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Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina : Des organisations de la société civile plaident pour la légalisation de l’âge à 18 ans

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • samedi 21 novembre 2020 à 12h03min
Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina : Des organisations de la société civile plaident pour la légalisation de l’âge à 18 ans

La coalition nationale contre le mariage d’enfants au Burkina Faso (CONAMEB) a animé, vendredi 20 novembre 2020 à Ouagadougou, une conférence de presse sur l’urgence de la révision du code des personnes et de la famille au Burkina. Cela, en vue de fixer l’âge légal du mariage à 18 ans afin de faire bénéficier aux enfants un environnement propice à leur survie et à leur protection.

Attirer l’attention des futurs dirigeants du Burkina sur l’urgence de la révision du code des personnes et de la famille, ce jour spécial marquant la fin de la campagne électorale et la célébration du 31e anniversaire de la convention internationale relative aux droits de l’enfant. C’était l’objectif visé par cette conférence de presse animée, ce vendredi 20 novembre 2020, par la coalition nationale contre le mariage d’enfants au Burkina Faso (CONAMEB), composée de plus de 70 associations et ONG nationales et internationales.

Selon eux, la question de la révision du code des personnes et de la famille est plus qu’une urgence au Burkina, parce que le code actuel stipule que la jeune fille peut se marier à l’âge de 17 ans avec même la possibilité de le faire à 15 ans dans certaines circonstances sur autorisation du juge. « Et ce, malgré que tous les traités et conventions interdisent le mariage d’enfants, certaines dispositions des lois du pays continuent de contredire les engagements pris par l’Etat lors de la ratification des traités et conventions sapant les nombreux défis qui ont été faits », a dévoilé la coordinatrice de la coalition, Eulalie Yerbanga.

Eulalie Yerbanga, coordinatrice de la coalition nationale contre le mariage d’enfants au Burkina Faso

Tout en soulignant que les chiffres sont toujours alarmants car 10% des femmes ont été mariées avant l’âge de 15 ans et 52%, soit 1 femme sur 2, avant l’âge de 18 ans, selon une étude réalisée par l’UNICEF en 2014. Ce qui place le Burkina parmi les pays où la prévalence du mariage des enfants est encore très élevée, souligne Mme Yerbanga.

Accorder une attention intense à la problématique du mariage d’enfants
C’est pourquoi, depuis sa création, la coalition a, selon Eulalie Yerbanga, posé des actions de plaidoyer visant la relecture du code des personnes et de la famille en vue de relever l’âge de mariage à 18 ans afin que la question du mariage d’enfants soit traitée depuis sa racine à travers les textes juridiques et administratifs en la matière. Ce qui a conduit à un avant-projet de loi portant code des personnes et de la famille mais qui traine à connaître une adoption définitive même si plusieurs efforts sont à saluer.

« Le moment des élections couplées semble être opportun pour la CONAMEB pour attirer l’attention des différents candidats et leur rappeler que les préoccupations spécifiques des enfants devraient trouver une place de choix dans leurs programmes et engagements politiques pour permettre aux enfants du Burkina de toujours bénéficier d’un meilleur environnement propice à leur survie, éducation et leur protection », ont fait savoir les organisateurs.

Les journalistes invités à être des porte voix de la lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso auprès des futurs dirigeants et du public

Cette conférence de presse a été aussi une tribune pour la coalition d’appeler le futur gouvernement à boucler le dossier de révision du code des personnes et de la famille en fixant l’âge de mariage à 18 ans pour les filles et les garçons. Outre cela, il faudrait également ajouter une attention intense à la problématique d’enfants en tant que question centrale des droits de l’enfant, tout en traduisant en actions concrètes visant à améliorer de manière tangible la vie des filles au Burkina.

Le dernier volet, c’est aussi l’appel à mettre en place un budget conséquent dans tous les ministères concernés pour booster la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la fin du mariage et la promotion d’autres droits de l’enfant au Burkina.

Yvette Zongo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 21 novembre à 13:32, par Abdoulaye akandji En réponse à : Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina : Des organisations de la société civile plaident pour la légalisation de l’âge à 18 ans

    Le burkina doit éviter des lois inutiles dictées par les ONG internationaux et créer ses propres lois que fait la conameb pour éviter que ses prétendus dites enfants de tomber dans les grossesses de fois même enceintées par les grandes personnes. Et des élèves à l école entre eux. Et la prostitution au bas âge ki gangrèle dans notre société au-temps de problème.

    Répondre à ce message

  • Le 21 novembre à 18:22, par Bao-yam En réponse à : Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina : Des organisations de la société civile plaident pour la légalisation de l’âge à 18 ans

    Quand on vit de financements extérieurs il faut trouver une raison pour justifier son existence. On peut avoir une loi qui respecte la bien-pensance et qui ne sera pas appliquée ou avoir une loi qui reflète le bon sens sur le terrain et qui aura plus de chance d’être appliquée. L’âge de 18 comme âge de majorité est arbitraire et fixé par certains pays (occidentaux). Dans nos cultures ou le sexe n’est n’est généralement legitime que dans le mariage et où une grosesse impose souvent le mariage, vous allez ramener l’âge du mariage à 18 ans pour quelle raison ? Il y a combien de filles au Burkina Faso qui ont interrompu leurs études pour être mariées de force ? Negligeable à l’échelle de la population burkinabe. Celles qui se marient à cet age ne sont généralement pas scolarisées et rester chez leurs parents jusqu’à 18 ans plutôt que 17 n’apporte rien de plus à leur vie. Ca les expose à des grosesses hors mariage suivies de difficultés d’obtenir un mari. Que les ONG laissent chaque société vivre selon ses normes au lieu de vouloir imposer une réalité occidentale partout.

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