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Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • jeudi 19 septembre 2019 à 23h30min
Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des  forces spéciales  aux opérations d’envergure »

Le 13 septembre 2019, les policiers du commissariat de Djibo, dans le Soum, abandonnaient leur poste ; livrant du même coup les populations à leur triste sort. Pendant que la Direction générale de la Police nationale évoquait un « repli tactique » d’une dizaine de policiers, le syndicat de la police, l’UNAPOL, lui, dénonçait « le mauvais équipement des policiers dans les zones de guerre » du fait de l’intransigeance d’une « hiérarchie militaire d’une autre époque ».

A quoi riment ces querelles de corps pendant qu’il y a péril en la demeure ?! La situation est loin d’être anecdotique. Elle interpelle sur l‘urgence pour le Burkina Faso de se doter d’une stratégie cohérente de lutte anti-terroriste à travers laquelle le primat serait donné aux forces spéciales avec un appui tactique des forces conventionnelles. La nature de la menace est telle que les hommes au front ne peuvent se payer le luxe de se regarder en chiens de faïence ou de dévoiler des secrets défense à l’ennemi qui n’en demandait pas mieux.

Les forces de défense et de sécurité au Burkina Faso évoluent dans un cadre juridique qui définit clairement les tâches et les responsabilités de chacune d’elles. Selon l’article 36 de la Constitution du 2 juin 1991, « le Président du Faso est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’État, du respect des accords et des traités ». Selon l’article 52, il est le chef suprême des armées.

A ce titre, il préside le Conseil supérieur de la défense. Il nomme le chef d’état-major des armées. Le Premier ministre, qui est le chef du gouvernement, est aux termes de l’article 63 de la Constitution, « responsable de l’exécution de la politique de défense nationale définie par le Président du Faso ». Le Premier ministre fait partie des autorités habilitées à demander, à travers une réquisition adressée à l’état-major des forces armées, l’intervention des forces de la 3ème catégorie dans le maintien de l’ordre public.

Créée au lendemain de l’indépendance et relevant du ministère de la Défense, le 1er novembre 1961, l’armée est chargée de la défense du territoire national. Cependant, de manière conjoncturelle, les militaires, en dehors de la gendarmerie, interviennent dans le maintien de l’ordre en tant que force de troisième catégorie.

Dans ce cas, l’armée constitue une force de complément dont l’intervention se fonde soit sur une réquisition, soit sur une demande de concours aux forces de sécurité publique pour lutter efficacement contre le grand banditisme et la criminalité frontalière.

Par ailleurs, les défis actuels de sécurité amènent les militaires à s’investir dans la sécurité intérieure dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Au Burkina Faso, la gendarmerie est une force à statut militaire chargée de missions de police mais qui, en cas d’état de siège ou de guerre, participe à la défense du territoire sous l’autorité du chef d’état-major général des armées.

La sécurité intérieure relève de la défense civile. Elle a pour objet d’assurer la protection permanente des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national, de veiller à la sûreté des institutions de l’État, de veiller au respect des lois et au maintien de la paix et de l’ordre publics. Les forces de police et de gendarmerie, les sapeurs pompiers et les autres corps paramilitaires interviennent de manière permanente en matière de sécurité intérieure.

Une armée politisée à outrance sous Blaise Compaoré

Sous Blaise Compaoré, les missions de l’armée ont été par moment dévoyées et l’armée elle-même politisée à outrance. C’est ainsi que certains officiers ont été arbitrairement promus au grade de général. Mais aujourd’hui encore, les divisions entre partisans et détracteurs du régime déchu au sein des forces de défense et de sécurité semblent persister. La dissolution, en 2015, du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), « armée dans l’armée » au service de Blaise Compaoré, est une pilule que beaucoup n’arrivent toujours pas à avaler.

Le Groupement de sécurité et protection républicaine (GSPR) est né sous les cendres du RSP pour assurer la sécurité du Président du Faso. Cette nouvelle unité hybride est composée d’éléments de l’armée de terre, de la gendarmerie et de la police. Le GSPR n’est pas sans poser quelques difficultés du fait de son caractère mixte. Ses éléments étant issus de corps différents et n’étant pas régis par les mêmes statuts, la cohésion de cette nouvelle unité n’est pas aisée à construire.

