Rachid Nacoulma, président de la Fédération des sports équestres : « Nous voulons collaborer avec la LONAB dans l’organisation des paris »

LEFASO.NET | Par Jacques Théodore Balima • mardi 22 mai 2018 à 12h02min

La fédération des sports équestres fait partie depuis quelques années de l’univers sportif burkinabè. Comme la trentaine des structures fédérales que compte le Ministère des sports et des loisirs, elle déroule son programme d’activités annuel (compétitions, assemblées générales, etc.) non sans difficultés. Dans cette interview, nous parlons avec le président Rachid Nacoulma de la vie de la fédération, des difficultés et surtout des perspectives pour ces sports qui ne sont pas très connus du public. Il le dit haut et fort : « Nous souhaitons collaborer avec la Loterie nationale burkinabè dans l’organisation des paris ». Lisez !

Rachid Nacoulma, président de la Fédération des sports équestres : « Nous voulons collaborer avec la LONAB dans l’organisation des paris »

Lefaso.net : Pouvez-vous faire une brève présentation de la Fédération que vous présidez ?

Rachid Nacoulma : La Fédération burkinabè des sports équestres a vu le jour d’abord sous forme d’association. Au fil du temps, cette association est devenue une fédération. Elle s’occupe de tout ce qui est comme cheval au Burkina Faso. Il s’agit notamment des courses hippiques, les sauts d’obstacles, les voltiges et les dressages.

On compte combien de chevaux lors de vos compétitions ?

On peut regrouper pour une course une soixantaine de chevaux. Mais nous avons au Burkina près de 600 à 700 chevaux qui participent à nos courses.

Appartiennent-ils à des clubs ?

Ils appartiennent à des clubs. Mais dans le jargon hippique, on appelle cela des écuries. Ce sont des associations affiliées à la fédération par le biais de la ligue. Car selon nos textes, toute personne qui n’est pas affiliée à la fédération ne peut pas participer à nos compétitions.

Quelles sont les principales écuries ?

Il y a l’écurie de Samandin, Wend Kouni à la Patte d’oie, Faso symbole à Gnonksin, etc. On a aussi des écuries à Pissy. On a au moins 18 écuries qui sont affiliées à la fédération pour l’instant. Nous avons reçu d’autres demandes d’affiliation que nous examinons.

Comment sont organisées les courses ?

La ligue organise à chaque fin du mois une compétition pour éviter que les choses stagnent. Mais la fédération organise environ trois courses dans l’année. Il s’agit notamment du Grand Prix du Président du Faso, du championnat national, etc. D’autres courses sont également organisées.

Est-ce que vous êtes partie prenante de l’organisation du pari au Burkina Faso ?

Au Burkina, seule la Lonab est chargée de l’organisation du pari. Elle est d’ailleurs notre partenaire. Nous n’avons donc pas l’autorisation d’organiser des paris. Mais nous voulons collaborer avec une structure habilitée à le faire afin de réaliser quelque chose qui soit bénéfique à la population.

A l’hippodrome, les gens organisent des paris mais c’est entre amis parieurs qu’ils le font. A l’échelle nationale, on n’a pas encore commencé.

Pensez-vous qu’il est possible pour vous de collaborer avec la Lonab ?

Je pense que c’est possible. Il suffit qu’on discute avec l’autorité qui est habilitée à le faire afin qu’elle nous donne les conditions à remplir pour cela. Si cela est fait, nous pourrons organiser le pari comme on le faisait autrement puisqu’il y avait le PHB.
Nos prédécesseurs ont fait du bon boulot mais le problème était l’indiscipline. Avec la jeunesse actuelle qui ne demande qu’à être accompagnée a son cœur à l’ouvrage parce que nous disons que ça pourra être bénéfique pour les populations. La Lonab pourra nous montrer le canevas et nous, en tant que fédération, ligues, éleveurs, allons respecter ces principes qui nous seront donnés.

Est-ce un cri de cœur ?

Effectivement. Il faut noter que nous avons déjà eu des soutiens de la Lonab pour certaines activités. Mais après, ils ont relevé des cas d’indiscipline. Nous travaillons à résoudre ce problème avec les éleveurs et les acteurs du monde du cheval.
Nous espérons que la Lonab va regarder cette jeunesse envoutée par ce sport. Déjà, nous participons à des compétitions internationales. Nous avons remporté l’année passée le Grand Prix de la CEDEAO en Côte d’Ivoire.

Nous avons également remporté la première place lors d’une compétition au Nigeria. Au Niger, nous avons remporté les deuxième et troisième places. Puisque nous participons à des grandes compétitions à l’international c’est parce que nous sommes aguerris. Mais pour encore progresser, nous avons besoin d’un partenaire qui va nous épauler. Parce qu’on ne peut pas comprendre que le Burkina soit un pays de cheval et que nous n’ayons pas un hippodrome digne.

Pourtant si vous allez au Niger, au Mali, en Côte d’Ivoire, ils sont mieux outillés que nous. Notre terrain est par exemple caillouteux, nos chevaux se blessent régulièrement, mais comme nous ne pouvons pas rester à ne rien faire, nous essayons de dérouler notre programme afin que le gouvernement sache que nous avons la volonté et que nous avons beaucoup de contraintes.

Les sports équestres créent également des emplois. Prenez, cinq à six personnes interviennent autour d’un cheval. Il y a le propriétaire du cheval, l’entraineur qui est payé par mois, le palefrenier qui s’occupe de l’entretien du cheval, le driver, le Jef de voyage. Alors que nous avons plus de 500 chevaux. Nous contribuons à lutter contre le chomage.

En plus de cela, le sport rassemble environ 2000 spectateurs les week-ends à l’hippodrome. Le sport a besoin d’accompagnement et de soutien. Nous espérons que le gouvernement va entendre notre cri de cœur

Le Ministère des Sports et des loisirs nous soutient à la hauteur de ses capacités. Mais notre priorité reste la Lonab car avec elle, nous pouvons signer un partenariat de travail et respecter le cahier de charge que la Lonab aura mis à notre disposition.

Propos recueillis par Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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