ORGANISATION DES EXAMENS DU PRIMAIRE : Des enseignants remontés réclament plus d’indemnités

jeudi 7 juin 2012 à 01h48min

L’immeuble de l’Education a connu une animation toute particulière ce 6 juin 2012. La raison : les enseignants ont fait un mouvement spontané au sein du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA) afin d’exiger de leurs responsables la hausse de leurs indemnités pour les examens scolaires à l’école primaire. A défaut d’une revue à la hausse des indemnités, « pas de CEP », ont clamé les enseignants car, pour eux, une surveillance équivaut à une autre.

« Non à l’injustice au MENA, pas d’indemnités conséquentes, pas de CEP. » C’est ce qui se lisait sur des pancartes que les enseignants du primaire ont exhibées à l’entrée du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MENA) pour le sit-in organisé par les « maîtres ». Le message est ainsi clair pour toute personne qui voudrait arriver à l’immeuble de l’Education nationale. L’accès à l’immeuble a été interdit par les manifestants qui ne voulaient avoir d’interlocuteur que le premier responsable du Ministère. Prévu pour durer deux heures, les « maîtres » ont tenu et ont même eu l’opportunité de se faire entendre par leur ministre de tutelle, Koumba Boly/ Barry, au cours de leur sit-in. Le film …

Arrivés pour commencer leur sit-in, les enseignants ne savaient pas qu’ils allaient prendre en otage leur ministre de tutelle. La seule certitude qu’ils avaient, c’est qu’ : « il y a de l’injustice », explique l’un des enseignants. K. Gréqoire Guissou explique : « Le président de jury a 140 000 F CFA sur l’ensemble de la session, le vice-président a 120 000 F CFA et le président de Centre qui a la lourde responsabilité du bon déroulement de l’examen n’a que 2 000 F par jour pendant les 4 jours ». Cette situation, explique K. Grégoire Guissou, est la preuve que la base n’est pas considérée au sein du Ministère. Pourtant poursuit-il, « quand on dit que le MENA excelle, c’est que la base travaille et cela devrait se ressentir au niveau de la répartition ». Son collègue Sibiri Ouédraogo explique, quant à lui, qu’il s’agit d’une question d’égalité. Sans pour autant réclamer une égalité dans le traitement avec les enseignants du secondaire, il ne va pas plus loin pour dire à propos de la surveillance « que tous les sens sont en éveil que tu surveilles au secondaire ou que tu surveilles au primaire.

En cas de fraude, nous sommes frappés de la même manière et de ce fait, le traitement doit être équitable ». Les inquiétudes pourraient naitre quant au risque que les examens soient pris en otage et à propos, l’enseignant Sibiri Ouédraogo est sans équivoque : « L’esclave qui veut se libérer doit casser sa chaine ». Ils expriment leur mécontentement et demandent aux responsables de prendre la décision qui sied. « Ce n’est pas pour prendre l’examen en otage, précise t-il, mais si nous sommes contraints, on peut y arriver » . Après de telles déclarations et explications, les responsables des enseignants remontés sont reçus par le secrétaire général, Emmanuel Goabga, et ses proches collaborateurs. Il est 9 h 45 mn. Un petit groupe sort de l’immeuble, se rend à l’entrée et s’adresse aux enseignants dans un langage de négociation.

« Madame la ministre doit sortir pour se rendre à une réunion. » La réponse est nette : « Nous pas bouger » ! Il s’est par la suite révélé que la ministre Koumba Boly/ Barry devait se rendre à la primature pour un entretien avec le Premier ministre. Est-ce pour le cas des enseignants ou est-ce pour un autre sujet ? L’on ne saurait le dire exactement. Dans tous les cas, le ministre a voulu personnellement et directement s’adresser aux « maîtres ». Les négociations ont été interrompues à l’intérieur de l’immeuble.

« Laissez-moi aller transmettre vos doléances », a-t-elle lancé mais les enseignants sont restés de marbre. Puis, au ministre de poursuivre : « Vous savez très bien que je suis la dernière personne à ne pas lutter contre vos intérêts ». Elle tente de rassurer les mécontents mais ces derniers insistent et refusent de la laisser passer. « Je voudrais que plus tard vous puissiez le comprendre. J’aimerais que vous soyez surtout très responsables. A la veille des examens, je ne peux pas comprendre que des enseignants viennent faire autant de bruit, ce n’est pas honorable pour nous. Si vous avez des problèmes, on a des cadres de concertation, envoyez-les moi, je suis prête à répondre, mais ne faites pas cela. Vous êtes des éducateurs et ce n’est pas bon. » Pendant que les uns étaient convaincus par ce message, les autres toujours tenaces ne voulaient rien comprendre.

Le ministre a du rouler à une vitesse de tortue pour d’abord sortir de l’enceinte de l’immeuble et ensuite rejoindre la primature pour sa réunion et les échanges se sont poursuivis au sein du Ministère. A l’issue des négociations, les responsables du Ministère disent avoir des réponses favorables mais entendent les verser au niveau de la structure syndicale.