Le Président Roch Kaboré a hérité d’une armée sous -équipée, habituée aux douceurs des bureaux et des casernes et traversée par une fracture entre jeunes officiers et hauts gradés. Cette tension latente s’est manifestée lors du putsch manqué de septembre 2015 au cours duquel ces jeunes officiers ont pris l’initiative, face à l’inaction de la hiérarchie militaire, de mener la résistance contre le RSP.

Le coup d’État de septembre 2015 a accentué le clivage générationnel entre jeunes militaires, dont les aspirations sont proches de celles du peuple, et une hiérarchie qu’ils considèrent comme embourgeoisée, attachée à ses privilèges et souvent proche de l’ancien régime. La réforme des forces armées nationales enclenchée il y a quelques années, peine encore à se matérialiser.

Avec la recrudescence des attaques terroristes, le Burkina Faso se trouve dans une situation critique. Comment mener et gagner la lutte avec des hommes qui n’y avaient pas été particulièrement préparés ? Sans solution claire, l’armée a été engagée dans la lutte anti-terroriste. Est-ce là son travail quand on sait que sa mission première et régalienne c’est de défendre le pays contre tout ennemi extérieur clairement identifié ?

Dans la lutte contre le terrorisme, il n’ y a pas de front de combat car l’ennemi est invisible. C’est pour cette raison que l’on parle de guerre asymétrique. Ces dernières années, la conflictualité a évolué. Les terroristes sortent de leur sanctuaire le temps de frapper un objectif, puis, très vite, y retournent. Il faut avoir le même cycle de décision, ainsi que des forces très agiles.

Les hommes doivent disposer de renseignements fiables et d’une bonne évaluation de la menace afin de pouvoir facilement repérer les individus dangereux qui, pour perpétrer leurs attaques, se fondent souvent dans la population. La mission est de les trouver et de les contester dans leur zone d’impunité à partir de laquelle ils préparent leurs actions.

L’utilisation de la puissance a complètement évolué. L’armée qui a la plus grande puissance de feu a toutes les chances de l’emporter en cas de confrontation directe. Mais les mouvements terroristes ne sont pas du tout dans ce registre. Ils ne cherchent pas à s’opposer en puissance.

Ils cherchent la déstabilisation. Grâce à leur fluidité, leur fulgurance et leur ubiquité, les forces spéciales sont donc bien adaptées aux menaces émergentes, en nombre croissant, qui sont extrêmement furtives. Mais elles ne peuvent pas le faire seules. Pour agir, elles ont besoin de l’appui des autres forces, dites conventionnelles, de l’armée de terre et de l’armée de l’air. Il faut les voir au milieu d’un tout.

Forces spéciales ou l’efficacité dans la discrétion

Tous les grands pays ont leurs unités d’élite capables d’intervenir dans des conditions extrêmes. Ces soldats triés sur le volet, soumis à des formations et des entraînements surhumains, ont pour mission le contre-terrorisme, la libération d’otages ou les actions commando. Le Special Air Service Britannique s’est largement illustré pendant la Seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes avec sa devise "Qui ose gagne".

Le SAS a inspiré la France pour ses Forces spéciales. En France, depuis 2014, l’effectif des forces spéciales a augmenté d’un millier pour atteindre 4 000 hommes. Ces soldats ont d’abord fait leurs armes dans des unités conventionnelles avant de tenter la sélection drastique des forces spéciales. Ces hommes triés sur le volet sont prêts à intervenir partout et en tout temps.

Ces soldats de l’ombre interviennent le plus souvent dans l’anonymat. Leurs unités existent au sein des trois composantes de l’armée (air, mer, terre) et constituent aujourd’hui un maillon essentiel de la puissance militaire du pays. Leurs missions permettent des succès tactiques au service de grands objectifs stratégiques. Le commando Hubert est une unité d’élite.

Deux hommes de cette formation des forces spéciales françaises sont morts le 10 mai 2019, en libérant des otages au Burkina Faso qui avaient été enlevés au Benin. Cette unité de marine est la spécialiste des interventions les plus dangereuses. Aux Etats Unis, les Navy SEALs font partie de la demi-douzaine d’unités d’élite américaines. Le sigle SEAL signifiant "mer, air et terre".

