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Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • mardi 26 octobre 2021 à 15h56min
Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

En annonçant leur intention de s’impliquer activement dans la lutte contre le terrorisme dans leur région d’origine, les jeunes de la Tapoa indiquent la voie à suivre, estime "Cbs L’iconoclaste", l’écrivain chroniqueur, dans cette tribune. Il estime que la population de la Tapoa est en train de franchir un palier dans l’histoire de la lutte antiterroriste dans cette partie du Burkina et qui fera jurisprudence.

La situation sécuritaire continue de se dégrader au Burkina Faso, notamment dans sa partie Est et les jeunes de la province de la Tapoa ont décidé de prendre en main leur destin en matière de sécurité. C’est à travers une conférence de presse animée, le 22 octobre 2021, qu’ils l’ont fait savoir à l’opinion avec des mots on ne peut plus clairs. Après avoir fait l’état des lieux de la situation dans ladite province avec son corollaire d’écoles fermées, de trafic routier et de vie administrative affectés, etc., lesdits jeunes ont fait étalage de leur volonté de se mettre en pôle-position dans la lutte antiterroriste dans leur province et de ne plus attendre tout de l’Etat dont ils accusent d’avoir « rompu son contrat avec la population ».

Morceaux choisis : « Aujourd’hui, nous nous engageons dans cette guerre. Cette fois-ci, non pas derrière les Forces de défense et de sécurité (FDS), mais devant les FDS. La Tapoa a besoin de nous, elle crie au secours, elle pleure, larmoie, se bat. Elle n’attend que ton soutien pour se relever. Alors ensemble, engageons-nous, mobilisons-nous. Allons au combat et libérons notre province. Nous devons affronter avec nos armes et nos compétences ces fous de Dieu », s’est fendu Marcel Ouoba, le porte-parole des conférenciers. En cela, en étant en passe de franchir le pont de Gama, la jeunesse de la Tapoa s’inscrit dans la dynamique de John Kennedy qui avait affirmé ceci : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ».

Cela dit, quand on sait qu’après les opérations Otapuanu et Epervier à l’Est, la dégradation de la situation sécuritaire dans cette partie du pays marquée par des enlèvements, des tueries, des fermetures d’écoles et des déplacés internes, est loin d’être une vue de l’esprit, il y a lieu de saluer cette initiative citoyenne naissante qui a le mérite de sonner la mobilisation générale des fils et filles de la province tout entière contre la bête terroriste qui a repris du poil de la bête. Et qui s’inscrit dans la continuité de l’action déjà engagée sur le terrain par les volontaires pour la défense de la patrie. Reste maintenant à savoir comment cette sortie épique et empreinte d’héroïsme va se traduire dans les faits.

L’Etat central qui bénéficie à travers cette action d’une bouffée d’oxygène, pourra-t-il avec ses structures déconcentrées approvisionner suffisamment en armes et munitions ces jeunes qui se font désormais appeler « les nouveaux soldats engagés pour la Tapoa » ? Ceux-ci bénéficieront-ils d’une quelconque formation avant leur enrôlement sur les théâtres d’opération ? Ces questions sont d’autant plus pertinentes que l’appel à la mobilisation générale pourrait être suivi d’effets en provoquant un réel rush des populations au front.

Tout compte fait, à condition que les jeunes de la Tapoa ne jouent au matamore qui fait le brave sans en avoir l’étoffe, on croise les doigts en se pourléchant les babines pour les revers à infliger aux terroristes, quand on les attend soutenir ceci : « Nous sommes bien coordonnés et déjà sur le terrain, nous avons infiltré le camp de l’ennemi. Nous savons où ils sont, nous savons où ils ont construit leur forage. Maintenant, nous allons les affronter. Nous avons déjà identifié des gens qui soutiennent ces terroristes ».

