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1960-2010 : 50 ans, 50 événements

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso • • vendredi 10 décembre 2010 à 20h30min

Le Burkina Faso célèbre demain, samedi 11 décembre 2010, le cinquantenaire de son accession à l’indépendance. Cinq décennies durant lesquelles nombre d’événements ont jalonné l’histoire du pays. Les uns ont contribué au renforcement du sentiment d’appartenance nationale, les autres à l’érosion de la concorde sociale. Mais tous font partie intégrante de l’héritage national. Alors, lesquels retenir dans le Top 50 des événements que nous vous proposons à l’occasion des noces d’or de l’accession de la Haute-Volta à la souveraineté internationale ? Exercice ô combien difficile, mais auquel nous nous sommes essayé. La sélection est peut-être subjective, voire arbitraire, et des événements ont pu être occultés. De même, vus d’aujourd’hui, certains grands faits d’hier paraissent de moindre portée. Mais rapportés aux contextes qui furent jadis les leurs, ils retrouvent la plénitude de leur importance. Qu’on ne nous en tienne pas rigueur si le nombre d’événements ne coïncide pas tout à fait avec la titraille. Voyage dans la mémoire collective de 1960 à nos jours.

1960 - 1970

- Les premières arrestations politiques : le 2 juillet 1960, au petit matin, des leaders de l’opposition regroupés dans le Parti républicain de la liberté (PRL) sont cueillis au saut du lit et internés administrativement à Dori et à Koudougou. Parmi eux, Joseph Ouédraogo, dit Jo Wéder, ancien maire de Ouagadougou. Prévenue par une indiscrétion, une autre figure de l’opposition, Nazi Boni, gagne Bamako et plus tard Dakar. Un des motifs invoqués de leur arrestation fut qu’on les suspectait de vouloir troubler les fêtes de l’indépendance.

- La proclamation de l’indépendance : le 5 août 1960, à minuit, en présence de tous les chefs d’Etat du Conseil de l’Entente et du représentant du général Charles de Gaulle, Louis Jacquinot, Maurice Yaméogo proclame l’indépendance de la Haute-Volta. En plus du discours du président de la nouvelle République, l’événement a été marqué par deux autres allocutions : celle du président de l’Assemblée nationale, Bégnon Damien Koné, et celle de l’émissaire de l’Elysée.

- Adhésion à l’ONU : la Haute-Volta est admise comme membre à part entière de l’Organisation des Nations unies le 20 septembre 1960.
- La Première République : promulguée le 30 novembre 1960, la Constitution de la première République qui institue un régime. présidentiel fut adoptée par référendum le 27 novembre 1960.

- Création de l’armée nationale : après la décision de Maurice Yaméogo de demander le départ des troupes françaises, l’armée nationale voltaïque est créée le 1er novembre 1961 avec à sa tête le capitaine Sangoulé Lamizana.

- Consécration du 11-Décembre : le 11-Décembre 1961 marque la date de l’institutionnalisation de la fête nationale. C’est aussi l’année de l’ouverture de notre pays au reste du monde avec l’arrivée à Ouagadougou de plusieurs délégations venues de différentes nations. D’où la réquisition d’élèves pour servir de guides aux étrangers. L’autre fait saillant de ce 11-décembre : le baptême de rues, de monuments et d’édifices, comme l’hôtel « Indépendance » ; l’hôpital « Yalgado-Ouédraogo » ; le lycée « Philippe-Zinda-Kaboré » ; le camp militaire « Guillaume-Ouédraogo ». - Ouagadougou, capitale de l’UAM-Défense : du 10 au 14 mars 1963 s’est tenue dans notre capitale la quatrième Conférence de l’Union africaine et malgache (UAM). Ouagadougou devint la capitale de l’UAM-Défense, avec pour secrétaire général Salfo Albert Balima. Son quartier général était basé dans les locaux de l’actuelle Grande Chancellerie. Un certain Jean-Bédel Bokassa y a officié.

- Arrestation de Maxime Ouédraogo : le 23 juin 1963, Maxime Ouédraogo, alors ministre du Travail et de la Fonction publique, de retour d’une rencontre du Bureau international du Travail (BIT) à Genève est arrêté. Jugé en août 1965 puis incarcéré à Koudougou, l’ex-chargé de la Jeunesse du RDA sera libéré un an plus tard à la faveur des événements du 3 janvier 1966.