Principale force spéciale de la marine de guerre américaine, elle date de 1962 et compte environ 2 000 soldats. Elle nécessite un an de formation agrémentée d’épreuves particulièrement intenses qui mettent à rude épreuve le physique et le moral. "La seule journée facile c’était hier". Telle est la devise de ces hommes. Déployés au Vietnam, dans le Golfe, en Afghanistan ou en Irak, ce sont eux qui ont traqué et éliminé Ben Laden dans la nuit du 1er au 2 mai 2011 à Abbottabad au Pakistan. La Shayetet 13 ou S’13, est l’unité de commando d’élite navale israélienne.

Contre-terrorisme, sabotage, collecte de renseignements maritimes ou encore exfiltration d’otages, sont ses principaux domaines d’intervention. En Russie, le corps d’élite des "Spetsnaz" a été mis en place en 1950. Ce sont les unités spéciales de la Direction générale du renseignement, le GRU. Elles sont les yeux et les oreilles de l’armée de terre russe.

Opérationnelles dans le monde entier avec comme seul mot d’ordre : efficacité maximale par n’importe quel moyen. Ce corps d’élite a été mis en place pendant la guerre froide, avec des entraînements hors norme. 02 candidats sur 10 seulement arrivent au bout du processus de sélection. Outre les capacités de combat au corps à corps, le sabotage ou l’étude des langues étrangères sont enseignés chez les "Spetsnaz".

En matière de lutte contre le terrorisme, le Burkina Faso dispose du Groupement des Forces Antiterroristes (GFAT). Cette unité opérationnelle interarmées temporaire a été créée par décret présidentiel le 30 novembre 2012 avec pour missions entre autres de renseigner sur toute présence ou activité terroriste ou criminelle sur le sol burkinabè, de protéger la frontière, les populations et les installations sensibles contre toute menace terroriste.

Le Groupement est composé d’éléments de la 1re Région Militaire, d’éléments du 25ème RPC, Régiment de Parachutiste Commando de Bobo-Dioulasso et de quelques éléments des autres régions militaires. Le GFAT comprend une structure de commandement ainsi que des unités d’intervention, d’appui et de soutien. La police nationale dispose aussi d’une unité d’élite d’intervention et de répression dénommée Unité d’intervention polyvalente de la police nationale (UIP-PN).

Les missions assignées à cette unité sont entre autres la lutte contre le terrorisme et les prises d’otage, l’appui aux polices urbaines et spéciales en situation de troubles graves à l’ordre public, la lutte contre le grand banditisme et toute autre mission à elle confiée.

A un autre niveau, on retrouve l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN). Cette unité a été créée à l’image du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) en France. Elle est spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, la libération d’otages, la lutte contre le grand banditisme, la protection de hautes personnalités en temps de crise, la protection particulière de personnes désignées par la Justice ou la hiérarchie, l’observation, la recherche et l’interpellation d’individus « dangereux ».

Ces hommes ont été particulièrement efficaces dans la neutralisation des terroristes ayant attaqué l’hôtel Splendid en janvier 2016. En matière de lutte contre le terrorisme, pour efficaces qu’elles soient, les opérations militaires d’envergure ne peuvent s’inscrire dans la durée. Otapuanu et Doofu ont fait et font toujours leurs preuves. Mais pendant combien de temps les hommes pourront-ils tenir quand on sait que la menace n’est pas circonscrite seulement aux régions de l’Est et du Centre Nord ?

Dans un tel contexte, il faut fédérer les différentes intelligences pour plus d’efficacité. Il ne s’agit pas de créer un monstre à l’image du RSP mais une unité d’élite qui permettra de décapiter l’hydre terroriste. Il faut des petits groupes autonomes de combattants hors pair, capables d’intervenir en moins de 15 minutes, partout au Burkina Faso, comme de rester en opérations mobiles sur le terrain pendant plusieurs jours s’il le faut.

Un entrainement et des équipements spécifiques sont donc nécessaires. Maintenant que tout se sait facilement, et que les terroristes ont des yeux et des oreilles mais surtout des complices qui leur permettent de détecter les mouvements de l’armée, l’infiltration discrète des combattants des forces spéciales est indispensable. Elles peuvent agir selon sur 05 axes névralgiques : l’attaque, la prise d’initiative, la traque permanente, la prise de mesures efficientes et le déploiement d’équipes appropriées avec des éléments légers (motos, JEEP,) Le succès des forces spéciales vient de la confidentialité de leurs missions.

