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Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

Accueil > Tourisme • • mardi 8 mai 2007 à 08h11min

Au Safari Yeryanga à quelque trois kilomètres de Pama, ce vendredi 27 avril, le docteur Jean Marc Teintenier, vivait un jour de gloire. Après une tentative vaine l’année écoulée, monsieur Teintenier venait de un lion. La dose émotionnelle tient aussi au fait qu’il était à son dernier jour.

Ceux qui arpentent les concessions de chasse vous diront que le trophée le plus prestigieux pour un chasseur c’est d’inscrire en lettres d’or son nom sur le fronton de tous ceux qui auront abattu un lion. Pour Teintenier donc, depuis ce vendredi 27 avril dans la matinée c’est chose faite.

Un lion d’environ six ans, selon certains, de plus de dix ans selon d’autres personnes, est passé de vie à trépas après avoir reçu en pleine tête une décharge de 375 mm. Un seul tir aura donc suffi pour que le roi de la brousse cesse de rugir. Le lion est mort, vive la chasse.

Le héros du jour contient difficilement sa joie dans la mesure où selon lui, « depuis longtemps avec mon ami Maurice (NDLR : Maurice Bardey, gestionnaire du Yeryanga Safari) on chassait le lion sans jamais avoir eu l’occasion de le tuer ». Ce qui a eu pour effet de susciter son appétit et de lui donner envie de revenir à Pama l’année prochaine. Selon lui, le Burkina a une faune magnifique bien fournie et tient la comparaison avec d’autres pays de tradition Safari qui compte plus d’espèces mais pas forcément en nombre comme ici.

La rigueur de la législation dans notre pays est telle que les chasseurs n’ont pas droit à l’affût, pas droit à la voiture, etc.. Le but de cette série de décisions est de protéger les espèces, selon le concessionnaire et guide de chasse Maurice Bardey. « C’est la sixième fois que nous tombons sur des lions et aujourd’hui, nous avons pu concrétiser », affirme Bardey.

La méfiance des lions rend encore plus difficile la chasse à cet animal. Le Yeryanga Safari a droit à tuer deux lions, après celui-ci, il reste encore un. "Nous avons un client qui sera là la semaine prochaine et nous espérons qu’il aura aussi la chance de monsieur Teintenier".

Selon les estimations des services compétents, le Yeryanga Safari compterait entre vingt-deux et vingt-huit lions. Une sacrée chance qui n’est pas sans inconvénient car le lion peut être source de ravages de la faune. D’ailleurs selon les pisteurs, le lion tué venait juste de tuer un buffle, alors que quelques jours plutôt, il avait éliminé un coba et un buffle.

La richesse faunique de la zone est telle que les six pisteurs de Yeryanga Safari ont du pain sur la planche avec les nombreux braconniers qui hantent les lieux. Chose curieuse, certains pisteurs ont refusé la viande de l’oncle Gayendé, roi de la savane pour des raisons bien mystiques. Alors qu’il a fallu une trentaine de minutes et rassembler une dose de courage avant d’aller constater de très près que le lion était bel et bien mort. Comme quoi, même mort, le lion fait peur.

Jean Philippe TOUGOUMA


Dans la zone de Pama il y a du tout

Monsieur Abdoulaye Ouédraogo, contrôleur des Eaux et forêts du service de la faune de l’Est. Chef d’unité de protection et de conservation de la zone de Pama, un démembrement de la brigade régionale des Eaux et forêts de l’Est nous parle dans ce bref entretien, de sa zone et surtout de ses potentialités.

Sur combien d’hectares s’étend-il ?

Abdoulaye Ouédraogo (A.O.) : Notre zone couvre environ une superficie de 235 000 hectares qui est la réserve partielle de faune de Pama. Nous avons trois concessions dans notre zone qui sont Pama centre-sud appelée Yeryanga Safari avec comme responsable monsieur Maurice Bardey, Pama sud avec Lazare Tapsoba comme concessionnaire et la troisième concession se situe dans le département de Mandjoari avec pour responsable Moumini Dermé.

Quelles sont les espèces qu’on rencontre dans votre zone ?

A.O. : On trouve du tout ici. La grande faune avec les lions, le buffle, le coba, les bubales, le cob de fasa, les phacochères, les différents types de céphalophes. On trouve également la petite faune appelée faune aviaire.

Il n’y a donc pas d’éléphant dans votre zone ?

A.O. : Bien sûr nous en comptons. Dans le département de Mandjoari, les éléphants y causent d’énormes ravages au niveau de l’agriculture.

Sur quelle base reposent les quotas que vous attribuez aux concessionnaires pour l’abattage des espèces ?

A.O. : Les quotas sont fixés à partir des résultats d’inventaires que nous sommes tenus de faire tous les deux ans. Les données de ces inventaires nous permettent d’arrêter les quotas par espèces et par zones. Quelque part, peut-être que le concessionnaire n’aurait pas pu bénéficier d’un quota de deux lions à abattre pour toute la campagne, mais moins.

Les quotas sont-ils valables pour toutes les espèces ou est-ce seulement les lions qui sont concernés ?

A.O. : C’est essentiellement le lion. En ce qui concerne le buffle, le Yeryanga Safa a eu un quota de quinze buffles pendant la durée de cette campagne qui a débuté le 1er décembre dernier. Egalement, il a bénéficié d’un quota de quinze cobas. Alors qu’on se trouverait du côté d’Arly ou au-delà d’Arly dans le parc W qui relève de la Tapoa une zone où l’espèce n’est pas en grand nombre, qu’il ne bénéficierait pas du même quota.

Comment se fait le partage des animaux abattus ?