- Paul Zoungrana, premier cardinal noir d’Afrique occidentale : installé le 3 juillet 1960 comme premier archevêque autochtone de Ouagadougou en remplacement de monseigneur Emile Socquet, Mgr Paul Zoungrana est nommé cardinal le 22 février 1965 par Paul VI.

- Et de deux pour M. Maurice : investi premier président de la République de Haute-Volta le 9 février 1959, Maurice Yaméogo rempile pour un deuxième mandat le 3 octobre 1965 avec 99% des voix. Le 18 du même mois a eu lieu l’inauguration de la maison du Peuple, appelée à l’époque maison du Parti.

- Le 3 janvier : une insurrection populaire conduite par les syndicats et des hommes politiques contre les mesures d’abattement des salaires et des allocations familiales (20%) aboutit, le 3 janvier 1966, à la prise du pouvoir par l’armée, commandée par le lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana. Il s’ensuit l’installation d’un régime provisoire. Le 12 décembre de la même année, le Conseil supérieur des forces armées proclame le maintien des militaires au pouvoir pour 4 ans.

- Sortie de clandestinité du MLN : à la faveur du 3 janvier 1966, c’est la sortie de clandestinité du Mouvement de libération nationale (MLN) du professeur Joseph Ki-Zerbo, la création du Groupe d’action populaire (GAP) du docteur Nouhoun Sigué et la résurrection du Parti du regroupement africain (PRA) de Nazi Boni.

- La mort de Nazi Boni : élu le 27 juin 1948 député à l’Assemblée nationale française, puis président de l’Assemblée nationale territoriale le 5 décembre 1957, Nazi Boni meurt par suite d’accident le 16 mai 1969 à Sakouinssé ( sur la nationale n°1 dans le sens Bobo-Ouaga).

- La deuxième République : la nouvelle Constitution créant le régime le premier régime parlementaire est adoptée par référendum le 14 juin 1970. Promulguée le 29 juin, cette loi fondamentale consacre la deuxième République.

1971 - 1980

- Premier gouvernement de la deuxième République : investi Premier ministre par l’Assemblée nationale, Gérard Kango Ouédraogo, président du Rassemblement démocratique africain (RDA), parti majoritaire, forme son premier gouvernement le 22 février 1971.

- La création du CILSS : par suite de la grande sécheresse qui a touché les pays sahéliens, il a été créé le 12 septembre 1973 à Ouagadougou, avec comme siège notre capitale.

- Ouaga se rapproche de Pékin : le 15 septembre 1973, le Burkina rompt ses relations diplomatiques avec Taïwan avant de tourner, le 10 octobre, le dos à Israël. La même année, notre pays établit une coopération avec la Chine de Pékin. 1973 est aussi la date de l’adhésion du Burkina Faso à l’Organisation de la conférence islamique (OCI).

- Le régime du Renouveau : du 21 janvier au 7 février 1974, une grave crise de confiance mine le parti au pouvoir, RDA, à travers son président, Gérard Kango Ouédraogo, Premier ministre, et son secrétaire général, Joseph Ouédraogo, président de l’Assemblée nationale. Devant le risque de blocage institutionnel qui plane, l’armée reprend le pouvoir le 8 février 1974. C’est le régime du Renouveau.

- La guerre des pauvres : le litige frontalier entre la Haute-Volta et le Mali évolue à partir du 14 décembre 1974 en escarmouches. Refaisant surface le 25 décembre 1985, sous l’appellation de « guerre de Noël », ce contentieux frontalier sera définitivement réglé par la Cour internationale de justice de la Haye le 22 décembre 1986.

- Bloc contre le MNR : par suite du coup d’Etat de 1974, l’armée annonce le 29 novembre 1975 la création du Mouvement national pour le renouveau (MNR). En réaction, partis politiques et syndicats se coalisent pour faire barrage à ces velléités de caporalisation de la vie politique. Les 17 et 18 décembre 1975, le pays est paralysé par une grève générale qui n’eut pas de précédent à ce jour. Mais derrière les doléances corporatistes s’exprimait une revendication majeure : le retour à une vie constitutionnelle normale.

