Démocratie et bonne gouvernance : le rôle et la responsabilité des OSC passés au scanner

mardi 2 juin 2015 à 00h54min

« Rôles et responsabilités des organisations de la société civil dans le cadre de la démocratie et de la bonne gouvernance au Burkina Faso », c’est autour de ce thème que l’association des scolaires pour le développement du Nayala (AJSPN) a réuni les jeunes de la province pour une conférence-débat animée par André TIORO, juriste/sociologue et président de la section MBDHP du Houet. Les jeunes du Nayala ne se sont pas fait prier pour répondre favorablement à l’appel de l’association en vue de renforcer leur connaissance. L’activité a eu lieu le samedi 30 mai 2015 à Toma dans la province du Nayala.

Démocratie et bonne gouvernance : le rôle et la responsabilité des OSC passés au scanner

Le samedi 30 mai fut un grand jour pour les jeunes de la province du Nayala et plus particulièrement ceux de Toma car c’est une première pour eux de se retrouver autour d’une thématique surtout d’une actualité brulante. Les autorités de la région ont manifesté leur engagement à accompagner les jeunes dans leur initiative en témoigne la présence du parrain Léon-Paul Toé, directeur général de l’urbanisme et des travaux fonciers, le Haut-Commissaire de la province du Nayala, Salimata Dabal, le président de la délégation spéciale, les ressortissants de la province, etc.

Sur le thème, le conférencier a articulé sa réflexion en deux grandes parties. D’abord, il est parti de la problématique de l’Etat, de la démocratie et de la gouvernance dans les Etats néocoloniaux comme le Burkina Faso. Sur cette première partie, il souligne d’abord qu’on ne peut parler valablement de la démocratie, de gouvernance sans parler de l’Etat qui est le cadre où on joue à la démocratie et à la gouvernance. Et pour mieux se faire comprendre, il procède par une définition des notions clés que sont l’Etat, la Démocratie et la Gouvernance. L’Etat, dit-il, est la contrainte organisée disent les sociologues, il occupe le champ politique en ce sens qu’il dirige et gère l’ensemble de la société dont il est le produit.

La démocratie, quant à elle, est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. C’est au peuple qu’appartient le pouvoir politique. Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln qu’il cite, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
Sur la notion de la gouvernance, il se réfère au dictionnaire Larousse qui le définit comme l’action de gouverner, manière de gérer, d’administrer, c’est exercer sur un pays, un peuple, le pouvoir politique, en particulier le pouvoir exécutif, diriger les affaires publiques, la vie politique d’un Etat.

Ensuite, il aborde la question de la quête de démocratie et de la gouvernance dans les pays dépendants comme le Burkina Faso. A ce niveau, il note que la quête pour plus de démocratie est toujours une des exigences des peuples africains. Cette lame de fond longtemps comprimée et sur fond de crise multidimensionnelle (économique, sociale, morale, institutionnelle et politique etc.) a fini par trouver un exutoire dans le mouvement de démocratisation qu’a connu une bonne partie du continent dans les années 1990. Les chantres des pouvoirs forts, grands animateurs des partis uniques en treillis ou en civil ont dû battre en retraite et pour survivre se sont, convertis un peu à la hâte à la démocratie.

L’avènement de la démocratie est donc considérée comme la forme de gouvernement la meilleure, devant se fixer pour but ultime la construction d’un ordre social juste capable de prendre en compte les aspirations profondes des populations, maximiser le potentiel des citoyens dans le processus de prise en main de leur propre destinée.
La démocratie ne s’aurait être réduit au droit de vote, elle doit avoir un contenu hautement social, économique et politique avec l’Homme comme sujet central et non faire de l’Homme un simple marchandise que l’on achète avec des tee-shirt et autre gadgets de publicité politique.

Dans la deuxième partie, il a abordé la question du rôle et de la responsabilité des organisations de la société civile pour l’avènement d’Etats modernes et démocratiques au Burkina. De prime abord affirme-t-il, le concept de société civile s’est forgé donc d’abord comme une quête de séparation entre l’instance religieuse et l’instance politique en vue de la constitution d’une cité profane.
Mais c’est Antonio Gramsci, philosophe et homme politique d’obédience communiste qui balise le domaine de définition de la société civile. Pour lui « La société civile recouvre l’espace social qui sépare l’espace domestique de l’espace politique (en l’occurrence celui de l’Etat). En ce sens, elle fait également partie de l’espace public mais tout en restant distincte de la Société politique au sens Strict »

De cette définition, l’on peut donc retenir que la société civile regroupe toute forme d’organisation en dehors de la famille et de l’Etat. Ainsi, l’idée basique qui fonde et définit la société civile est qu’elle n’a aucune prétention de conquête et de gestion du pouvoir d’Etat à la différence des partis politique dont c’est la vocation première. Par ce fait, les organisations de la société civile doivent se distinguer par le fait qu’elles s’attaquent le plus souvent à un seul problème de société : droits humains, environnement, cadre de vie etc. Elles se veulent enfin indépendantes de l’Etat et de ses démembrements.
En guise de conclusion, le conférencier dira que la société civile à travers ses différentes composantes, sont des espaces d’apprentissage et de renforcement de la démocratie et de la citoyenneté. Ainsi, la société civile peut exister sans la démocratie mais la démocratie elle ne peut exister et s’épanouir sans société civile forte.

KABORE S. Rosine
Lefaso.net

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