Conseil supérieur de la Communication : Désiré Comboïgo assure l’intérim de la présidence

LEFASO.NET | Par Jacques Théodore Balima • lundi 5 février 2018 à 11h16min

Désiré Comboïgo préside désormais aux destinées du Conseil supérieur de la Communication (CSC) en tant que président intérimaire. Ainsi en a décidé le président du Faso, Roch Kaboré, qui a pris, dans ce sens, un arrêté en date du 14 décembre 2017. Il remplace Nathalie Somé actuellement en détention préventive à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.

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Conseil supérieur de la Communication : Désiré Comboïgo assure l’intérim de la présidence

Les débats sur la personnalité qui préside le CSC sont normalement clos. En effet, depuis le 14 décembre 2017, Roch Kaboré a décidé que Désiré Comboïgo, vice-président du CSC, assure l’intérim en l’absence de la présidente Nathalie Somé, actuellement en détention préventive à la MACO. Ce qui abroge l’arrêté précédent nommant Jean de Dieu Vokouma, président suppléant. Car son élection avait été contestée par M. Comboïgo et qualifiée d’illégale par la justice.

Retour sur une crise qui a fait du mal à la corporation

Cet arrêté du chef de l’Etat vient clore la crise qui a inutilement causé du tort au secteur de la communication. En effet, au lendemain de la tentative du coup d’Etat échouée du 16 septembre 2015, Désiré Comboïgo, alors vice-président du CSC, est soupçonné d’avoir soutenu les militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dans leur forfait. Il est interpellé par la gendarmerie et placé en garde à vue du 22 au 26 octobre. Pendant ce temps, une session du CSC est convoquée pour le 23 octobre. Dans les mains de la gendarmerie, il ne prend pas part à ladite session. Après sa garde à vue, au cours de laquelle, il est présenté à un juge qui l’a relâché pour insuffisance de preuves, il reprend fonction au CSC.

Le 6 novembre, une autre session est convoquée. Il se présente au CSC pour prendre part à la rencontre mais une partie du personnel s’oppose à sa présence dans la salle. Il informe le secrétaire général de la situation et repart pour des raisons de sécurité.

Le 11 novembre, il est encore convoqué, par un SMS de la présidente du CSC, pour une rencontre du collège des conseillers. Par mesure de prudence, il écrit à la présidente pour demander que des mesures sécuritaires soient prises. Mais ne reçoit pas de réponse de cette dernière. Il ne se présente alors pas à la rencontre. Le 13 novembre 2015, il reçoit une lettre le destituant de son poste de vice-président pour « absence prolongée ». Il est donc remplacé, dans la même lettre, par Jean de Dieu Vokouma, élu par les conseillers.

Feuilleton judiciaire

Le vice-président n’entend pas se laisser faire. Il engage alors une procédure judiciaire contre le CSC. En date du 24 novembre 2016, le juge administratif reconnait que le motif ayant prévalu à l’élection du nouveau vice-président est inexact, que le principe des droits de la défense a été violé ainsi que celui de la présomption d’innocence et annule le procès-verbal de la réunion du 6 novembre au cours de laquelle Jean de Dieu Vokouma a été élu en remplacement de Désiré Comboïgo. La même décision de justice sera confirmée en appel par la Chambre du contentieux du Conseil d’Etat. Désiré Comboïgo est alors rétabli dans ses droits.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le 6 septembre 2017, c’est au tour de la présidente Nathalie Somé d’être épinglée dans une affaire de malversation. Elle est depuis lors en détention préventive à la MACO, attendant son jugement. Le 19 octobre de la même année, le personnel du CSC est informé, par une note de service, que le président du Faso, dans une correspondance officielle, confiait les rennes de l’institution à Jean de Dieu Vokouma, eu égard à sa qualité de vice-président en le nommant président suppléant. Cet arrêté soulève la contestation de plusieurs juristes et fait les gorges chaudes sur les réseaux sociaux. Se rendant compte de l’entorse aux textes, le président du Faso décide de rectifier le tir en abrogeant son arrêté et nomme Désiré Comboïgo au poste de président par intérim. Mais l’affaire était déjà en justice. Le 22 janvier 2018, la justice suspend la décision présidentielle. Désiré Comboïgo est donc remis légalement dans le fauteuil de président par intérim du Conseil supérieur de la communication.

Cette décision, en conformité avec les textes, doit en principe permettre de taire, une bonne fois pour toutes, les divergences au sein de l’institution chargée de réguler le secteur des médias et de la communication au Burkina Faso.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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