A.O. : Depuis la réforme de la faune intervenue en 1996, nous avons organisé la population riveraine autour des zones protégées de sorte à profiter des affaires de gestion de la faune. Dans notre zone, nous avons seize villages riverains donc seize comités villageois de gestion de la faune. De l’intérieur, nous les avons encore organisés en trois poules selon l’espace géographique. Il y a donc la poule de Pama, celui de Mandjoari dans le département du même nom et celui de Koalou du côté de Pama sud. Auparavant ce qui intéressait le touriste dans un animal abattu, c’est toute la partie non périssable de l’animal, la tête, la queue, la dépouille.

Nous avons vu des pisteurs avec les touristes ; quels rôles jouent-ils dans votre dispositif ?

A.O. : D’abord, il faut se dire que les pisteurs en général sont d’anciens braconniers reconvertis en auxiliaires des eaux et forêts. Ce sont des hommes qui connaissaient déjà la brousse. C’est eux-mêmes qui ont décidé de venir à nous pour nous prêter mains fortes pour protéger cette faune. Nous leur avons inculqué quelques notions d’aménagement faunique. Ils sont donc reconnus par les services forestiers. C’est eux qui, à chaque fois, au niveau des zones concédées, accompagnent les touristes lors de leur safari.

Propos recueillis par J.P.T.

Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 8 mai 2007 à 09:19 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Je trouve scandaleuxqu’on tue des animaux de cette nature en prétextant qu’ils sont nombreux, alors qu’on sait bien qu’a l’échelle mondiale les lions sont de moins en moins nombreux. il serait plus raisonnable de monter des zoo pour montrer au enfants l’importance de la vie animale dans notre société. Que rapporte un lion tué lors d’un prétendue chasse sportive ? Rien. Je m’indigne contre cette razzia sur notre richesse naturelle. non et non arrêtons le massacre des animaux pour satisfaire le plaisir des nantis qui se moquent de l’équilibre ecologique

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    • Le 8 mai 2007 à 11:35 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

      Tu as trop mangé, toi. Tu es tellement rasssasié que tu ne sais quoi dire ou quelle cause défendre.
      Tchrrrrrrr !

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      • Le 8 mai 2007 à 12:05 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

        Donc pour vous il faut tout "manger" maintenant sans penser à demain et à nos enfants ? Quelle facon de voir les choses !!! Mais je la respecte, conscient des enjeux de la lutte pour la survie quotidienne...

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        • Le 8 mai 2007 à 16:00, par Kipsa En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

          Desole mais j’ai pas pu m’empecher de rire une bonne dizaine de minutes en lisant ceci : <>. Au dela du rire, il ya la realite. Moi personnellement, je trouve scandaleux de faire l’eloge dans les journaux de la chasse sportive du Lion. Moi je suis pour une chasse qui s’inscrit dans la necessite de consommer pour survivre, mais une chasse ou les chasseurs ont le ventre plein mais sont juste a la recherche d’actions pour pomper leur adrenaline est tout simplement honteux et inhumain.
          Je ne vois aucun plaisir a tuer pour tuer ! Non, on a pas besoin de faire tuer nos animaux comme ca. Qu’on me dise que j’ai bien mange, je repondrai que oui. J’ai en effet suffisament mange pour critiquer des actes barbares. Nos ancetres ne chassaient pas pour s’amuser eux. Ils chassaient pour manger. Vous etes peut-etre bien plus malin que eux en nous reprochant nous les critiques d’avoir bien mange ???
          Si tuer pour s’amuser te permet de vivre, bonne chance. J’espere juste qu’un jour un de ces lions que tu encourages les autres a chasser, ne te devorera pas lui, juste pour s’amuser ou pour se defouler.

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        • Le 8 mai 2007 à 16:12 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

          La nature doit se réguler elle-même sans passer forcément par des chasses sportives de nos amis, les français. J’aime tellement les animaux que mon jugement, sur ce plan, ne peut pas être objectif. Je le reconnais amèrement. Me Kéré, France.

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          • Le 8 mai 2007 à 19:45 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

            Salut fraternel à maitre KERE ; ça fait bien longtemps que je vous ai pas lu sur lefaso.net ; j’ai beaucoup de respect pour vos convictions et surtout la façon de les exposer. Je suis au pays et j’aimerai avoir votre mail. Merci constant474@yahoo.fr

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          • Le 8 mai 2007 à 20:09 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

            La chasse n’est pas aussi mauvaise en soi. Le probleme est qu’il faut la pratiquer de facon soutenable. C’est ce qu’on appelle en terme technique amenagement de la faune. Et toute decision d’amenagement qui se veut soutenable doit se baser sur des donnees scientiques rigoureusement collectees et analysees. L’idee qui soutient la pratique de la chase aux cotes de son caractere sportif et lucratif est que toute population animale est soumise a 2 types de mortalites qui s’excluent et s’alternent : la mortalite compensatoire et la mortalite additive. L’hypothese de la mortalite compensatoire est que un certain nombre d’individus dans la population totale vont mourrir chaque annees de mortalite naturelle. L’idee de la chasse sportive est alors de prelever de tels individus. La mortalite causee par la chasse devient additive lorsqu’elle s’ajoute a la mortalite naturelle au lieu de la compenser. Si vous laisser une population animale a elle meme, elle s’accroit de facon logistique, atteint un nombre maximum que l’environnement peut supporter appele capacite de charge, et fini toujours par decroitre de facon drastique du fait de mortalites causee par la competition, l’insuffisance des ressources. Ce phenomene se produit generalement de facon cyclique, mais si la decroissance va en deca d’un certain nombre, la population animale ne peut plus se reconstituer, elle court alors vers l’extinction. C’est cette extinction donc que les specialistes cherchent a eviter en amenageant les populations animales, soit par la chasse, le cropping, le transfert...Donc si nos animaux sont amenages sur des bases scientifiques credibles, leur gestion sera durable. Leur chasse peut procurer des ressources additionnelles au tresor public, mais aussi aux communautes locales qui vivent autour des zones giboyeuses.