Aimé NABALOUM

Le Pays

Messages

  • J’ai eu la chance d’avoir la circulaire conjointe objet de la discorde entre les mains. Etant dans un autre secteur d’activité,j’ignore qui a pris part à l’élaboration de cette circulaire conjointe qui fixe les taux pour les examens mais il faut que les gens soient vraiment justes dans leurs propositions. Effectivement, un président de jury gagne 2000 par jour pendant la durée de l’administration des épreuves c’est à dire 4jours.Les superviseurs qui doivent utiliser leurs propres engins pour faire le tour des centres dans les 14 circonscriptions de la commune et les 6 départements du Kadiogo ont 1800f par jour pour faire ce travail. D’un autre côté, le gestionnaire de la DPEBA a un forfait de 25000f+ une prise en charge journalière de 5000 pendant la durée des examens, son travail consistant à répartir l’argent aux gestionnaires des circonscriptions pour que ces derniers paient les intéressés.
    Et ça m’étonne que le ministre ait signé cette note, en voyant les différentes propositions injustes qui y ont été faites. Si les dirigeants se comportent en irresponsables, les enseignants même s’ils sont des éducateurs ne doivent pas passer le temps à se faire violence juste pour donner le bon exemple. Ils ont le devoir de lutter également pour leurs intérêts.

    • Merci Loko, bien dit. Je crois que la hiérarchie ne controle pas l’exécution ou les actes qu’on lui fait signer. les acteurs de terrain sont tout le temps grugés. Quand ils luttent et il est question de leur concéder quelque chose, la rédaction des textes est confiées aux faux buraucrates qui n’hésitent pas à se faire eux-meme la part belle dans la chaine et juste un peu pour les requerants. Pauvre FASO§ ! le poisson pourri toujours par la tête

    • vous etes des laches,

      c est parce que Bolly est une femme. Si le ministre Zacky etait sorti, vous alliez tous detaler, surtout s il commencait a chogobiter (son propre accent de Nassara).
      S en prendre a une femme, c est lache mes chers enseignants. Allez voir Zacharia et vous saurez qu il y a garcon dans l immeuble.

  • ELLE LES A WOUROU POUR POUVOIR SORTIR ; LA SOLUTION EST AU MENA ET NON A LA PRIMATURE. LE BUDGET EST LA C’EST LA REPARTITION QUI POSE PROBLEME ; C’EST QUOI ELLE VEUT TRANSMETTRE AU PM COMME DOLEANCE ?

  • c’est bien pour la démocratie.ce qui est bizard,Madame le ministre ne sais pas qu’on ne veut plus écouter les long discours.il faut mettre les enseignants dans les normes au lieu de parler toujours de cadre de concertation qui n’abouti à rien.

  • entre nous avez vous le meme statut ?Sorons raisonnable !a quelque jours de l’examen que voulez vous le ministre fasse ?On grève pas pour grever.Penser à l’avenir des enfants.

    • et tu penses que les enseignants qui manifestent leur mécontentement n’ont pas aussi leurs rejetons qui passent les examens ?
      pour toi,ils doivent se taire et supporter l’injustice.
      avec de telles mentalités que tu as,le pays ne pourra jamais avancer.
      en tout cas ils ont mon soutien total
      seule la lutte paie dans ce pays injuste

    • Vous avez raison monsieur ! Penser aux enfants c’est penser à l’avenir de notre nation. Permettez-moi de vous dire que ce sont ces pensées qui nous font sombrer d’autant plus ceux qui devraient les penser ne le font pas. Le mal se traite toujour à la source. Assez de slogan assez de divertissement. Moment est pour les donneurs d’instructions de prendre leur responsabilité et en cessant de se moquer des instituteurs. Dans quel secteur avez vous vu un travailleur pris en charge à 2 000f pour une journée. Assez ! Assez ! Assez

  • Dans le cadre de la reforme du systeme educatif de base l’etat doit supprimer ce diplome de CEP qui ne sert a rien aujourd’hui. Pourqoui dépenser de l’argent pour l’organisation d’un examen qui ne sert a rien. Le seul critère pour aller en sixième doit être l’obtention de la, moyenne au cm2. Le premier examen qu’ un enfant scolarisé doit paser s devrait être le BEPC.

    • toi tu es hors sujet.la supression de l’examen n’est pas à l’ordre du jour.nous revendiquons le droit et l’équité dans la gestion des bien.le ministre doit savoir que nous boicotons les cours.on parle plus de sacrifice.que chacun enseigne son enfant.

    • Pour l’instant le CEP n’est pas supprime. Il faut etre juste dans les primes de correction et c’est ce que les enseignants recherchent.