En attendant que le sable n’apporte sa part de contribution

A cœur vaillant, rien d’impossible, a-t-on coutume de dire. Et comme on le sait bien, ce n’est pas seulement les moyens matériels et financiers qui permettent de gagner la guerre, mais aussi le renseignement, la bravoure et le volontarisme qui semblent aujourd’hui relever d’acquis pour les conférenciers dopés par un sursaut d’orgueil propre aux révolutionnaires dont la lettre de la devise révolutionnaire bien connue est, « vivre libre ou mourir ». C’est d’ailleurs cet esprit de sacrifice qui anima le colonel anti esclavagiste Delgrès le 10 mai 1802, qui semble les animer aujourd’hui lorsqu’ils martèlent ceci : « Nous n’avons plus peur de mourir et la terreur doit changer de camp ».

Dans le sillage de Ki-Zerbo qui pense qu’« On ne développe pas, on se développe » et de Norbert Zongo qui soutient qu’« On ne libère pas un peuple, un peuple se libère », la population de la Tapoa est en train de vouloir franchir un palier dans l’histoire de la lutte antiterroriste dans cette partie du Burkina et qui fera jurisprudence. Cette initiative populaire a tout son mérite d’exister quand on se rappelle qu’une action du genre dans la province du Bam y a permis de contenir l’hydre terroriste en réduisant à leur plus simple expression les dégâts causés par celle-ci.

Tout le monde doit aller au charbon. Tout comme dans la guerre du Vietnam, même le paysan dans son champ doit être un potentiel soldat sur le qui-vive, prêt à apporter à tout moment sa contribution en fournissant notamment des informations. En attendant que le sable gourmantché de Tansarga, Logobou, Tambaga, Namounou, Botou, Kabougou, etc., n’apporte sa part de contribution dans cette lutte, il convient de relever que la prise d’action citoyenne tend désormais à devenir la marque de fabrique de la jeunesse de la Tapoa.

En effet, ayant compris que l’Etat ne peut pas tout faire, après Diapaga 2017, Logobou 2018, Botou 2019, les populations (jeunes, femmes et vieux) de la Tapoa ont organisé le 13 juillet 2020 l’opération Namounou 2020 pour des travaux communautaires d’entretien (réparation) de la route Diapaga-Namounou. Cette action citoyenne avait bénéficié de soutiens matériels et financiers spontanés de bonnes volontés. Et il est fort à parier que cet élan de solidarité sera encore au rendez-vous avec cette initiative en gestation au moment où l’armée a lancé son opération « Dépollution » dans l’Est du pays pour sécuriser les populations. C’est pourquoi, en attendant la concrétisation de la dernière initiative citoyenne pour que la Tapoa ne soit pas Kidal, nous sommes portés à dire que nous devons tous une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa.

Cbs L’iconoclaste
L’écrivain chroniqueur

Vos commentaires

  • Le 26 octobre à 16:11, par Vérité Indiscutable En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    A mon avis les jeunes ne doivent pas se jeter aveuglement dans la gueule du lion s’ils n’ont pas tous les moyens logistiques et de formation continue pour mener cette guerre.
    Si leur initiative est à saluer, la défaite de l’état aussi est à souligner de la manière la plus crue. Nous n’avons pas de responsables, hélas !

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  • Le 26 octobre à 16:49, par koh En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    ça vous coute quoi de vous taire un peu et mettre votre stratégie de lutte contre ce terroriste en place ? Vous oubliez que ces terroristes sont au milieu de vous. POUR TUER QUELQU’UN ON A PAS BESOIN DE RACONTER SA VIE. AGISSEZ SANS TAPAGE ET PLUS STRATEGIQUE.