            Ben, USA.

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          • Le 9 mai 2007 à 12:21 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

            Votre jugement est effectivement très subjectif, et donc déséquilbré. Il vous faut faire des efforts pour recadrer sérieusement votre facon de voir les choses dans ce domaine. L’intervention de l’homme est souvent nécessaire...

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            • Le 10 mai 2007 à 17:52 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

              Apres lecture de cet ecrit je ne peux qu’être en colère.Quand je penses que sous d’autres cieux cela merite un emprisonnement mais au pays des hommes intègres la chasse aux animaux,on en fait un sport.
              Avez vous dejà penser un jours a nos enfants ?ces pauvres qui ne n’aurons pas la chance de connaitre un lion ou un coba ou encore un rhino tout simplement parce que de pauvres types les ont massacrés.
              La nature elle meme est son propre regulateur alors qu’on cesse de nous parler de chasse selective ou tout autre forme de prelevement.C’est ca notre apport à la mondialisation ?????? livrer de pauvres bêtes a des assassins soient disant touristes.
              un amoureux de la nature et un vrais car on ne tue pas ce qu’on aime jamais si non c’est une partie de nous meme qu’on tue.
              SALUT.
              Signé Davy a Ouagadougou.

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              • Le 11 mai 2007 à 17:28, par Hamine faycal Yameogo, etudiant aux USA En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

                Que l’on n’aime les animaux ou pas, cette chasse n’avait guere le droit d’avoir lieu. Si certains en voit un moyen pour soutenir les besoins financiers du parc, et bien ces personnes la ont probablement un taux intelectuel tres bas. Il ya d’autres moyens de financement qui existent, et on a pas besoin d’etre Ministre du tourisme(...) pour les trouver et les encourager. Les gerants de ses parcs peuvent etre a l’origine de grandes innovations. Le premier probleme qu’ils peuvent affronter est de combattre la non-popularite de ces parcs (certaines especes particulierement) au Burkina Faso. Au lieu de passer le temps a inviter ces Europeens a participer a l’instextinton de la faune du Burkina, et aussi a blamer le systeme de l’education ( qui ne fournit pas assez d’info sur ces parcs), les gerants de ses parcs peuvent faire des petits clips et spots publicitaires( pas besoins d’etre grandiose) sur ses parcs, qui auront plus d’impact sur le taux d’information des Burkinabes, contrairement aux infos enseigner au primaire que l’on ne tarde pas d’oublier apres le CEP. Les gerants de ses parcs peuvent organiser des camps vaccances de 1 ou 2 jours a de couts modestes, suffisants pour financer le parcs. Rappellez vous que les camps vaccances bien orgnises sont tres convoites par les populations Burkinabes. Certains me diront, mais il faut des fonds pour commencer, mais je penses que les parcs beneficient de certains finacement de l’Etat burkinabe. Un derniers points avant de vous quitter ; tout le monde crie haut et fort en reclamant a l’Etat burkinabe de faire du Burkina, un pays reconnu touristique a l’etranger. Eh Bien, moi je dis que cela doit commencer au sein meme du pays, et les gerants de ses parcs detiennent la baguette magique ; comment un pays peut etre reconnu touristiquement a l’etranger, si au sien meme du pays les populations ne sont pas au courant de ses potentialites touristiques ????

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                • Le 12 mai 2007 à 13:24 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

                  C’est honteux de celebrer la mort d’un lion !
                  COMMENT LE BURKINA SE PERMET-T-IL D’ACCORDER DES QUOTAS D’ABATTAGE DE GROS ANIMAUX SAUVAGES ? C’EST DE L’INCONSCIENCE, CEST RIDICULE ET IRRESPONSABLE !
                  IL FAUT INTERDIRE LA CHASSE AU LION,AU COBAS ET AUTRE "GROS GIBIER".

                  On se demande sur quelle planete vivent l’auteur de cet article, le responsable du parc, le chasseur et surtout le forestier ! Le "heros" de cet article est LE LION !
                  Le lion est mort, vive le lion !

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          • Le 29 mai 2007 à 00:40 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

