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[Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

Accueil > Actualités > Opinions • Par Mamadou Djibo Baanè-Badikiranè • mardi 4 septembre 2018 à 13h10min
[Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

Nos dirigeants affluent en Chine pour prendre part au Sommet Chine-Afrique. C’est désormais un rituel, en attendant la codification des actes de ce rituel diplomatique pour mieux se figurer le modèle qu’il génère ou prétend ne pas engendrer. En dédiant cet article au célèbre penseur marxiste du développement de l’Afrique, le Professeur Samir Amin, je veux surtout mettre l’emphase sur une nécessité vitale pour nos dirigeants en quête de progrès socioéconomique pour nos pays.

Elle s’appelle précepte et s’énonce ainsi : les nations responsables pensent avant d’agir et le bonheur des peuples n’est certainement pas celui des statistiques. Parce que le développement est un processus à ce point endogène qu’il sied de se définir, se concevoir, se projeter comme identité et de réfléchir, salva veritate, sur l’opérationnalisation du déploiement de ce projet. Endogène, ce qui revient à faire sienne la maxime du professeur Ki-Zerbo pour lequel « on ne développe pas, on se développe ». C’est pourquoi penser avant d’agir est capital puisque le non-agir de Lao Tseu, le Wu Wei peut confiner au conformisme et à la résignation de type stoïcien.

Puisque les Etats africains et leurs dirigeants ne peuvent donc se laisser porter par l’élan naturel de l’ordre des choses, il faut réfléchir, pas seulement comme Samir Amin l’a établi en hypostasiant les facteurs extérieurs (traite négrière, colonisation, exploitation par la métropole des économies de la périphérie, une vraie théorie de la dépendance, etc.) mais aussi et surtout déplier tous les aspects dans une économie mondialisée dans sa forme néolibérale ambiante (sinon la mondialisation économique a commencé avec le Route de la soie et ici avec le commerce transsaharien sous Mansa Soundiata Kéita), se prononcer sur le modèle chinois d’émergence, savoir les disjonctions conceptuelles qu’on ne peut biffer entre endogénéité et découplage. Cette compulsion entre quête et trouvaille du modèle !

Le président Xi Xinping a donné sa doctrine du développement futur de la Chine jusqu’en 2050, celle de la Chine sous sa présidence entamée en 2012, rendue publique comme la « Pensée de Xi Xinping » lors du 19e Congrès du Parti communiste chinois en juin 2018. Il est clair que la Chine, la nouvelle puissance globale triomphante du monde, est dans une moue optimiste. Elle peut donc cultiver la confiance dans son leadership et ainsi inspirer ses partenaires africains et autres.

Quels sont les lieux propres de cette pensée, en résumé ?

Le président Xi part du constat que le monde issu de l’ordre mondial écrit par les Etats-Unis d’Amérique au sortir de la seconde Guerre mondiale est presqu’en banqueroute. L’hyperpuissance américaine sous le leadership du président Trump semble le rejeter et co-extensivement, l’Occident vit le doute voire enregistre un déclin de sa suprématie. Cette asymétrie de conditions comme confiance en soi pour la Chine et doute pour l’Occident, établit une situation historique critique que les Anglo-saxons nomment Turning Point. Aussi la question centrale pour le leadership chinois est : Comment influencer la marche du monde, à moins de lui dicter un ordre fondé sur l’équité et la justice ?

Ce monde où l’ordre international ou le guoji zhixu adossé sur les institutions multilatérales (ONU, FMI, BM) et la Déclaration Universelle des droits de 1948 qui promeuvent l’intérêt général du monde à partir du droit international conventionnel (souveraineté en partage) sont en train d’être démantelées par l’administration Trump au point où le désordre, l’illisibilité et l’imprévisibilité sont la règle. Ensuite, le président Xi Xinping en conclut que la gouvernance mondiale enregistre de sérieux dysfonctionnements, des ressacs qui hypothèquent la multipolarité de cette gouvernance.

