Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

mardi 29 septembre 2015 à 04h46min

Le gouvernement de la transition a tenu, ce lundi 28 septembre 2015, au Premier ministère, un conseil des ministres extraordinaire. C’est le deuxième conseil après le coup d’Etat perpétré le 17septembre dernier par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) contre les autorités de la transition. La situation nationale, la suite judiciaire du putsch, le coût économique et financier du coup d’Etat et la situation des athlètes restés au Congo-Brazzaville après les Jeux africains à cause de la situation nationale ont constitué le menu des échanges.

Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

Près de deux semaines après le coup d’Etat du Général Gilbert Diendéré, le Burkina se remet progressivement et panse ses plaies. Réunis en conseil des ministres, les membres du gouvernement ont examiné la situation nationale, la suite judiciaire à donner au putsch et analysé le coût économique et financier que cela a eu.
Pour le Ministre de la communication, Frédéric Nikiéma, des pourparlers sont en cours pour amener les membres de l’ex-RSP, auteurs du coup de force à accepter le désarmement. « Concernant la situation sécuritaire, on nous a fait le point sur le désarmement au Camp Naba Koom II. Et nous sommes en train de chercher des solutions, par le dialogue et les discussions, aux difficultés qui sont rencontrées là-bas afin d’éviter un affrontement entre les différentes parties », a-t-il indiqué.

La justice fait son travail

En ce qui concerne la justice, Joséphine Ouédraogo a rassuré qu’une suite sera donnée à l’affaire et que la justice a déjà commencé son travail dans ce sens : « La Justice a commencé son travail d’enquête. Une ordonnance a été prise pour geler les avoirs de ceux qu’on pense être impliqués dans cette affaire. Une commission d’enquête a aussi été mise en place. Elle va impliquer des magistrats et bien d’autres personnes. La commission va travailler à avoir le maximum d’informations. Elle a un mois pour remettre les résultats de ses travaux. Nous faisons le maximum pour voir clair dans les ramifications et les implications des uns et des autres dans ce putsch ». Pour faire toute la lumière, le Ministre Ouédraogo appelle les populations à collaborer avec les enquêteurs en dénonçant les actes répréhensibles commis pendant le coup d’Etat.
Pour le cas Djibril Bassolé dont les avoirs ont aussi été gelés sur ordre de la justice, Joséphine Ouédraogo se veut rassurante. « Je ne peux rien dire pour le moment parce que ça ressemble du secret de l’enquête. Mais c’est sur la base d’indices clairs que la décision a été prise. Ce sont des données que je n’ai pas à révéler », a-t-elle précisé.

Le Putsch a eu un coût

« La crise a effectivement un coût économique et financier. Le coup d’Etat a engendré un arrêt total des activités au niveau des secteurs public et privé pendant une dizaine de jours. Cela veut dire qu’il y a eu un impact sur la production dans les secteurs secondaire et tertiaire (hôtellerie, transports, etc.) », a résumé Gustave Sanon qui a fait le point au gouvernement.
Il a aussi ajouté que du point de vue des finances, il y a aussi eu un impact. « Parce que le trésor, la douane n’ont pas travaillé. Il n’y a donc pas eu d’encaissement au niveau du gouvernement. En ce qui concerne les dépenses, nous nous apprêtons à ce qu’il y ait un impact parce qu’il y a des dépenses qui n’étaient pas prévues et auxquelles nous devrons faire face. Notamment celles liées aux blessés et certains aspects sécuritaires qu’il va falloir prendre en compte », a-t-il conclu.

En dépit de ces difficultés, rassure Gustave Sanon, les salaires ont été payés le mercredi dernier soit à la veille de la Tabaski. « Les salaires ont été transférés dans les banques. Ceux qui avaient des cartes de guichet automatique ont pu retirer leur argent. Maintenant ceux qui touchent par bon de caisse ont connu un léger retard. Le délai pour la perception physique des salaires dépendra des uns et des autres. Cela a toujours été ainsi et ce n’est pas dû à la transition », a-t-il ajouté.