            Oh Maître, à croire que vous n’avez jamais vécu au Burkina Faso ! Laisser la nature se réguler d’elle-même, vous êtes trop fin pour ne pas croire une seconde à ce que vous dites. La nature abandonnée à son propre sort dans un pays ravagé par la misère rurale, la démographie galopante et l’extension in fine de pauvres terres à cultiver la survie, vous n’y pensez-pas ! Comme déjà suggéré à la reflexion de nos amis internautes, je me répèterai : la nature ne peut être que régulée par les Hommes (protection , utilisation rationnelle, gestion participative, chasse et pêche contrôlées, tourisme, ranching), nous ne sommes plus aux temps anciens. On peut le regretter et nourrir -c’est de saison- un onirique fantasme de passé magique et merveilleux, mais tout cela est malheureusement de l’histoire ancienne. Comme toujours au Faso des expérimentations exogènes, en la matière on y a tout essayé : les parcs nationaux sur des pans entiers de brousses -weogho weogho- arrachées à la gestion des communautés villageoises pour le plaisir hédoniste de rares expatriés dominicaux (cf. le Parc Kaboré Tambi) vite concurrencés par l’explosion de toutes les formes de braconnage (villageois ’vengeurs’, chasseurs du dimanche tirant sur tout ce qui bouge pour revendre la viande à quelque satrape local ou national -on ne citera pas de noms, vous en serez d’accord-, réquisition ravageuse par de ’célèbres’ commandos, etc...). Avec, en trente ans, comme pour vos routes, leur réhabilitation récurrente, en grande pompe et à coups de milliards de nos "amis" européens, en pure perte (PNKT, Arly, et maintenant le W) car sans rentabilité économique aucune. Et puis, sous l’impulsion d’un burkinabè d’origine canadienne, fondateur de Nazinga, l’expérimentation du ranching, en gros l’utilisation la plus efficiente des ’ressources’ (eh oui, on parle bien de ressources humaines, non ?) de la ’forêt’ - forêt tellement laissée à sa propre régulation, Maître, qu’elle ne couvre plus que 13% du territoire... Succès total de Nazinga, sur les modèles sud-africain et mexicain, reconnaissance internationale pour un projet associant intelligemment protection (inventaires, études scientifiques, réintroductions, protection intégrale des éléphants, tourisme de vision, pédagogie scolaire) et utilisation (chasse sur la base de quotas, viandes réfrigérées à destination d’hôtels et restaurants de la capitale, coopératives de pêches, apiculture, création d’emplois -guides, pistage, hotellerie, garage). Bien entendu il y eut le hic tropical, les senteurs de gains : réquisition par l’Etat au début des années 90, incurie gestionnaire, retour du braconnage, de la part même des populations riveraines quelque peu méprisées, on n’en dira pas plus... Autre trouvaille burkinabè : l’association des exploitants cynégétiques dont l’un des hérauts fut, notamment, un certain Norbert, Zongo de son nom (et qui a aussi laissé sa noble empreinte du coté de la Sissili, son ranch, en se démenant malgré tant d’hostilités bien placées (!) pour construire là un logement d’instituteur, là retourner le plus célèbre braconnier du coin pour en faire un des meilleurs défenseurs de sa zone, etc.). Vous comprendrez aisément mon étonnement devant toutes ces larmes de crocodiles, qui ne mènent à rien. Je ne m’attendais pas à ce que le sentimentalisme Vert-de-ville ait autant touché de coeurs internautes burkinabè : l’ignorance du sujet, sans doute... Quant aux "amis chasseurs français", médecins, chirurgiens, industriels -n’y voyez qu’un constat-, vous conviendrez qu’on ne peut pas aussi leur demander de suivre l’itinéraire de l’argent -vous savez : la ’traçabilité’- qu’ils versent pour avoir le droit d’abattre un buffle ou un lion dans des zones de chasse dévolues par l’Etat à cet effet (aucun risque d’éradication, on n’en dira pas autant de la strychnine qui partout ailleurs n’a pas fait de cadeau aux lions ni à Dame Nature d’ailleurs...). Last but not least, sachez qu’il y a aussi de ’grands chasseurs’ burkinabè, et pas des moindres sommités du Faso : des noms ? Allez, on dit que les ’mogho puissants’ ne sont pas si nombreux, dans cette savane où tout se sait...

            Frédéric Bacuez.

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            • Le 1er juin 2007 à 01:50, par Ladji En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

              Un verbiage qui en dit long : Ce Monsieur preche pour l’abattage des lions, des cobas et des buffles du Burkina. Il ne peut pas se cacher derriere son doigt.

              En Occident d’ou il vient il y a de gros animaux sauvages qui sont tellement proteges qu’ils viennent par troupeaux brouter l’herbe devant les habitations. Je n’exagere rien. Je parle de ce que j’ai vu de mes yeux. Les chasseurs sportifs qui sont dans ces pays ne les tuent pas. Ils se contentent de les regarder avec des jumelles et de les photographier. Leurs animaux sauvages sont nettement plus nombreux que les notres, mais ils ne les tuent pas. Ils prennent des vacances et viennent tuer les notres - le peu que nous avons et s’evertuent a nous expliquer que c’est pour notre bien. Mieux, ils nous le disent avec le langage subtil du mepris. Tenez :

              "Oh, voilà qu’au Faso même les ’écolos des villes’ donnent de la voix !"
              "Je ne m’attendais pas à ce que le sentimentalisme Vert-de-ville ait autant touché de coeurs internautes burkinabè : l’ignorance du sujet, sans doute... "
              et bien d’autres petits mots piquants.

              Toutes sortes de justifications pour abattre les lions, cobas, buffles par quinzaine, par annee et par zone de chasse. Parce que disent-ils, nous-memes nous tuons nos animaux, nos mogho puissants les tuent ou les font tuer par leurs amis. Et puis en plus "Le Burkina Faso est le dernier pays giboyeux de toute l’Afrique de l’Ouest."
              On a tout compris. L’objectif est clair : il faut eradiquer le gibier en Afrique de l’Ouest. Et la strategie est simple, les chasseurs de lions et de cobas doivent mettre le cap sur le dernier pays giboyeux. Ceux qui pretendent ne pas etre des chasseurs sont charges de nous chanter les berceuses du "technicien de la faune" pour nous endormir pendant que le massacre bat son plein. Le reveil sera tres douloureux ! Ils le savent bien. Mais eux ne seront plus au Faso.

              Merci aux philantropes chasseurs de lion burkinabe et vivement la fin du tourisme cynegetique au Burkina.