L’Agence Nationale de Renseignements (ANR) fait déjà un travail méthodique en matière de renseignement opérationnel. Sur la base des différents rapports extrêmement précis qui sont produits, les unités spéciales peuvent se déployer sur le théâtre des opérations avec des effectifs réduits pour surprendre l’ennemi là où il se croit retranché. Ces forces doivent par moment adopter le même mode opératoire que les terroristes en se fondant dans la population.

Lorsque l’armée est déployée avec des chars et de l’armement lourd, les mouvements des troupes sont visibles. Avec les complicités locales, les hommes peuvent facilement être attaqués par des groupes terroristes car constamment exposés. Aujourd’hui, la réponse appropriée au terrorisme réside dans les unités spéciales, le renseignement et l’organisation de la résistance populaire.

A ce sujet, il ne serait pas contre -indiqué de doter l’ANR du colonel-major François Ouédraogo d’une unité spéciale qui pourra exploiter judicieusement les différents renseignements pour démanteler les groupes terroristes et leurs suppôts. Il ne faut pas se leurrer.

La solution est interne. Nul ne viendra se battre à notre place. Les Français l’ont rappelé aux autorités burkinabè la semaine dernière. Il urge donc de mettre à jour la politique nationale de défense et de sécurité. Le dispositif actuel est désuet et inadapté au nouveau contexte politico-sécuritaire. La maison brûle. Trêve de bavardage. Il faut aller au charbon. Il n’ y a plus de temps à perdre.

Jérémie Yisso BATIONO
Enseignant chercheur
Ouagadougou

Vos commentaires

  • Le 20 septembre à 03:47, par Kayak En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Il Faut être réaliste !!!
    13000 asques bleus , plus de 5000 soldats de la force g5 et toujours la situation insecuritaire catastrophique , que l on connaît aujourd hui .
    Seule la présence de l armée française , empeche nos ennemis , d entreprendre , des actions de masse , à decouvert , qu’ on se le dise .
    Mais avec une zone , à contrôler , plus grande , que l Europe, la tâche, est immense
    , la france , à les mains liées, à cause du droit d ingérence, et doit rendre des comptes , aux autorités militaires burkinabés , ce qui est logique dans un pays souverain étranger.
    Ce qui complique la donne , dans la mesure , ou les interventions antiterroristes doivent s effectuer , dans le secret et dans un delai eclair
    En tout cas , il faut s habituer dorénavant, à vivre avec cette menace et changer, nos mentalités d africains , parce que le problème, il est là ,
    Après bien évidemment , les solutions de votre article ,sont louables ,
    mais seul la volonté de sacrifice ultime , pour son pays , pèsera son poids ,dans la balance , et l union sacrée de tout un peuple rassemblé et unanime , pour vaincre , ces forces du mal ,
    le chemin est encore long , mais on y arrivera !!!!!

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  • Le 20 septembre à 07:12, par SOME En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    a-t-on besoin d’ouvrir des portes ouvertes Est-il besoin de faire une ecole de guerre pour savoir que le terrorisme se combat avec des equipes specialisées. Tous on sait que toute guerre se gagne par le renseignement. A-t-on besoin que le francais vienne nous dire que c’est a nous de combattre ? etc
    c’est d’abord une question de volonte politique !
    SOME

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  • Le 20 septembre à 08:15, par diam En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Merci pour ces propositions, c’est aussi votre contribution à la recherche de solutions efficaces contre le terrorisme.

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  • Le 20 septembre à 08:16, par Madock Traoré En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Excellent article.
    Mr BATIONO vous savez de quoi vous parlez.
    Beaucoup de courage à nos FDS.
    Nous allons plier mais pas tomber.
    Gouvernants, voici exposé les stratégies à mettre en œuvre.

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  • Le 20 septembre à 09:07, par Wadal En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Salut mr Bationo, en tout cas mieux vaut tard que jamais. Je salue ici votre analyse et je pense que cela n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Vous avez décortiqué, décrypté la situation avec justesse. Et votre opinion doit être prise en compte. Je vous demande si vous êtes spécialiste du domaine, approchez les autorités qui sont quelques fois pris de court pour votre expertise qui serait un grand apport ! Coordialement, merci !

