SECTION SYNTER DE KOUPELA : "On a ensemencé des germes de xénophobie"

jeudi 5 mai 2011 à 00h52min

La section SYNTER de Koupéla, après une lecture du macrocosme sociopolitique national en effervescence, revient sur les incidents survenus en mars dernier à Koupèla, lors desquels l’élève Didier Segda avait été blessé et évacué pour des soins. A en croire les représentants locaux du syndicat des travailleurs de la recherche, tout serait parti des fameuses milices que l’on n’a de cesse de décrier.

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"Suite à la mort de l’élève Justin L. Zongo à Koudougou et la répression qui s’en est suivie, les scolaires des différentes provinces du pays, dans l’optique d’exiger que toute la lumière soit faite, ont manifesté leur élan de solidarité à leurs camarades du Boulkiemdé et leur colère face à une police qui a tué des enfants aux mains nues. Rompu dans l’art du dilatoire et du fallacieux, le gouvernement de la IVe République a d’abord feint d’ignorer les raisons profondes qui sous-tendaient la réaction légitime des scolaires en les traitant de délinquants au service de manipulateurs aguerris, avant de se rendre à l’évidence en leur accordant une oreille attentive. En effet, suite à l’effervescence des tensions sociales, le président Blaise Compaoré s’est prêté à l’exercice de concertation des différentes couches de la société en vue de désamorcer la crise. Le cas échéant, les scolaires ont été entendus.

Paradoxalement, au même moment, les méthodes médiévales barbares de répression du peuple, inscrites dans le système de gouvernance de la IVe République suivaient leur cours normal. Dans la quasi-totalité des villes, des milices à la solde du pouvoir ont été formées de façon sous-jacente pour exécuter des basses besognes. Ainsi, le 29 mars 2011, les bureaux APE (Association des parents d’élèves) du lycée Kourita et du lycée municipal de Koupéla, renforcés d’une milice armée de câbles, de frondes, de lance-pierres, de fouets, etc. ont investi les lycées dès sept (7) heures pour, disent-ils, empêcher les élèves de manifester. L’on pouvait prévoir sans aucune analyse, une suite déplorable des évènements. Sous les yeux approbateurs du proviseur du lycée Kourita, le bureau APE et sa milice, sans commune mesure, s’attaquèrent violemment aux élèves et aux écoliers.

Ce jour-là, les élèves ayant pris le dessus, le bureau APE et sa milice ont affûté derechef leurs armes en affinant leur technique d’attaque. En effet, ils ont initié la chasse aux élèves dans les quartiers de la ville. Certains élèves ont essuyé des menaces et d’autres ont été brutalisés inhumainement. C’est ainsi qu’un élève de la classe de 1re A du lycée municipal, Didier Segda, a été sauvagement tabassé et sauvé in extremis. Grièvement blessé, il a été admis au CMA de Koupéla puis au CHR de Tenkodogo et plus tard à Ouagadougou où il a passé des jours à l’hôpital Yalgado. Jusqu’à ce jour, son état de santé est toujours préoccupant de sorte qu’il n’a pas pu reprendre les cours. A Koupéla, il se susurre que les autorités communales seraient les gourous qui ont ourdi la planification des attaques perpétrées par leurs milices en collusion avec les chefs d’établissements secondaires et les bureaux APE instrumentalisés à dessein.

"Une campagne mensongère"

Non contentes de tout cela, et dans l’optique de légitimer les actes des miliciens aux yeux de la population, les autorités communales ont entrepris une campagne mensongère visant à entretenir une peur et une méfiance générales, et à dresser farouchement les commerçants contre les élèves par l’intoxication suivante : "Les élèves veulent incendier le marché". Pire, ces autorités communales, sans vergogne aucune, ensemençaient des germes de xénophobie à travers des insanités du genre : "Les élèves qui manifestent sont des étrangers, ceux qui les envoient sont aussi des étrangers".