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              • Le 3 juin 2007 à 02:28 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

                J’entends bien votre colère, monsieur. Souffrez cependant que l’humour, même aussi piquant qu’un kiparé, est parfois la meilleure posture pour ne pas pleurer, et asséner quelques vérités. En d’autres termes, et moins "subtilement", mes deux propos n’avaient d’autre valeur que d’éclairer un peu le débat, et en effet, l’ignorance -ce n’est pas une tare-, ou parfois, comme pour tant d’autres sujets, un brin d’hypocrisie chauvine mal placée. Il est évident qu’un monde parfait serait un monde dans lequel faune, flore et humains vivraient en harmonie ; j’ai passé l’âge cependant des utopies faciles, je ne suis pas un adepte de la pensée magique. Croyez que la faune burkinabè a d’abord été massacrée par des autochtones, avant que des ONG, des Blancs et de très rares Burkinabè ne se contentent pas de voeux pieux pour inventer les meilleures défenses possibles d’une nature relictuelle. Le parc national de Po, actuel Kaboré Tambi, a été ravagé par des Burkinabè : la traçabilité est ici la même qu’ailleurs : le villageois braconne, il vend son ’boumbou’ à un notable du coin ; qui le fait acheminer dans la capitale pour des ripailles. Ne vous cachez pas, vous, derrière votre petit doigt : on adore la ’viande sauvage’, sous nos latitudes, et pas un peu ! A la seule différence que dans ce "joyau" (comme on aime dire au Faso), ce sont vos paras-commandos qui ont massacré en l’espace de deux à trois ans (1982-1984) pas moins de 105 éléphants sur les 350 à 450 qui en faisaient la notoriété ; les rescapés ont fui, vous savez où ? Chez cet affreux blanc qui restaurait une forêt classée vide pour en faire en 15 ans ce Nazinga célèbre jusqu’aux USA, eh oui ; et tenez-vous bien, comme moi il ne chasse pas ce monsieur, mais il sait que la SEULE SOLUTION, c’est de GERER, la faune comme le reste. Et gérer, monsieur, c’est chercher la rentabilité ; et si la rentabilité profite aussi à des villageois reclus -connaissez-vous Natiediougou ou Sya, faites-y un tour, je vous en conjure-, c’est tout de même mieux qu’un billet électoral tous les 5 ans tombé du ciel, non ? Ce sont nos chers bidasses, pas très blancs je crois, qui ont mis en coupe réglée la ’forêt’ dans les années 90, à partir de leur petit poste du Nazinon, en cheville avec des braconniers de Nobéré, et gare aux peu d’animaux (vous aimez le tanturi ou le dindisga ?) qui y survivaient, la nuit, jeunes, femelles ou mâles, on s’en fout et ya rien ! Pour vos vaillants soldats, entre les cabarets dudit village et leurs prouesses en brousse, la nuit tous les chats sont gris, n’est-ce-pas ? Et on ne s’offre pas des expéditions punitives dans la capitale tous les ans, encore heureux... Encore non, ce ne sont pas les chasseurs blancs qui ont, à plusieurs reprises, dilapidé le parc national d’Arly, ni dangereusement siphonné les fonds et la faune de Nazinga, dans les années 90 ! Hélas, cher monsieur, on pourrait à l’infini faire l’inventaire de tout ce que les Burkinabè ont massacré, même s’il est facile, dans ce domaine aussi, de trouver les boucs émissaires, ailleurs. Renseignez-vous : oui, le Burkina Faso est le dernier pays de la sous-région à bénéficier d’une faune digne de ce nom : pourquoi ? Pour la seule et simple raison qu’il y a des opérateurs économiques dans ce domaine. Et un opérateur qui investit des sommes colossales pour la (ré)habilitation d’une zone concédée n’a pas très envie de voir ses richesses massacrées, même pour le plaisir cynique de ces enfants de salauds venus du Nord. Même au Faso il y a des ’économistes’ qui ne confondent pas capital et bénéfices. Dernier point : les animaux sont comme nous, ils ont une aire vitale. Sur 1000 km2, c’est ainsi, si le nombre d’éléphants excède les 800 trompes, bonjour les dégâts (couvert végétal, consanguinité, conflits de hardes, etc...) ; vous voulez héberger chez vous le surplus ? De même pour les lions, les hippotragues, les phacochères, et les humains... On fait comment, dites-moi : on exproprie des paysans en état de survie permanente -ça se fait, je l’ai vu, et ça me choque-, on les met tous à Ziniaré et tout le monde il est content, il est bon et beau ? On les enchaine comme ce malheureux chimpanzé de Bobo qui mériterait mille fois d’être tué plutôt que de subir le triste sort qui est le sien. Enfant, j’étais outré d’apprendre qu’un ministe voltaïque n’avait pas d’autre satisfaction dominicale que d’aller décharger son trop-plein (de haine ?) sur les hippos qui fréquentaient encore le bief du Mouhoun, au pont de Boromo ; ça m’a passé, j’ai vu pire ; et croyez-moi, j’ai eu l’occasion de rencontrer des chasseurs (blancs ou noirs comme NZ) qui ne tiraient jamais sur des animaux en groupe, en famille, en portée, à l’arrêt, à l’abreuvoir, des jeunes, des femelles. Par contre j’ai vu des citadins de Ouaga, de Fada, de Bobo, bon chic bon genre, grassement arrivistes, ne chercher qu’à tuer pour... manger, et bien manger : au phare pour les mammifères, au poison et à la dynamite pour les poissons ; sans même verser un cauri à qui de droit, sauf bien entendu à de bons fonctionnaires intègres, même des Eaux et Forêts : qu’ils fussent Ninsis, Nyonyonsé, Libanais ou Blancs -ah, non pas connu de Blancs pour ces coups-là, tiens, je dois mentir...-, je m’en fous totalement. A s’en perdre dans le même parc national Kaboré Tambi, où la chasse est interdite, à la recherche d’un hypothétique buffle, et sauvé de la soif in extremis par des ’braconniers’ du village... qui tuaient, eux, pour... survivre. Enfin , pour votre information, la France est, avec l’Espagne, le pays d’Europe qui compte le plus de chasseurs (et ses lobbies y sont puissants). Les chevreuils dont vous nous faites la description rousseauiste sont en effet si nombreux qu’ils en deviennent une calamité déstabilisatrice pour les équilibres naturels : protégés, si bien, c’est à dire gérés sur la base de quotas de chasse par l’ONF et les offices de chasse, ces viandards sans foi ni loi... En Europe toujours, on chasse le bouquetin et le chamois dans les Alpes -et leur nombre ne fait qu’augmenter, bizarre !- ; en Roumanie, l’ours brun et le loup ! Quant à l’Afrique australe, sachez que 75% de la seule Tanzanie est en réserves : intégrales, communautaires, cynégétiques, nationales, marines, etc... Ca dépend de l’objectif à atteindre : protection d’une espèce rare classée à la liste rouge UICN, tourisme de vision, tourisme cynégétique (qui, malheureusement, est ce qui rapporte à l’Etat le maximum de devises). Des milliards tombent de temps à autre dans les caisses d’un pays qui passe pour être l’un des plus beaux paradis de biodiversité au monde : pas virginal mais efficacement géré. Mais on n’y cultive pas de coton, c’est vrai, autrement plus respectueux de la nature, évidemment...
                Un dernier petit conseil : comme moi je signe mes interventions, censurées ou non, je vous invite volontiers : 1. A croire que je ne suis pas chasseur : même abréger les souffrances d’un chaton ataxique atteint de péritonite infectieuse, il faut que mon fils adoptif s’en charge, hi, hi 2. A vérifier, sur le terrain, si vous le pouvez. 3. Je viens d’occident, mon ’verbiage’ en témoigne en effet, ce qui est probablement une tare, heureusement pas pour tous les Burkinabè : car si vous saviez, hi, hi... Pensez seulement à un certain Norbert : un chasseur, beurk, qui menait, je crois, quelques combats particulièrement nobles, pour les humains, ou bien ?

