Assises sur les crimes économiques : Servez-nous de gros poissons

lundi 6 juin 2011 à 02h35min

A quelque chose malheur est bon. La crise sociopolitique déclenchée par suite des différentes mutineries a le mérite de rappeler à ceux qui nous gouvernent depuis 24 ans que le Burkina Faso va à-vau-l’eau. La mal gouvernance a gangrené la société burkinabè au point que la plupart des secteurs socioprofessionnels sont en ébullition.

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Le malaise est profond et le gouvernement multiplie le dialogue et les gestes d’apaisement. C’est dans cette atmosphère de mesures pour une catharsis sociale que le ministre de la Justice, Jérôme Traoré, a animé un point de presse pour annoncer la tenue d’assises criminelles sur les crimes économiques.

Du 14 au 17 juin 2011 donc, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou va statuer sur une dizaine de dossiers concernant quinze individus pour des malversations d’environ 400 millions de F CFA.

Si ces assises ne sont pas nouvelles, cette fois-ci, elles ont un caractère particulier en ce sens que ce sont les crimes économiques exclusivement qui seront inscrits au rôle.

Un acte à saluer à sa juste valeur dans la mesure où l’une des plaies gangreneuses du “Burkina émergent”, c’est justement ces dossiers économiques qui dorment dans les tiroirs s’ils n’ont pas tout simplement été rangés.

Notre pays vit dans une atmosphère de corruption généralisée et de fraudes criardes qui ne sont hélas pas sanctionnées. Les rapports de la Cour des comptes se suivent et se ressemblent.

En dehors du cérémonial et des discours à forte teneur de promesses de sanctions pour le plaisir des partenaires techniques et financiers qui ne sont pas naïfs, plus rien de concret, donnant ainsi l’impression que le régime protège des gens et des intérêts.

Que sont en effet devenues les grosses affaires dénoncées par les institutions en charge du contrôle de la gestion des deniers publics ?

L’opinion publique veut voir des actes forts et courageux qui consisteront à sanctionner de gros poissons en lieu et place des alevins qu’on lui sert souvent.

A défaut, ce sera un coup d’épée dans l’eau et la conviction sera plus forte qu’on fait du dilatoire juste pour faire baisser le mercure social et retomber dans les vieilles habitudes.

Rabi Mitbkèta

L’Observateur Paalga

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