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Burkina/Littérature : Dr Adama Sow présente « Une vie très ordinaire », une œuvre fortement inspirée de son parcours

Publié le jeudi 2 mai 2024 à 22h22min

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Burkina/Littérature : Dr Adama Sow présente « Une vie très ordinaire », une œuvre fortement inspirée de son parcours

« Une vie très ordinaire » est le titre du nouveau livre de Dr Adama Sow. Dans cette interview qu’il nous a accordée, l’auteur nous explique sa passion pour la lecture et l’écriture, et ce qui l’a motivé à écrire cette œuvre qui retrace sa vie. Une vie semblable à celle de milliers d’autres, comme il le dit, mais qui a le mérite d’être racontée pour servir de guide à qui se sentira touché. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Veuillez-vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas.

Adama Sow : Je m’appelle Adama Sow. Je suis vétérinaire de formation, enseignant-chercheur, consultant international et humanitaire. En ce qui concerne ma carrière dans l’enseignement supérieur, je suis maître de conférences agrégé du CAMES. J’ai enseigné pendant environ sept ans à l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar, au Sénégal. Ensuite, J’ai travaillé plus de quatre ans comme spécialiste de laboratoire pour la FAO. Depuis janvier 2022, je travaille comme humanitaire pour le Comité international de la Croix-rouge (CICR).

D’ordinaire, on croit que l’écriture des livres est réservée aux littéraires. Vous démontrez à souhait que les scientifiques peuvent, eux aussi, se prêter à cet exercice. Que représente la lecture pour vous ?

En effet, c’est la croyance populaire qui est que la production littéraire est réservée aux hommes de lettres. Les littéraires demeureront ceux qui magnifient et jugent la beauté artistique de toute production littéraire, car ils sont les dépositaires de cette science. Tout bon scientifique est un littéraire par essence. Sinon, comment pourrait-il faire connaître les résultats de ses recherches ou partager ses idées, ses projets et innovations ? Parmi les grands classiques de la littérature, figurent en bonne place bon nombre d’œuvres scientifiques.

Pour revenir à la question, je dirais que pour moi, la lecture représente la liberté, l’évasion, l’antistress, la nourriture de l’esprit, voire de l’âme. Cependant, de nos jours, avec les réseaux sociaux et la disponibilité de l’Internet à frais abordables, les jeunes générations s’intéressent peu à la littérature. Le désintérêt de la littérature pourrait conduire à une obscuration de l’esprit pour atteindre la connaissance. Je crois que les parents doivent réduire le temps d’écran chez les enfants et leur offrir plus de pages de lecture.

« Une vie très ordinaire » est le titre de votre nouvelle œuvre. Qu’est-ce qui vous a motivé à la rédiger ?

À travers ce titre, je voudrais déjà avertir le lecteur que le parcours du personnage principal du roman est comme celui de milliards d’humains. Une vie simple avec ses intrigues, ses surprises, ses joies et ses peines. Tout le monde pourra s’y identifier d’une manière ou d’une autre, à une certaine période de sa vie. Une vie ordinaire racontée avec art et maîtrise de la narration peut être agréable à lire. Par exemple, la photo de couverture montre en gros plan un roc perché sur une colline. En contre-fond, nous avons une chaîne de montagnes.

Si l’on se trouve dans les chaînes de montagne, on ne pourra même pas remarquer notre rocher. Par contre, si l’on se met du côté du rocher, on pourra l’admirer dans toute sa splendeur. C’est le sommet le plus haut des environs et l’on s’y réfère pour se rendre dans les localités, les points d’eau. Pour bien décrire ce rocher, il faudra bien choisir la bonne position. De même, pour bien magnifier une vie ordinaire comme celle de millions, voire de milliards d’autres, il faut choisir le meilleur angle pour bien raconter.

Dans cette œuvre, vous parlez de vous. Vous relatez votre parcours et partagez votre expérience. Est-ce un exercice facile de parler de soi ? Comment y êtes-vous parvenu ?

L’œuvre est fortement inspirée de mon parcours. Mais elle pourrait être le reflet de la plupart des gens de mon époque, des années 80. C’était l’époque où l’école publique était la référence, les meilleurs élèves étaient admis dans les collèges et lycées publics à la suite de leur admission au concours d’entrée en sixième, le sésame pour accéder à l’éducation secondaire et supérieure.

C’est l’histoire de tous ceux qui ont été le seul de leur famille, de leur quartier ou de leur village à obtenir la bourse pour aller au collège. Plus tard, c’est aussi l’histoire de tous ceux qui n’ont pas obtenu cette autre bourse après le baccalauréat et qui ont été orientés à l’université de Ouagadougou (actuelle UJKZ). Enfin, c’est le parcours de ceux qui ont été chanceux et heureux d’avoir réussi malgré la vie dure d’étudiant non-boursier et qui ont pu aller au-delà de leur propre espérance.

