MANIFESTATION DE MILITAIRES : Fausse alerte à Dédougou

mardi 29 mars 2011 à 02h49min

Dans la nuit du 24 mars 2011, la ville de Dédougou a vécu une véritable panique suite à une rumeur faisant état d’une descente musclée des militaires du Régiment des parachutistes commandos (RPC) de ladite localité. Conséquences : des boutiques, des maquis et d’autres lieux de petit commerce ont été fermés et la ville vidée de son monde habituel.

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"Sauvez-vous, ils arrivent en arme." Cette nouvelle qui s’est répandue comme une trainée de podre dans la ville de Dédougou aux environs de 20h le 24 mars 2011 a semé la panique générale. Effrayées et affolées, certaines personnes couraient dans tous les sens pour regagner leur domicile sans chercher à vérifier l’information. La ville s’est aussitôt vidée de son monde habituel. Illico presto, des boutiques, des maquis et d’autres lieux de petit commerce ont été fermés dans les secteurs 5, 2 et 1. La psychose est à son paroxysme et les coups de fil se multipliaient pour s’informer. Malheureusement, les caprices du réseau des téléphonies mobiles rendaient la communication difficile.

Seuls les plus téméraires circulaient en ville. Paradoxalement, un bar, "La consolatrice", qui jouxte le camp Bankuy était ouvert et animé. De même que tous les bistrots et autres gargotes situés aux alentours de la gare routière. Si certains habitants sont ressortis de leurs maisons après le passage du vent de la panique, d`autres, très effrayés, sont restés chez eux. Aux environs de 23 h, nous avons remarqué une 4x4 du RPC qui patrouillait en ville sans doute pour veiller au grain. Un tour vers l’entrée principale du RPC nous a permis de constater que des militaires étaient en conciliabule au domicile de l’adjoint du chef de corps et que la nouvelle qui s’est répandue n’était qu’une simple et fausse rumeur. Toutefois, force est de reconnaître que dans la mi-journée du 24 mars, un mouvement important de militaires a été observé aux alentours du marché central.

Par la suite, ces militaires se sont retrouvés chez le chef de canton, lui-même militaire. A leur sortie, ils gesticulaient et certains auraient même laissé entendre que ce qui s’est passé à Ouaga dans la nuit du 23 au 24 mars risquait d’arriver à Dédougou. Selon des sources non officielles, ces militaires seraient allés solliciter la médiation du chef de canton pour un problème interne. Cependant, la tournure des événements a obligé le commandant de la 2e région militaire, le colonel Léon Traoré, à faire le déplacement de Dédougou dans la journée du 25 mars 2011. Joint au téléphone par l’intermédiaire du chef de corps du RPC, le lieutenant- colonel Gilles Bationo nous a rassuré qu’il n’y avait rien et que la population pouvait vaquer paisiblement à ses occupations. Pour lui, la grogne qu’il qualifie de petite est liée à des agissements de quelques militaires contraires à la discipline. Tout en déplorant la rumeur qui a créé la panique dans la ville, le colonel Léon Traoré a rassuré les Dédoulais qu’ils peuvaient restés tranquilles et vaquer dans la quiétude à leurs occupations. Aussi a-t-il loué notre démarche tendant à donner l’information vraie aux populations. La vie a repris son cours normal et chacun vaque depuis lors à ses occupations quotidiennes.

Au moment où nous tracions ces lignes, aucun incident n’avait été enregistré. On a même vu des militaires échanger, tapoter et participer à des jeux de société avec des civils. Signe que la graine de l’intégration semée entre militaires et populations civiles de la cité de Bankuy, depuis les évènements malheureux de la nuit du 25 juin 2007, a germé et continue d’être entretenue par toutes les parties. Pour rappel, dans la nuit du 25 juin 2007, une rixe entre jeunes militaires et population civile s’était transformée en émeute et avait fait des blessés et des dégâts matériels importants. Des domiciles de militaires avaient été même incendiés.

Serge COULIBALY

Le Pays

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