Soutien à l’éducation à Pella-Nanoro-Soaw : Appuis conséquents, résultats scolaires probants

jeudi 26 mai 2011 à 04h28min

L’idylle entre la patronne de l’ONG française, « Res publica », Françoise Perrin et la commune rurale de Nanoro brille si fièrement dans le secteur éducatif qu’il s’est étendu aux localités environnantes de Pella et Soaw. Les retombées de cette union ont forgé une île éducationnelle dans cette partie du pays où aller à l’école rime, pour bien d’enfants, avec l’assurance d’un cursus serein grâce à des possibilités d’ appuis tout au long de son cycle.

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Le paysage éducatif de trois communes rurales de la province du Boulkiemdé (Pella-Nanoro-Soaw) s’est fortement enrichi de la maternelle au secondaire du ferment de l’Association « Res publica » : un complexe scolaire à Nanoro, un collège à Boulpon, une école primaire à Pella, la normalisation des écoles, la construction de latrines et de dispensaires dans les collèges, érection de cantines et de logements d’enseignants …. Les apports au profit des populations rurales forcent l’admiration. Frappés d’un sceau de « Progrès social et développement », ils construisent l’homme de demain dans cette partie du Burkina Faso.

En plus des infrastructures éducatives, le partenaire français participe à la vie de la communauté et assure le suivi des investissements. Il insère ses actions dans la politique nationale guidée par l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans et la gratuité. Dans la convention liant « Res publica » à l’Etat burkinabè, l’ONG s’engage à soutenir les activités pédagogiques et les directions provinciales de l’éducation, à doter toutes les classes d’enseignants, à veiller au bon fonctionnement des écoles. Selon l’inspecteur chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Nanoro, Jean Bosco Zouma, ce pari est brillamment tenu dans la mesure où l’amélioration de l’accès au système éducatif et de la qualité de l’enseignement sont aujourd’hui une réalité. « Notre localité a eu la chance d’avoir un partenaire sûr. Le respect des termes du contrat avec notre pays se manifeste par des cadres de concertations et des soutiens multiformes », soutient-il.

Depuis 2008, la circonscription de Nanoro a bénéficié de la construction de trois écoles, de la normalisation de deux autres ainsi que de cuisines, de latrines, de forages, de bureaux pour directeurs, de logements réhabilités … Dans cet élan de partenariat, le lycée départemental a été gratifié de deux classes équipées,des plaques solaires, de latrines. La salle des professeurs n’a pas été en reste. Le proviseur, Inoussa Zida, s’apprête, avec le soutien de « Res publica », à lancer un chantier de construction de deux classes cette année. Cette expansion vise à créer un cadre de travail adéquat aussi bien pour les élèves que pour les enseignants. Ce même impact est ressenti à Zamsin qui s’est vu doté d’un établissement contribuant à diminuer les effectifs de Sèguédin jadis de 80 à 90 élèves.

Les responsables éducatifs ont corroboré tous ces témoignages à Boulpon dont le collège bâti à hauteur de 100 millions F CFA avec toutes les commodités (logements de professeurs, énergie solaire, forage, cantine) offre une plus grande opportunité aux enfants de ce village et ceux environnants (Soala, Sèguèdin, Poessi, Sitaon et Nazoanga) d’accéder aisément au post-primaire. Même son de cloche chez le chef de la CEB de Pella, Pierre T. Ouédraogo. Sa commune rurale a reçu une école flambant neuve en 2009. Cette infrastructure a eu le double impact de décongestionner l’école A et d’accroître l’offre éducative de la localité. Dans la commune rurale de Soaw, ce refrain du vent bienfaisant venu de Lyon est repris en chœur. Le soutien à l’éducation dans cette contrée est palpable. Au-delà de la dotation en infrastructures et en équipements, c’est un tandem pour asseoir une éducation de qualité qui lie en permanence les partenaires et les acteurs de terrain.

Triple culture de la qualité, de l’égalité et de l’excellence

Toute l’attention portée au cadre de travail, aux équipements matériels et didactiques s’accompagne aussi d’un appui conséquent aux activités pédagogiques pour créer une synergie dans la recherche d’un enseignement de qualité. « Les écoles et les élèves bénéficient de fournitures et mobiliers scolaires, de vivres pour des cantines endogènes, de plaques solaires. Les activités pédagogiques sont soutenues par une dotation des encadreurs en carburant pour assurer la supervision du travail des enseignants et la promotion des tâches de production », relève Jean Bosco Zouma, chef de la CEB de Nanoro. « Res publica » fait donc de la « démocratisation » tous azimuts de l’école, son cheval de bataille. Le directeur de l’école Pella B, Guy Amédée Ouédraogo, soutient que lorsqu’une demande est motivée, elle reçoit généralement une réponse favorable.

Celle-ci se traduit par des formations continues et des recyclages des enseignants, financièrement soutenus. L’ONG participe également à la mobilisation sociale et à la sensibilisation par la formation des APE (Associations des parents d’élèves) et AME (Associations des mères éducatrices). Un tel engagement vise une prise de conscience chez les parents afin qu’ils assument convenablement leur rôle dans l’éducation des enfants.

