A2N : Renforcer les capacités des communautés pour prévenir les conflits

jeudi 10 septembre 2015 à 23h39min

L’Association Nodde Nooto (A2N) a organisé le lancement officiel de son projet « renforcement du système d’alerte et de mécanismes communautaires de résolution des conflits au Sahel Burkinabè ». Placée sous le patronage de l’ambassadeur du Danemark, la cérémonie a eu lieu à Dori le 09 septembre 2015.

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A2N : Renforcer les capacités des communautés pour prévenir les conflits

L’Association Nodde Nooto (A2N) veut promouvoir un environnement social apaisé et propice au dialogue entre les populations hôtes et les communautés réfugiés des départements frontaliers du Sahel burkinabè. Cela passe par la mise en œuvre de son projet « renforcement du système d’alerte et de mécanismes et de mécanismes communautaires de résolution des conflits au le Sahel Burkinabè ». Le top départ des activités a été donné dans la capitale de la région du Sahel, par le gouverneur le Colonel Djibril Lallé.

Le projet

Financé par le royaume du Danemark à plus de 200 millions de francs CFA, le projet s’étend sur une durée de deux ans et couvre 13 communes du Sahel, dont 5 dans la province de l’Oudalan et 7 dans la province du Soum. Il vise entre autres au renforcement du climat social et la coexistence pacifique dans les communautés, la prévention des extrémismes violents notamment d’origine confessionnelle, le renforcement des capacités matérielles et financières des cellules communautaires de protection et de promotion de la cohésion sociale par des activités génératrices de revenus.

Selon l’ambassadeur du royaume de Danemark au Burkina, Bo Jensen, « l’humanité traverse, ces dernières décennies, une crise profonde qui menace sa stabilité et sa sécurité et compromet dangereusement la paix ». C’est conscient de la place prépondérante de la paix, comme vecteur de développement économique et social, que son pays soutient et accompagne l’Association Nodde Nooto (A2N) dans ce projet qui va contribuer à renforcer la paix.

Pour le gouverneur de la région du Sahel, les conflits communautaires, particulièrement les conflits entres les producteurs agropastoraux, constituent une préoccupation fondamentale pour les plus hautes autorités du Burkina. « Ils portent atteinte à l’harmonie sociale et perturbent la cohésion sociale ainsi que les activités de production », a précisé le Colonel Djibril Lallé. L’Etat ne pouvant à lui seul résoudre ce problème, il est indispensable que tous les acteurs apportent leur concours si on veut bâtir un Burkina sans violence où règne la culture de la tolérance, de la paix et le respect de droits humains.

Par ce projet A2N, selon l’adjoint du président du conseil d’administration, espère renforcer la prévention des extrémismes violents dans le but de promouvoir des valeurs propices au renforcement de la paix sociale et la coexistence entre les communautés.

L’atelier de renforcement des capacités des leaders religieux et coutumiers

En marge du lancement officiel du projet, A2N a également organisé un atelier de renforcement des capacités des leaders religieux et coutumiers sur la prévention de l’extrémisme violent dans le Sahel. Pendant trois, les participants vont échanger sur des sujets comme l’approche théorique de l’extrémisme violent, la tolérance religieuse et la cohabitation pacifique, la prévention et de la gestion des conflits, la communication non violente.

Pour le communicateur, Ahmad Nassourou Cissé chef de projet renforcement des systèmes d’alerte et de mécanisme communautaire de résolution des conflits dans le sahel, ce n’est pas parce que le problème ne se pose pas qu’il ne faut pas prendre des précautions pour le prévenir. D’où la « nécessité de prendre conscience du phénomène, de renforcer les capacités de résilience des populations pour faire face au phénomène qui peut, sommes toutes, se développer au Burkina » si rien n’est fait.
L’extrémisme violent est, selon lui, une préoccupation majeure pour les populations de la région du Sahel. C’est aussi un souci fondamental pour le gouvernement du Burkina, et c’est un défi majeur pour l’humanité toute entière. Il est donc important de réfléchir sur cette menace nouvelle qu’est le développement de l’extrémisme.

Le Projet de renforcement du système d’alerte et des mécanismes communautaires des résolutions des conflits dans le Sahel, est le fruit du partenariat entre A2N et DRC avec le soutien financier du Ministère Danois des Affaires étrangères « DANIDA ». Il est dans sa deuxième phase après une première de huit mois en 2014.

Judicaël Gaël Lompo


Quelques participants à l’atelier sur la prévention de l’extrémisme religieux s’expriment

Almami Doucouré, Djibo

Je remercie les organisateurs de cet atelier parce qu’ils ont bien choisi les thèmes et les participants. Le problème de l’extrémisme violent nous préoccupe tous. C’est comme le dit un proverbe, « si la case de ton voisin prend feu, il faut l’aider à l’éteindre. Sinon la tienne aussi prendra feu ».

Nous avons des voisins comme le Mali ou la Côte d’Ivoire qui ont connu ce genre de problème. Donc il est important que nous prenons des précautions contre cet extrémisme violent et se donner des idées pour sensibiliser les gens pour éviter que cela ne se produise ici au Burkina Faso. Que cela soit du point de vue culturel, ethnique religieux ou politique. Nous avons déjà appris la tolérance religieuse puisque nous appartenons à différentes religions notamment des chrétiens, des musulmans et des coutumiers.

Daniel Kaboré, pasteur à Gorom-Gorum

C’est une rencontre que nous apprécions à sa juste valeur. L’initiative de mettre ensemble des leaders religieux et coutumiers est louable. Cela nous permet de nous connaitre davantage et de mieux de se comprendre. C’est en cela que l’on peut vivre ensemble, dans une coexistence pacifique.

C’est quand chacun est de son côté qu’on a du mal à se comprendre. Mais si on échange déjà ensemble, on va mieux se connaitre et se comprendre. Mais s’il n’y a pas de cadre de rencontre comme celle-ci, c’est un peu difficile. Il y a un proverbe qui dit que si on est éloigné l’un de l’autre, on se lance des pierres. Mais si on est proche l’un de l’autre, c’est avec des mottes de terre. Donc c’est une bonne chose.

Marcel Kafando, Catéchiste à Baraboulé

Je trouve que cette rencontre est très utile. Si on n’avait pas prévu ce genre de rencontre, il le fallait. L’extrémisme violent est actuellement un véritable risque pour le pays. Baraboulé est une commune frontalière du Mali. Tout le Sahel d’ailleurs est préoccupé par cette question. Donc cet atelier est vraiment la bienvenue.
Le premier jour d’échanges m’a déjà permis de savoir que l’extrémisme violent n’est pas seulement basé sur la religion. Avec l’atelier j’ai découvert il peut y avoir d’autres types d’extrémismes violents basés notamment sur la politique ou l’ethnie. Donc il y a d’autres formes d’extrémisme même si aujourd’hui les gens parlent plus de l’extrémisme religieux.

Propos recueillis par Judicaël Gaël Lompo
Lefaso.net

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