éducation des enfants en islam pour une société meilleure, les fidèles musulmans de la Tidjania réunis à Ramatoulaye ont prié pour la cohésion sociale au Burkina Faso en général et en leur sein en particulier.

Ramatoulaye (situé à 25 km de Ouahigouya vers la frontière malienne) n’est pas très loin du Mali où se mène l’opération militaire française pour chasser les djihadistes du nord de ce pays voisin. Interrogé sur le sujet, Cheick Aboubacar Maiga II a tout simplement souhaité que la paix revienne au Mali dont des ressortissants ont participé comme les éditions écoulées, à la présente commémoration.

Etaient également de la partie des Ivoiriens et autres ressortissants des pays de la sous région. A ce niveau, la palme de participation revient sans conteste à la délégation ghanéenne. Conduite par le Cheick Rachid Houssein Salwatiya, cette délégation du Ghana comptait en effet plus de cent pèlerins. « N’eût été le problème de moyens de déplacement, nous aurions été plus nombreux que ça », confie Cheick Rachid Houssein Sawaltiya, chaleureusement accueilli par son homologue, Cheick Aboubacar Maiga II.

Venus des quatre coins du Burkina et de la sous région, les fidèles musulmans sont venus en grand nombre, par milliers, voire de dizaines de milliers, au point qu’il était très difficile par moment de se frayer un passage sur le site de pèlerinage. Et il a fallu une mobilisation des forces de défense et de sécurité (policiers, gendarmes et militaires) pour contenir ce beau monde et pour que tout se passe sans incident majeur.

Par cars, camions ou tout autre moyen de transport à leur portée comme cette charrette conduite par un dromadaire, les gens ont convergé toute la journée du 24 janvier vers le sanctuaire. Chacun, à l’image de Youssouf Belem ou de Abdoulaye Sawadogo, avait une raison valable pour faire le déplacement de Ramatoulaye.

Youssouf Belem, élève en classe de 3e dans un lycée privé de Ouahigouya est venu recevoir des bénédictions pour que son BEPC marche. Abdoulaye Sawadogo, lui, est venu de l’ouest de la Côte d’Ivoire, plus précisément de la zone d’Issia. C’est sa douzième participation consécutive à la célébration du Mouloud à Ramatoulaye. A chacune de ses participations, il a toujours demandé au Tout-puissant de lui donner les moyens de revenir la prochaine fois et ses vœux ont toujours été exaucés. Au vu de la grande mobilisation autour de la personne du Cheick Aboubacar Maiga II, M. Sawadogo n’a pas pu s’empêcher de se poser cette question, éminemment philosophique : « On nous dit souvent que nous sommes tous égaux. Cela est-il possible ? Tout le monde peut-il, comme il le fait, attirer autant de monde d’un peu partout ? ».

Grégoire B. BAZIE
Lefaso.net

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