                Frédéric Bacuez dit Fretback.

                NB : pour enrichir le débat : "PNKT, petites histoires d’hommes", in L’Evénement n°21, 25 02 2003 et "Nazinga, des décibels pas très écologiques", in L’Evénement n°35, 10 01 2004... Par... Fretback.
                PS : Je suis tout à fait d’accord avec vous : "le réveil sera douloureux", je l’ai toujours dit et ...écrit.

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              • Le 7 juin 2007 à 01:13 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

                Cher Ladji. Il me revient juste en mémoire une seule chose, qui pourrait vous (nous) faire MIEUX réfléchir : enfant de la démocratie voltaïque, j’ai connu au plus près l’arrivée d’un certain Sayé Zerbo au pouvoir suprême. Partant, sans doute, d’un très bon sentiment -comme bien de nos camarades internautes-, l’une de ses premières mesures spectaculaires fut d’interdire la chasse sur toute l’étendue du territoire : sachez qu’il déclencha involontairement -c’est malheureusement une mécanique universelle- les années les plus sombres de la faune burkinabè ; jamais le braconnage ne fut plus intense qu’en ces temps-là ; villageois, petits commerçants et militaires s’y adonnèrent à coeur-joie ! Voyez-vous, il ne suffit pas de se bercer de slogans et de patriotisme-à-la-petite semaine, il y a des réalités humaines -inhumaines ?- et économiques intangibles contre lesquelles seule l’intelligence pragmatique peut agir. Les postulats, les dogmes, les visions binaires ne produisent que des catastrophes, c’est ainsi. Je fus longtemps viscéralement anti-chasse, le terrain, c’est à dire la réalité, m’a peu à peu fait accepter l’idée que la chasse était, gérée, encadrée, intégrée à l’économie, un pis-aller pour paradoxalement sauver ce qui peut être sauvé de la voracité ravageuse et sans discernement des humains. Pouvez-vous le comprendre, même douloureusement, comme ce le fut pour moi, viscéralement non-chasseur... ? Pourquoi voudriez-vous d’ailleurs ne pas imaginer que cela puisse fonctionner au Faso quand en Europe, en Afrique australe, en Amérique du nord, l’économie cynégétique (aux cotés de vraies mesures de protection) y a prospéré ? Pas confiance dans les rares visiteurs Blancs, ou pas confiance en vos compatriotes ? Sans rancune, et ravi d’avoir échangé avec vous.
                Frédéric Bacuez.

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  • Le 9 mai 2007 à 12:11, par burkimbila En réponse à : Au département du tourisme du Burkina faso

    C’est abérrant ce que je vient de lire.....Combien de temps nous burkinabès allons comprendre que ce genre d’activité est à proscrire..... J’ai honte de porter cette nationalité à laquelle je portait si fièrement il y a quelques années.
    Il faudrait que les gens comprennes que le burkina n’a ni pétrole, ni mer ni rien , ni rien....
    Le tourisme pouvait contribuer à un développement véritable de ce pays !. j’invite le ministre du tourisme à changer son fusil d’épaule.
    Regardé des pays comme le kenya, l’afrique du sud , le zimbaboué et toute l’afrique australe d’ailleurs ; les parcs animaliers , c’est passionnant ! et ça rapporte des devises !.....
    arrêté le bradage de notre faune ! encouragé la création de parcs zoologiques ,ça sera une richesse pour nous et la génération future !

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    • Le 9 mai 2007 à 13:14 En réponse à : > Au département du tourisme du Burkina faso

      C’est votre point de vue, mais cela ne devrait pas vous faire honte d’être Bbè ! Ou bien ?