Les blessés sont soignés gratuitement

La résistance organisée pour barrer la route au coup de force a fait onze morts et plus de 100 blessés. Les blessés sont soignés gratuitement. « Le budget a été validé et j’ai donné les instructions pour que les montants puissent être rapidement mis à la disposition de qui de droit pour faire face aux obsèques de ceux qui sont décédés et à la prise en charge de ceux qui sont blessés, etc. C’est un peu plus d’une centaine de millions de francs CFA », a précisé Gustave Sanon.

Les athlètes pourront rentrer bientôt

Le Burkina a pris part, avec une forte délégation, aux 11e Jeux africains qui se sont déroulés au Congo-Brazzaville. Mais 105 personnes de la délégation sont restées coincées dans la capitale congolaise à cause de la situation nationale. Pour David Kabré, ministre des Sports et des Loisirs, tout est mis en œuvre pour faciliter leur retour. « Les 105 membres de la délégation burkinabè qui sont restés à Brazzaville y étaient allés par vol spécial. Le transporteur que nous avions contacté, notamment CEIBA de la Guinée équatoriale, nous a finalement dit que compte tenu de la crise, il ne pouvait pas ramener nos athlètes à Ouagadougou. Mais avant de nous le faire savoir, on a beaucoup espéré et attendu. C’est ce qui fait qu’il y ait eu un retard. Mais des dispositions sont prises pour que le reste de la délégation puisse revenir par vol régulier. Une vague de 48 personnes arrive ce soir, une autre vague va arriver demain. Il va rester une trentaine de personnes qui vont regagner Ouagadougou le jeudi 1er octobre. Les membres vulnérables, notamment l’équipe féminine de handball, vont rentrer ce soir », a-t-il laissé entendre. Avant d’ajouter que des mesures avaient été prises pour agrémenter leur séjour. « Nous avions pris contact avec notre homologue, c’est-à-dire le Ministre des Sports du Congo-Brazzaville, afin qu’il prenne des dispositions pour les membres de la délégation qui restent dans le village et également assurer leur alimentation. Mais depuis 72h, l’alimentation a été arrêtée mais le chef de mission a pris les dispositions pour que quotidiennement, les membres de la délégation puissent être restaurés », a conclu le patron du département des Sports et des loisirs.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 29 septembre 2015 à 01:15, par MOREBALLA En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Les prémisses d’une crise profonde et de longue durée sont sur le point d’être réunies au Burkina Faso. Comme les empruntes, chaque peuple adopte les éléments constitutifs à l’explosion d’un chaos généralisé propre à elle. Demain chaque Burkinabé sera convié devant le tribunal de sa conscience afin que chaque individu ou groupe d’individu puissent les éléments de sa propre inculpation de ce qu’il a fait ou de ce qu’il n’a pas fait. L’intolérance, la haine, les justificatifs pour l’accaparement de la force de la loi ou de la force de la raison politique sont devenus le sport favori des Burkinabé. Hier en Côte d’Ivoire, du vivant même de Félix Houphouet BOINGNY, l’ivoirien de souche était très amère envers les allogènes et les étrangers. Le phénomène du vrai Ivoirien et de l’Ivoirien falsifié envenima le climat assez délétère et plongea la belle Côte d’Ivoire dans l’animalité combien inqualifiable (article 25 par exemple). Toutes les personnes sages, ceux que Dieu et les Ancêtres écoutent toujours, priez et priez d’avantage pour ce pays échappe à la furie des inconscients. En tout état de cause, l’histoire retiendra, ceux qui auront la change pourront assister à la paix des braves et ils auront le courage d’oublier toutes les atrocités, les leurs ; ce à quoi ils se sont refusés pour enfin les accepter avant le déluge du feu. La dynastie COMPAORE a fécondé le gestation de la société civile, qu’elle en a assez utiliser pour toutes les sauces, le cours de l’insurrection en porta la grossesse et la transition la naîtra par césarienne et la haine collective est en train de l’allaiter. Drôle BEBE ! Quand les éléments de la société civile impriment le pas politique aux professionnels de la vie politique, telle la maturité politique des hommes intègres. Quand les premiers responsables appellent à manifester en prenant le soin de bien se terrer avec femmes, enfants, proches et même maîtresse, et ressortir pour juste comptabiliser l’hécatombe des fils des pauvres. Ailleurs, où la civilisation politique est bien mature, les militants et les sympathisants manifestent en arrière-plan des premiers responsables. Par une haine humainement intelligente construisons la paix pendant qu’elle juste devant nous.

