Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

jeudi 12 mai 2011 à 00h03min

Le torchon brûle de nouveau entre l’Office national des télécommunications (ONATEL SA) et ses travailleurs. Hier mercredi 11 mai 2011 dans la matinée, les derniers cités ont observé un sit-in devant la direction générale de la société pour protester contre la non- satisfaction de leur plate-forme revendicative, datant de plus de deux ans.

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« L’ONATEL va bien », foi de son directeur administratif et financier (DAF), Hmamed Jaouad, interrogé peu avant midi. Une foi pourtant ébranlée par l’ambiance qui régnait depuis les premières heures de service à la direction générale de l’entreprise sur l’avenue Yennega. À notre arrivée sur les lieux aux environs de 09 heures, des véhicules estampillés Telmob et ONATEL SA, renforcés par ceux de certains travailleurs, bloquaient les deux extrémités de la voie menant à la société.

A l’intérieur du bâtiment, les couloirs étaient obscures, les portes fermées à clefs, et seule la présence de vigiles, externes à la maison, rompait le silence, devenu le maître des lieux en cette matinée. Au milieu des véhicules et par petits groupes, les travailleurs devisaient de tout et de rien. Ils nous font comprendre que seul le « SG » est habilité à nous donner les informations nécessaires.

Le SG, c’est Souleymane So, secrétaire général du Syndicat national des télécommunications (Synatel). Pour lui, le climat de travail s’est détérioré depuis la reprise de l’entreprise en décembre 2007 par Maroc Télécom. « De nos jours, il y a des services qui ne peuvent pas fonctionner parce qu’il y a rupture permanente de matériel et d’outil de travail, manque de véhicule conduisant à une mauvaise qualité de service au client. A ceux-ci s’ajoute la revendication de l’amélioration de nos conditions de vie comme l’augmentation des salaires et la dotation en crédits de communication », a-t-il avancé pour justifier leur saute d’humeur de ce mercredi.

Absents de leurs locaux, les responsables de l’administration, nous a dit la secrétaire du directeur général, étaient en réunion dans un autre endroit. C’est le DAF de la société, Hmamed Jaouad, qui nous rappellera quelques instants plus tard pour donner sa version des faits : « Nos ressources humaines sont très importantes pour notre activité et on ne peut pas s’inscrire dans un esprit de mépris à leur égard. Jusqu’à présent, le dialogue avec le partenaire social n’est pas rompu. Le processus a été enclenché le 07 avril 2011 par une correspondance du Synatel. La date du 19 avril a été retenue pour une concertation sur leur plate-forme avec le 21 avril pour un retour au sein de chaque camp ; malheureusement, à cause de la crise que vit le pays, la rencontre ne s’est tenue qu’hier (Ndlr : mardi 10 mai 2011) et on s’est donné le 20 mai pour les réponses. C’est dans cette atmosphère que nous avons appris le mouvement de ce matin ».

Et comme il l’a fait lors de ses mouvements en 2008, le personnel réclame le départ du directeur général, accusé d’être à l’origine des problèmes sociaux et d’une gestion opaque. « Nous sommes face à un problème de capacité managériale. Nous avons signifié en son temps au gouvernement que le directeur général n’avait pas toute la capacité nécessaire pour diriger l’ONATEL SA. C’est toujours la même chose. La tendance est de demander un gestionnaire qui puisse assurer la survie de l’entreprise », a affirmé ainsi Souleymane So.

Hmamed Jaouad n’est pas du même avis ; il pense plutôt qu’il tient la bonne affaire : « L’ONATEL SA est l’actuel leader sur le marché burkinabé du téléphone fixe et mobile. Cela grâce aux efforts d’investissements que nous avons consentis depuis 2007 ; la société est en croissance et nous allons continuer sur cette lancée ».

Sur les raisons de la grogne du personnel, lui et ses collaborateurs restent disponibles. « Nous sommes disposés à la négociation. La direction générale en a manifesté la volonté en faisant des propositions concrètes sur chaque point des revendications. Mais il est important qu’il y ait consensus avant toute publication », a-t-il dit.

En attendant que ce « consensus » soit trouvé et rendu public, les travailleurs n’entendent pas baisser la garde, et c’est peut-être parti pour une perturbation des services de la maison : « Aujourd’hui, si nos problèmes trouvent solutions, on lève le pied. Si ce n’est pas le cas, nous allons toujours poser des actions de nature à ce qu’on puisse avoir de la considération pour les travailleurs et que l’ONATEL SA survive au départ de ceux qui l’exploitent, afin qu’on ne se retrouve pas face avec à une carcasse ne servant à rien », à en croire leur représentant.

