Les étudiants de l’Université de Koudougou dans le couloir de la paix de Maasmen

mercredi 29 juin 2011 à 02h02min

Après les sorties d’études sur Manéga et Loango les 14 et 15 mai 2011, le club littéraire et artistique de l’université de Koudougou a décidé de rendre visite à la chefferie traditionnelle d’Issouka. Objectif : contribuer à la construction du nouveau palais de Naaba Saaga 1er et nouer les fils du dialogue avec les gardiens de la tradition après la crise que vient de traverser le Burkina.

Comprendre l’organisation de la chefferie traditionnelle d’Issouka, les quatre autres quartiers fondateurs de la ville (Dapoya, Bourkina, Sogpelecé et Godin), l’histoire de Palogo, des Yaméogo (patronyme majoritaire des habitants de la ville), les interdits à Issouka (iguane), Bassanga l’ancêtre des Issoukalais ; bref, il était question pour les étudiants de chercher à connaître les us et coutumes de Issouka, le quartier qui abrite l’université de Koudougou. Pour cela, les membres du club littéraire et artistique de l’université de Koudougou ont rendu visite au chef traditionnel d’Issouka. Puis une seconde qui a eu lieu le dimanche 19 juin 2011.

Cette fois-ci, ils sont venus appoter leur contribution à la construction du nouveau palais (Maasmen). Pour une journée, étudiantes et étudiants se sont transformés en manœuvres et maçons. « Oui les bâtisseurs du Burkina ne sont pas ceux qui négligent leur culture mais ceux-là qui l’acceptent », déclare le président du club, Mathieu B.DAILA.

Par cet acte symbolique, ils donnent ainsi l’exemple « qu’ils sont des bâtisseurs, qu’ils croient en leur pays et surtout aux valeurs traditionnelles qui restent le ciment de notre société par moment un peu perdue », souligne Naaba Saaga 1er. « Ils ont besoin de prendre l’exemple sur nous pour avancer dans la vie. Nous devons mériter par nos actions leur confiance, alors leur énergie toute débordante sera mise au profit de la construction de notre commun pays dans la paix », ajoute-t-il. Faut-il le préciser, Naaba Saaga 1er est ce chef qui a demandé que les chefs traditionnels puissent rester en dehors de la politique, lors de la visite du premier ministre à Koudougou en mai dernier.

De telles actions viennent sceller la confiance entre la jeunesse et la chefferie traditionnelle, mise à mal ces derniers temps. Le fait de se voir confier les travaux du couloir de la paix est une marque de confiance, donc un honneur pour ces étudiants.

Présentation du Palais Maasmen de la Chefferie d’Issouka
D’une superficie totale de 250m2, ce bâtiment est entièrement réalisé en terre-battue par les techniciens de la voute nubienne. Il est composé d’un long couloir d’entrée, nommé couloir de la Paix. C’est l’aménagement de ce couloir qui a été confié aux étudiants. Des figures de personnalités ayant reçu le prix Nobel de la paix serviront de décoration à ce couloir.

A la salle d’audience, s’ajoute la salle des rois qui portera les figures des rois de l’Empire Mossi. Le canton de Lallé dont dépend Issouka aura sa salle spéciale avec aussi les figures des chefs de Lallé depuis Naaba Bèga fondateur de ce Canton.

Echanges et cadeaux pour accompagner la « maçonnerie »
Ce fut une journée d’échanges, de partage et surtout d’engagement avec une portée symbolique très importante en ces temps de crise socio-militaro-politique que traverse notre pays. Les étudiants ont reçu la visite et les encouragements des chefs de zones d’Issouka, dont la 1ère femme intronisée chef par Naaba Saaga 1er le 3 février 2007.

Les étudiants, lors de leur première visite, avaient apporté de la cola et un arbre pour le chef. En retour, ils reçoivent des documents pour meubler leur bibliothèque notamment sur la situation des enfants dans le monde 2011, une publication de l’UNICEF avec pour titre l’adolescence, l’âge de tous les possibles. De tels actes pourraient sans doute contribuer à un retour de confiance entre la chefferie traditionnelle et la jeunesse burkinabè.

Kuilga Nagouba pour Lefaso.net

Messages

  • ce sont ces genres d’initiatives qu’il faut encourager. Mes felicitations ! En occident, les eleves, etudiants blancs font ces genres de choses pendant les etes...on pourrait trouver un domaine dans lequel la population estudiante pourrait s’engager...

  • Mr le journaliste ; vous êtes sûr que ce sont des étudiants ? On dirait des orpailleurs. Sans rancune

  • Je suis très content de voir ces étudiants travailler à ce que nos coutumes ne disparaissent pas.

    C’est vraiment très honorables aussi que la photo soit prise aussi simplement, sans artifice de costumes-cravates ou autres ****** de néocolonisés intellectuels.

    Bravo à eux, je suis fier d’eux. La photo est vraiment bien aussi !

  • Comme quoi quand la chefferie traditionnelle accepte rester dans son rôle, elle peut faire l’objet de considération, c’est ce que nous attendons de nos chefs coutumiers :être rassembleurs et non se mêler de la gué guerre politique. Bon vent au chef de Issouka pour sa position tranchée sur la non implication des chefs en politique. Les vautours politiques doivent laisser en paix nos honnêtes chefs traditionnels. Je salue au passage le Lallé NABA de Koudougou qui sans sa grande discrétion n’aurait pas moins dit que le chef d’Issouka

  • Voici les bras valides de demain qui vont développer ce pays.
    Vivement qu’on en finisse avec la vielle garde fainéante arrogante (suivez mon regard) qui aiment rien que le luxe des belles voitures, costumes, villa, gnagnagni gnagnagna...

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