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An V de l’insurrection populaire : Des OSC dénoncent la « systématisation de la corruption, de la fraude, des détournements de deniers publics

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Insurrection populaire • LEFASO.NET • lundi 28 octobre 2019 à 10h23min
An V de l’insurrection populaire :  Des OSC dénoncent la « systématisation de la corruption, de la fraude, des détournements de deniers publics

Les 30 et 31 octobre 2019 marqueront le cinquième anniversaire de l’insurrection populaire qui a conduit à la chute du pouvoir Compaoré. Un moment que la Coordination des Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou entend commémorer dans un esprit de rétrospection et de projection sur l’avenir à travers plusieurs activités. C’est pour décliner les articulations de ce moment de mobilisation, que les responsables de ce regroupement d’organisations ont animé une conférence de presse le vendredi, 25 octobre 2019 à Ouagadougou, dont nous vous proposons la déclaration liminaire.

Déclaration liminaire de la Coordination des Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou

Mesdames et Messieurs les journalistes,

(…) En ce cinquième anniversaire de l’œuvre héroïque de notre peuple qui a été la réalisation d’une Insurrection populaire contre un pouvoir mafieux et criminel et pour la quête d’un mieux-être, nous avons une pensée glorieuse pour les martyrs pour qui nous exigeons que justice soit rendue. Nous sommes solidaires avec les populations abandonnées à elles-mêmes face aux hordes terroristes et qui n’ont d’autre choix que de fuir leurs terres et devenir ainsi des réfugiés dans leur propre pays.

Notre pensée va également à tous les Burkinabè, civils et militaires, victimes de la barbarie terroriste qui vise à sanctionner notre peuple d’avoir eu le courage de chasser Blaise Compaoré et certains de ces derniers fidèles du pouvoir, et qui vise à faire capituler notre peuple et à le faire renoncer à réaliser une Révolution nationale anti-impérialiste. Pourtant, seule une Révolution donnera tout le pouvoir à notre peuple d’assurer lui-même sa sécurité, de réaliser la paix et d’amorcer le progrès social et économique.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

L’insurrection populaire a été une manifestation d’un ras-le-bol généralisé de notre peuple contre la gouvernance mafieuse, anti-sociale et criminelle du pouvoir de Blaise Compaoré et pour un changement qui prenne en compte ses aspirations les plus profondes : châtiment des auteurs des crimes économiques et de sang, des voleurs et détourneurs de parcelles, des destructeurs de l’école et de la santé, des destructeurs des emplois auxquels aspire la jeunesse populaire, etc.
Cinq ans après, quel sort les tenants du pouvoir actuel et leurs maitres impérialistes réservent à l’œuvre héroïque de notre peuple ?

Mesdames et Messieurs les journalistes,

La commémoration de ce 5e anniversaire se tient dans un contexte national marqué par :

-  La systématisation de la corruption, de la fraude, des détournements de deniers publics, de l’impunité comme mode de gouvernance. A cela, il faut ajouter la cherté de la vie, en témoigne la dernière augmentation des prix des hydrocarbures, l’absence de perspectives pour la jeunesse populaire insurgé. Les coupes sombres dans les effectifs de recrutement dans la fonction publique depuis les trois dernières années, la légalisation des recrutements frauduleux et népotiques appelés « recrutement sur mesures nouvelles spéciales », et la morosité économique avec son lot de fermeture d’entreprises et de pertes d’emplois, illustrent suffisamment l’incapacité du pouvoir d’apporter des solutions à la question de l’emploi, une des revendications pressantes de la jeunesse.

-  Les remises en cause des libertés démocratiques du peuple : liberté d’expression et de manifestation. Après avoir criminalisé l’Insurrection populaire dans leur code pénal, le pouvoir MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, ndlr), empêtré dans sa crise de gestion de l’Etat néocolonial sort les cartes d’un pouvoir anti-démocratique et fascisant. Comme vous en avez été témoins, ces derniers temps, le Maire MPP de la ville de Ouagadougou s’est arrogé le droit d’interdire à deux reprises des marche-meetings : celle du 16 septembre 2019, date commémorative du début de la Résistance populaire victorieuse au putsch contre-révolutionnaire du général Diendéré, la même victoire qui a permis au MPP et à ses alliés d’être au pouvoir !