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  • Le 20 septembre à 09:12, par Jerkilo En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Félicitations Dr BATIONO pour cette analyse pertinente. Que les autorités civiles vous lisent attentivement et prenne en compte de vos suggestions. Car le Burkina a mal à sa cohésion sociale et patriotique à tous les niveaux sociopolitiques. Malgré les menaces terroristes, on ne sent ni une inquiétude, ni un sursaut patriotique de la part des acteurs politiques et sociaux, ou du citoyen de base qui semble vivre dans l’insouciance patriotique surtout dans la région du Centre et particulièrement dans la ville de Ouagadougou. On a l’impression que la menace terroriste n’est pas prise à la mesure du vrai danger qu’il constitue sur le pays.
    Autres temps, autres mœurs, quand on se rappelle de la mobilisation populaire lors de la "Guerre des pauvres" au temps de la gouvernance de Lamizana et celle du CNR, on est étonné de ces comportements d’insouciance patriotique. Sinon, comment comprendre ce comportement de policiers abandonnant des populations à leur sort au lieu de les organiser pour résister ? Comportement soutenu par leur hiérarchie et leur syndicat sous le prétexte de repli tactique ou de manque d’équipement.
    Quand la cohésion sociale s’effrite dans un pays, le patriotisme ne constitue plus une valeur.

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  • Le 20 septembre à 09:14, par HUG En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Votre analyse est pertinente mais quel qu’en soit les mésententes, les dissensions entre les frères d’armes une seule chose devrait faire l’unanimité : Les attributions de tous ces corps concourent à un même objectif qu’est la défense du territoire national et la protection des biens et des personnes. En plus nous savons que la discipline fait la force des armées et des corps paramilitaires. Moi je pense qu’il y a d’autres causes qu’est le laxisme sinon comment comprendre que des gens sensés protéger des biens et des personnes plient bagage un beau matin avec des arguments qui ne tiennent pas du tout la route. Comment on qualifierait cela dans la fonction publique ? on qualifierait cela d’abandon de poste . Je suis sûr que ce comportement est aussi pire dans les statuts régissant les corps paramilitaires. Mais est ce que vous avez entendu une autorité se prononcer sur la question ?

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  • Le 20 septembre à 09:15, par SIDSORE LAMBRA En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Bj
    Tout d’abord mes félicitations pour cette contribution ;
    j’ai lu très attentivement votre analyse et vos propositions. je partage votre vision des choses et souhaite que l’armée aille plus loin en élargissant son champ de renseignements. Notre nation ne saurait être prise en otage par quelques individus barbares et sans âme.

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  • Le 20 septembre à 11:23, par garkou En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    BONNE ANALYSE. IL FAUDRAIT MIEUX LES PAYER POUR UNE VRAIE MOTIVATION

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  • Le 20 septembre à 11:38, par yat En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Vous avez tout dit : malheureusement ce pouvoir ne vous écoutera pas.

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  • Le 20 septembre à 12:23, par Philaretus En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Merci Monsieur BATIONO.
    Vous n’avez critiqué personne.
    Vous n’avez culpabilisé personne.
    Vous avez dépeint la réalité réelle ; instruit sur les zones d’interventions et les compétences de chaque corp de l’armée.
    Enfin, ce qui est noble et judicieux, vous avez apporté des solutions techniques, opérationnelles, tactiques et stratégiques pour vaincre le terrorisme au Burkina Faso.
    Vous êtes un Monsieur Formidable.

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  • Le 20 septembre à 12:24, par François En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Waouh ! Quelle profondeur d’analyse. JE me délecte réellement en vous lisant. Tout est clair, limpide avec des exemples précis. Aux dirigeants de prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Vous avez joué votre rôle d’intellectuel M. BATIONO. Félicitations à vous

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  • Le 20 septembre à 12:26, par Mathias En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Toutes les semaines, cet enseignant chercheur m’épate. Alors que les intellectuels burkinabè semblent avoir démissionné des réflexions sur le terrorisme, vous êtes l’un des rares sur qui la nation peut compter. Vos analyses sont pointues et pertinentes. Dieu vous bénisse Pr BATIONO !

