Musique : Almamy KJ ‘’crache’’ ses vérités dans « Clé de justice »

lundi 28 décembre 2015 à 23h30min

Album évocateur ! C’est le moindre que l’on puisse dire de ce deuxième opus de l’artiste reggae-maker, Almamy KJ (Abdoul Kader Ouattara à l‘état civil). « Clé de justice », c’est l’œuvre de quatorze titres désormais à la disposition des fans, surtout de la musique engagée. Il a été officiellement sorti dans la soirée de samedi, 19 décembre 2015. « Ali baba et les 40 voleurs », « Bien mal acquis », « Tampicratie », « Dabo Boukary », ou encore « Balai », sont des titres de cet album qui fera sans doute parler de lui.

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Musique : Almamy KJ  ‘’crache’’  ses vérités dans « Clé de justice »

C’est devant parents, amis, professionnels de la musique et de nombreux fans que l’artiste et son staff ont présenté le nouvel opus à l’opinion. L’extrait de chacun des titres, passé à la ‘’dégustation’’ du public, a arraché un tonnerre d’applaudissements, les uns aussi nourris que les autres.
Bercé dans sa tendre enfance par la musique authentique traditionnelle « Yagba  » (Dioula de Kong) jouée à l’occasion des mariages et baptêmes, Almamy KJ fut membre-fondateur de plusieurs groupes de rap de renom avant d’opter pour une aventure solo. Là, il se construit une base artistique solide à travers l’apprentissage du live. C’est donc ‘’armé’’ d’un costaud bagage, que l’artiste sort en 2011, son premier registre de dix titres et baptisé « Dieu Merci ». En 2013, il prend le pas sur l’actualité par un maxi de deux titres : « Dabo Boukary » et « article 37 ». En décembre 2014, il rebelote avec la « Compaorose  », un single avec pour seul message : l’arrestation du « dictateur Blaise Compaoré et le jugement de tous les fautifs du Front populaire et de la IVè République ».
« Clé de justice » marque le « grand retour » de l’artiste avec un ‘’regard critique’’ sur l’actualité ; de l’insurrection à l’élection présidentielle du 29 novembre. « Ali baba et les 40 voleurs », le 1er titre de l’album apprend qu’après 27 ans, « les mêmes » ont repris le pouvoir. « Les mêmes qui ont fait le régime vomi et chassé de Blaise Compaoré sont de retour. (…). On a remplacé Blaise Compaoré par Compaoré Blaise », clame l’artiste. Le 2ème titre « Bien mal acquis » dénonce la corruption tandis que dans « Tampicratie  », Almamy KJ déplore les comportements démagogiques des hommes politiques qui, une fois au pouvoir, tournent dos aux promesses faites pendant les campagnes aux populations. Le titre 4, «  Compaorose », demande l’arrestation de l’ex-Président du Faso, Blaise Compaoré et tous ceux qui l’ont aidé à asseoir son système ; du Front populaire à la IVè République. Le 5ème titre, « LMD  » est un diagnostic de la situation des universités publiques du Burkina qui, selon lui, ploient sous le poids du système LMD. Almamy KJ exige que soit simplement suspendu ce système pour le repenser plus sagement. Les titres 6 et 7, intitulés « Dabo Boukary » et « Norbert Zongo » rendent un hommage respectivement à cet étudiant ‘’assassiné’’ en mai 1990 et au journaliste d’investigation également assassiné le 13 décembre 1998. « Si le Burkina disposait en son temps d’un médecin pour un million d’habitants, allons-y comprendre que cet étudiant en 7ème a été assassiné avec un million de personnes », estime le raggae-maker. « Il faut les arrêter », titre 8 de l’album, recommande l’arrestation de tous ceux qui ont contribué à asseoir le pouvoir de Blaise Compaoré pendant 27 ans au prix de crimes économiques et de sang. « Heindjaltôkô  », chanté en langue nationale fulfuldé, rend hommage aux martyrs de l’insurrection, « particulièrement aux cinq martyrs tombés le 30 octobre 2014 dans la province du Yagha. Ceux-là que les ‘’faiseurs de martyrs’’ avaient voulu ignorer ». « Mon Balai » est le 10ème titre à travers lequel, l’artiste rappelle que si le balai est un symbole utilisé par Lénine en Russie pour appeler le prolétariat à s’en servir pour bouter la bourgeoisie hors de la société, au Burkina, il a malheureusement servi à accompagner la bourgeoisie au pouvoir. « RootBlondy » est un hommage à Alpha Blondy, qu’il considère comme père du reggae africain. A l’en croire, le reggae-maker ivoirien est celui-là qui a appris aux autres que la musique reggae peut se chanter en une autre langue que l’anglais.
Le titre 12 « Brahima Allah Tchira  », (Brahima, l’envoyé de Dieu), est un hommage mérité à son oncle qu’il a qualifié de père prime. Le titre 13, « Diallo Love » est un hommage à la femme africaine. « Compromission  », 14ème titre de l’album, fait l’historique des luttes au Burkina ; de l’assassinat de Norbert Zongo à la résistance contre le putsch de septembre 2015 en passant par l’insurrection populaire.
Entièrement enregistré au Burkina, « Clé de justice » est une autoproduction et est désormais disponible dans les bacs à disques. La cérémonie de dédicace a été suivie d’un concert-live offert à ses invités et aux fans parmi lesquels, on pouvait noter une forte présence d’étudiants.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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