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Affaire Dabo Boukary : « J’ai vu que les politiques ont, en filigrane, joué un rôle très obscur. Mais aucun civil n’a été inculpé » (regrette Me Sombié)

Publié le mercredi 21 septembre 2022 à 19h50min

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Affaire Dabo Boukary : « J’ai vu que les politiques ont, en filigrane, joué un rôle très obscur. Mais aucun civil n’a été inculpé » (regrette Me Sombié)

Après les réquisitions du Parquet, la parole à été donnée à la défense. C’est Me Mamadou Sombié, avocat de l’accusé Mamadou Bamba, qui a fait ses observations. Il déplore l’absence des acteurs politiques/civils dans le box des accusés, estimant aussi que l’enquête aurait pu être plus sérieuse, car de son avis, il y a beaucoup de non-dits. Il demande donc que son client soit relaxé au bénéfice du doute (aucune preuve palpable n’ayant, dit-il, été trouvée contre lui ».

Me Sombié retient que les faits se sont déroulés sous le Front populaire, mais qu’aucun des responsables politiques de ses pouvoirs n’a été inculpé. « J’ai vu que les politiques ont, en filigrane, joué un rôle très obscur. Mais aucun civil n’a été inculpé », fait observer l’avocat de l’accusé Mamadou Bamba.

Il pense également qu’en tant que premier responsable du Front populaire, Blaise Compaoré aurait pu être écouté, ne serait-ce que par une commission rogatoire.
Pour Me Mamadou Sombié, une « enquête sérieuse » (dont un appel public à témoins) aurait pu être faite, plutôt que de vouloir faire "justice pour justice".

« On a cédé à la facilité, on a effleuré les choses pendant les trois jours ; il y a beaucoup de non-dits », jauge l’avocat, pour qui, tout est fait pour que l’accusé Mamadou Bamba soit condamné.

D’ailleurs dit-il ne rien comprendre de la démarche du Parquet qui, après avoir trouvé des circonstances atténuantes à son client, a cependant requis contre lui, la peine la plus lourde, dix ans ferme et un million d’amende (le plafond prévu par les textes : ndlr).

« On a cédé à la facilité..., il y a beaucoup de non-dits »

L’avocat dit ne pas trouver aux réquisitions du Parquet, un cheminement juridico-factuel qui aboutit à la condamnation de son client.

"En 1990, on était dans un État de non droit. Malgré tout, il y avait une autorité constituée : le Front populaire, dirigé par Blaise Compaoré. (...). Salif Diallo était les yeux et les oreilles de Blaise Compaoré...", soutient Me Sombié, précisant qu’on ne peut cependant affirmer que c’est Blaise Compaoré qui a dit d’arrêter les étudiants et les maltraiter.

C’est pourquoi pense-t-il d’ailleurs qu’une commission rogatoire aurait pu être envoyée à Abidjan pour écouter Blaise Compaoré.

Tout en s’inclinant devant la mémoire de Salif Diallo, l’avocat a noté qu’ils (Salif Diallo et les autres dirigeants du Front populaire) ont failli à leur devoir de protection des droits humains.
Me Mamadou Sombié demande donc que Mamadou Bamba soit relaxé.

O.L

Lefaso.net

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