Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

Point de vue d’un militant MPP • lundi 27 février 2017 à 23h58min

Ceci est une tribune de Wendkhato Julien Ouédraogo, militant du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir) sur la fronde sociale au pays des hommes intègres.

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Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

Depuis des décennies au Burkina Faso, les rapports entre le pouvoir d’Etat et les syndicats ont été si animés de conflits qu’ils se sont polarisés autour de deux forces antagonistes : la paranoïa sécuritaire de l’Etat et son corollaire de répressions d’une part et la défiance syndicale et son corollaire de revendications sociales d’autre part.

L’incapacité de ces deux camps à surmonter leur antagonisme pour l’amorce du développement du Burkina Faso a mis à mal le tissu socio-économique et la cohésion sociale. C’est dans ce contexte de défiance en son sein que le peuple burkinabé a souscrit au programme présidentiel en cours pour restaurer la confiance, la discipline et l’unité de la nation.

Toutefois, pendant que les forces vives de la nation s’activent sur tous les fronts sociaux, certaines luttes sociales sont de plus en plus mal inspirées au point d’aboutir à la confusion entre liberté et libertinage. Telle est la toile de fond de la surenchère et de la confusion à dessein de revendications légitimes (pour certains) et subversives (pour d’autres). Dès lors, face à la portée historique de la mandature du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), il est capital de se questionner sur les motivations profondes de ces remous et de prémunir le peuple burkinabé contre leurs capacités avérées de nuisance. D’où le bien-fondé de ce devoir d’informations.

PNDES : Antidote aux dérives libertaires

Les victoires du MPP aux scrutins présidentiel, législatif et municipal consacrent la maturité politique du peuple burkinabé et illustrent sa capacité comme peuple libre de s’assumer désormais pour son essor socio-économique dans un état de droit véritable. En effet, face aux projets de société concurrents, seul le programme présidentiel du Président Roch Marc KABORE s’est singularisé par sa pertinence, sa rigueur et sa portée pour l’instauration de la démocratie au Burkina Faso. Depuis cette sentence des urnes, certains mauvais perdants, loin de ranger leurs projets de société désavoués, s’insinuent dans les luttes sociales et les instrumentalisent à force de revendications maximalistes. Le dividende politique funeste escompté est de rendre le Burkina Faso ingouvernable et infréquentable à force de chaos afin de « rebeloter ».

Puisque l’état de droit serait leur apanage, la redistribution des cartes par des élections anticipées fondera leur espoir déçu à la reconquête du pouvoir au détriment des aspirations du peuple burkinabé à la stabilité démocratique. Dès lors, sur l’échiquier politique national, certains leaders de mouvements sociaux sont des forces de relais des politiciens nostalgiques et revanchards.

Pour y parvenir, d’abord la manipulation : il est reproché à la majorité présidentielle d’avoir dénié au peuple burkinabé le droit à la justice sociale par l’impunité. Or le peuple burkinabé se souvient que la plupart des procès engagés avant l’avènement démocratique au pouvoir du Président Roch Marc Christian KABORE étaient improvisés et passionnés, de sorte que les révisions ultérieures étaient la règle.

Les conséquences ont été si dommageables que, outre l’hémorragie d’un trésor public déjà exsangue pour préjudices subis, l’amateurisme des autorités de l’époque ont exacerbé l’impunité. Par ailleurs, la justice des vainqueurs est une atteinte aux droits légitimes de la défense sur lesquels seuls des tribunaux impartiaux sont fondés à statuer. Aussi, est-il approprié de se départir de la passion et de privilégier la raison en matière de justice sociale.

A cet effet, seules l’indépendance du pouvoir judiciaire et la mise en place d’institutions fortes sont les gages de nos libertés individuelles et collectives. Cette profonde sagesse du programme présidentiel justifie donc la confiance du peuple burkinabé au président démocratiquement élu et à son gouvernement. C’est le fondement légitime des chantiers institutionnels en cours malgré les barrières de toutes sortes.

Ensuite, voici certains faits illustrant la fronde antirépublicaine : la défiance de mandats constitutionnels, la calomnie contre les institutions de la République et ses nobles serviteurs.

N’en soyons pas dupes. Certains responsables de luttes sociales sont téléguidés par le clan Blaise Compaoré ; d’autres par certains acteurs brouillons de la transition, dont l’arrivée fortuite au pouvoir n’a d’égal que leur mégalomanie. Leur mission est de précipiter le chaos social en surfant sur nos difficultés socio-économiques et les dossiers pendants de la justice. Faut-il rappeler que l’amoncellement des crimes illustre les pages sombres d’un demi-siècle de léthargie sociale et de 27 ans d’autocratie ? Seules les luttes sociales politisées peuvent prétendre en venir à bout à l’issue d’un an de gouvernance.

D’autre part, nous apprenons désormais que certaines forces partisanes auraient une compétence universelle à connaître des crimes économiques et de sang, à identifier leurs auteurs et à les décrier dans la rue. Voilà l’esprit de ligues des républiques bananières où la présomption d’innocence est une farce. Sommes-nous loin du putschisme ? Pour prouver ces dérives, il sied de soumettre les faits à un jugement impartial.

