Manifestations des militaires : Les raisons de la colère

jeudi 24 mars 2011 à 01h05min

Une banale affaire de fesses entre un militaire et un civil comme on en recense souvent dans nos cités et qui se termine par une peine privative de liberté pour cinq bidasses. Ouagadougou qui vécut une nuit surchauffée par suite d’un mouvement d’humeur de la soldatesque.

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L’histoire remonte à quelques jours. Dans un quartier de la capitale burkinabè, un technicien du bâtiment qui effectuait des travaux de construction dans un célibaterium a eu la mauvaise idée de faire des avances à la compagne d’un sous-officier qui y habite.

Ecœurée par ce qu’elle considère comme un harcèlement sexuel, la bonne dame en informa son homme. Celui-ci, de concert avec sa dulcinée et d’autres frères d’armes, tend un piège au "harceleur" pour le prendre en flagrant délit de drague. Ce qui fut fait dans un maquis de la ville.

Les troufions manœuvrèrent alors leur rival et l’humilièrent (on l’aurait même déshabillé publiquement). C’était plus que n’en pouvait supporter l’infortuné qui porta plainte à la justice. Le dossier fut instruit et jugé en première instance (susceptible donc d’appel) au tribunal de grande instance de Ouagadougou le 22 mars 2011.

La sanction : 15 mois ferme pour le sous-officier et 12 pour les quatre autres éléments ; ce qui est, au regard de la loi, cause de radiation des effectifs de l’Armée.

Les condamnés sont incarcérés à la Maison d’arrêt des militaires, sise au camp Sangoulé-Lamizana (ex-camp de l’Unité). Choquée par ce verdict, qu’elle estime très sévère et injuste au regard des motifs d’inculpation de leurs camarades, la soldatesque, sortie du camp de l’Unité, prend les armes pour se faire entendre bruyamment et violemment.

Finalement, le commandement, pour apaiser les esprits, aurait fait libérer dans la même nuit, selon nos sources, les soldats mis en cause, et hier une réunion de crise s’est tenue sur ce dossier. Les condamnés vont-ils faire appel comme ils y ont droit ou s’achemine-t-on vers un classement pur et simple du dossier ? Affaire à suivre.

Adama Ouédraogo Damiss

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 25 mars 2011 à 18:07, par SAGESSE
    En réponse à : Manifestations des militaires : Les raisons de la colère

    Encore une fois, les militaires nous ont prouvé qu’il y a une nouvelle race de soldats de rang qui jugent de se rendre justice sans tenir compte de la morale.
    Cela se comprend. Recrutés sans enquête de moralité aucune, sans niveau de français et aussi sans culture générale. Lorsque le recrutement des soldats se fait sur la base de l’endurance dans la course, on ne saurait avoir que des comportements sauvage et barbare.
    Comment peut-on qualifier les comportement de la nuit du 22 au 23 mars ? Reconnaissons que ces soldats avaient fomenté le pillage des magazins et stations.

    Il est important et il importe que les recrutements soient révisés et que l’on tienne compte de certains paramètres. L’âge de recrutement aussi devrait être revu. Un garçon majeur (18 ans) n’a honnêtement pas une maturité d’esprit pouvant lui permettre d’être enrollé dans l’armée. Puisqu’il n’a véritablement pas encore de personnalité. L’armée forme certes, mais cette formation ne prend pas en compte tous les plans sociaux.Vous n’êtes pas sans ignorer que ce sont les délinquants et les voyous des quartiers qui se bousculent lors des recrutements militaires. Certains pour avoir une occupation et un salaire à la fin du mois.D’autres y prennent part pour assouvir leurs désirs de terroriser les honnêtes citoyens, ou se venger.

    Je ne pense pas que les actes commis par ces soldats excités fébriles sont pour renforcer la cohésion sociale (qui est déjà on le sait bien fragilisée). Au contraire, cela crée une inimitié entre militaires et populations. Nous sommes contraints de nous méfier d’eux car pour nous maintenant "militaire égal militaire". Ce qui ne devrait pas arriver.
    Ils seront regardés en chien de faïence par leurs frères, cousins etc.

    Lorsque le militaire pense que c’est lui qui représente la loi, c’est inquiétant, aberrent et même abject. La loi a, qu’on le veuille ou non une morale ! Même s’il semble que la morale agonise au Faso, ne le confirmons pas ! Le militaire si je ne m’abuse est sensé faire respecter la quiétude, l’ordre et que sais-je encore. Nous exhortons le ministre de la défense, le commandant des forces armées à réviser le mode de recrutement des soldats à venir. Cela ne va pas sans dire que les fauteurs du 22 au 23 mars resteront impunis.
    Ils doivent être punis afin qu’ils sachent que l’armée n’est pas un lieu où il faut foutre le bordel (je m’excuse du terme) où l’on peut tout se permettre allègrement.
    Nous espérons vivement que les autorités en charge des militaires liront nos réponses et tireront des conclusions utiles pour l’avenir.

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  • Le 26 mars 2011 à 01:39, par N’maway
    En réponse à : Manifestations des militaires : Les raisons de la colère

    Si ce dossier est classe, alors ou allons nous ? Ainsi va l’impunite....Aujourd’hui vous etes etonnes de voir des gens sortir dans la rue suite au deces de l’eleve Justin Zongo. La justice n’existe plus au Burkina. C’est ca la realite et le public en a marre.

    Répondre à ce message

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