« Une jeunesse africaine en quête de changement » : Portrait croisé de quatre mouvements citoyens

LEFASO.NET | Herman Frédéric BASSOLE • mardi 23 mai 2017 à 00h00min

« Y’en a marre » du Sénégal, « Le Balai citoyen » du Burkina Faso, « Filimbi » et « Lucha » de la RD Congo. Dans quel contexte sont nés ces quatre mouvements citoyens menés par des jeunes africains en quête de changement sur le continent africain ? Quelle est leur mode de fonctionnement, leur vision ? La réponse dans « Une jeunesse africaine en quête de changement », un ouvrage écrit par six chercheurs dont certains sont membres du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP).

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« Une jeunesse africaine en quête de changement » : Portrait croisé de quatre mouvements citoyens

En janvier 2011, le mouvement Y’en a marre voit le jour au Sénégal. Des activistes s’élèvent contre la mal gouvernance caractérisée par la corruption et l’injustice sociale. Très vite, le vent de la contestation est contagieux et souffle au Burkina Faso et en République démocratique du Congo. Les mouvements Le Balai Citoyen, Filimbi et Lucha voient le jour. Ils mèneront chacun sur son terrain de chasse, un combat de dénonciation et de prise de conscience de la jeunesse. Aujourd’hui, cette lutte tend à faire des émules dans la sous-région. Conscient de cela, Filimbi et Lucha vont exprimer aux chercheurs du GRIP, un centre de recherche indépendant, leur souhait de voir consigner par écrit la trajectoire de leurs mouvements et les idéaux vu qu’ils sont adulés par d’autres jeunes désireux de s’organiser en collectifs citoyens. C’est de là que naquit l’ouvrage « Une jeunesse africaine en quête de changement » qui dresse le portrait croisé de ces quatre mouvements citoyens d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Des figures communes

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Les conférenciers : Michel Luntumbue (à gauche), Smockey (au centre) et Boureima N. Ouédraogo (à droite)

Selon Michel Luntumbue, l’un des auteurs de l’ouvrage, celui-ci se présente sous la forme d’un manuel pratique où le lecteur retrouve l’historique, les traits communs aux différents mouvements, les modes d’organisation et de financement, etc. Même si les anti-héros sont différents d’un pays à l’autre, ces mouvements citoyens ont un même objectif avec des modes d’actions non-violents, à entendre les auteurs : la lutte pour la transformation sociale et non la conquête du pouvoir. Ces jeunes activistes, pour la plupart des artistes et entrepreneurs, s’inspirent de symboles communs du panafricanisme tels que Nelson Mandela, Hamilcar Cabral, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Kwamé N’Krumah.

Les TIC comme moyen de mobilisation

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Michel Luntumbue, co-auteur du livre

A en croire Claire Kupper, co-auteur du livre, l’autre caractéristique de ces quatre mouvements, c’est le mode de communication. « Ils fondent leur notoriété sur les messages oraux et visuels. Sans les nouvelles technologies, c’est clair que ces mouvements resteraient dans l’ombre et n’auraient pas pu avoir de fortes mobilisations », a-t-elle soutenu.

L’artiste musicien et activiste Smockey, membre du mouvement Le Balai Citoyen, ne partage pas l’avis de la chercheure sur la question. Selon lui, les TIC sont dangereux dans le sens d’irresponsabilité du citoyen « parce que du moment où quelqu’un peut se considérer comme un grand combattant de terrain en cliquant juste j’aime ou en partageant une publication, il estime alors qu’il a joué sa part de mission et ça s’arrête là. On a une jeunesse de plus en plus virtuelle qui se nourrit de cette interaction et s’épargne le moindre effort physique. J’en veux pour preuve les difficultés qu’on a de plus en plus à mobiliser les gens malgré la multiplicité des couloirs d’information (…) Si les mouvements basent toutes leurs forces sur les TIC, elles n’avanceront plus. »

Des mouvements éphémères ?

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Boureima Ouédraogo, enseignant en Sociologie

Boureima N. Ouédraogo est Maîtres des Conférences en Sociologie à l’Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo. Il est également co-auteur de l’ouvrage. Selon lui, les mouvements citoyens ont certainement le vent en poupe puisqu’ils travaillent à impacter la jeunesse, elle, qui a un avenir tout tracé. « Seulement, prévient-il, ces mouvements qu’on met dans la sphère de la société dite « civile », posent le problème de la jonction avec la sphère dite politique. Il y a donc une sorte de menace qui pourrait planer sur ces mouvements qui d’un jour ou l’autre peuvent être soupçonnés d’être des sous-marins d’un parti politique. Il faut donc voir comment ils peuvent se tenir à distance égale des enjeux des politiciens et des réelles transformations démocratiques de la société ».

L’ouvrage fait 144 pages et est disponible sur le site http://www.grip.org/fr/node/2256en version numérique et en version papier.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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