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  • Le 29 septembre 2015 à 01:30, par Loupe En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    C’est bien d’engager des pourparlers avec les putchistes terroristes si c’est ce qu’il faut pour aboutir au desarmenent de la milice de Blaise Compaore. Cependant dans cette negotiation forcee il faudra eviter de ceder a l’injonction faite a l’Armee reguliere de reculer a 50km de Ouagadougou. C’est la derniere strategie des putchistes pour prendre le dessus sur notre Armee et sur le peuple.
    Si l’Armee reguliere va a 50kms, elle ne pourra plus jamais retourner a Ouagadougou car les putchistes vont bloquer toutes les entrees de la ville avec leurs equippements lourds. Et l’Armee reguliere ne pourra pas contourner et rentrer dans la ville. C’est de la ruse !
    Notre Peuple a trop souffert pour ceder aux injonctions de terroristes.
    En plus leFaso.net devrait revoir sa page : on ne comprends pas pourquoi on voit toujours ’Consiel National pour la Democratie’ au dessus de la majorite des articles publies. Il faut remplacer cela par ’tentative de coup d’état’ ou ’terroristes de l’ex-RSP’.

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  • Le 29 septembre 2015 à 02:29, par AD En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Conseilles, Gilbert Diendéré en demandant à ce que l’armée républicain recule de Ouagadougou de 50 km est un piège. Si vous le faite, il va sortir les chars pour barricader tous les issues de Ouagadougou.
    C’EST UN GRAND STRATEGE.
    Je vous conseiller d’occuper toute les zones stratégiques de Ouagadougou en premier ainsi que tout le Burkina avec l’aide de la population.
    Encercle le camp Naaba Koom, couper l’électricité et l’eau dans la zone, puis passer a l’attaque s’il persiste sur son idée suicidaire.
    Il n’ya pas de place pour Les terroristes au Burkina Faso.
    Surtout, les FAN, ne fait pas l’erreur de quitter vos positions et soyez vigilent car Gilbert Diendéré vous posera toute sortes de pièges dans l’intentions de vous avoir.

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  • Le 29 septembre 2015 à 07:01, par ismo En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    On n’a pas d’ambassade ou bien des Burkinabé là-bas ou quoi !
    Fait honte

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  • Le 29 septembre 2015 à 08:29, par BIKIENGA En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    bonjour peuple des hommes intègres
    A qui la transition travail car il me semble que c’est un réclamât de conte ce mauvaise pour le burkina sert mes mains entre nous pour que le Faso vive .
    la patrie ou la mort nous vaincrons !!!!!

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  • Le 29 septembre 2015 à 08:31, par ilboudo En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    dites au gouvernement qu’il peut rendre le tablier si il
    se sent incompétent. le peuple veut des actions et non des discours. il a été restauré pour agir.

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  • Le 29 septembre 2015 à 10:34 En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Frédi, là, je suis fier de toi quand tu parles de "discussions" et de "dialogue" pour éviter un affrontement. Je vois que tu t’améliores grandement en te départissant de ton arrogance habituelle. Continue dans ce sens et tu verras que les problèmes seront résolus. Parmi les autorités de la transition, il n’y a pas de gens capable de prôner cet apaisement ? Même le Mogho Naaba a été obligé d’interpeller KAFANDO afin qu’il soit humble. Je me demande si le fauteuil présidentiel ne lui est pas monté à la tête et qu’il préfère une situation chaotique pour se maintenir. Pour quelqu’un qui vient d’être arrêté et libéré, son langage fait peur.
    Il n’y a pas d’autres solutions que les discussions et le dialogue constructif. Le RSP a respecté toutes les conditions de la CEDEAO alors que les autorités de la transition n’ont absolument rien respecté. Et avec ça, vous voulez qu’il y ait la paix au Burkina ? C’est en vain que les autorités de la transition bâtiront la paix si elles sont dans cette disposition. Karissa.