Face à la modestie financière des couches rurales, une bienveillance s’affirme dans la prise en charge des cotisations des associations des parents d’élèves des filles et la culture d’un système de parrainage. « Depuis la création de l’école Pella B, toutes les filles ont bénéficié pendant ses trois ans d’existence de cette prise en charge de Res publica. D’autres localités en sont aussi concernées aussi bien dans le primaire que le secondaire », confie le directeur Ouédraogo. Le parrainage va de la prise en charge totale de la scolarité et de la tenue scolaire, à l’abonnement à la cantine dans les établissements secondaires. Plus de 200 élèves sur les 700 du lycée départemental de Nanoro en sont touchés.

Même si au critère d’admission d’office à l’entrée au collège, se sont ajouté d’autres tels la moyenne à l’entrée en 6e, la situation sociale ou les charges des la famille, un grand nombre de parents se voit soulagé par cette formule d’aide à l’éducation des enfants. « Nous avons décidé de nous occuper de 25% des effectifs des collèges et lycées et de nous limiter à un enfant par famille », explique André Kaboré, représentant zonal de « Res publica » à Pella-Nanoro-Soaw. Par ailleurs, tout élève travailleur peut bénéficier d’un parrainage à tout moment de son cursus. Des bourses sont également offertes à ceux désirant s’inscrire à l’enseignement supérieur ou d’entrer dans une école de formation professionnelle comme l’ENEP, l’ENSP ou le lycée professionnel agricole de Nanoro ...

En cas de redoublement ou de grossesse pour les filles, toute mesure d’accompagnement est immédiatement suspendue. La protection des filles issues des villages environnants d’éventuels risques a conduit à la création d’un centre d’hébergement à proximité du siège de « Res publica » à Nanoro.

La hausse des effectifs féminins dans les cycles primaire et secondaire a été phénoménale. Les chefs de circonscriptions certifient la croissance des taux d’accès et de succès ainsi que l’établissement de la parité garçon-fille. « On ne peut pas saluer assez quelqu’un qui vous aide volontairement à scolariser vos filles », résume Naba Tigré, chef de canton de Nanoro. Pour l’année scolaire 2010-2011, la CEB de Pella présente 238 filles contre 236 garçons au Certificat d’études primaires (CEP). La même CEB enregistre au CP 2 de l’école B 29 filles contre 21 garçons et au CP1, 28 filles contre 21 garçons.

A Nanoro C, c’est un effectif total de 182 filles contre 164 garçons. « Les interventions de Res publica dans les écoles et collèges ont porté leurs fruits », assure Paul Yaméogo, le directeur de l’école. La promotion accrue du genre est parvenue à renverser la tendance dans certaines écoles au plan quantitatif et qualitatif. A la CEB de Nanoro par exemple, les taux de succès ont connu un bond significatif : 78,84% en 2009-2010 contre 59,32% en 2007- 2008, avec 74,84% contre 50% en 2007- 2008 pour les filles. « Toutes ces initiatives ont eu un impact certain sur la vie de la communauté éducative, par l’amélioration des conditions d’études des élèves, l’allègement des charges des parents, et l’amélioration des indicateurs », souligne Moussa Ouattara, secrétaire général de la mairie de Soaw.

Malgré ce climat éducatif rassurant, en plus des lourdeurs de gestion des infrastructures soulevées çà et là, d’autres préoccupations, dans le but de parfaire les interventions, demeurent. A Boulpon, le directeur du collège Bakary Ouattara souhaite bénéficier d’un internat pour filles, tandis que le proviseur du lycée départemental de Nanoro, Inoussa Zida, plaide pour une plus grande implication des parents des bénéficiaires afin de conforter la position des éducateurs dans le suivi et la prévention des cas d’indiscipline et d’insuffisance chez des enfants pris en charge ou parrainés. Il arrive parfois que l’esprit participatif ne prévale pas dans l’exploitation des infrastructures. Ce qui engendre des incompréhensions entre les habitants, et l’administration scolaire soucieuse de la pérennité des ouvrages.

Assetou BADOH (badohassetou@yahoo.fr)

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 26 mai 2011 à 19:01, par neeb99
    En réponse à : Soutien à l’éducation à Pella-Nanoro-Soaw : Appuis conséquents, résultats scolaires probants

    Bonjour, je suis tombée sur votre article qui parle de l’éducation dans la province du buulkémdé et je tiens à féliciter cette association RES PUBILCA, qui semble après ce que l’article présente, faire un bon travail.Je félicite aussi tous les acteurs qui sont sur le terrain, pour aider tous ses enfants à trouver la clé de leur avenir. Il est bien entendu qu’il reste beaucoup de choses à faire au niveau de la mentalité de certains parents qui trouvent, même à nos jour qu’envoyer un enfant à l’école fille ou garçon, est une perte de temps dans notre province, mais comme dit le proverbe FRANCAIS,(petit a petit l’oiseau fait sont nid), ou bien encore il vaut mieux tard que jamais ? Aux responsables de RES PUBLICA BRAVO POUR VOTRE COURAGE ET VOTRE VOLONTE DE VOULOIR QUE LES CHOSES CHANGENT POUR NOTRE PROVINCE. BIEN CORDIALEMENT

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