Enfin, à dessein, la série noire de nos privations : pain, médicaments, information, éducation, services de justice, services financiers, économie numérique, soins hospitaliers, etc. à travers l’infiltration de délateurs, d’anarchistes et de saboteurs dans les revendications justes et légitimes. A preuve ! Le regroupement des grèves et leurs échelonnements sur une brève période, le refus du dialogue social et les tentatives de boycott des évènements régionaux (SIAO, FESPACO, salons miniers, etc.), les tentatives de récupération éhontée de luttes sociales, l’insubordination à l’autorité de l’Etat, la critique facile.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Au 21ème siècle, le messianisme idéologique cède de plus en plus le pas sous les exigences du réalisme, du pragmatisme et de la mondialisation. Tous les leaders d’opinion crédibles le savent. Mais la frange opportuniste utilise ces lieux communs éculés et populistes pour manipuler notre peuple désabusé. Dès lors, la récrimination contre le Programme national de développement économique et social (PNDES) et sa caricature sous les traits du surendettement massif (quel pléonasme !) sont un trompe-l’œil grotesque. Les stéréotypes éculés (aggravation de la pauvreté et du chômage des masses populaires induits par le FMI et la Banque mondiale) procèdent d’une rhétorique tiers-mondiste obsolète et stérile.

Mais nos jours sombres vaudront tout ce qu’ils nous auront coûté s’ils nous enseignent que notre véritable destinée n’est pas d’être secourus, mais de nous secourir nous-mêmes. C’est le sens du sacrifice de nos braves paysans bravant les pluies erratiques les mains nues ! C’est le combat de notre jeunesse héroïque contre le chômage ! C’est aussi le combat de nos filles et sœurs contre les ténèbres ! Ce sursaut patriotique est d’autant plus fécond que toutes les institutions républicaines animées d’une saine émulation sont à pied d’œuvre pour la mise en œuvre du PNDES. Partout au Burkina Faso, les nombreux chantiers de développement nourrissent l’espérance de notre peuple et affermissent la confiance de nos partenaires financiers. Le résultat probant de la table ronde à Paris du 7 au 8 décembre 2016 pour mobiliser le financement extérieur du PNDES comble nos attentes.

L’avènement d’un Burkina Faso démocratique, libre et prospère sous le leadership du président Roch Marc Christian KABORE est en marche. La construction d’un consensus rationnel sur les chantiers prioritaires de notre développement humain durable est le seul défi propre à nous honorer dans le concert des nations. Ecoutons la sagesse édifiante du Secrétaire Général de l’Union syndicale des travailleurs burkinabé : « Il faut qu’on évite de transformer le pays en cette case de singes où certains construisent et d’autres déconstruisent. »

Aux antipodes de mouvements subversifs, dont les oripeaux de luttes sociales cachent mal la forfaiture, s’oppose le syndicalisme vrai qu’inspire aujourd’hui le PNDES.

PNDES : Gage de l’unité nationale

Je salue le discernement, la hauteur de vue et l’engagement patriotique des 5 centrales syndicales et des 8 syndicats autonomes, qui ont courageusement apporté leur soutien au seul référentiel crédible du Burkina Faso : le PNDES. J’encourage l’assignation de points convergents, la culture de la pomme de l’unité nationale autour du PNDES pour l’amorce véritable du développement social et économique. La promotion du syndicalisme en une force de propositions et non de divisions est un exemple de citoyenneté et de patriotisme qu’il convient de louer. Je constate que le gouvernement est déterminé à se pencher aux côtés des syndicats patriotes sur leurs recommandations judicieuses pour le travail décent, libre et épanouissant.

En conséquence, je souhaite vivement que l’Unité d’action syndicale privilégie les intérêts suprêmes de la nation burkinabé par la culture du dialogue social. C’est le lieu d’inviter les syndicats à s’impliquer activement dans la mise en œuvre du PNDES. La détermination et la crédibilité du gouvernement de la majorité présidentielle ne font l’ombre d’aucun doute. La restructuration du gouvernement THIEBA II vise la maîtrise accrue des lignes d’attaque du PNDES. Aussi tout patriote épris de paix et de justice reconnaît que la mise en œuvre du PNDES sera balisée par la cohésion sociale, la générosité interne et l’unité de la nation sous le leadership fort du Président démocratiquement élu : Roch Marc Christian KABORE.

