Saison pluvieuse : Agriculteurs et éleveurs doivent dialoguer pour éviter les conflits

LEFASO.NET | Par Dimitri OUEDRAOGO • jeudi 5 juillet 2018 à 18h15min

L’accroissement du nombre d’agriculteurs implique de nouveaux besoins en terres agricoles. Ceux-ci inaugurent chaque année de nouvelles terres cultivables. De ce fait, la mobilité des animaux à la recherche de pâturages, de cures salées et de points d’eau ne se fait pas sans difficultés. Souvent, des conflits naissent entre agriculteurs et éleveurs, conduisant parfois à des pertes en vies humaines. Il est nécessaire, voire impératif, que des dispositions soient prises pour la prévention du phénomène.

Saison pluvieuse : Agriculteurs et éleveurs doivent dialoguer pour éviter les conflits

Les conflits entre les éleveurs et les agriculteurs sont monnaie courante au Burkina Faso. Le phénomène est beaucoup plus récurrent en saison pluvieuse. Les affrontements aboutissent souvent à des dégâts matériels. Dans certaines situations, les animaux en pâtissent. C’est le moindre mal. Parfois, il arrive que des deux côtés, des personnes soient gravement blessées. Certaines y perdent même la vie.

Le phénomène a de multiples causes, selon le ministère en charge de l’Élevage. L’on peut retenir tout de même que chaque camp a sa part de responsabilité. On peut citer chez les agriculteurs, les dégâts des champs dus à la réduction des parcours, l’obstruction des pistes à bétail, l’ouverture de champs trop près des pistes à bétail, le stockage prolongé des récoltes dans les champs.

Du côté des éleveurs, on note le mauvais gardiennage des animaux, l’occupation des abords des points d’eau. En plus de cela, il y a des préjugés ancestraux. Certains agriculteurs considèrent les éleveurs comme des populations sans terre. Pour ces personnes, entre l’homme et l’animal, la priorité doit aller d’abord à l’homme pour l’exploitation de la terre. De même, des éleveurs sont parfois dépossédés de leurs terres par les ayants droit autochtones, même après plus d’une décennie d’exploitation.

Aussi, la dégénérescence des conflits en affrontements armés résultent de l’absence de dialogue entre les deux parties et leurs communautés.

Pour prévenir les conflits, les deux parties doivent observer un certain nombre de prescriptions. D’abord, il y a le respect de la délimitation d’espaces à vocation pastorale. Cela signifie que les agriculteurs ne doivent pas cultiver dans ces zones. Ensuite, les éleveurs aussi doivent s’en tenir aux espaces pastoraux. Cela sous-entend une surveillance des animaux pour qu’ils ne fassent pas des dégâts dans les champs. Enfin, les deux parties doivent avoir recours au dialogue lorsqu’une situation de conflit apparait, peu en importe l’auteur.

Au niveau des collectivités territoriales, elles doivent porter à la connaissance de tous, les zones pastorales identifiées. Elles peuvent aussi entreprendre, avec les acteurs concernés, des actions d’aménagement et de valorisation des zones pastorales. En attendant, une attention particulière en ce temps de saison d’hivernage est nécessaire. Des actions de communication doivent être faites dans les villages et campagnes reculés afin que les populations aient recours au dialogue à tout moment en cas de conflit. Cela évitera sans doute les conséquences fâcheuses.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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