- Le gouvernement de transition : face au mouvement de contestation, le gouvernement militaire organise une consultation nationale du 20 au 29 janvier 1976. Celle-ci aboutit à la mise sur pied d’un gouvernement de transition qui a travaillé à la préparation d’un projet de Constitution.
- Annus horriblis : dans l’histoire des catastrophes du Burkina Faso, 1976 fut l’année la plus horrible : le 7 mars, sur l’axe Kongoussi-Ouaga, 23 femmes du projet Haute-Volta-UNESCO pour l’accès des femmes et des jeunes filles à l’éducation trouvent la mort dans un accident de la route. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, est survenu un incendie dans les magasins de la Chambre de commerce Brasilia 1. Coût du sinistre : près de 1,3 milliard de francs CFA. Le 14 septembre, un hélicoptère se crashe à la verticale à Poa. Cinq victimes : Jean-Louis Koulidiaty, ministre de l’Information et ses collaborateurs André Kambiré Mignet, conseiller technique, Bernard Konkobo, directeur du service de l’information et Apollinaire Ouoba, directeur de cabinet ; Bagnamou Bondé, ex-commandant de la gendarmerie. Deux rescapés : Mamadou Simporé, DG de l’Office des Postes et Télécommunication (OPT), et le pilote, Patrice Koné.

- La troisième République : le 27 novembre 1977, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Promulguée le 13 décembre, elle consacre l’avènement de la troisième République, caractérisée par l’équilibre entre les pouvoirs exécutif et législatif.

- Premières législatives de la troisième République : organisées le 30 avril 1978, ces élections consacrent la suprématie de l’Union démocratique voltaïque/ Rassemblement démocratique africain (UDV-RDA) avec 28 sièges ; suivie de l’UNDD, 13 sièges ; de l’UPV, 9 sièges ; du PRA, 6 sièges ; et de l’UNI, 1 siège.

- Lamizana en ballottage : candidat du RDA, le président sortant, Sangoulé Lamizana, est mis en ballottage par Macaire Ouédraogo de l’Union nationale pour le défense de la démocratie (UNDD) lors du scrutin du 14 mai 1978 avant d’être réélu au second tour. Un cas d’école en Afrique noire.

- Le Saint Père à Ouaga : le 10 mai 1980, le pape Jean-Paul II foule, pour la première fois, le sol de la Haute-Volta par Ouagadougou. Dix ans plus tard, du 29 au 30 janvier 1990, le souverain pontife revient pour une deuxième visite qui le conduira de Ouagadougou à Bobo-Dioulasso.

1981 - 1990

- Le temps du CMRPN : par suite de la grève de 56 jours lancée par le Syndicat national des enseignants africains voltaïques (SNEAHV), un coup d’Etat sans effusion de sang porte au pouvoir le Comité militaire pour le redressement et le progrès national (CMRPN) le 25 novembre 1980. Le colonel Saye Zerbo en prend la tête.

- Les oukases du CMRPN : Le 1er mai 1981, le colonel Saye Zerbo lance, sous la pluie à la maison du Peuple, son programme marqué du sceau du volontarisme. Mais La détention prolongée des anciens dignitaires, la suppression du droit de grève par l’ordonnance numéro 0041/PRES/CMRPN du 1er novembre 1981, la restauration de l’autorisation préalable pour la presse (ordonnance 81/24/Press/ CMRPN du 12 août) et le mandat d’arrêt international contre le syndicaliste Soumane Touré ont fini par détériorer l’adhésion populaire dont a bénéficié le CMRPN à ses premiers moments.

- Démission de Sankara du gouvernement : nommé secrétaire d’Etat à l’Information le 8 septembre 1981, le capitaine Thomas Sankara démissionne avec fracas de son poste le 21 avril 1982. « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple », avait-il lancé.

- L’avènement du CSP : de jeunes officiers, dont le commandant Boukari Jean-Baptiste Lingani et les capitaines Thomas Sankara, Blaise Compaoré et Henri Zongo, renversent, le 7 novembre 1982, le CMRPN. C’est l’avènement du Conseil du salut du peuple (CSP), dirigé par le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. C’est le premier coup d’Etat sanglant, marqué surtout par l’assassinat de l’ancien commandant de la Gendarmerie, Nézien Badimbié. Il y eut également des victimes collatérales, précisément l’ancien ministre de la Santé, le docteur Rasmané Sawadogo et le commissaire de police Pierre Ouédraogo.

- Le PM Thomas Sankara aux arrêts : nommé Premier ministre du CSP le 10 janvier 1983, le capitaine Thomas Sankara fut arrêté le 17 mai de la même année. Résultat des luttes internes entre modérés et progressistes, pour ne pas dire marxistes du CSP, cette mise à l’écart du charismatique PM provoqua des manifestations de jeunes dans les rues.

