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Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

Accueil > Actualités > Opinions • Par KAMBIRE Bèbè • samedi 10 août 2019 à 18h35min
Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

Quand on observe les comportements « anti-développement », « étaticides » et surtout les « idéaux inquiétants » (voir Burkina : « Au-delà des jougs »), on s’inquiète du Burkina Faso de demain. On est tenté « d’accuser » le « Père noël » (si c’en est un) qui nous « aide » à résoudre indéfiniment les mêmes problèmes et qui ne manque pas de constater nos incohérences en matière de développement. Mais, à vrai dire, c’est un « faux procès » car notre développement ne tient qu’à nous ; le « Père noël » ne peut pas nous forcer la main.

Pour sortir de cet « éternel recommencement » et être vraiment en « voie de développement », on peut s’inspirer de l’image d’un vieil homme qui, malgré le poids de l’âge, a aménagé un espace et en a fait un champ de baobabs. Ici, ce qui est frappant, c’est le sens élevé de « servir les autres », notamment les générations futures. C’est en grand serviteur de la société qu’il agit puisqu’il est certain de ne pas bénéficier directement des fruits de son travail. Il n’entend pas récolter les fruits ici et maintenant pour lui-même et pour ses proches, il se soucie plus de l’intérêt des générations à venir.

C’est un exemple-type qui invite à transcender les intérêts personnels, partisans et immédiats pour agir en faveur de l’intérêt général, aussi lointain soit-il. Cet exemple montre que chacun peut apprendre à « gouverner hors de la mandature » c’est-à-dire agir de telle sorte que les générations à venir soient fières de l’héritage que leur auront légué leurs devanciers ; si non à force de « gouverner rien que dans la mandature et pour la mandature », on est très souvent prisonniers des intérêts du moment et partisans au détriment des intérêts de la masse.

Pourquoi ne pas inculquer aux bâtisseurs de demain, des mentalités et des comportements propices au développement afin de s’assurer que « ceux qui viendront après nous » auront les rudiments nécessaires pour conduire notre pays vers des lendemains meilleurs. Si non, à vouloir penser à nos intérêts personnels, partisans et immédiats, on ne finira pas de « tourner en rond » ; et on donnera raison à ceux qui pensent que notre développement, ce n’est pas pour aujourd’hui ni pour demain, même après-demain il y a des raisons d’en douter.

Mais, à vrai dire, l’ingrédient manquant est le patriotisme. Celui-ci nécessite des idéaux partagés sur la base desquels on projette notre pays sur le long terme au lieu de 50 ans comme c’est le cas aujourd’hui. Ces idéaux partagés peuvent être les valeurs telles que la discipline, la probité, le travail, etc. Ce Burkina Faso rêvé devrait être la première préoccupation des gouvernants successifs, qui seront, en fait, des grands serviteurs de l’Etat.

Finalement, se sacrifier (travailler) pour le Burkina Faso de demain, former des bâtisseurs de demain à défaut d’être nous-mêmes des bâtisseurs, tel est notre défi.
Lorsqu’on aura une masse critique de grands serviteurs de la société, de l’Etat, à l’image du vieil homme, certes, à notre temps, on aura « refusé le développement », mais on se serait rattrapé un peu en semant les graines du développement du Burkina Faso de demain.

KAMBIRE Bèbè
E-mail : kambirbb@gmail.com
Téléphone : 71 00 07 81

Vos commentaires

  • Le 10 août à 19:07, par KABORE En réponse à : Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

    Il faut appeler un chat un chat. Les vrai ennemis de la république sont les syndicats. La petite période durant laquelle les syndicats avaient été réduit au silence, le pays a connu des progrès jamais inégalés. Je parle bien sûr de la révolution. En réalité le départ de Blaise a été dû en grande partie à cause des syndicats. C’était dans l’optique d’être en position de force face au nouveau pouvoir, et ils y sont parvenu. Quand je regarde les infrastructures construites par ROCK, je me demande ce qu’il aurait pu réaliser si les syndicat avait été sages et patriotes.

    Du reste, aujourd’hui, moi je suis convaincu que c’est peine perdu d’appeler les syndicats et même l’ensemble des burkinabé au sacrifice et au patriotisme. Tout le monde voit claire comme dirait l’autre. Il faut un pouvoir dictatorial pour forcer les gens au sacrifice. A la limite il faudra user de ruse et de cache-cache avec les burkinabé pour développer ce pays

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  • Le 10 août à 19:15, par Razambia En réponse à : Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

    Très belle analyse.Seulement je doute fort que nos compatriotes t écoutent.Très peu de gens prendront la peine de te lire pcq tu ne fait pas dans l invective.Pour le Burkinabé d aujourd’hui "l enfer c est l autre".Pour le Burkinabé Nouveau,lui il peut continuer a brûler le feu,prendre le téléphone au volant,mal stationner prendre des passe-droits,s absenter au travail et trouver des excuses.Il ne voit jamais pour lui.Il est plus que temps pour chaque Burkinabé de faire son examen de conscience sans complaisance et se remette en cause pour un burkina meilleur.

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  • Le 10 août à 19:17, par Sarko En réponse à : Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

    Merci monsieur Kambiré pour cette réflexion. Notre pays a vraiment un problème pour son développement. Regarder les milliards que l’ on déverse chaque année. Nous sommes devenus des laboratoires pour ces fameux bailleurs de fonds. Vivement la prise de conscience collective.

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  • Le 10 août à 20:44, par j’aime mon pays En réponse à : Burkina Faso : « Se sacrifier (travailler) pour les générations futures, tel est notre défi »

    Vous avez dit toute la vérité de notre pays. Notre peuple est inconsciente. A travers le comportement des aînés, vous comprendrez notre insouciance pour l’avenir. Si la poche est rempli, tout va bien pour nous et la generation a venir, on s’en fou.

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