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Eugénie AW Rokhaya, Directrice du centre d’étude des sciences et technique de l’information de Dakar (Sénégal) : « J’ai fait la prison deux fois dans l’exercice de mon métier »

Accueil > Actualités > Multimédia • • jeudi 7 octobre 2010 à 02h32min

A 58 ans, Eugénie AW Rokeio donne toujours l’impression d’une jeune fille. Toujours souriante, communicative, elle s’est beaucoup intéressée à la question de développement de la femme. Journaliste depuis 1971, elle occupe la fonction de directrice d’un institut de formation de journalistes depuis une dizaine d’années. Mariée et mère d’un enfant, nous l’avons rencontrée lors du congrès mondial de l’Union catholique international de la presse (UCIP).

Après les études secondaires, Eugénie s’inscrit en faculté de philosophie à l’université de Dakar. Elle sera plus tard admise à un concours d’art de la fonction. A l’issue de la formation, Aw va être captée par le quotidien d’Etat pour écrire des critiques. Un début de carrière très prometteuse dans le monde des médias. « A l’époque, le journal dans lequel j’écrivais s’appelait Dakar Matin. Quelques mois après, il devenait « Le Soleil ». On me confiait la tache d’animer une page féminine ». Une proposition qui ne sera pas déclinée par la journaliste. C’est ainsi que Aw va commencer à s’intéresser à la question de développement des femmes. « Je me suis dis qu’il ne fallait pas faire ce qu’on voudra que les femmes soient, mais plutôt ce qu’elles doivent faire pour jouer pleinement leur rôle dans la société », dit-elle.

Difficultés

Eugénie a commencé le journalisme dans les années 1971-1972. Une époque où l’on rencontrait rarement de femmes journalistes. « Souvent je me retrouvais seule dans une rédaction avec des hommes qui ne sont pas habitués à travailler avec des femmes ». Mais Aw a toujours tenu bon. Il y a des gens qui estimaient que le journalisme n’est pas un métier fait pour les femmes. Suivant l’image et selon la tradition, la femme est un être de l’intérieur alors que le journalisme est un métier ouvert, public et exigent. « Il faut souvent travailler jusqu’à tard dans la soirée ». Donc, pour une femme qui doit s’occuper de son foyer, cela pose certaines difficultés. Il fallait donc chercher des dispositions pour pourvoir concilier et le foyer et le travail. Toujours est-il que tout est une question de volonté, d’organisation et surtout de combat. Parce que, selon Aw, la femme est un être à part entière. Elle a aussi son rôle à jouer dans la société. Aussi, il faut toujours essayer de s’entendre au sein du couple. D’ailleurs un homme qui voudra le développement et l’épanouissement de sa femme l’aidera à persévérer. Malheureusement, il y a une multitude de contradictions dans nos sociétés concernant la femme, avec un taux extrêmement important de divorces.

Si fait que beaucoup de femmes pensent suivre leur homme plutôt que de continuer leur métier. Maintenant, dit-elle, il revient à la femme de se départir de l’image qu’on lui donne. Et se donner les moyens pour faire son travail le mieux possible.
D’ailleurs, les pays qui ont réussi ont dû comprendre qu’on ne peut mettre de côté 52% de la population.

Femme journaliste et la prison

Rokéio nous informe que plus tard, elle s’est engagée dans la politique. A l’époque, c’était le régime des partis uniques. Il n’était donc pas aisé de mettre en place des organisations contraires à l’aspiration du parti. D’autres organisations politiques étaient illégales selon le parti unique. « Nous avons travaillé clandestinement en vue de pouvoir éveiller les consciences », explique Aw. C’est ce cadre, qu’elle va effectivement faire l’objet de condamnation. Une fois pendant quelques mois sous le régime de Senghor et une autre fois pendant des jours sous le régime de Abdou Diouf. Mais dit-elle : « Nous avons vécu la prison avec beaucoup de fierté. Nous avons eu des soutiens aussi national qu’international ».

Le journalisme d’hier et d’aujourd’hui

Il y a eu beaucoup de changements selon notre invité de la semaine dans le monde des médias, surtout en faveur des femmes. A l’époque, dit-elle, on préférait envoyer les hommes pour faire des stages ou des formations plutôt que les femmes. Aussi, de nos jours on constate que les femmes s’intéressent au métier. Elles communiquent entre elles, elles arrivent à poser des actions constructives. Elles bénéficient maintenant des programmes de formations. Et, elles continuent toujours de se battre pour le droit des femmes dans la communication.

Bassératou KINDO
L’Express

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