Or, précisément, les intérêts majeurs de la Chine sont arrimés sur le monde multipolaire dans lequel le droit international est attesté parce qu’arbitral. Aussi, est-il de la plus haute diligence pour la diplomatie chinoise, d’identifier les dysfonctionnements, pour les rectifier en étant à l’écoute des pôles comme l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ASEAN pour être porteuse des innovations attendues. Ainsi, la Gouvernance mondiale ou quanqiu zhili pourra être réparée comme équité et justice. Il s’agit là, d’une approche active voire interventionniste des diplomates chinois, réputés hauts cadres du Parti Communiste Chinois, dans l’exacte mesure où cette quête d’équité est conforme aux intérêts stratégiques de la Chine.

C’est pourquoi, le Président Xi Xinping a pu dire qu’il s’agissait « pour rendre le système de gouvernance mondiale plus juste et plus raisonnable » d’où aussi l’invite présidentielle aux diplomates chinois de sortir de la torpeur ceci d’autant plus que le parti -Etat est premier tandis que les institutions étatiques lui sont soumises. En réaffirmant clairement le rôle dirigeant et avant-gardiste du Parti Communiste Chinois, le Président Xi redevient central dans l’ordonnancement de la doctrine du développement pour incarner la clef de voûte du système politique. Une nécessité d’autant plus que l’ordre mondial de demain pour être pleinement multipolaire, a besoin d’une pensée forte pour son soutien.

Finalement, la Chine avec la Doctrine Xi Xinping est désormais sur l’échiquier militaire du monde et ce depuis 2014 (Sri Lanka, Pakistan, Djibouti et elle tient des exercices militaires avec la Russie ; de la mer de chine méridionale, de la mer Rouge à la mer Baltique), une contrainte induite par l’initiative One Belt, One Road qui traverse 73 pays pour y développer des infrastructures portuaires, routières, ferroviaires, des projets géopolitiques et géostratégiques.

Il est donc compréhensible que pour mener à bien ce rebond géopolitique et géoéconomique majeur après l’éclipse de 4 siècles de domination occidentale, la création de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, dotée de 100 milliards us, installée à Shanghai, une banque multilatérale pour le développement était l’instrument privilégié pour rivaliser voire dépasser les institutions issues des Accords de Bretton Woods.

La Chine est de retour avec sa pensée forte d’abord et ensuite, la réalisation planifiée, rigoureuse et disciplinée de sa vision globale, conformément à l’idéologie matérialiste dialectique qui n’a jamais cessé depuis Démocrite, d’affirmer l’évolution de la matière selon des lois immuables. Est-ce ce modèle d’émergence que nos dirigeants sont allés consulter pour le développement ?

Le concept de modèle signifie, préalablement, sa conceptualisation, l’acquisition des habiletés, l’apprentissage du know how, le rôle dirigeant-gardien du Temple et d’anticipation contextualisée par les élites. Que de sens équivoque ! De ce fait, il n’y a pas de modèle-standard classique. Il y a des modèles comme des voies originales de développement suivant les zones civilisationnelles du monde avec des contenus et vécus sociaux différents. Ce que j’appelle des complexes de rationalité différenciés en paraphrasant Habermas. S’agit-il de singularités universelles qui ne tombent pas sous le concept d’exportabilité-transférabilité ?

Le bon sens enseigne que même ceux qui ont un tropisme asiatique le savent assez pour s’émanciper des effets d’imitation doctrinale. Nos dirigeants vont-ils dans l’Empire du Milieu comme on va à la source pérenne pour s’inspirer et mieux respirer l’air libre ? Je suis convaincu qu’ils ne sont pas dans le pays de Mao pour chercher je ne sais quoi comme les enfants de leurs peuples y vont pour se chercher je ne sais quel devenir. La Chine est une grande puissance incontournable et inspirante depuis le pionnier visionnaire Deng Xiaoping, ce grand leader qui a écrit, le premier, dans les années 80, sa vision et la programmation du développement. Quelle est la feuille de route commune des chefs d’Etat de l’Union africaine ?

Disposons-nous d’un leader qui en impose par sa sagesse, son intégrité personnelle, son don de soi pour le bonheur du peuple africain ? La Chine a bénéficié de ces deux atouts. Elle est prête à accompagner ses partenaires africains avec plus de 60 milliards us depuis la dernière rencontre sino-africaine. Partir en Chine pour prêcher pour sa seule et petite litanie de l’Emergence parmi les 54 probables, n’est-ce pas cultiver le solipsisme qui ignore l’utilité de l’expérience prodigieuse chinoise ?

