Migration mixte : Un cadre de concertation pour mieux appréhender le phénomène

mercredi 18 octobre 2017 à 00h10min

Le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR) organise, du 17 au 18 octobre 2017 à Ouagadougou, un cadre de concertation sur la problématique de la migration mixte, sous le thème « personnes en mobilité : quelle stratégie de protection ? ». Deux jours durant, les participants vont analyser la situation, le rôle de chacun, examiner les bonnes pratiques et les défis ainsi que les perspectives pour une meilleure coordination. Ce qui devrait leur permettre de mieux appréhender le phénomène.

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Migration mixte : Un cadre de concertation pour mieux appréhender le phénomène

La migration mixte n’est pas un phénomène nouveau. Mais, ces dernières années, elle a évolué dans son ampleur, sa complexité et son imprévisibilité. Depuis janvier 2017, ce plus de 100 000 migrants qui sont arrivés en Europe depuis janvier 2017 selon l’Organisation internationale pour la migration (OIM). Au cours des huit derniers mois de l’année, plus de 2200 migrants ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée. A cela, s’ajoutent des centaines de migrants et de réfugiés africains retrouvés, porté disparus ou sauvés in extremis dans le désert du Sahara, devenu un véritable cimetière à ciel ouvert.

Parmi ces migrants, ceux en provenance de l’Afrique de l’Ouest est en proportion considérable et progressivement en hausse. Cette partie du continent africain et particulièrement le Burkina Faso est, de plus en plus, traversée par des flux migratoires mixtes. Par sa position géographique, le pays des Hommes intègres est au carrefour des routes empruntées par les migrants et réfugiés depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’à l’Europe. Deux axes principaux se sont dessinés ces dernières années : la route de la Méditerranée occidentale qui relie le Maroc à l’Espagne et la route de la Méditerranée centrale reliant la Libye à l’Italie. En 2016, ce sont 300 000 personnes qui ont ainsi transité par Agadez au Niger en route vers la Libye et souvent l’Europe. Selon l’OIM, un migrant sur cinq recensés au Niger a transité par les postes de frontière de Dori ou de Kantchari au Burkina.

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les particpants

« La traite, les trafics de tout genre, les dangers liés à la mer et au désert sont entre autres les risques auxquels ces milliers de personnes s’exposent, soit par ignorance, soit par témérité, dans la quête d’une vie meilleure en Europe. Ce sont des hommes pour la plupart, mais aussi des femmes et des enfants d’origine et de motivations diverses qui empruntent les mêmes itinéraires, souvent avec l’aide de passeurs et de gangs criminels sans scrupule. On y trouve en plus des migrants économiques, des réfugiés, des demandeurs d’asile, des personnes apatrides et même des mineurs non accompagnés », a précisé Gogo Hukportié, représentante du HCR au Burkina.

Le Burkina pleinement impliqué dans la recherche des solutions

L’Afrique connait la population la plus mobile au monde et l’Afrique de l’Ouest est la sous-région avec le taux de migration le plus élevé du continent. Malheureusement, les routes périlleuses se multiplient, avec des passeurs sans âme. « En luttant contre la migration, nous nous concentrons souvent sur les derniers kilomètres de la tragédie et nous oublions les autres étapes de l’odyssée des migrants. Au regard de cette grande tragédie qui nous interpelle tous, le gouvernement s’engage, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, à s’impliquer davantage dans la problématique de la migration dans toute sa complexité », a confié Simon Compaoré, ministre d’Etat, ministre de la sécurité, président de la cérémonie d’ouverture de la rencontre.

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photo de famille des participants

« Il n’y a pas de solution miracle pour résoudre rapidement la crise des migrants et de réfugiés qui nous entourent. Mais, le gouvernement burkinabè mène un certain nombre d’actions en vue de répondre efficacement aux défis liés à la gestion de la migration irrégulière », a reconnu le ministre Compaoré. Au nombre des priorités de l’exécutif burkinabè dans cette lutte, c’est d’abord de sauver des vies, ensuite lutter contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains tout au long des itinéraires suivis ; et enfin trouver une solution à long terme, notamment s’attaquer aux causes profondes de la crise migratoire.

C’est dire que le travail qui attend les différents partenaires dans ce combat ne sera pas facile. Qu’à cela ne tienne, Simon Compaoré s’est dit convaincu que ce cadre de concertation sera non seulement stimulant, mais renforcera également les actions communes. Car, « la crise des migrants et des réfugiés est de la responsabilité de tous et l’Etat burkinabè est pleinement engagé à s’impliquer dans la recherche des solutions », a-t-il insisté.

Le cadre de concertation se veut donc une excellente opportunité de renforcer le dialogue et la synergie entre les acteurs à différents niveaux.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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