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  • Le 20 septembre à 12:46, par policiers violeurs- général en fuite-gardes dealers En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    ON VIENDRAIT A REGRETTER LE RSP ?
    MAIS OUI MAIS NON !
    MAIS ALORS IL FALLAIT JUSTE CHASSER LES BREBIS GALEUSE MÊME DANS LA HAUTE HIÉRARCHIE TANT DE SACRIFICES POUR EN ARRIVER LA . NOS DEVISES PUBLIQUES ...

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  • Le 20 septembre à 12:54, par Droit dans les yeux ! En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Monsieur BATIONO, rien à redire.

    L’élaboration des stratégies de guerre n’est pas une discipline strictement militaire.

    Chapeau bas.

    Que qui de droit s’en approprie !

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  • Le 20 septembre à 13:32, par Le petit tranquilos En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Je valide tout ce que vous venez de relater. Il faudrait que l’armée se reveille et mettre en œuvre tout ce qui peut sauver le Faso. Si on parle, on dit que c’est de la stigmatisation. Il faudrait que certaines communautés invitent leurs parents a ne plus collaborer avec les terroristes. Si caresser aux poils ça peut faire avancer la lutte contre le terrorisme allons seulement. Si les OSC ne se lancent pas dans ce défi, et si les gens en ont trop supporté, ça risque de Peter un jour et bonjour les dégâts.
    Je vais garder ma bouche pour manger mon propre piment.

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  • Le 20 septembre à 14:12, par Alain En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Je viens de lire cette contribution hautement salutaire du Grand Kôrô Yamyélé. Je vous la partage

    Mr BATIONO, Dabii an warr. Je me permet de contribuer aussi à cet écrit propre de ta part. Il est et je cite en référence à lefaso.net que ‘’…..l‘urgence pour le Burkina Faso de se doter d’une stratégie cohérente de lutte anti-terroriste à travers laquelle le primat serait donné aux forces spéciales avec un appui tactique des forces conventionnelles’’.

    Voilà ! C’est exactement ce que votre bien-aimé Kôrô Yamyélé crie tous les jours sans être écouté. Il est souvent supporté dans ses cris par son ami KA. Personne ne nous a écouté jusque-là. Il a fallu que ça chauffe pour qu’on chance de tactique. On vous a toujours dit qu’une guerre conventionnelle avec des troupes agglutinées n’a jamais porté fruit devant une guerre de harcèlement. Voyez dans tout le monde entier et dans toute l’histoire des guerres, aucune armée conventionnelle n’a gagné une guerre contre une guérilla. Et généralement avec ce type de conflit de guérilla les conflits durent des années comme en Angola par exemple pendant 30 ans !!!

    Maintenant avec ce changement de tactique, on peut être sûr de remporter face aux terroristes. Je suis d’accord avec l’appui tactique des forces conventionnelles mais surtout les renseignements et non la brutalité et les enlèvements des citoyens sous prétexte de les interroger car on finit par les braquer plutôt et les endurcir contre les FDS.

    Contre les terroristes qui nous emmerdent jour et nuit et qui fuient pour se réfugier au Mali, montrant ainsi toute l’incapacité du Mali à les terminer, il faut utiliser ce qu’on appelle le TIOR ou Technique d’Intervention Opérationnelle Rapprochée. Le TIOR a récemment été complété par le C4, nettement plus agressif et offensif particulièrement pour les forces spéciales et l’infanterie en général. Le TIOR a été gradué de trois façons :

    1- une formation initiale pour tous les militaires (tous les soldats ont passé par là) ;
    2- une formation de perfectionnement pour des unités employées directement face aux terroristes ;
    3- une formation spéciale destinée aux commandos pour les unités spéciales (il y en a dans nos FDS et il suffit de les remuer un peu pendant une semaine pour qu’ils soient en forme et opérationnelles).