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  • Le 29 septembre 2015 à 10:40 En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    A Joséphine Ouédraogo, vous parlez de secret de l’instruction alors que l’ordonnance de gel a été rendue publique déjà pendant que des magistrats étaient en grève. C’est quoi cette manière cavalière de faire fonctionner la justice. Chacun paiera son irresponsabilité dans le chaos que vous, autorités de la transition êtes en train de fomenter. Je suis contre le coup d’Etat, mais votre attitude aussi n’est pas exempte de critiques.

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  • Le 29 septembre 2015 à 12:15, par Sourabié En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Il faut d’abord mettre aux arrêts les auteurs connus avant de chercher leurs complices sinon cela ne fera que empirer les choses. Quelqu’un qui aime son pays ne va jamais lui souhaiter djihadiste ou autres.
    Pardonner n’aggraver pas votre cas, chers putschistes !
    Le bien et la vérité finissent toujours par triompher tôt ou tard !

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  • Le 29 septembre 2015 à 12:16, par Sourabié En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Il faut d’abord mettre aux arrêts les auteurs connus avant de chercher leurs complices sinon cela ne fera que empirer les choses. Quelqu’un qui aime son pays ne va jamais lui souhaiter djihadiste ou autres.
    Pardonner n’aggraver pas votre cas, chers putschistes !
    Le bien et la vérité finissent toujours par triompher tôt ou tard !

    Répondre à ce message

  • Le 30 septembre 2015 à 10:00, par sogbo hippolyte En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    certes il faut mettre aux arrêts les putschiste qui sont entrain de détériorer la situation déjà tendue au Burkina,mais n’attend t’on pas dire que le dialogue est l’arme des forts ? je pense pour ma part kil serait important que chacun fasse un effort de conscience afin que justice soit faite pour apaiser un climat trop tendu et éviter le KAO. le RSP n’est pas au dessus de la loi donc amener a se soumettre à la hiérarchie. s’il vous plait chers frères burkinabés c’est à vous seul d’accompagner et d’aider le gouvernement de transition dans sa mission pour sortir le pays de sa situation actuel faisons tous des efforts braves hommes et femmes intègres .puisse le seigneur guider chacun dans sa décision

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  • Le 2 octobre 2015 à 15:38, par hyksos En réponse à : Situation nationale, suite judiciaire du putsch, coût économique et financier de la crise, etc. : le Conseil des Ministres fait le point

    Le Burkina est libéré en termes d’assassinats d’hommes politiques,de journalistes,d’étudiants,d’intellectuels,d’opérateurs économiques ...mais il n’est pas libéré de personnes immorales à savoir des DG,des DR,des SG, des Chefs de Services,de,des Ministres,des politiciens...J’insiste sur les hommes de l’Administration qui constituent la pire gangrène du Burkina.Ils utilisent abusivement les véhicules de l’ETAT,toutes les missions c’est eux,ils sont des despotes,ils négligent les agents,ils sont dans la lenteur administrative,ils gèrent l’Administration pour eux-mêmes,ils ne visent pas l’intérêt général...Si vous prenez les évènements des 30/31 Octobre 2014 les gens sont réellement sortis parce qu’ils étaient frustrés par la gestion du pays.Sincèrement si le Burkina continue à appauvrir et décourager les agents et favoriser chaque fois les patrons je vous jure que les crises ne vont pas finir.Le patriotisme tant parlé au Faso va disparaitre.Dans cette histoire de putsch ce ne sont pas les jeunes qui sont morts.Les patrons étaient cloitrés chez eux.J’attire l’attention de tous ceux qui prétendent diriger nos Cher Pays le BURKINA FASO

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