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20e anniversaire du 15 octobre : La loi du talion est un cercle vicieux

Exit le 20e anniversaire du 15 octobre 1987. En attendant le 21e, le 25e, le 30e et qui sait peut-être le 50e, voire le 100e, place aux leçons d’aujourd’hui. Dualiste pour ne pas dire antagonique, la célébration de cet anniversaire l’aura été jusqu’au bout. Et première leçon dont il faut se rendre à l’évidence, c’est que trop de passions entourent encore le ou les symbolismes de cette date. Des rancoeurs qui s’étaient assoupies depuis 20 ans sont revenues avec laideur au devant de la scène.

C’est la faute aux altermondialistes, initiateurs de la caravane Thomas Sankara. Une initiative qui, comme répondant à l’intérieur du Burkina, a trouvé des Sankaristes en manque de tribune et d’un second souffle, divisés comme ils le sont. Deuxième leçon, il faut désespérer du rythme clopin-clopant auquel le Burkina va à la réconciliation nationale. Un pas en avant, deux pas en arrière avec chez certains, une volonté à peine voilée de rendre dent pour dent, œil pour œil, mort pour mort. Si cela n’est pas hic et nunc, ils comptent bien sur leur patience et les vicissitudes de l’histoire. Peut-on penser autre chose quand à l’entrée de la caravane Thomas Sankara dans la ville de Ouagadougou on a entendu des slogans haineux du genre : Blaise Compaoré au poteau, Simon Compaoré au poteau, François Compaoré, etc, etc. Et flatteurs d’applaudir ces cris de … guerre.

Dans quel Burkina vivrons-nous demain, si ceux d’en face s’étaient mis à répondre : Bénéwendé Sankara au poteau, Mariam Sankara au poteau, Philippe, Auguste au poteau, etc. Prenons garde aux extrêmes de tout bord. Pensons à l’avenir. Inventons-le ensemble et non pas les uns contre les autres. Gardons-nous de tenter le diable. La loi du talion est un cercle vicieux.
Troisième leçon : Les altermondialistes et leur initiative d’année internationale Thomas Sankara, n’ont pas rendu service au Burkina. Inconsciemment ou sciemment - ce n’est pas à exclure - ils ont agrandi le fossé entre Sankaristes et Compaoristes et il faut craindre que ceux qui rêvent de mettre Blaise Compaoré et compagnie au poteau ne veuillent surfer sur ce second souffle inattendu pour créer une tension sociale durable.

C’est pourquoi on s’interroge encore et toujours sur les motivations réelles des altermondialistes avec leur idée très originale et sans parti pris politique de proclamer 2007, année internationale Thomas Sankara. Du Mexique au Burkina, en passant par l’Allemagne, la France, le Sénégal, le Mali etc., la caravane Thomas Sankara a certainement fait œuvre utile pour la cohésion sociale, la stabilité politique et le progrès économique du Burkina. Elle a sensibilisé les partenaires au développement, les investisseurs privés, les amis du Burkina, sur les conséquences des inondations dévastatrices, les difficultés de scolarisation des enfants burkinabè, le problème récurrent du chômage des jeunes, les grands besoins de moderniser une agriculture de subsistance qui ne nourrit pas son homme, le fléau du Sida, les épidémies répétitives de méningite, etc. Les peuples, les Etats, les nations ne se nourrissent pas d’idéologie, messieurs. Le Burkina a faim et soif de développement, pas d’idoles.

Quatrième leçon : A quelque chose … anniversaire est bon. L’international sankariste des altermondialistes est venu, a vu, a compris. Du moins on l’espère. Il a compris que la démocratie burkinabè n’est pas feinte. Elle est vivante et libérale. Si fait que toutes les opinions, y compris celles des extrêmes manichéens peuvent s’y exprimer avec toute leur aigreur. Aigreur, le mot est lâché car quelque part, certaines déclarations, écrits et propos publiés dans la presse donnent à penser que la célébration de ce 20e anniversaire de la disparition de Thomas Sankara a été un exutoire. Ceux qui ont la nostalgie de refaire la révolution, l’injure à la bouche, kalachnikov en main et l’exclusion des « ennemis du peuple » au bout, s’en sont donnés à cœur joie. Faut-il de toutes les opinions pour faire une démocratie ? Même celles qui sont aux antipodes de la cohésion nationale ? A chacun d’y répondre.

Djibril TOURE

L’Hebdo

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