REDUIRE LA MORTALITE MATERNELLE EN AFRIQUE : Le pari de l’Union africaine

mardi 9 août 2011 à 01h48min

Le ministère de la Santé, en collaboration avec les partenaires au développement, a organisé, le 4 août 2011 à Ouagadougou, la cérémonie de lancement de la Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA). Placée sous le patronage de l’épouse du chef de l’Etat, Chantal Compaoré, cette campagne est une initiative de l’Union africaine et vise à accélérer les progrès vers l’atteinte de l’Objectif du millénaire pour le développement n°5 (OMD5). Cet objectif consiste à réduire le ratio de mortalité maternelle de 484 à 121 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2015.

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"1 femme et 7 nouveau-nés perdent la vie toutes les 3 heures au Burkina Faso". Incroyable pour certains, et pourtant ! Telle est la triste réalité du Burkina à l’instar d’autres Etats africains. C’est conscient de l’ampleur du problème et dans le souci d’y remédier que lors de la 4e Conférence des ministres de la Santé de l’Union africaine, tenue du 4 au 8 mai 2008 à Addis-Abeba en Ethiopie, les premiers responsables africains du domaine de la santé se sont engagés à mettre en oeuvre cette campagne, dont le lancement officiel est intervenu le 9 mai 2009. Ainsi, à la suite de certains pays, le ministère de la Santé du Burkina, à travers la direction de la Santé de la famille, avec l’appui technique et financier des partenaires au développement (AWARE, USAID, OMS, AED), a organisé le lancement de la Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA), lancement qui a eu lieu le 4 août dernier à Ouagadougou.

A l’occasion, des rubans blancs symbolisant la maternité à moindre risque ont été accrochés à l’habit de chaque participant. L’objectif général de la CARMMA au Burkina est d’accélérer les progrès vers l’atteinte de l’Objectif du millénaire pour le développement (OMD) n° 5 qui consiste à réduire le ratio de mortalité maternelle de 484 à 121 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2015.

Réduire au 1/4 le taux de décès maternels d’ici à 2015

La cérémonie de lancement, placée sous le patronage de Chantal Compaoré, épouse du chef de l’Etat, représentée par la ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale (MASSN), Clémence Traoré, a connu quatre allocutions ponctuées de deux prestations d’artistes. Ce sont celles du maire de Ouagadougou représenté par Christophe Ilboudo, de la représentante de l’OMS au nom des Partenaires techniques et financiers (PTF), Dr Djamila Cabral, du ministre de la Santé, Pr Adama Traoré, et de la première dame, Chantal Compaoré, représentée par la ministre en charge de l’action sociale, Clémence Traoré. "Passer de 484 à 121 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2015" ont été les maîtres-mots de ces quatre interventions.

L’épouse du chef de l’Etat a interpellé particulièrement les hommes et les prestataires de soins à oeuvrer à rendre effectif la devise "ne plus mourir en donnant la vie et que l’enfant naisse vivant, bien portant et ne meure pas". Pour elle, "mourir en donnant la vie" est une injustice sociale. Elle invite, de ce fait, chaque acteur à dire non en oeuvrant pour la réduction d’un tel phénomène. Comme stratégie, elle relève que le Burkina Faso a retenu dix actions prioritaires pour la CARMMA. Il s’agit des plaidoyers, des campagnes de communication, des forums, des clubs services, des engagements des agents de santé, de la mobilisation des ressources financières, etc. La représentante de l’OMS, Dr Djamila Cabral, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement des PTF à accompagner l’Etat burkinabè dans sa politique en faveur de l’amélioration de la santé des femmes et des enfants. Quant au Pr Adama Traoré, ministre de la Santé, il a rassuré les PTF de l’engagement de l’Etat à traduire en actes les engagements pris. Pour ce faire, un nouveau comité national de suivi des programmes et stratégies de réduction de la mortalité maternelle et néonatale sera mis en place ainsi que des ambassadeurs de la CARMMA.

Christophe Ilboudo, au nom du premier responsable de la commune de Ouagadougou, ville qui a abrité le lancement de la présente cérémonie, a salué ce choix et relevé que la région du Centre, bien que disposant d’hôpital de référence, est la 2e, après celle du Sahel, a enregistré le plus grand nombre de décès maternels. Il a aussi souhaité la bienvenue à tous les participants.

Près de 682 millions de F CFA pour l’atteinte de l’OMD5

La cérémonie s’est terminée par la remise à la direction de la Santé de la famille d’un don de matériel afin de permettre aux différents acteurs d’oeuvrer pour réduire la mortalité d’un quart d’ici à 2015 (passer de 484 à 121 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2015). Ce don est l’oeuvre du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), représenté par le Dr Mamadou Kanté. Pour cette institution des Nations unies, "rien n’est impossible si la volonté et l’engagement effectif de tous sont réels". L’UNFPA, par ce don de matériel, laisse raisonner en chacun ce slogan : "La santé maternelle, un investissement qui en vaut la peine !"

La composition du matériel

1- 51 cartons d’implants jadelles et accessoires d’insertion d’une valeur de 80 200 F CFA l’unité ; 2- 500 documents des Recommandations des pratiques cliniques (RPC) d’une valeur de 886 350 F CFA ; 3- 6 lits d’hôpital pour renforcer les capacités des unités de soins intensifs ; 4- 3 tables d’opération avec des accessoires pour le renforcement des plateaux techniques des blocs opératoires. NB : Les lits et les tables sont d’une valeur totale de 11 719 785 F CFA.

Germaine KERE (Collaboratrice)

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 15 août 2011 à 18:11
    En réponse à : REDUIRE LA MORTALITE MATERNELLE EN AFRIQUE : Le pari de l’Union africaine

    Lamentable !!

    "rien n’est impossible si la volonté et l’engagement effectif de tous sont réels" dit UNFPA. C’est pas pour rien. Nos autorités doivent commencer par le respect de leurs engagements et éviter de nous rabacher les oreilles avec ces cérémonials interminables. Nous espérons que le nouveau Ministre va faire de se ministère un ministère au service des populations, un ministère ouvert aux journalistes, plutôt qu’un cadre d’escroquerie des partenaires techniques et financiers. Il faut passer à la mise en oeuvre des politiques prioritaires (santé, éducation). Inutile de vous dire que la crise passer va se renforcer si les nouveaux ministres continuent de rouler le peuple. Vous serez surpris, croyez moi !!!

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