C’est dommage que dans une République, des élus locaux deviennent des porteurs de germe d’un malaise social ! L’Etat a fort à faire dans l’éducation politique de ces derniers afin de garantir un Burkina paisible. Face à cette situation, la F-SYNTER/section de Koupéla, en tant qu’organisation de l’éducation concernée au premier chef par ces évènements :
- souhaite un prompt rétablissement aux élèves blessés à Koupéla au cours des récentes manifestations ;
- exprime sa solidarité à la lutte des élèves et écoliers pour la recherche de la vérité et de la justice autour de la mort de Justin L. Zongo et de toutes les victimes des violences y afférentes ;
- exige que la lumière soit faite sur les agressions exercées par les miliciens de la ville de Koupéla, et que les auteurs soient poursuivis et punis à la hauteur de leurs forfaits ;
- interpelle les autorités locales de Koupéla au respect des franchises scolaires ;
- condamne avec véhémence les propos à caractère xénophobe en cours dans la ville de koupéla ;
- exige le démantèlement sans conditions des milices à Koupela. Au regard du malaise social qui prévaut par rapport à cette situation, la F-SYNTER/section de Koupéla espère que chacun jouera sa partition afin que le calme et la sérénité reviennent dans nos espaces scolaires et dans toute la localité.

En tout état de cause, la F-SYNTER/ Section de Koupéla rend les autorités responsables de la dégradation du climat social, particulièrement dans les espaces scolaires. Elle invite ses militants et sympathisants, les travailleurs de l’éducation à une grande vigilance et à se tenir prêts pour tout mot d’ordre que l’évolution de la situation commanderait.

POUR LA F-SYNTER/ SECTION DE KOUPELA
Le bureau sectoriel fédéral Le Secrétaire Général TOURE Badaoudou
Le Secrétaire Général Adjoint YERBANGA Abdoulaye Le Responsable à l’information et à la formation syndicale SAWADOGO Sibiri André

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 5 mai 2011 à 16:10, par pacific
    En réponse à : SECTION SYNTER DE KOUPELA : "On a ensemencé des germes de xénophobie"

    OUI au SYNTER mais NON aux dégats collateraux de vos marches qui font subir les populations en brulent et cassant ts. pour légaliser une photocopie de ta pièce d’identité à koupéla il te faudra aller a TENKO aujourdhui.

    Répondre à ce message

  • Le 5 mai 2011 à 17:47, par CCOOL
    En réponse à : SECTION SYNTER DE KOUPELA : "On a ensemencé des germes de xénophobie"

    MES AMIS DU SYNTHER,VOUS AUSSI !!!IL PARAIT QU IL FAIT BON VIVRE LA BAS ET SELON LES VIELLES PERSONNE UN CERTAIN CHEF DU NOM DE ZAANRE A BEAUCOUP TRAVAILLER A CELA. SI VOUS Y ARRIVER ET NE POUVEZ PAS CONTRIBUER A DEVELOPPER NE LANCER PAS CERTAINS JEUNES DANS LA DEPERDITION EN LES DEFANDANT§ VOUS MEME DU SYNTHER AVEZ TOUS DES VILLAGES. VOTRE VILLAGES A VOUS TOUS RESSEBLE UN PEU A KOUPELA ???PARCE QUE C EST BON VOUS Y ARRIVER VOUS NE PENSEZ MEME PLUS A RENTRER CHEZ VOUS VOIR VOS PARENT§ C EST VRAI C EST TJRS AU BURKINA MAIS ATTENTION UN MORCEAU DE BOIS A TROP SEJOURNE DANS L EAU IL NE DEVIENDRA JAMAIS CAIMAN. ALLEZ CONSTRUIRE UN PEU PARTOUT AUSSI ET ACCEPTER AUSSI DE VOUS FAIRE AFFECTER A OUARGAYE. NOS ENFANTS ONT BESOINS AUSSI DE VOUIS POUR REUSSIR ICI.BANDE DE FAINEANT ET DE PROFITEURS§PARASITES INDESIRABLE DU FASO§A QUOI SERT LA POLITIQUE DE LA TERRE BRULEE

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