Moumouni Simporé (Stagiaire)

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 12 mai 2011 à 01:40, par pawalmdé
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    il est grand temps que la ligue des consommateurs se penchent sur l’anarque opérée par l’ONATEL avec le cash phone. il serait de conaitre combien de clients ont préféré purement et simplement se désabonner deleur ligne fixe du fait des coupures de communication opérées à tout va par la société . Tout semble porter à croire que c’est une manoeuvre bien orchestrée par les nouveaux dirigeants de l ’onatel dans le but de privilégier les communications via le réseau telmob au détriment de la communication par ligne fixe. bientot le bottin téléphonique n’aurait plus raison d’exister . les consommateurs devraient se joindre au mouvement des travailleurs de l’onatel qui gagneraient également à penner aux abonnés de la ligne fixe....le comble lorsque vous vous présenter pour demander à ce que l’on vous rétablisse votre ligne avec facture il vous est exigé de payer une somme (50000fr) équivalent à l’établissment d’une nouvelle ligne. l’onatel nous arnaque avec le cash phone ; ; trop c’est trop....vivement la libéralisation de la ligne fixe

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  • Le 12 mai 2011 à 01:48, par pawalmdé
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    il est grand temps que la ligue des consommateurs se penche sur l’anarque opérée par l’ONATEL avec le cash phone. il serait édifiant de connaitre combien de clients ont préféré purement et simplement se désabonner deleur ligne fixe du fait des coupures de communication opérées à tout va par la société . Tout semble porter à croire que c’est une manoeuvre bien orchestrée par les nouveaux dirigeants de l ’onatel dans le but de privilégier les communications via le réseau telmob au détriment de la communication par ligne fixe. bientot le bottin téléphonique n’aurait plus raison d’être . les consommateurs devraient se joindre au mouvement des travailleurs de l’onatel qui gagneraient également à penner aux abonnés de la ligne fixe....le comble lorsque vous vous présenter pour demander à ce que l’on vous rétablisse votre ligne avec facture il vous est exigé de payer une somme (50000fr) équivalent à l’établissment d’une nouvelle ligne. l’onatel nous arnaque avec le cash phone ; ; trop c’est trop....vivement la libéralisation de la ligne fixe !!!

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  • Le 12 mai 2011 à 11:48, par BOEFMINGA
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    au sein de l’ONATEL, les agents entre eux Burkinabé, c’est la MAFIA qui règne. chacun cherche nuire l’autre auprès du chef. Quand on leur donne un petit poste de responsabilité il devienne comme des demi-dieu. Morchid à bien compris les esprits belliqueux des agents de l’ONATEL et il va les diviser pour bien régner. Tant que ces agents ne cesseront pas d’avoir la haine, la jalousie, la complexité, le mensonge et les règlements entre eux, ils iront tous à l’abattoir. Comment des agents peuvent aller en rang dispersé chez chef ? les uns le jour et les autres la nuit. Si le traitement de MORCHID ne vous plait pas et que vous êtes compétent, démissionner et chercher mieux ailleurs car l’ONATEL n’est pas un service à vie. Sans ONATEL, si tu es compétent avec les mains propres tu trouveras mieux ailleurs. Hors ceux qui sont incompétent, qui sont arrivé à l’Onatel par la petite porte, sans ou faux diplôme pour en faire leur eldorado ne peuvent pas démissionner car ils iront cultivé du Manioc dans leur village respectif.surtout les agents de l’ONATEL Ouaga-Centre, du chef d’agence jusqu’à la facturation qui pense l’ONATEL c’est pour leur Papa verront qu’ils ne sont rien.

    A bon entendeur salut !!

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    • Le 12 mai 2011 à 15:47, par Ranini
      En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

      BOEFMINGA !
      Quelqu’un avant l’a déjà dit, évitons de d’attaquer à l’aveuglette ! Voilà des travailleurs d’une entreprise qui se pleignent de leurs conditions de travail (insuffisance d’outils de travail qui met en péril la survie de leur entreprise dans un environnement concurrentiel mortel, en témoigne leurs multiples constats sur la qualité du réseau, gestion managériale laissant à désirer, non considération des ressources humaines...), et vous vous mettez à vouloir s’attaquer à des individus. Non, apprécions plutot, à la lumière d’informations tangibles, le bien fondé ou l’arbritraire de leurs revendications.

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  • Le 12 mai 2011 à 15:12
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    oh !oh ! mon frère il faut mettre balle à terre ne cite pas des gens car quant on a pas de preuve.....

