Dossiers sales

mardi 17 mai 2011 à 01h03min

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, doit ouvrir l’œil, et le bon ! Il y a trop de détournements au pays des hommes… intègres. Il suffit de lire les rapports de la Cour des comptes et de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE) pour s’en rendre compte. Le hic, c’est que dans la plupart des cas, les détourneurs de deniers publics baignent dans une impunité totale. Les plus hautes autorités du pays le savent, mais elles ne disent rien, donnant ainsi une certaine caution à ces pratiques malsaines.

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Toujours promptes à brandir les rapports de la Cour des comptes et de l’ASCE aux bailleurs de fonds pour leur dire qu’ici, au Faso, « pays des hommes intègres », il y a un contrôle assidu de l’utilisation des finances publiques. Mais que valent ces rapports si les coupables ne sont pas sanctionnés ? Souvent, des rapports accablants dorment dans les tiroirs, sans aucune suite judiciaire. Soit par laxisme, soit parce qu’un gros bonnet de la république est impliqué dans une sale affaire.

Même lorsque l’affaire est traduite en Justice, on met, dans certains cas, le pied sur le dossier pour empêcher la vérité d’apparaître au grand jour. Et à la justice d’être rendue conformément au droit. De plus, l’instruction de certaines affaires est terminée depuis plusieurs années, mais il n’y a pas encore eu de procès. Le « pays des hommes intègres » serait-il devenu le pays de l’impunité ? Il est temps que le nouveau Premier ministre, qui affirme vouloir restaurer la paix sociale, pose des actes forts contre l’impunité dont jouissent plusieurs barrons du régime. Car, à l’évidence, il ne peut avoir de paix sociale sans justice sociale. Affaires Thomas Sankara, Norbert Zongo, Justin Zongo… Bref, la liste est longue, très longue. Avant son assassinat, le journaliste d’investigation Norbert Zongo avait lancé un appel pressant : « Il est temps que nous nous arrêtions, que nous jetions un coup d’œil derrière nous pour évaluer les tombes qui jonchent notre parcours ». Mais il n’a pas été écouté.

L’on a continué à construire une paix des cimetières jusqu’à ce que la révolte sociale ‘’crache’’, droit dans les yeux du régime Compaoré, que cette paix tant vantée par le pouvoir n’en était pas une. Et même lorsque le collège de sages avait préconisé un schéma de sortie de crise en trois actes (vérité, justice et réconciliation), le pouvoir a préféré faire l’inverse : journée de pardon le 30 mars 2001, puis, plus rien. Ni l’affaire Norbert Zongo, ni l’affaire Thomas Sankara, ni les autres crimes économiques et de sang n’ont été, jusque-là, élucidés. Or, le cumul de frustrations au fil des ans, conduit inéluctablement à une explosion sociale. Il importe donc que le Premier ministre donne un coup de pied dans la fourmilière des dossiers sales de la république. Sinon, les gros discours ne serviront à rien. La résolution de la crise apparaîtra comme une plaie mal soignée qui finit toujours par faire mal, très mal. Comme si elle n’avait jamais été soignée.

Hervé D’AFRICK

Le Reporter

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Vos commentaires

  • Le 17 mai 2011 à 12:22
    En réponse à : Dossiers sales

    Mettre un coup de pied dans la fourmillière, ce serait très bien.... Mais, il ne pourra pas le faire car il aura les pieds et les mains liés par le système en place. Il faut craindre qu’il ne faille attendre encore 4 ans pour espérer un réel changement dans la gestion de ce pays malheureusement à moins que....

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  • Le 17 mai 2011 à 21:55
    En réponse à : Dossiers sales

    Mon Cher Hervé d’AFRICK,

    Là tu as loupé le coch en revenant sur la mort de Thomas SANKARA et de Norbert ZONGO. En tant que journaliste, tu n’es pas objectif pour deux raisons :
    1°) Tu sais bien que le dossier de Thomas SANKARA a connu une épilogue judiciaire internationale avec des recommandations qui ont été exécutées par le gouvernement. (reconnaissance de la tombe, indemnisation de la veuve etc etc...)
    2°) Tu sais encore davantage que le dossier de Norbert ZONGO a abouti à un non-lieu général, les principaux suspects étant aujourd’hui décédés.
    Par conséquent, revenir sur ces deux faits consiste à jeter l’huile sur le feu en refusant même la notion de réconciliation nationale.
    Je ne suis pas mossi, mais j’adore certains proverbes mossis dont je t’en livre un seul : c’est l’absence de pardon qui gatte les affaires" littéralement, "ya sougri kaï ti yel sanmin" La transcription n’est pas fameuse mais je pense que je me fais comprendre.

    En conclusion, le rôle d’un journaliste c’est aussi d’écrire des articles qui apaisent, qui consolident la paix sociale, gage d’un bon développement durable. Pensez-y la prochaine fois.

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    • Le 17 mai 2011 à 23:55
      En réponse à : Dossiers sales

      On veut bien pardonner. Mais pardonner a qui ? Parce qu’ il a fait quoi ? Herve d’ Africk a raison et ne fait pas semblant d’ etre objectif ? Objectif, ca veut dire quoi ? On ne peut pas etre objectif devant les tueurs et les tues. Moi je suis du cote des victimes. Donc je ne suis pas objectif. Concernat l’ affaire Thomas Sankara et NZ, qi ne sait pas que le pouvoir a voulu regler ca de la facon qu’ il voit l’ arranger ? Tot ou tard, on sera oblige de bien regler ces 2 affaires comme tant d’ autres. Naambara te bassi mouon. La ruse ne cuit pas le couscous. Il faut du bois.

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  • Le 18 mai 2011 à 02:50
    En réponse à : Dossiers sales

    Mon Dieu !
    Toi qui t’en prends à Hervé d’AFRICK, si tu as une conscience, je suis sûr qu’elle retient ta main quand tu écris ces mots. Tu sais bien qu’une paix durable n’existe pas sans justice. On doit savoir qui a fait quoi pour pardonner. Sankara et Norbert ZONGO ne sont pas des chiens et ils ont des parents et surtout, des enfants. Tu sais ce que c’est qu’un enfant chez les mossi. Que diras-tu si un jour, le successeur de Blaise COMPAORE exterminait les François et autres avant de corrompre une certaine opinion internationale (qu’on connaît) et de réunir à coup de milliards des affamés pour créer une journée du pardon ? Comme tu vois, la simple évocation de mon exemple le rend inadmissible. Demander justice pour Thomas SANKARA, Norbert ZONGO et pour d’autres encore, c’est aussi protéger nous tous contre les abus à commencer par Blaise COMPAORE lui-même. Cette pensée que tu as a longtemps animé tous les courtisans du système tels que Mahama SAWADOGO et compagnie qui rivalisent d’imagination pour montrer au grand chef qu’il peut compter sur eux. Ce faisant, apprenez que les problèmes que Blaise COMPAORE vit aujourd’hui sont la faute d’individus comme vous. Ce déni intellectuel ne volera jamais haut. Des gens comme vous, on les connaît. Vous changerez de raisonnement si cela arrivait à vos chers.
    Merci

    Le Citoyen LAMDA

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