PARTIS POLITIQUES AU BURKINA : Peut-on mettre fin au capharnaüm ?

vendredi 16 décembre 2011 à 00h08min

Le conseil des ministres a décidé de demander à certains partis et formations politiques de se conformer aux prescriptions de la loi les concernant. Il était temps ! C’est quel pays où les partis pullulent comme des fourmis : plus de 160 et cela continue de naître. Je me demande, entre parenthèses, s’ils ne vont pas finir par épuiser les lettres de l’alphabet à force de créer des sigles. En fait, que dis-je ? Il paraît que c’est démocratique et que cela prouve que le débat démocratique est vigoureux comme un taureau dans la force de l’âge. Mais je vois et constate autre chose, comme vous certainement. Prenons une moto et faisons le tour des défauts de ces formations et partis politiques, (on prendrait trop de temps à pied ou à vélo). Allons-y ! Commençons par dire que c’est bien fait pour le pouvoir. C’est l’une des conséquences de la stratégie du diviser pour régner : on suscite la création de partis satellites pour créer le surnombre et ronger les pieds des adversaires de poids lors des élections ; on sème la graine de la discorde au sein des partis susceptibles d’inquiéter et ceux-ci explosent en mille morceaux comme le big-bang.

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Voilà pour ce qui est du pouvoir. Venons-en aux responsables des partis politiques eux-mêmes maintenant. Il y a le lot de ceux qui gouvernent mal leur parti, créant des frustrations internes et obligeant certains membres à quitter pour aller créer leurs propres partis. Il y a le lot des gens qui préfèrent être tête de fourmi que queue de lion et créent leur "partillon" qui ne représente finalement rien ni personne. N’oublions pas les nouveaux opposants d’une taille non négligeable qui ne peuvent cependant pas s’allier aux "partillons", parce qu’ils les méprisent, et qui ne veulent pas se compromettre avec les partis d’opposition dignes de ce nom parce que ces derniers sont déjà "mouillés" et jouissent de peu de crédibilité auprès des populations.

Conséquence de tout cela : une multitude de partis politiques, voulant se livrer à un concerto politique qui finit par sonner comme un zim poum poum incompréhensible et strident à l’oreille des électeurs et potentiels militants. Un véritable capharnaüm ! C’est alors qu’on voit des partis politiques sans siège ou dont le siège se confond au tabouret de leur chef, sans parler de ceux qui existent comme des rêves, de véritables structures virtuelles ayant la consistance d’un fantôme. Certaines formations politiques n’ont pas d’idéologie pendant que d’autres en ont une, mais qui devient un charabia incompréhensible quand leurs géniteurs se donnent de la peine à l’expliquer. Des partis politiques, sans aucune représentativité ni à l’Assemblée nationale ni dans les communes, qui n’ont d’activités que leurs déclarations dans la presse, qui n’apparaissent que quand on prononce le mot "subvention aux partis politiques" ou "perdiem", qui n’ont de militants que les membres de la famille du chef du parti, dont les militants ne peuvent pas remplir une cage d’ascenseur, qui vont au cimetière dès que leur fondateur y est enterré, …

Ouf ! Mon stylo est essoufflé. Et, je me demande si le gouvernement réussira à venir à bout de ce qui est devenu un fonds de commerce pour certains. En tout cas, si on maintient la stratégie du diviser pour régner ou celle des partis d’escorte, on n’en sortira pas. Le gouvernement doit donc être fidèle à sa volonté de mettre de l’ordre et être ferme dans l’application de la loi. Au fait, à l’attention de tous les Burkinabè, un collègue fou m’a dit ceci un jour : "Si tu manges beaucoup sans bien manger, ne t’étonne pas de maigrir beaucoup sans bien grossir !" Qu’est-ce qu’il voulait bien dire ?

Le Fou

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 16 décembre 2011 à 18:49, par Xamos
    En réponse à : PARTIS POLITIQUES AU BURKINA : Peut-on mettre fin au capharnaüm ?

    J’apprecie le style par lequel ce journaliste nous parle de cette realite ! Bravo cher camarade !!

    En effet ce constat est triste. Mais les Burkinabe n’ont pas besoin de ces insectes de partis politiques pour son avenir.La politique reste la politique. Les Burkinabes attendent trop des politiciens mais jusqu’a ce jour, aucun parti politique ne donne interet aux aspirations du peuple. On ne remarque que des partis politiques pour satisfaire l’orgueil familial...et comme le journaliste l’a si bien indiquer ; le parti se suicide desque l’on enterre son fondateur au cimetiere. Plein d’autres zizannies de ce genre

    Mais le probleme se pose vraiment au niveau de la haut la bas ! Quand on est un bon maitre on peut donner la lecon suivante : fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais ! Le pouvoir actuel est mouiller jusqu’a la gorge de maniere qu’il ne peut nous sauver d’une innondation que de crier...

    Cher camarades, donnons nos points de vu sans nous insulter. Ainsi nous pourrons prendre la directive pour notre avenir. Sinon on est foutu hein ! A bon entendeur salut !

  • Le 16 décembre 2011 à 18:59
    En réponse à : PARTIS POLITIQUES AU BURKINA : Peut-on mettre fin au capharnaüm ?

    surtout annuler le récépissé du parti des extras terrestres sinon les mangeurs d’âmes vont reclamer pour eux aussi et les autres sectes suivront hein....

  • Le 18 décembre 2011 à 14:41, par SIDSOBA
    En réponse à : PARTIS POLITIQUES AU BURKINA : Peut-on mettre fin au capharnaüm ?

    Mais n’oublier pas que ces partis sont issus du pouvoir.
    Il ya des partis qui se battent contre eux meme pendant les campagnes.
    Les votes se faisant en sécret certaines partis se forment pour se faire de l’argent auprès des autorités au pouvoir.
    Tant que ce regime reste les parties politiques pousseront comme des fourmis.Il n’a fait que trop duré.
    Ce regime est antidémocratique.
    Blaise Compaoré est antidémocratique.
    Luc Adolphe Tiao est anti démocrtique

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