    Il faut aussi former des groupes légers de commandos avec un équipement très légers, les infiltrer au plus profond du Mali et sans avertir les autorités maliennes. Un parachutage nocturne dans une zone repérée à l’avance est possible. Appuyé par des renseignements des relais locaux, même s’il faut les payer grassement, leur rôle sera de repérer et assassiner tous les chefs des rebelles comme Iad Ag Ghaly et replier vite. Là nos commandos devront être choisis en fonction de leurs capacités intrinsèques, leurs résistances et leur résilience et capacité de survie. Si possible, ils doivent être capable de faire ce qu’on appelle le CQC ou Close Quarter Combative qui est composé de techniques martiales principalement adaptées à la survie en configuration militaire et dans ce type de combat, l’objectif est toujours le même quel que soit le style adopté : couteau, mains nues et lutte, et je suis désolé de le dire ouvertement pour la cause, il faut toujours utiliser les méthodes les plus brutales pour tuer son adversaire. Ici le concept fondamental est d’attaquer le bras armé en priorité afin d’annuler la puissance offensive de l’adversaire, ou de décapiter du groupe, c’est-à-dire tuer les chefs pour le disperser, le désorienter un moment et le frapper fort.

    Kôrô Yamyélé encourage nos FDS et prie Dieu pour eux et les souhaite bonne chance, bien que dans une opération commando, la chance n’est pas un paramètre à intégrer.

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 20 septembre à 16:59, par PIONG YANG En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Privilégions la négociation. Nous n’avons pas réussi par les armes, alors essayons sans les armes.

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  • Le 20 septembre à 17:16, par sheiky En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Belle analyse. je suis toujours sidéré par les personnes qui glorifient l’ancien régime. Il faut leur rappeler que l’une des raisons qui précipiter l’assassinat de Tom Sank a été la création de la FIMATS qui devait relever de la sécurité intérieure. Ainsi, le CNEC qui n’était plus sous son contrôle devait repartir à Pô. Blaise a plus ou moins copié cette stratégie en ramenant les commandos à Ouaga convertis sous le RSP. Il a également appris en sachant que le pouvoir ne se partage pas (en liquidant les autres), en concentrant le pouvoir militaire au RSP sous la poigne de son fidèle lieutenant (qui est fou) et en embourgeoisant, neutralisant, désarmant le reste de l’armée. On connaît la suite...
    je pense que les stratèges nationaux savent bien ce qu’il faut faire (Unités d’élites, synergie entre les FDS, capacité de mobilité instantanée, force de frappe et de riposte, renseignements, participation populaire). Mais le défi est multidimensionnel et semble pour le moment trop lourd pour nos autorités actuelles. Quand on y associe la fronde social, les urgences de tout part, les conflits politico-sociaux ..., on n’est pas sorti de l’auberge. Je corrige que ce sont les américains qui ont soutenu que la solution est burkinabé et qu’ils n’agiront pas comme les français par une présence terrestre. Leur approche nous empêche d’évoluer et nous fait perdre une partie de notre souveraineté. SI les français étaient aussi généreux, ils auraient plutôt fait un transfert, même partiel, de technologie, d’équipements et de formation. On fera le reste... On a tous en tête leur dernière libération d’otages avec les moyens mis en oeuvre.
    Il est vraiment temps qu’on bascule dans un nouveau modèle avec une montée en force progressive et rapide.
    Que Dieu bénisse le Faso en ce jour de vendredi

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  • Le 20 septembre à 18:04, par Baccar En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Qu’on nous foute la paix avec les arguments du genre "sous Blaise il n’y avait pas d’armée", "le RSP était une armée dans l’armée", etc... Qui étaient donc ceux qui, à coup d’ultimatums, ont menacé de marcher sur le RSP lors de la tentative de coup d’Etat de septembre 2015, et que quelques fantaisistes ont vite fait de surnommer "les boys" ? Etait-ce des mercenaires ? Qu’on nous le dise !

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  • Le 20 septembre à 21:07, par kouadio En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Le GFAT a ete cree par Blaisse Compaore ainsi que le GIGN burkinabe. Il y a eu des insuffisances, mais vous rendez le pays vulnerable avec ces fausses accusations. Le specilaiste en terrorisme, qui est sur tous les media et les revues s’appelle Mahamoudoiu Sawadogo a deja decortique la situation sans attaquer personne mais avec des propositions. Evitez d’accuser gratuitement l’ancien regime car ca ne nous avancera pas.

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  • Le 21 septembre à 11:25, par Aline En réponse à : Lutte contre le terrorisme : « Privilégier l’option des forces spéciales aux opérations d’envergure »

    Chapeau tout simplement Dr BATIONO. Vous êtes un digne patriote. Dieu vous bénisse en abondance pour la justesse de votre analyse et la pertinence de vos propositions.

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