Ainsi, au-delà de la caution apportée au gouvernement, pourrions-nous envisager l’aurore d’une trêve sociale à mesure que la transparence des cœurs présidera à la construction nationale. Cette perspective est d’autant plus cruciale que le PNDES est assorti de conditionnalités. Par devoir de mémoire, rappelons les, à l’issue de la table ronde de Paris : « Les partenaires ont souligné, par ailleurs, les défis majeurs auxquels le Gouvernement devrait trouver des réponses appropriées, notamment la consolidation de la paix et la réconciliation nationale, la bonne gouvernance, l’État de droit, le renforcement des capacités de l’administration publique, l’amélioration du climat des affaires et le choix judicieux de projets structurants pouvant contribuer significativement à la réduction de la pauvreté. »

Dès lors, doit-on ignorer ces défis liés à tout partenariat crédible pour le développement ? Faut-il contrarier cet engagement de la communauté des partenaires du Burkina Faso par la discorde interne ? Ne dit-on pas que l’argent des investissements est aux antipodes de l’instabilité ? Autrement dit, les investisseurs internationaux préfèrent les cieux cléments pour s’y installer au brasier qu’allume la sédition nationale. Nous touchons là le bon sens ! Nul ne peut édifier une nation sans le concours généreux de ses dignes fils et filles unis dans l’unité du devoir.

Ouédraogo Wendkhato Julien
business_consul@yahoo.fr

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Vos commentaires

  • Le 28 février à 00:16, par jbz
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    vraiment ce qui se passe au Burkina est tout sauf du syndicalisme, c’est plutôt délibérer une volonté délibérer de déstabilisation. Il va donc falloir que ceux qui n’ont pas de salaire se lèvent pour crier un holas. jamais au Burkina un pouvoir n’a été mis aussi malmené. C’est pourquoi on peut raisonnablement que certaines actions syndicales sont des chevaux de Troie pour certains politiques.Alors messieurs du MPP, ne soyez naïf mais ouvrez l’œil

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    • Le 28 février à 03:57, par L’ Autre Africain
      En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

      C’est possible que le mouvement syndical ait été infiltré. Mais reconnaissons que c’est le Président RMCK, himself qui a ouvert la boîte de pandores. En d’autres mots, s’il y a un cheval de Troie dans le mouvement syndical alors, c’est le président même qui a ouvert la porte pour permettre au cheval en question d’entrer dans le coeur de la République, par sa gestion scandaleuse de la grève des magistrats.
      Les uns mangent, les autres regardent, ainsi naissent les révolutions, c’est connu. Et mieux, ne demandez pas aux autres travailleurs du public de s’échiner pour que le fruit de leur labeur puisse assurer des traitements ministériels aux magistrats.

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  • Le 28 février à 08:33, par Désiré
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    Monsieur Wendkhato, comment appelle -t-on le temps où Simon et RMCK se joignaient aux marches du CCVC (animé par les syndicalistes) en janvier 2014 ? On pourrait aussi dire que c’était de la subversion. Et mieux il y a des syndicats qui supportent le PNDS ? Pourquoi S’en prendre à un autre son de cloche ? Les autres pourraient répliquer que les syndicats qui supportent le PNDS sont des marionnettes du MPP ?

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  • Le 28 février à 09:36, par sauve souris
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    mais si les ministres sont mal entouré et mal accompagné personne ne veut dire la vérité a son ministre prenons le cas du ministre des l économie il semblerais que son entourage ne lui dit pas la vérité et elle est entourer des anciens bon petit de l ancien ministre bebemba leur souhait de la voir échouer

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  • Le 28 février à 10:53, par le reservé
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    Merci Mr Désiré, vous avez tout dit.
    J’ajouterai que toutes revendications étaient connues du MPP avant les élections donc qu’ils viennent pas nous dire qu’on tente de rendre le pays ingouvernable. Aussi, comme la dit plus haut un internautes la satisfaction des magistrats est l’élément déclencheur de toute cette grogne sociale car soit il y a l’argent pour tout le monde soit il n’ y a pas et chacun serre la ceinture en attendant que la relance économique mais donnez à certains et dire aux autres qu’il n’ y a pas cela pose problème donc a eux d’assumer les conséquences de leurs actes discriminatoires

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  • Le 28 février à 11:02, par Yabian
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    Salut,
    Monsieur Wendkhato, êtes-vous avec le pouvoir ? ou contre le pouvoir ? à mon sens, je pense que votre plan ne fonctionnera pas. Ce n’est pas le moment de faire de telle publication, surtout quand on vise quelque chose. Merci

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  • Le 28 février à 12:13, par goires
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    mon cher désire aidez moi le ccvc etait anime par les syndicats ou y’avait ils d’autres mouvements etc.....

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    • Le 28 février à 13:37, par Désiré
      En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

      Goïres juste dire que comme il s’agit d’une coalition contre la vie chère il y avait comme avant gardistes des syndicats , sinon la CCVC regroupe bcp d’autres mouvements notamment des OSC .Mon propos c’est dire simplement qu’il faut éviter chaque fois de dire que certains syndicats sont manipulés par l’opposition. Si c’est le cas il faut accepter que les autres syndicats qui sont d’accord avec le pouvoir sont également manipulés. Telle est mon analyse simpliste soit elle, c’est ce que je pense.

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  • Le 28 février à 22:29, par Temps de l’action
    En réponse à : Front social : De la liberté syndicale au libertinage subversif ?

    Qui vient au pouvoir par le feu partira par la géhenne. le principal acquis de l’insurrection c’est le droit à la confiscation et à la destruction du bien commun. certains ont été bombardés martyrs pour ça. c’est pour cela qu’on adore ce pays

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