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    • Le 10 mai 2007 à 03:46 En réponse à : > Au département du tourisme du Burkina faso

      Oh, voilà qu’au Faso même les ’écolos des villes’ donnent de la voix !
      Quelques remarques cependant :
      - Le Burkina Faso est le dernier pays giboyeux de toute l’Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas le résultat d’un miracle bien-pensant et larmoyant à peu de frais. Le tout récent inventaire des éléphants (2007) est tout près d’approcher la barre des 5000 trompes ; l’effectif recensé des lions est de 460 félins ! Et tant d’autres bébètes dont le nom, français et même mooré (je le sais pour l’avoir constaté) vous sera tout simplement du chinois...
      - Les pays d’Afrique orientale et australe que vous citez sont tous ou presque de grands pays de safari, chasse et tourisme de vision, l’un et l’autre... dont les ’opérateurs économiques burkinabè’ dans ce domaine tentent de s’inspirer : Le game ranching, dont l’un des plus éminents partisans... vit au Faso depuis des lustres et y a fondé Nazinga, une référence en la matière...
      - Ceci est le résultat d’une politique qui réussit plutôt bien (et ce n’est pas tous les jours que je pense grand bien des politiques burkinabè...) : ’nationalisation’ des aires cynégétiques qui en son temps avait fait des gorges chaudes : comment ? ’Exproprier’ des réserves et les remettre à la gestion de Burkinabè, vous n’y pensez-pas ? Et pourtant, de la Sissili de Norbert (eh oui) aux vastes complexes de l’Est, ça fonctionne, plutôt bien, avec passion et raison (et pan sur "l’émotion nègre" de Senghor !) et quelque opacité bien protégée il faut le reconnaitre... Et surtout, ça fait rentrer des sous dans les caisses ! Résultat : cheptel globalement en augmentation dans toutes les réserves de chasse bien gérées... et plus grand-chose dans les parcs nationaux (sauf le W en cours de réhabilitation et, à la surprise générale, encore riche de biodiversité, son isolement y est pour quelque chose), où l’on ne peut pas chasser !
      - Partout au Faso, en dehors de ces zones de chasse, la faune a été littéralement éradiquée... par les citadins, les paysans, les éleveurs et les ’chasseurs du dimanche’, braconniers ou non, grace à la prolifération des armes post-révolutionnaires puis ’ivoiriennes’... Protéger à tout prix, pourquoi pas ? Ce fut le cas, dans la lignée française des forêts classées ou des parcs dits nationaux (qui furent en réalité le lieu de promenade des seuls expatriés), ce fut un échec patent. Si vous souhaitez que les gens du terroir en soient bannis, rien de tel en effet : et rien de mieux pour en faire des braconniers et des incendiaires. Dans un pays aussi démuni que le Faso, il n’y a qu’une seule possibilité : la concession de chasse (et je ne suis pas chasseur, loin s’en faut), qui souvent organise également le safari-vision pour les non-chasseurs (cf. Nazinga). Tout cela a un prix, j’en conviens.
      - Quant aux zoos, il ne faut pas confondre : un parc national, ou une réserve de chasse, n’est pas un enclos : seulement une nature préservée de la pression démographique ! Un zoo, sous les cieux africains, est par contre une illusion voire une forfaiture ; sachez que pour l’exposer à votre regard attendri (??), l’animal encagé que vous dévisagerez aura été le survivant d’une collection de congénères mal capturés et morts avant même d’arriver dans leur prison : allez demander à Nazinga ce qu’ils en pensent... Combien de chefs d’états africains -on ne citera pas de nom- s’amusent à ce petit jeu de passe-droits, qui pour s’offrir des raretés, qui pour offrir certains de ’ses’ animaux sauvages à un collègue d’un pays voisin où toute la faune a été massacrée...
      - Par contre, il serait temps:1. Que les écoles du Faso apprennent aux enfants que le Burkina possède encore une faune digne de ce nom, et qu’il faut tout faire pour la protéger en la valorisant. 2. Qu’une réflexion soit menée sur la situation des parcs nationaux du pays afin que l’irrémédiable n’en fasse d’éternels déserts (Arly, PNKT, Balé).
      Frédéric Bacuez.

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  • Le 10 mai 2007 à 08:46 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    si l’homme etait un excellent regulateur de la vie de la faune, on ne s’inquiterait pas de probleme d’ozone, de desert, du rechauffement de la planete. nous sommes en retard sur ce plan, pourquoi ceuser encore un fossé pour nos enfant qui ne sauront plus ce que c’est qu’un lion tout comme nous qui revons de dinausores. la mortalité compensative ou additive sont certes de bonnes theories techniques, mais elles ont montrés leur limites. alors pensons a proteger nos maigres ressources naturelles. rien ne vaut qu’une protection. arretons d’avancer des élucubrations falacieuses pour organiser le pillage dite sportif

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  • Le 10 mai 2007 à 08:50, par Ben, suisse En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    si l’homme etait un excellent regulateur de la vie de la faune, on ne s’inquiterait pas de probleme d’ozone, de desert, du rechauffement de la planete. nous sommes en retard sur ce plan, pourquoi ceuser encore un fossé pour nos enfant qui ne sauront plus ce que c’est qu’un lion tout comme nous qui revons de dinausores. la mortalité compensative ou additive sont certes de bonnes theories techniques de gestionnaire, mais elles ont montrés leur limites. alors pensons a proteger nos maigres ressources naturelles. rien ne vaut qu’une protection. arretons d’avancer des élucubrations falacieuses pour organiser le pillage dite sportif

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  • Le 12 mai 2007 à 04:18, par Terry En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Nous "pleurons" un lion mais il faut lire l’interview du controleur fonctionnaire de l’Etat sense proteger la faune pour comprendre que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

    Morceau choisi : "C’est essentiellement le lion. En ce qui concerne le buffle, le Yeryanga Safa a eu un quota de quinze buffles pendant la durée de cette campagne qui a débuté le 1er décembre dernier. Egalement, il a bénéficié d’un quota de quinze cobas".