  • Dites moi chers amis internautes, a quoi sert aujourd hui le cepe si ce n est gaspiller de l argent et mettre nos enfants en retard ?
    Meme les colons qui nous l on impose l on supprime chez eux, ce n est que chez nous Africains bornes, incapables de la moindre initiative que cela existe.
    Organiser le CEPE, Deplacer eleve et enseignant coute au bas mot plus de 7 milliards par an, confere l interview de Madame BOLY.
    Combien de logements decent pour les BIB que cela peut construire ?
    Combien d ecoles primaires ou de vivres si cela est bien gere cela peut il construire ?On peux meme augmenter le salaire des enseignants avec ca.
    Les elevs aux CM2 iront directement au college, ca permettra de rendre l ecole obligatoire jusqu a un certain age et luttera aussi contre la delinquance.
    Il faudra aussi progressivement penser a supprimer le BEPC qui ne sert aussi a rien et avec l argent economiser construire de nouvelles universites, ne nouveaux amphis afin que les profs ne se prennent pas pour Tyson.
    C est des pistes de reflexion pour reduire de facon drastique l analphabetisme dans nos pays.
    Webmaster j espere que cette fois ci ma contribution passera

    • Mon frère le CEPE n’existe plus, c’est devenu le CEP, réactualisez vos connaissances avant de critiquer toute chose.Tout développement passe par l’éducation à la base.Pour cela l’on doit mettre les élèves et les enseignants dans de bonnes conditions pour aboutir à des résultats probants.Il ne s’agit pas de construire des écoles mais il faut rechercher l’efficacité. Un enseignant névrosé, aigri et frustré peut-il enseigner la morale ?

  • TENEZ BON. SANS NOUS LES SUBALTERNES PAS DE CADRES.

    • Quelle façon de revendiquer !!!
      Il faut que l’état recommence à vider certains comme sous la révolution pour que tout se passe en toute responsabilité et courtoisie.

    • Eh Jah ! Vous attendez l’année que moi mon PF est au CM2 pour faire ça ?

      Madame Boly ! Pardon ! Depuis que ce torchon a été signé, les enseignants ont commencé la grogne. Mais tu as bouché les oreilles. Or, tu sais que les enseignants ne sont pas des cons. Voilà qu’ils veulent utiliser leur arme fatale ! Vous êtes dans un governement de crise et toute crise, aussi minime soit-elle, qui couve dans votre ministère doit être analysée avec respect et sagesse. Je suis au courant de la grogne justement à cause de mon fils. Mais comme je ne suis une fourmie à la voix inaudible...

      Madame le Ministre, pardon corrigez cette injustice car, si mon enfant fait une année blanche, je suis prêt à me comporter comme un Cdpiste de Zongo. Walaï !

    • mon type,tu n’as rien compris.avec ce printemps arabe,celui qui ose toucher un enseignant recoltera les consequences.je suis persuadé que tu es corompu si non tu n’allais tenir de tels propos.merci pour ta compréhension.ne prend pas ça en mal.

  • De grâce ! Ne prenez pas en otage les enfants qui n’y sont pour rien dans cette histoire ! Ils ont bossé dur durant l’année et ce n’est pas en moins d’une semaine de l’examen qu’ils doivent vivre ces remous qui risquent de les perturber ! On vous comprend mais de grâce !!! Merci

  • ET C EST MAINTENANT QUE VOUS MANIFESTEZ ; SES CONDITION SON TRES DERISOIR ; MOI JE NE SAVAIS PAS. CE QUE LE PRESIDENT GAGNE CE N EST PAS LA PEINE. ENSEIGNANT SOUFR DES. AUCUN ANVANTAGE PAR RAPPORT A SON METIER. YACOOO !!!!

  • AH ! PAS FACILE HEIN LE BURKINA ACTUEL !

  • brs à tous, je comprend la préoccupation des enseignements qui consentent chaque jour des efforts énormes pour assurer l’éducation de nos enfants en contrepartie de salaires dériseoires. Il est donc tout à fait légitime qu’ils formulent des revendications pour corriger les injustices qu’ils subissent dans le traitement notamment sur le plan indemnitaire. Cependant, ces enseignants auriaient pu nous épargner d’une manifestation spontanée et apparemment prémeditée en posant au préalable clairement leur problème dans un cadre approprié au lieu de procéder chaque année par chantage. Les revendications doivent raisonnablement franchir des étapes graduelles avant d’aboutir à une grève sauvage à deux doigts de l’examen. Cette attitude qui n’est qu’un coup en dessous de la ceinture est administé à des personnes innocentes que sont les enfants.IL faut changer de méthode et faire preuve de civisme qu’ils sont censés transmettre aux enfants. Ainsi, ils seront plus crédibles et bénéficieront du soutien de tous y compris des parents d’élèves.

  • Je suis pour la suppression pure et simple du CEPE qui est source de gaspillage des ressources qui, pourtant, pourraient être utilement affectées à l’amélioration des conditions de travail des enseignants et permettre aux enfants de Zecco de ne plus étudier sous des paillotes. Mais en attendant,je soutiens fermement et par principe toute dénonciation et lutte contre l’injustice sous toute ses formes. Donc, je soutiens la lutte des enseignants pour plus d’équité dans la prise en charge des uns et des autres impliqués dans l’organisation des examens.

  • ou est le REN-LAC dans tous ca. eux ki cours derriere nos enseignants. REN-LAC= institution de la grande corruption. pauvre enseignants.

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