Dans ce contexte, il est assez aisé de parler de soi, des personnes que nous avons connues, de faire de l’autodérision, de se vanter un peu, de passer sous sourdine les échecs et les déceptions. Après tout, la seule histoire que nous connaissons le mieux est notre propre histoire, car nous la vivons et nous la ressentons dans notre chair et dans notre âme. La rédaction de l’œuvre s’étend sur plusieurs années. Les chapitres étaient rédigés en fonction de l’inspiration du moment.

L’œuvre a été finalisée lors d’une mission humanitaire au Sud-Darfour, dans les chaînes de montagnes de Jabel Marra. L’exploration de ces montagnes et la vue panoramique qu’offre ce paysage mont donné une forte inspiration pour l’écriture. Ceste ainsi qu’au cours de ces deux semaines de mission, j’ai pu rédiger le prologue et les derniers chapitres de l’œuvre. J’ai aussi été encouragé par des amis et ma famille. C’était un vrai bonheur lorsque j’ai eu un retour positif des Éditions L’Harmattan.

Vous êtes vétérinaire de profession et chef de famille. Comment êtes-vous arrivé à concilier toutes ces occupations ?

Il faut toujours garder à l’esprit le plus important dans la vie : la famille. Les autres aspects sont complémentaires. Il faut savoir conjuguer la vie de famille et le développement de la carrière. J’ai la chance d’avoir une épouse aimante et très compréhensive. Elle me soutient toujours dans tous mes projets. Elle trouve toujours les mots justes pour m’encourager à faire ce que je souhaite accomplir. Je profite de cette occasion pour lui témoigner encore toute ma reconnaissance.

La famille et la vie en société ne facilitent pas toujours la production littéraire. J’ai pu travailler sur le roman lors des missions, je suis particulièrement inspiré des voyages en avion et dans les aéroports, il m’est arrivé aussi de produire des écrits littéraires assez intéressants tôt le matin dans ma chambre d’hôtel.

« La volonté est la première arme de l’homme », telle est ma devise. J’ai la conviction que lorsqu’on a la ferme volonté de faire ou d’obtenir quelque chose et qu’on y met le prix, comme le dit Paulo Coelho dans L’Alchimiste, « Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

Que doit-on retenir de cette œuvre que vous mettez sur la place du marché ?

« Toute vie mérite d’être vécue, mais toute vie mérite-t-elle d’être racontée ? » Pour ma part, je pense que oui. Cela dépendra de comment nous devons la raconter. Il y a des milliards de vies et des millions de manières de les raconter. Il y a donc presque une infinité d’histoires, c’est l’histoire la plus rependue. En prendre une et la mettre en lumière pour la rendre agréable à lire demeure le plus grand défi.

De cette œuvre, il faut retenir la volonté de réussir, croire en ses capacités, oser rêver et croire aussi en ses chances. Brièvement, l’œuvre raconte la vie du village dans la tradition san, avec référence aux coutumes, à la solidarité, au vivre-ensemble. Sont également abordés les débuts difficiles de l’instruction à l’école primaire, la vie de collégien et la vie estudiantine à Ouaga.

Bien sûr, le grand amour y est aussi décrit. Oui, l’amour, lorsqu’on a eu la chance de le rencontrer, cela mérite d’être narré avec toute la passion. Comme le raconte si bien Lamartine, « Lorsque deux beaux yeux vous attirent, il faut s’y laisser prendre. » Enfin, le roman aborde les leçons de la vie de tous les jours, des drames, des joies et des larmes. Ce roman amène à réfléchir profondément sur l’essentiel dans la vie, à ne pas perdre de vue ses objectifs de réussite, à apprendre de ses erreurs, à célébrer ses succès avec humilité.

Quel est votre mot de fin ?

Je recommande ce roman à tout le monde, car la vie très ordinaire de Amada mérite d’être lue et racontée. L’œuvre est disponible à Ouaga à la Librairie Mercury, à Dakar à la Librairie ClairAfrique et dans toutes les maisons d’éditions L’Harmattan. En ligne sur Amazone et Editions L’Harmattan (Une vie très ordinaire - Roman, Adama Sow - livre, ebook, epub - idée lecture (editions-harmattan.fr), Amazon.fr - Une vie très ordinaire : Roman - Sow, Adama - Livres) et sur bien d’autres plateformes.

Interview réalisée par Erwan Compaoré
Lefaso.net

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