    Sous le couvert de la chasse sportive on permet aux mercenaires d’abattre 2 lions, 15 buffles, 15 cobas cette annee au Burkina Faso. L’annee prochaine on rebelotte, encore et encore. Pareil dans les autres zones de "chasse".
    Bientot nous serons obliges de prendre des billets d’avion pour nous enfants afin qu’ils aillent regarder des animaux africains dans les zoos europeens !

    Nous pleurons ce lion qui attirerait plus de vrais touristes qui n’ont pour seule arme qu’une paire de jumelles. C’est eux qui apportent beaucoup de recettes a l’Etat. Par contre cet abateur de lion et son complice qui gerent ce ranch Yeryanga sont les seuls gagnants dans la mort de notre lion. Pas le Burkina.
    Il est bien temps que le Ministere de l’Environnement se reveille et interdise l’abattage honteusement organise du peu d’animaux sauvages qui nous reste.

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  • Le 12 mai 2007 à 15:32, par babakr En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Dans notre zone de la kossi, notre dernier lion connu est mort vers 1995. En son temps, il était impossible de faire des sorties de vaccination dans la zone. Quand il n’y a plus rien à manger pour le lion, il s’attaque aux hommes. En vérité, si vous tuez les autres animaux, vous tuez les lions. Maintenez les quotas pour tous les animaux.
    Quelques ponctions d’équilibre sont nécessaires ; mais au lieu de les tuer, il faut commencer à giboyer d’autres espaces et y réintroduire quelques lions ; ce serait bien de procéder ainsi.

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  • Le 16 mai 2007 à 10:30, par Pierre En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Chasse sportive avec une décharge de 375 mm ?! Vous plaisantez ?!!! Et pourquoi pas localiser l’animal avec un hélicoptère pendant que vous y êtes ?
    La chasse sportive se fait à pied, avec une lance ou avec un arc et des flêches et là, approcher un lion c’est vraiment faire preuve de courage !

    Dire que des gens se sentent des héros lorsqu’ils ont abattu un animal avec un fusil à lunettes... C’est triste !

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  • Le 16 mai 2007 à 11:55 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Moi , ce que je trouve domage,c est que le Burkina exploite très peu ses potentialités ;
    Seule une minorité de la population est consciente des grandes potentialités dont nous disposons, parce qu’a mon avis il n’ya presque pas de promotion pour cette branche ;
    Moi j’ai vecu 23 ans au Burkina, sans jamais penser à visiter un parc animalier ; Même si je l’avais voulu, je ne l’aurais pas pu,puisque les prix proposés n’auraient pas été à ma portée ; C’est seulement une fois hors du pays que j’ai réflechit au problème, quand des amis m’ont un jour proposé un tour dans un Zoo pour voir des élephants,J’ai rejetté cette offre parce que ne voulant pas voir un éléphant pour la première fois de ma vie en Europe,alors que je sais qu’il n’en manque pas chez nous ;
    Lors d’un séjour avec des amis,nous avons alors fait un tour dans un parc naturel,et c’était incroyable, ce que nous avons vu la-bàs comme animaux ;C’est tout simplement beau ; Mais à 25 000 FCFA par personne, je me demande combien de nos populations peuvent s’offrir ce luxe ;Pourtant, c’est quelque chose qui pourrait contribuer à l’épanouissement de nos enfants ;
    Bref, je souhaite qu’au lieu de livrer ces animaux à l’abattage soit disant " sportif", on les protège pour les générations futures, et que les concéssionaires adaptent leur prix au niveau de vie du pays, pour permettre à un plus grand nombre de bénéficier de ce don de la nature ;

    Merci

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  • Le 22 mai 2007 à 21:06 En réponse à : > Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Au Moderateur,
    Cet article a provoque beaucoup de reactions hostiles... et pour le bonne cause !
    SVP trouvez n’importe quel petit article sur le tourisme, et cachez cette vilaine photo d’un lion burkinabe "assassine".
    Merci

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  • Le 4 mai 2009 à 01:00, par Brama En réponse à : Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    Bonjour,

    Je suis sénégalais. Chez nous, le lion est en voie d’extinction. On estime sa population a près de 100 individus qu’on retrouve dans le sud-est a l’intérieur du Parc Niokola-Koba.

    Je suis un amoureux des félins et ce que j’ai lu dans cet article m’attriste au plus haut point. Cette chasse dite sportive est tout simplement abjecte.

    Ces pauvres animaux doivent être protégés. La faune africaine ne doit pas servir à satisfaire la vanité de ces hommes venus d’ailleurs en quête de sensation fortes.

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  • Le 20 janvier 2011 à 07:21, par Ubix33 En réponse à : Chasse sportive : Même mort, le lion fait toujours peur

    C’est absolument SCANDALEUX ! ... de plus, ce chasseur est médecin : c’est l’exemple type de la dérive de l’humanité !
    Non respect de la Vie sur Terre !
    * J’espère que ce Jean-Marc Teintenier (ou le pouvoir du fric), et ses compères, liront les commentaires de cet article.
    Merci à "Brama" pour son commentaire plein de lucidité et d’amour pour ces félins.
    Ubix33 : animatrice sur Féline FM (www.felinefm.com) Radio Animalière.

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