Route Fada-Diapaga : Le calvaire des passagers !

LEFASO.NET | Par Soumaila Sana • mardi 8 août 2017 à 19h55min

Le dimanche 30 juillet 2017, sur invitation de nos confrères de la radio Buyaaba de Diapaga localité située à 207 km de Fada N’Gourma pour assister à une conférence publique sur la mortalité maternelle et infantile due au paludisme, nous devons nous rendre à Diapaga.

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Route Fada-Diapaga : Le calvaire des passagers !

A 9h nous voilà à la gare d’une compagnie de transport de la place pour « bouger » à 10h. Le sésame (ticket) en main, le ton est donné à 10h : « S’il vous plait, pour ceux qui partent à Diapaga, veuillez vous approcher du car pour l’appel et l’embarquement ». Une fois l’appel terminé, direction Diapaga. Dans le car, une élue locale de la région était de la partie, retournant à Diapaga parce qu’elle était venue pour une formation qui a été reportée, selon ses propres confidences, après une petite présentation.

Sous une pluie matinale, le car est au premier poste de contrôle de la police à la sortie de Fada. Le chauffeur éteint le moteur du car et demande à chaque passager de descendre avec ses documents d’identification pour le contrôle des identités. Ce qui fut fait avant que le chauffeur ne reprenne la route. Quelques kilomètres parcourus, nous sommes dans la localité de Tanwalbougou. Le chauffeur observe un petit arrêt mais personne ne descend. Le chemin se poursuit et nous constatons des travaux d’entretien routier en cours. « Où étiez-vous ? C’est maintenant que vous avez eu cette initiative ? » A lancé un passager.

Après quelques kilomètres, le car est au deuxième poste de contrôle à l’entrée de Matiacoali ; un poste de la gendarmerie. Même son de cloche qu’au premier poste et les passagers se sont exécutés sans broncher. A la fin du contrôle, le gendarme nous souhaite un bon voyage avant que le véhicule se stationne à un autre poste de contrôle de la police à la sortie de Matiacoali. Alors que les passagers étaient en rang pour le contrôle d’identité, le convoyeur se dirige vers un autre policier qui était assis sous un petit hangar pour lui remettre les documents du car pour vérification.

Après le contrôle, les passagers et le chauffeur attendent impatiemment le convoyeur. Du car, on s’est rendu compte que le policier tenait les « papiers » du car en balançant la tête de gauche à droite. « Mais le convoyeur n’a pas déposé un caillou sur les papiers ? », a demandé un passager sans avoir de réponse. Certains éclatent de rire dans le car pour ce phénomène qui est récurrent sur cet axe, à en croire certaines personnes qui l’empruntent régulièrement. Finalement avec le regard de tous ceux qui étaient dans le car braqués sur lui, le policier remet les papiers au convoyeur et nous pouvions poursuivre notre chemin, la route. Quand nous l’avons approché pour comprendre ce qui s’était passé, le convoyeur n’a pas voulu en parler.

Après plus de 150 km de trajet, le car arrive à Kantchari, ville frontalière entre le Burkina Faso et le Niger. Alors que les passagers étaient impatients d’arriver à la gare pour observer une petite pause avant de continuer, le car marque encore un arrêt dans un poste mais il ne s’agit ni de la police nationale ni de la gendarmerie mais de la police municipale. Le convoyeur descend sans les papiers du car avec la main droite fermée. Il se dirige vers un policier qui était assis devant le bâtiment abritant l’office des policiers municipaux.

Les deux « amis » se sont salués et le convoyeur est revenu prendre sa place dans le car. C’est en ce moment que nous avons constaté que le policier déballait son cadeau (un billet de 1000f) avant de l’empocher. Arrivé à la gare routière, le chauffeur accorde 30 mn de pause, il était 14 h. Nous avons encore approché le convoyeur pour comprendre pourquoi donner de l’argent à la police. « C’est comme cela tous les jours. A l’aller comme au retour, il faut donner quelque chose », nous a-t-il confié. « Si tu ne donnes pas, il vont te fatiguer », a-t-il répondu quand nous lui avons dit que cette façon de faire encourageait les rackets.

La pause achevée, nous avons démarré en direction de Diapaga sur une voie non bitumée après une pluie. Des lacs d’eaux jalonnaient la voie de gauche à droite et le chauffeur peinait à faire une vitesse de 40km/h. Après 2 km de trajet, une barrière de pluie a bloqué le passage. « Tout le monde, descendez », lança le convoyeur. L’agent qui s’occupe de la barrière nous fait comprendre qu’il faut attendre 15 h pour pouvoir continuer. Chaque passager s’est trouvé de quoi s’asseoir. A 14h 46mn, la barrière est levée, le chauffeur klaxonna et nous embarquons pour regagner Diapaga. Dans le car, un passager pousse un soupir avant de s’indigner : « Monsieur, vous voyez comment est la voie de Diapaga ? » ; et un autre de renchérir : « En voyant cette route, vous pouvez imaginer qu’un fils de cette province a été premier ministre pendant sept ans ? ».

A 16h, nous voilà au fatidique pont du village de Boudiéri. Où allons-nous passer ? S’est-on demandé, car le barrage débordait d’eau. Fin connaisseur de la voie, le chauffeur s’est débrouillé pour traverser le pont. A 17h, nous étions finalement à l’entrée de Diapaga.

Soumaila Sana
Lefaso.net

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