Comment alors noter et penser les leçons de l’émergence chinoise pour l’Afrique ? Comment surtout se préparer à porter la riposte par nos institutions, les instruments de la gouvernance et les structures économiques à la dévastatrice concurrence de la croissance exponentielle de la Chine, de l’Inde ? L’Afrique a besoin d’un grand leadership de transformation adossé sur l’Etat de droit pour non seulement réformer mais aussi structurer, décisivement et profitablement, notre indispensable ouverture aux investissements productifs étrangers. Le président Paul Kagamé incarne cette réussite. Ses résultats l’attestent.

Le nouveau et jeune Premier ministre Ahmed Abiye d’Ethiopie est, surprise inaugurale, une ravissante promesse de ce devenir. Un leader affirmé et un dirigeant en devenir. Il faut lui donner du temps. Ces deux profils sont intéressants à suivre par les autres. Ceux-là ont trouvé les clefs du déverrouillage de leurs pays avant de chercher : l’engagement citoyen et le leadership intègre et dévoué qui restaurent la Concordia Salus comme pardon, réconciliation, unité, égalité et règle de droit pour tous !

Picasso disait, lui aussi, l’inspiré dogon primordial : « Je ne cherche pas, je trouve ». N’est-ce pas là deux sources d’inspiration pour nos dirigeants qui ne trouvent pas l’émergence ne serait-ce nominalement entre marchés émergents, économies émergentes ou puissances émergentes dans des croissances extraverties. Il nous faut, inspirés des succès socioéconomiques contemporains, repenser la théorie de la dépendance africaine, penser l’Emancipation partagée adossée sur l’Etat de droit, le processus démocratique transparent et la fédération. Hélas ! Une seule sémantique surchauffée, l’émergence, le xinxing, ces deux caractères de réitération chante pour tant de complexes de rationalité alternatifs. Osons d’abord la pensée sans modèle avant l’agir !

A la Mémoire de l’éminent économiste africain Samir Amin
Editorial de Mamadou Djibo Baanè-Badikiranè
Philosophe

Vos commentaires

  • Le 4 septembre à 14:42, par LoiseauDeMinerve En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    L’Afrique toujours au stade du nourrisson. Nous n’avons rien compris du développement. Il a fallu partout une base pour l’amorce d’un certain décollage. Cette base a été généralement caractérisée par des sacrifices de tous genres. Savez-vous combien sont morts pour ériger les grandes murailles de Chine ? Tout près de nous SANKARA a voulu rassembler nos efforts pour bâtir ce socle. Vous et eux l’avez exterminé.
    Rien à faire . le développement ! nous l’avons raté et nulle autre opportunités à venir

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  • Le 4 septembre à 18:28, par Salifou En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    Chacun parle beaucoup pour un peuple qui souffre. Le peuple Africain.
    On parle trop pendant qu’il souffre. On ne donne pas de solution.
    On s’en fou de où les dirigeants Africains vont ou veulent aller. Pourvu que cela porte fruit.
    Ce qui est sûr, tant que l’occident saura que les Africains peuvent aller vers un autre, ils révérons leur fusils d’épaule. ON N’A QU’A LES FAIRE CHANTER TOUS et point barre !
    Rappelez vous que le ministre de la petite chine a démissionné quand le Burkina et compagnie les ont quitté. Si ils pouvaient faire autrement, ils allaient le faire les chinois. Alors si l’Occident a une solution, qu’elle propose ou mette en branle. On est fatigué de leur blabla. Ce qui est sûr, que ce soit maintenant ou plus tard, les Africains dirons NON à l’Occident. Mieux maintenant dans le calme que dans le fracas plus tard avec les jeunesses montantes.

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  • Le 5 septembre à 05:30, par Jean de Dieu Somé En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    Même si la diversification des relations diplomatiques est à louer, ça fait tout de même très mal de voir un pays concevoir un plan ou un programme de développement pour tout un continent. Hier c’était la france-Afrique. Qu’avons nous eu après plus de 60 ans ?