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  • Le 26 octobre à 16:57, par Bernard Luther King ou le Prophète Impie En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    - S’il vous plait, ayons honte de mendier et de quemander ce qu’on nous avait tendu gratuitement  ! Où sont-ils les fidèles eleves de la catechese de la toute-puissance regalienne de l’Etat ? Où sont-ils ceux là qui ont decrié, stigmatisé, ostracisé et diabolisé les ILS (Initiatives Locaux de Securité) : Koglweoogo et autres. L’Est a connu des repits face au grand banditisme du fait de ces ILS quand tout un coup la clameur des theoriciens de la toute-puissance regalienne de l’ETat ont pris le dessus. C’est maintenant qu’on cherche à feliciter des populations en situation de victime ultime de la lacheté et de la mal-gouvernance. Je refuse ! C’est l’Etat qui doit assurer la securité des populations. Les juristes, magistrats et autres droits-de-l’homisme, où êtes vous ?
    -  De plus, evitons les citations "jokers" à tout vent parce que les contextes ne sont pas les mêmes. Ne comparez pas des Etats responsables avec des Etats defaillants qui souffrent de morbidité marquée par la corruption et toutes les infractions assimilées ! De plus, J F Kennedy etait un des plus grands Chefs d’Etat Americains patriotes qui s’adressait à ses propres citoyens, en donnant l’exemple, sans procuration ! En temoigne son assassinat ! C’est à cause de Kennedy que la CIA a essuyé sa defaite de la Baie des Cochons face à Fidele Castro !
    - Arrêtons notre hypocrisie opportuniste. D’ailleurs serais-ce encore etonnant, dans un pays où le probleme, c’est toujours l’intolerance des victimes et non la sauvagerie des coupables. Voilà le sort d’un peuple entre les mains d’opportunistes de l’Histoire et usurpateurs de legitimité populaire.
    A bas Dieu et vive l’universalité d’Esprit !

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  • Le 26 octobre à 17:14, par Mamadi En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    Je m’attendais à mieux que ça. Que d’incongruités et de parallèles très mal placé. « On libère pas un peuple, il se libère » en quoi cette citation sie dans ce contexte terrorisme ? Empoche ton enveloppe et arrête tais-toi. L’heure n’est à la comédie. En quoi la jeunesse devant les FDS est bon signe ? Oui à la coopération avec FDS pour qu’ils aient le renseignement mais le reste m’inquiète. Évitez de nous soualer avec vos écris mpp

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  • Le 26 octobre à 17:48, par Paligba En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    ’’Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie’’ Thomas SANKARA

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  • Le 26 octobre à 19:38, par KingBaabu En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    Monsieur l’écrivain. Ce que vous écrivez est doux à lire. Mais ça sent la naïveté. Ces jeunes dont vous parlez ne sont pas plus combattants que moi. Ils sont des fils à papa tapis dans la climatisation à Ouaga ici. Sortez de l’émotionnel. Peut-être que vous l’écrivain allez nous montrer la voie en suivant l’exemple des Malraux et Hemingway qui se sont illustrés pendant la guerre d’Espagne en joignant l’acte à la parole. Sinon en attendant moi je dois aucune fière chandelle à qui que ce soit sur la base de déclarations. J’attends de voir. Votre photo révèle que vous êtes jeune et vigoureux. Alors au combat.

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  • Le 26 octobre à 19:45, par HUG En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    Cher ecrivain du mpp cela montre que votre mpo a echoué a proteger les Burkinabes.Oui c est un echec du mpp qui malgré leur expérience disent ils ne peuvent pas proteger un territoire de 274200km carré.Allons seulement.

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  • Le 27 octobre à 10:45, par kwiliga En réponse à : Lutte contre le terrorisme à l’Est du Burkina : Nous devons une fière chandelle à la jeunesse de la Tapoa

    Hum, saisi d’un doute, j’ai du aller vérifier la définition "d’iconoclaste".
    Je vous conseille de faire de même et, à la relecture de vos écrits par trop consensuels, à la limite de l’obséquiosité, d’aller fouiller dans votre dictionnaire de citations et de vous choisir un autre pseudo.
    Pourquoi pas Cbs le prosélyte.

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