- La Révolution : un commando venu de Pô et dirigé par le capitaine Blaise Compaoré s’empare du pouvoir dans la nuit du 4 août 1983. C’est le déclenchement de la Révolution sous la conduite du Conseil national de la révolution (CNR) présidé par Thomas Sankara. Cinq jours plus tard, l’ancien chef d’état-major, le colonel Somé Yorian Gabriel, et le commandant Fidèle Guébré, alors commandant du Régiment paracommando (RPC) de Dédougou, sont exécutés.

- Incendie de L’Observateur et premières exécutions politiques : Premier quotidien illustré du Burkina Faso, le journal privé L’Observateur est incendié dans la nuit du 10 juin 1984. Le lendemain, 11 juin, ont eu lieu les premières exécutions politiques. Sept personnes accusées de complot contre le régime furent passées par les armes. Ce sont : le colonel Didier Tiendrébéogo ; les lieutenants Moumouni Ouédraogo et Maurice Ouédraogo ; l’adjudant-chef major Barnabé Kaboré ; le sergent Moussa Kaboré ; l’homme d’affaires Adama Ouédraogo ; le pilote d’Air Burkina Anatole Tiendrébéogo.

- Les TPR : le 3 janvier 1984 s’ouvre à la maison du Peuple la première session des Tribunaux populaires de la révolution (TPR). A la barre, l’ancien président Sangoulé Lamizana. Accusé de mauvaise gestion des « fonds spéciaux », il sera finalement acquitté. Mais par la suite, les autres prévenus auront moins de chance : outre la confiscation de leurs biens, nombre d’entre eux connaîtront la prison.

- Et la Haute-Volta devint le Burkina Faso : à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution le 4 août 1984, la Haute-Volta prend le nom de Burkina Faso, qui signifie le « Pays des hommes intègres ». Ses habitants sont désormais appelés Burkinabè. Changement également d’hymne national, de drapeau et d’armoiries.

- La chute du CNR et l’avènement du FP : miné de l’intérieur par la guerre des groupuscules, le CNR finit par imploser par suite d’un sanglant coup d’Etat militaire le 15 octobre 1987. Le président Thomas Sankara et 12 autres de ses compagnons sont massacrés au Conseil de l’Entente. Le CNR est dissous et remplacé par le Front populaire (FP), dirigé par le capitaine Blaise Compaoré. Le nouvel homme fort annonce l’avènement de la Rectification. Les Comités de défense de la révolution (CDR) deviennent des Comités révolutionnaires (CR).

- Deuxième série d’exécutions politiques : accusés de complot contre le président Blaise Compaoré, le commandant Boukari Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo, chefs historiques survivants de la révolution, sont exécutés le 18 septembre 1989. Avec eux, le commandant Sabamba Koudamba et l’adjudant Gnignin Anessé.

- Reparution manquée de L’Observateur : après sept ans de traversée du désert par suite de l’incendie criminel de son imprimerie le 10 juin 1984, L’Observateur lance son numéro 2856 le 27 janvier 1989. L’événement est salué par une liesse populaire sans égale comme le symbole de la liberté retrouvée. Mais cette allégresse sera de courte durée, car dès le 30 janvier ses locaux sont arbitrairement scellés et la fourniture d’électricité coupée au poteau. Le journal ne reparaîtra pour de bon que le 15 février 1991 sous l’appellation de « L’Observateur Paalga ».

- L’ouverture démocratique : 1990 marque l’ouverture démocratique par suite du discours de la Baule conditionnant désormais l’aide au développement à la démocratisation. Après des hésitations les deux premières années, le Front populaire autorise les regroupements politiques. Ainsi naîtront les premières formations comme le Groupe des démocrates et patriotes (GDP) d’Issa Tiendrebéogo ; le Mouvement pour la démocratie et le progrès (MDP) d’Hermann Yaméogo et l’Organisation pour la démocratie populaire/ Mouvement du travail (ODP/MT) du pouvoir. Ouverture somme toute partielle, car tous ces partis devaient évoluer sous la houlette du Front populaire.

1991 - 2000

- La quatrième République : adoptée par référendum le 2 juin 1991 avec 93% de OUI, puis promulguée le 11 juin, la nouvelle Constitution institue la quatrième République et établit le multipartisme intégral.

- Premiers scrutins de la quatrième République : seul candidat en lice à la présidentielle en raison du boycott de l’opposition, Blaise Compaoré est élu avec 86,4% des voix (72,7% d’abstention) le 1er décembre 1991. S’ensuivront les législatives le 24 mai 1992 et les municipales en février 1995.