La marche-meeting de dénonciation du terrorisme et pour exiger le départ des bases et forces militaires étrangères qui avait été prévue pour le 12 octobre passé a également été interdite. Ainsi donc, après les zones rouges de Simon Compaoré du CDP, le peuple de Ouagadougou doit faire face aux interdictions systématiques de manifester de Armand Pierre Béouindé. Qu’ils se rassurent : l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre ayant balayé les zones rouges, la Révolution nationale du peuple lèvera les interdictions de manifester dans les rues de Ouagadougou ;

-  La généralisation de l’insécurité liée aux attaques terroristes avec son lot de centaines de morts de civils et de militaires et les centaines de milliers de réfugiés dans leur propre pays. L’Etat dont la gestion est actuellement assurée par le MPP et à ses alliés est un Etat failli qui n’est plus capable d’assurer son premier rôle régalien : assurer l’intégrité du territoire national. En effet, des portions de plus en plus importantes de notre pays sont désormais sous le contrôle de groupes terroristes et de trafiquants en tout genre.

En dépit des tapages médiatiques, de la négation de la réalité et du mensonge d’Etat, points forts du pouvoir actuel, les faits indiquent que dans la province du Soum, par exemple, l’Etat n’existe plus au-delà de 18 kilomètre de Djibo. Et ce ne sont ni les velléités de musellement de la presse, ni les harcèlements judiciaires des activistes et lanceurs d’alerte, ni les assassinats ciblés de démocrates, de progressistes et de révolutionnaires par des escadrons de la mort, comme ce fut le cas pour les deux vaillants militants de l’ODJ dans le Yagha, qui amélioreront la note de la gestion de la crise sécuritaire par le pouvoir MPP et alliés. Bien au contraire !

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Les conditions difficiles : velléités de confiscation des libertés, terrorisme, assassinats ciblés et de masse, occupation de parties importantes de notre pays par des groupes terroristes sous la bienveillance des bases militaires étrangères, notamment françaises et américaines, dans lesquelles vit notre peuple constituent, quant au fond, la réponse des différents clans politiques qui ont gérés, gèrent ou prétendent gérer notre pays par la voie de l’électoralisme et de leurs maîtres impérialistes à notre peuple qui a réalisé une insurrection populaire et qui depuis 5 ans, marche vers une étape supérieure, celle du changement révolutionnaire, seule alternative crédible à la crise actuelle.

C’est pourquoi, pour les CDAIP de la ville de Ouagadougou, il est important, cinq ans après l’Insurrection populaire héroïque de notre peuple, de faire le bilan des acquis et attentes que le peuple burkinabè a fondés en cette insurrection et surtout de dégager les perspectives de lutte contre la gouvernance actuelle.

Pour ce faire, ils invitent le peuple de Ouagadougou et des environs, particulièrement la jeunesse populaire à un panel qui aura lieu le 31 octobre 2019 à partir de 8h à la Bourse du travail de Ouagadougou sur le thème : « Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, cinq ans après : bilan et perspectives ». Ce panel sera animé par Me Bénao Batibié, avocat, et Monsieur Ismaël Diallo du FRC (Front du renforcement de la citoyenneté, ndlr).

D’autres activités comme des AG (assemblées générales, ndlr), des meetings, des causeries populaires sur le thème auront lieu dans les secteurs et quartiers de la ville de Ouagadougou.

Les CDAIP appellent les populations à faire du panel et des activités dans les secteurs et quartiers des moments forts de partage, de fraternisation dans la lutte pour la défense et l’approfondissement des acquis de l’Insurrection populaire.
Vive l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 !
Justice et honneur aux martyrs de l’Insurrection populaire !
Vive le peuple en lutte pour sa libération nationale et sociale !
Vive les CDAIP !

En avant pour une commémoration digne du 5e anniversaire de l’Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 !

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