Grève dans l’enseignement primaire : Des syndicats « désavouent » le SYNATEB

mardi 31 mai 2011 à 01h45min

Réunis à Bobo-Dioulasso dans le cadre d’un atelier, les responsables des syndicats de l’éducation de base que sont le SYNEA-B, le SATEB, le SNEP, le SYNAPAGER et la FESEB ont « désavoué », le vendredi 27 mai 2011, la manière dont le Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB) a mené sa grève. Ainsi, ils se désengagent de cet arrêt de travail du seul syndicat qui a dégénéré, condamnent la violence subie par leurs militants et appellent les autorités à « prendre leur responsabilité pour éviter le pire ».

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« Ce que nous condamnons avec la dernière énergie, c’est qu’un syndicat en vienne à prendre des fouets, des bâtons, des flèches et descende dans les écoles pour traumatiser les tout-petits, les mettre dehors de force, frapper des enseignants jusqu’à les blesser, pour refus d’observer le mot d’ordre pour lequel leur syndicat n’est nullement impliqué, déchirer les outils de travail des enfants comme les cahiers de devoirs et de leçons à deux semaines du CEP. Nous estimons que c’est irresponsable », a d’emblée confié le secrétaire général national du Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SYNEA-B), Blegnè Sema.

Il ajoute que les syndicats que sont le SYNEA-B, le SATEB, le SNEP, le SYNAPAGER et la FESEB « ne sont pas parties prenantes de cette forme de lutte engagée sur le terrain ». Par principe, estime le secrétaire général national du SATEB, Bonaventure Séguéda, un syndicat n’a pas à juger de la justesse et de la légitimité des revendications d’une autre structure syndicale autonome. Mais, a-t-il poursuivi, ce qui n’est pas juste, c’est de s’en prendre aux militants qui « naturellement et de droit », n’ont pas voulu observer ce mot d’ordre de grève. Pour le SG du SYNEA-B, cette situation semble d’autant plus surprenante que, « pour cette grève aucun de nos membres n’a été informé de quoi que ce soit. Sinon, lorsqu’une structure syndicale lance un mouvement de ce genre et qu’elle informe formellement les autres, elle reçoit de leur part un soutien direct ou moral ». a-t-il dit.

A l’entendre, toute la semaine qui a précédé le lancement du mouvement, « Nous étions en train de bâtir une plate-forme minimale commune aux six syndicats qui prenne en compte l’ensemble des préoccupations des travailleurs de l’éducation de base ». Jusque-là, a confié M. Sema, « ensemble, les six ont rencontré le président du Faso et même écrit une lettre à leur ministre de tutelle et fait une déclaration transmise aux organes de presse pour publication ». Le SG national du SATEB estime donc qu’« il est temps que les autorités prennent leur responsabilité pour éviter que le pire n’arrive ».

Jusqu’à présent, a-t-il soutenu, « Nous œuvrons à ce que nos militants ne cèdent pas à cette provocation. Si nous n’arrivons pas à les contenir, un affrontement risque de survenir parce que, à ce jour (NDLR : le vendredi 27 mai 2011), des enseignants sont encore objet de chasse à la sorcière à travers tout le pays ». Pour le SG du SYNEA-B, personne ne cherche à diviser le monde de l’éducation de base, mais plutôt à œuvrer ensemble pour arracher des victoires pour les travailleurs de l’éducation.

Jean-Marie TOE

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 31 mai 2011 à 13:15, par Partisan du tèguèli
    En réponse à : Grève dans l’enseignement primaire : Des syndicats « désavouent » le SYNATEB

    Je note simplement le cynisme de ces militants. Particulièrement ceux du sneab. Juste un petit rappel : Le sneab est le premier parti de l’éducation au Burkina. Autrefois appelé SNEA HV, il joué un rôle important dans la lutte pour le bien-être des travailleurs de l’éducation et également pour la défense d’un état de droit dans notre pays. Combien sont-ils, nos parents enseignants, qui au péril de leur travail et parfois de leur vie, ont bravé sous la révolution le pouvoir en place ? Et cela à une époque ou le droit à la grève n’était pas reconnu ? Bien avant cela, le SNEAB a ardemment contribué au soulèvement populaire du 3 janvier 1966. C’est donc ce valereux syndicat que les sieurs Kafando, Blègnè et Cie ont transformé en "ramification du MENA" se spécialisant dans l’organisation d’ateliers sur le calcul et le travail manuel. Cependant lorsqu’il s’agit de révendiquer une augmentation des frais de correction du CEP(2002),une augmentation de salaire, de la lutte contre la RGAP, de la lutte contre la réduction de la durée de formation à l’ENEP, celle contre l’exigence du bac dans les concours professionnels de l’enseignement de Base, et pour bien d’autres luttes dont la pertinence et la justesse ne souffrent pas de débat, la nouvelle génération de militants du SNEAB préfère se cacher lâchement, attendant que le Synateb fasse le travail. Et pire, ces gens de mauvaises foi vont jusqu’à constituer des équipes mobiles et se rendre dans les écoles pour dissuader les jeunes enseignants d’adhérer à la lutte. Nous l’avons vu avec le boycott des stages, Gap et autres conférences pédagogiques sans prise en charge, dont le sneab à considérablement ménacé l’issue heureuse alors qu’il était des nôtres au départ. Et comme à son habitude, sans crier gare et avant même de rencontrer le gouvernement, le B N du sneab déclare qu’il est satisfait des réponses de celui-ci. Tout les faits relatés sont facilement vérifiables pour celui qui s’y interesse. Je l’affirme avec force : De nos jours, les vrais enseignants, les modèles actuels se recrutent au synateb. Jetez un coup d’oeil aux resultats scolaires. Les meilleurs maîtres sont nos militants. Jetez aussi un coup d’oeil sur la listes des maîtres admis aux concours professionnels, vous serez édifiés.
    A ce propos, l’année à laquelle le gouvernement a voulu mettre en oeuvre la mesure l’exigence du bac pour prétendre aux concours professionnels, le BN du synateb a initié un mouvement vers les DEPBA et tenez-vous bien, le groupe de manifestants de ce jour était constitué uniquement de militants synateb tous nantis de leurs bac.

    Alors, de grace, essayez plutôt de vous resaisir, messieurs du sneab. Relisez les fondements de votre syndicats, cessez de penser à votre petite personne et rejoignez la vrai lutte, c’est elle qui paie : Beaucoup de corps commence à le comprendre, même vos élèves. Sachez que vous ne pourrez jamais discréditer le synateb par votre sortie médiatique. Beaucoup s’y sont cassé les dents.

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  • Le 31 mai 2011 à 13:28, par Partisan du tèguèli
    En réponse à : Grève dans l’enseignement primaire : Des syndicats « désavouent » le SYNATEB

    Je voudrais que ces syndicats si soucieux des intérêts des travailleurs de l’éducation nous fassent un petit bilan des victoires qu’ils ont engrangées de par leurs actions ces quinze dernières années ? Le FESEB qu’est-ce que c’est ? Vous n’avez donc pas honte ? Le SNEP, qu’est-ce que c’est ? Le SATEB, nous savons qu’il a été créé par une poignée d’ex militants du synateb, fâchés d’avoir échoué dans leurs tentatives de transformer le synateb en syndicat "gâteaux" Avec le SATEB, ils ont plus que réussi.

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