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Développement de l’agriculture irriguée : PARIIS, le pari des pays du Sahel

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • jeudi 8 novembre 2018 à 20h15min
Développement de l’agriculture irriguée : PARIIS, le pari des pays du Sahel

Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, a procédé au lancement du Projet d’appui régional à l’initiative irrigation au Sahel (PARIIS), ce jeudi 8 novembre 2018. Coordonné par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et financé par la Banque mondiale, ce projet vise à réunir les conditions nécessaires pour atteindre les objectifs de la « Déclaration de Dakar », en mettant en place des actions pour la réalisation d’investissements dans le secteur de l’agriculture irriguée.

Dans les pays du Sahel où l’agriculture est dépendante à 97% de la pluviométrie, la maîtrise de l’eau reste un enjeu majeur. Les chefs d’Etat, réunis à Dakar en 2013, avaient convenu, en lançant l’Initiative pour l’irrigation au Sahel (2is), d’accroître les investissements dans l’agriculture irriguée pour atteindre le million d’hectares. Suite à cette rencontre, les six pays membres du CILSS et leurs partenaires ont mis en place une « Task force » dirigée par le CILSS, chargée d’instruire un programme régional. Après un long processus, la graine semée à Dakar a germé à Ouagadougou, ce jeudi, avec le lancement du Projet d’appui régional à l’initiative irrigation au Sahel (PARIIS).

Une vue des participants

Selon le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Djimé Adoum, le développement de l’agriculture irriguée n’est plus un choix pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’où l’importance du PARIIS qui vise à « améliorer la capacité des parties prenantes à développer et à gérer l’irrigation et à accroître les superficies irriguées en suivant une approche régionale basée sur les solutions pour les cinq types de systèmes d’irrigation identifiés par la Déclaration de Dakar. Il s’agit de l’aménagement de bas-fonds et de la décrue contrôlée, de la petite irrigation individuelle privée, de l’irrigation communautaire, de la grande irrigation publique et de l’irrigation à travers le partenariat public-privé.

Jacob Ouédraogo, ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques

5 950 hectares au Burkina

Au Burkina Faso, les investissements du PARIIS, à en croire le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, porteront sur 5 950 ha repartis dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Nord, du Centre et du Centre-Ouest, ainsi que dans les provinces du Houet et du Tuy. Il s’est également réjoui du développement d’un partenariat public-privé avec la SOFITEX et qui concerne l’irrigation de type 5 du PARIIS.
Le « premier paysan du Faso » a également exprimé sa gratitude à la Coopération espagnole qui s’est engagée à apporter 35 millions de dollars américains à trois pays du projet à savoir le Mali, le Niger et le Sénégal, et à accompagner le CILSS dans sa mission de coordination.

Cheick Kanté, représentant-résident de la Banque mondiale au Burkina Faso

Un financement de 170 millions de dollars

Le PARIIS représente un changement de paradigme par rapport aux approches traditionnelles, selon le principal bailleur de fonds, la Banque mondiale, qui finance le projet sur six ans à hauteur de 170 millions de dollars. Pour le représentant-résident de l’institution financière au Burkina Faso, Cheick Kanté, l’attention des ministres doit être beaucoup plus portée sur la pérennisation des hectares aménagés que sur l’aménagement de nouveaux hectares.
« Pour cela, le système de suivi-évaluation doit être renforcé et les modalités de capitalisation des expériences et d’apprentissage doivent être placées au cœur des stratégies de développement de l’irrigation », a-t-il insisté.

Mamadou Cissokho, président d’honneur du ROPPA

Occasion manquée

Invité au lancement, le président d’honneur du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’ouest (ROPPA), Mamadou Cissokho, a déclaré que la cérémonie ne devait pas se tenir dans un hôtel. « On devait être dans une zone où la petite irrigation a existé depuis 20 ans, surtout dans ce pays (Burkina Faso) qui en est un pionnier. Cet atelier devrait se tenir auprès des populations pour qu’elles sachent que ce qu’elles ont fait est bien. L’on a manqué l’occasion de rendre hommage aux populations et à la politique burkinabè en matière d’aménagement. M. Cissokho a également plaidé pour l’application des conclusions des déclarations de Maputo et de Malabo qui veulent que 10% des budgets des Etats soient consacrés au secteur agricole.

En attendant, le ministre Jacob Ouédraogo a joint sa voix à celle du chef de la délégation sénégalaise pour inviter d’autres partenaires techniques et financiers à rejoindre cette aventure qu’est le PARIIS. Il s’agit de l’Agence française de développement, de la Coopération japonaise, de la Banque islamique de développement, de la Banque africaine de développement, etc.

De son côté, le secrétaire exécutif du CILSS a invité les journalistes à suivre pas à pas les actions qui seront menées par les différents pays, afin de mesurer l’impact sur les 58 000 bénéficiaires directs (dont 35% de femmes) visés par le projet.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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