    Aucun pays ne développera nos pays respectifs à notre place. Aucun investissement extérieur ne viendra chez nous sous le seul motif de pitié pour nos peuples « souffrants. » Tant que nous n’aurions pas appris a aussi développer des models socio-économiques propres à nous et essayer ces modèles avec nos propres fonds, riens de durable ne sera construit pour la génération à venir. Les autres viendrons toujours nous présenter de grosses sommes qui seront toujours dépensées sur le service de leurs experts, concepteurs de ces models. Nos papas dirigeants ne devaient pas nous honnir de la sort !

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  • Le 5 septembre à 12:07, par INTEGRE En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    Si on pouvait ramener de la chine , le bon comportement des gouvernants , la conscience professionnelle des gouvernés , l’éducation des enfants et de la jeunesse, je pense que les 60 milliards de dollars ne seraient pas nécessaires pour nous. Mais si les chinois doivent déverser des milliards en Afrique et que les gouvernants seront toujours corrompus , et vont prendre pour leur propre "développement " plus de la moitié de cette somme, notre situation ira de mal en pire . Il est temps pour les africains en général et surtout pour nous burkinabè de prendre certaines décisions sans état d’âme ; combattre la corruption , l’incivisme , à une tolérance zéro .Je demande à tous les Burkinabés de mettre l’amour de la patrie dans leur cœur , chacun n’a qu’à faire sincèrement , dans la probité et l’intégrité , son devoir . Du président du FASO jusqu’au moins gradé . On va booster le développement. La Chine vers qui nous courrons aujourd’hui, n’a pas fait plus que ça. Il faut éduquer sérieusement et bien cadrer la jeunesse que les 27 ans de pagaille nous ont laissée .Sinon quand on regarde le comportement de cette jeunesse dans les lycées , les universités , dans la circulation et même au niveau des services d’Etat, on ales larmes aux yeux si on aime son pays .si on arrive à corriger ces tards,nous ne parlerons plus de sous-développement mais on nous trouvera parmi les pays émergeants. Cela est possible mais collégiale . En avant dès le retour de la Chine.

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  • Le 5 septembre à 13:13, par Ouédraogo Abdou - Lamine Etudiant à l’Université de koudougou En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    Mais ou va l’Afrique ?qui continue de mendier après 58 ans d’indépendance .c’est triste mais c’est la réalité .c’est la question pour tous , que faire maintenant pour sauver notre Afrique qu’on qualifie de berceau de l’humanité ?

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  • Le 5 septembre à 13:34, par ô pays mon beau peuple En réponse à : [Tribune] Chine-Afrique : Que signifie le terme « Modèle » ?

    Merci pour l’auteur de l’article. Tous les leaders (africains) qui ont eu de vraies visions pour le continents ont systématiquement étés vilipendés et anéantis tout simplement. Pour le cas du Burkina il s’agit bien de Thom Sank. Le chemin de fer ouaga-kaya n’est-il pas un début d’effort endogène ? Mao ne disait-il pas qu’un enfant constitue une bouche à nourrir mais aussi deux bras pour travailler ? Exploitons ce que Dieu nous a donné c’est à dire la force de travail puisse qu’on a des populations fortement jeune. Mais on comprend l’attitude de ceux qui ont accumulé les capitaux par le pillage des peuples laborieux. Il faut bien qu’ils placent leur argent , alors que la vision du développement endogène ne favorise pas cette pratique. On vient nous divertir après avec "la démocratie" à l’occidentale, puisse que nous on a jamais d’organisation sociale adaptée à nos réalités. Et bonjour l’exacerbation des clivages ethniques : un peulh ne va jamais diriger un mossi ; un bissa président ? non jamais ; il y a longtemps que les baoulés sont au pouvoir il faut aussi que les bété "mangent" un peu ;...............Cafouillage généralisé, les fils d’un meme pays "se rentre dedans" après chaque élection ; Climat social chasse les potentiels investisseurs et bonjour la morosité de l’économie avec son corrolaire de mecontentement et soulèvement populaire. UN ETERNEL CERCLE VISCIEUX. Je veux bien être optimiste mais il n’y a rien à l’horizon chers frères. Mais il faut se battre quand. "Le combat est perdu d’avance lorsqu’on a peur de l’adversaire mais ne pas le sous-estimer est aussi un critère de succès, Thom Sank.

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