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Fécondation in vitro : Monde moderne ou démystification de l’homme ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • Par Priva KABRE • vendredi 9 février 2018 à 16h08min
Fécondation in vitro : Monde moderne ou démystification de l’homme ?

En décembre 2017, des journaux internationaux faisaient écho à la naissance aux états unis d’une fillette (Emma Wren Gibson – née le 25 Novembre 2017) à partir d’un embryon conservé à -180 degrés il y a de cela 24 ans. L’heureuse mère a 26 ans, donc à peu près le même âge que sa fille, dont juste la croissance a été retardée.

La fillette née d’un embryon mis en hibernation mènera-t-elle une vie normale ? Ou aura-t-elle toujours l’impression d’avoir 24 ans de plus qu’elle n’en a l’air ? Enfin, cela pose la question de ce qu’est être normal aujourd’hui ? Que de conjectures ; mais ce qui reste évident sous nos yeux, c’est que les Américains ont fait ce qu’ils avaient à faire. Un enfant est né à un mois de Noel d’un embryon conservé dans un congélateur pendant 24 ans.

Curieusement l’association qui a joué les intermédiaires dans le transfert d’embryon est une organisation chrétienne qui raconte avoir pour mission de : « protéger les vies et la dignité d’embryons congelés qui ne seront pas utilisés par leurs parents génétiques et d’aider d’autres couples à construire une famille ». Sous prétexte d’aider des couples à construire une famille, une organisation chrétienne enlève à Dieu l’exclusivité de donner la naissance. Accompagnant ainsi la science dans l’une de ses aventures les plus inquiétantes.

Le fait est que lorsqu’un premier couple fait appelle à la fécondation, la méthode produit des embryons surnuméraires. Dès lors se pose une question : que faire du surplus d’embryons ? Quatre possibilités se présentent :

-  détruire les embryons excédentaires (un embryon est-il humain ?) ;
-  les conserver pour une future procréation si le couple souhaite d’autres enfants ;
-  donner les embryons à une banque pour adoption par d’autres parents en difficultés (le cas de Emma) ;
-  donner les embryons à la recherche.

Dans tous les cas toutes les options posent des équations que la science au stade actuel par manque de recul n’est pas en mesure de résoudre.

Un célèbre écrivain Français, Jean D’Ormesson, disparu ce même mois de décembre 2017 aimait à répéter : « Ce que la science peut réaliser, elle le réalisera tôt ou tard ». On sait depuis longtemps que la science peut faire des choses monstres. Comme le clonage des animaux ; et ensuite les hommes peut être. Les chercheurs chinois en ce sens semblent accorder peu d’importance à l’éthique occidentale. Mis en suspens pour questions d’éthique en occident, combien de temps cela tiendra encore ? L’éthique en elle-même semble être un concept qui évolue. Arrive bientôt l’intelligence artificielle, l’homme augmenté, etc.

Dans nos contrées pour ce qui nous intéresse, un quotidien burkinabè publiait plus tôt cette année l’interview d’un gynécologue qui annonçait l’acquisition des appareils permettant de pratiquer la fécondation in vitro dans sa clinique (deuxième clinique du genre au Burkina). Chose faite ; désormais les couples burkinabè souffrant de troubles divers pourront aussi avoir le bonheur d’être parents grâce à la technique. Il faudra juste débourser autour de trois millions de FCFA. On reste curieux sur ce que la règlementation au Burkina préconise à propos de cette industrie nouvelle. Et si réglementation il y a…

Mais à quoi tient tout cela quand on considère que dans ce monde ce ne sont pas des enfants qui manquent, mais plutôt une surpopulation qui menace. Des enfants dans le dénuement parce que leurs parents eux ont fait un peu trop d’enfants et n’arrivent pas à en assurer la charge ; et des orphelins abandonnés à la mendicité dans les rues. Un manque de solidarité assumé de l’espèce ? Ou juste un besoin viscérale de démystifier l’être humain ?

Par Priva KABRE

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