- Vague d’attentats à Ouaga : le secrétaire général du Parti du travail du Burkina (PTB), ex-numéro 2 du Front populaire, Clément Oumarou Ouédraogo, est tué le 9 décembre 1991 dans un attentat en plein Ouagadougou. La même nuit, Moctar Tall du Groupe des démocrates révolutionnaires (GDR) et Marlène Zébango du Parti de la convergence, des libertés et de l’intégration (PCLI), sortent miraculés de tentatives d’assassinat.

- Répressions à l’UO : par suite des manifestations à l’université de Ouagadougou en mai 1993, des forces de Police font une descente sur le campus. Le mouvement est réprimé dans la violence : arrestations et tortures de nombreux étudiants. Dabo Boukari, alors en 7e année de médecine, est porté disparu jusqu’à nos jours.

- Mort du père de l’indépendance : de retour d’une évacuation sanitaire à Paris, l’ancien président Maurice Yaméogo meurt le 15 septembre 1993 dans l’avion qui le ramenait à Ouaga.

- Organisation de la CAN : pour la première fois de son histoire, le Burkina a abrité la phase finale de la coupe d’Afrique des nations (CAN) du 7 au 28 février 1998. Trophée remporté par les Pharaons d’Egypte. Les Etalons du Burkina se classent, quant à eux, à la 4e place, battus par la RDC au terme d’un match à retournements spectaculaires.

- Drame à Sapouy : le directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant et président de la Société des éditeurs privés (SEP), Norbert Zongo, est assassiné avec trois autres compagnons de route le 13 décembre 1998 à Sapouy. Il s’ensuivra la crise politique la plus grave de l’histoire politique de la quatrième République.

- La difficile concorde nationale : par suite de la crise Norbert Zongo, un Collège de sages est mis en place, qui est présidé par l’archevêque de Bobo, Mgr Titiama Anselme Sanon. Comme solutions de sortie de crise, ledit collège préconise, entre autres, une Journée nationale de pardon (JNP) qui sera organisée le 30 mars 2001 au stade du 4-Août. Cérémonie boycottée par plusieurs organisations de la société civile et certaines familles de victimes de crimes politiques.

- Rood-Woko en flammes : le marché central de Ouagadougou, Rood-woko est partiellement consumé par un incendie le 27 mai 2003. Six ans après, le poumon économique de la capitale renaîtra de ses cendres. La réouverture officielle du marché a eu lieu le 16 avril 2009.

- Mort du père de l’armée burkinabè : l’ancien président le général Sangoulé Lamizana est décédé le 26 mai 2005.

- Ouaga sous les eaux : une pluie centennale s’est abattue sur la capitale le 1er septembre 2009 de 4 h à 16 h. Hauteur d’eau : 279,3 mm. Bilan humain : au moins sept morts et plus de 150 000 sans-abri. Les dégâts matériels s’élevaient à plusieurs milliards de francs CFA.

- De la réélection au cinquantenaire : 21 novembre 2010 : 4e scrutin présidentiel de la quatrième République. Sept candidats sont dans les starting-blocks. Au soir de l’élection, Blaise Compaoré l’emporte avec 80,15% des voix. 11-décembre 2010 : célébration du cinquantenaire à Bobo-Dioulasso en présence d’un parterre de chefs d’Etat étrangers. Au programme des festivités, débutées une semaine avant : inauguration et baptême d’infrastructures, de monuments et de rues ; cérémonie de décoration ; activité sportives et culturelles, grande parade civile et militaire ; feu d’artifice.

Rassemblé par Alain Saint Robespierre

L’Obserbateur Paalga

Messages

  • Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi les colonels Didier Tiendrebeogo, Some yorian et autres hommes de tenu ont ete execute sous le regime Sankara ?

    • salut frère, l’explication que j’ai, je la tiens des documents d’histoire que j’ai lus. en rappel, le CSP1 était composé deux forces : les modérés (dont le parti de Ki Zerbo, des militaires dont Somé Yorian...) et les progessistes (le ROC composé des 4 fondateurs de la RDP, des partis communistes...).Pour équilibrer les forces, Jean Baptiste Ouédraogo a été désigné comme quelqu’un de neutre pour être le président, le temps de trouver une solution. les modérés ont pris le dessus sur JB Ouédraogo. Somé Yorian est un protégé de Maurice Yaméogo, celui ci avait suggéré aux jeunes officiers (4fondateurs de la révolution) avant le renversement de Saye Zerbo,de rétablir Maurice Yaméogo en le ramenant au pouvoir après un coup d’Etat. Pour les progessistes, les vieux (civils comme militaires) sont des "réactionnaires" qu’il faut combattre. Il a existé donc entre Somé Yorian et les 4fondateurs, une sorte d’idéologie antagoniste.l’arrestation de Sankara et autres en mai 1983 était considérée comme une trahison de la part de Somé. c’est ce qui a justifié son exécution. Mais l’ordre de l’exécuter n’est pas parti de Sankara car celui ci s’était opposé à une prise du pouvoir par les armes. c’est pendant qu’il obtenait la capitulation de Jean Baptiste Ouédraogo par négociation, que Blaise compaoré s’appretait à attaquer Ouagadougou.
      voici l’explication que j’ai.