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  • Le 12 mai 2011 à 18:09, par rappel
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    Réfléchissons un peu : Aujourd’ui c’est les dirigeants de ONATEL et de la mine d’or d’INATA qui sont taxés d’incompétents. Hier, on utilisait les mêmes termes pour qualifier les dirigeants de Total, de la BCIAB, de la SOSSUCO...etc. A chaque fois, c’est les mêmes prétextes qui sont utilisés pour arrêter les machines et réclamer le départ des dirigeants accusés de négliger les compétences nationales !!! de voler les richesses du pays !!!

    Il est temps qu ’on se réveille un peu, qu’on arrête de se voiler la face, et qu’on reconnaisse nos incompétences.

    Ceux qui connaissent de près l’ONATEL et son personnel, savent très bien que les marocains ont hérité d’un personnel calamiteux à l’origine de la débacle et de la mauvaise qualité qu’on constate aujourd’hui. Mais tant qu’il y aura de l’impunité, on assistera comme dans tous les autres secteurs à la loi de la jungle, dont le premier à en souffrir est le client.

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  • Le 13 mai 2011 à 00:06, par KUNTA
    En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

    Bonjour a tous,
    La crise actuelle que traverse ce qu’était la nationale des Télécommunication n’est qu’une suite logique de la MAUVAISE STRATEGIE de privatisation menée par l’Etat burkinabé en offrant cette société sur un plateau d’or à Vivendi à travers Maroc Télécom.
     L’Onatel a été vendue sans plan social alors que le gouvernement malien à veiller à négocier un plan social pour travailleurs de Malitel,
     L’Etat après 5 ans de privatisation n’a jamais daigné faire le point de la gestion des marocain en dehors des BENEFICES engrangés chaque année
     Comment se porte les travailleurs ? Que font les marocains du patrimoine national ?
     Les Marocain dans l’esprit d’amasser rapidement foulent du pied toutes les procédures en matière de passation de marché
     Aucune stratégie en matière de gestion des ressources humaines (plus de plan de carrière, les concours professionnels sont supprimés, la Direction des ressources humaines devient un Département des ressources humaines)
     Aucun respect pour les travailleurs qui se sont sacrifiés pour rendre la société privatisable
     Pas de prise en compte des avis des cadres nationaux dans l’élaboration des stratégies
     Les cadres nationaux n’ont rien à envier aux soi distants experts qui viennent passer des vacances au Burkina et dont les salaires restent un secret de polichinelle
     …….
    Les autorités ont-elles le droit de fermer les yeux et attendre que l’irrécupérable se produise pour se mettre à courir ?
    De telles chose de ne passeraient au Sénégal à côté (le DG de Orange est un sénégalais bon teint).

    En attendant le sursaut des autorités, les agents semblent avoir compris que leur salut ne viendra que la lutte pour sauver non seulement leur outil de travail qui est un patrimoine pour notre cher BURKINA FASO.

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    • Le 13 mai 2011 à 02:33, par têteur
      En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

      Il faut qu’on se réveille un peu et qu’on arrête notre bla bla. Avant la privatisation, ONATEL avec sa TELMOB se sont inclinés à un certain CELTEL qui en l’espace de deux ans s’est retrouvé maitre du marché.

      Si le gouvernement défun n’avait pas eu le reflexe de privatiser l’ONATEL agonisante (au féminin et je sais de quoi je parle), on se serait retrouvé dans le cas de Benin TELECOM qui à défaut de s’incliner est obligé de se pencher pour trouver preneur.

      Depuis 2004, je partage plein de dossier avec ONATEL et je sais que pour une commande de 100F, il fallait arroser du plus petit au plus grand pour l’équivalent de 200F et facturer la pauvre ONATEL à 1000F au su et au vu de tout le monde.

      La vache à lait est morte. On en a tous gouté. Maintenant, tout a changé et il faut s’y faire.

      Répondre à ce message

    • Le 13 mai 2011 à 03:04, par têteur
      En réponse à : Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

      Il faut qu’on se réveille un peu et qu’on arrête notre bla bla. Avant la privatisation, ONATEL avec sa TELMOB se sont inclinés à un certain CELTEL qui en l’espace de deux ans s’est retrouvé maitre du marché.

      Si le gouvernement défun n’avait pas eu le reflexe de privatiser l’ONATEL agonisante (au féminin et je sais de quoi je parle), on se serait retrouvé dans le cas de Benin TELECOM qui à défaut de s’incliner est obligé de se pencher pour trouver preneur.

      Depuis 2004, je partage plein de dossier avec ONATEL et je sais que pour une commande de 100F, il fallait arroser du plus petit au plus grand pour l’équivalent de 200F et facturer la pauvre ONATEL à 1000F au su et au vu de tout le monde.

      La vache à lait est morte. On en a tous gouté. Maintenant, tout a changé et il faut s’y faire.

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