  • Chef,
    Tu as oublié le carnage de Koudougou en 1987 et
    l’assassinat de l’universitaire Guillaume Sessouma en 1989 ?

  • Merci pour les repères. Mais tu aurais pu faire porter un béret à Blaise pour montrer que, mis à part Maurice, notre pays a été dirigé et est toujours dirigé par des militaires en tenue ou à la retraite ; puisque les autres (paix aux âmes de Sankara et de Lamizana) sont aujourd’hui retraités également.

  • Merci pour cet effort de synthèse de l’histoire politique du Burkina. Il faut cependant corriger la date des événements qui on conduit au décès de DABO Boukary, il s’agit des événement de mai 1990 au lieu de 1993. Pour ceux qui ont vécu ces évènements sanglants (comme nous), il serait vraiment grave que cette vérité ne soit pas rétablit. Merci.

  • Quand vous parlez d’indépendance, commencez par rendre à césar ce qui est à César. N’oubliez pas de rendre un hommage mérité à ceux qui ont véritablement lutté pour l’indépendance avant 1960 : Ouezzin coulibaly, Nazi Bni, Philippe Zinda Kaboré, Joseph Ki-Zerbo et autres...

    On sait que Maurice Yaméogo a été le 1er président mais il n’Est pas de ceux qui ont véritablement lutter poue l’indépendance avant 1960.

    • Et comme ajout il n’est pas non plus celui que l’on peut considérer comme le père (Maurice Yaméogo) de la nation. Car père veut dire celui qui peut en assume la paternité, de la conception à la réalisation.
      Il faut nous faire une liste non exhaustive des crimes de tous les régimes et nous dire qui a le record de crimes. Il faut aussi souligner qui a fait le plus long règne.
      Ce ne serait pas trop vous demandez de nous faire le bilan du développement du Burkina Faso de l’indépendance à aujourd’hui

    • pour faire une liste des crimes par régime, c’est celui de Blaise compaoré qui detient le record inégalé. je viens de consulter une liste publiée dans le Bendré du 13/12/2010. sur 94 assassinats de 1982 à 2000, ceux commis du 15/10/87 à 2000 sont de 72. c’est le régime le plus sanguinaire. les raisons:1)c’est le seul régime qui a accédé au pouvoir en tuant son prédécesseur ; 2) c’est le régime qui a procédé à une chasse à la sorcière en tuant (27 octobre 1989 à Koudougou ; 18 septembre 1989 à Ouagadougou) ; 3) c’est le seul régime qui a liquidé des intellectuels nationalistes (Clément Ouédraogo, Guillaume Sessouma, Norbert Zongo).
      Si on garde à l’esprit qu’il tenait un pouvoir militaire (donc le pouvoir d’exécuter) de 1983 à 1987, il n’ya pas de doute, c’est le sanguinaire sans comparaison.
      c’est sûr que ceux qui ont souffert ont pardonné (peut être) mais n’ont pas oublié (surement).

  • BEAU TRAVAIL LES GARS. FÉLICITATION VOS RECHERCHES SONT APPROFONDIES

  • 50 ans d’indépendance,6 présidents et Compaoré en est à lui seul 23 ans de règne. Est ce que celà est juste, vous qui parlez d’indépendance ?

  • Merci Serein pour la rectification portée sur la date de décès de DABO Boukary. Il a été porté disparu plus exactement le 19 mai 1990.
    Nous ,membres de sa famille, ne saurons oublier la date exacte de son enlèvement suivi de sa disparition.

  • le plus grand mal qu’on puisse faire à ses gars, assassins san scrupule c’est de les laisser mourir d’eux meme. pour ne pas etre comme eux je les souhaite bon séjour sur terre. au ciel dieu est mieux placé pour décider.

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