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Procès du putsch manqué : « La responsabilité du coup d’État est imputable au groupuscule réfractaire et au général Diendéré », lieutenant Aliou Gorgo

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Marcus Kouaman • mardi 11 septembre 2018 à 23h30min
Procès du putsch manqué : « La responsabilité du coup d’État est imputable au groupuscule réfractaire et au général Diendéré », lieutenant Aliou Gorgo

Les auditions se suivent mais ne se ressemblent pas. À la barre ce mardi 11 septembre 2018, le lieutenant Aliou Gorgo, accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’État, meurtre, coups et blessures volontaires, a « émerveillé » le parquet et les avocats de la partie civile, par la cohérence de son récit avec les procès-verbaux.

L’interrogatoire du lieutenant Jacques Limon s’est poursuivi ce mardi 11 septembre 2018 à la barre. L’accusé, qualifié de « taupe du général Diendéré » pendant le coup d’État, a campé sur sa position. Le rapport de l’expert informatique n’est pas véridique ;

c’est un complot contre sa personne, tout simplement parce qu’il a voulu faire son travail (http://lefaso.net/spip.php?article85367).

À la suite de ce dernier, c’est le lieutenant Aliou Gorgo qui est invité à la barre. De son récit, l’on peut retenir que du 16 au 26 septembre 2015, l’officier du Groupement des unités d’interventions de l’ex-RSP est resté au camp Naaba Koom II (quartier consigné).
Il se rappelle la réunion des officiers du corps avec le général Diendéré, au Poste de commandement, le 16 septembre 2015 autour de 16h30. C’est au cours de cette rencontre que l’officier général les a informés que les autorités de la Transition étaient aux arrêts et s’est excusé de n’avoir pas tenu tout le monde au courant, car « ce genre de choses, on ne peut pas dire à tout le monde ».

C’est à cet instant que le commandant Aziz Korogo, qui assurait l’intérim du chef de corps du RSP, a demandé au général Diendéré si l’armée était au courant. Et le général de répliquer qu’il se rendait au ministère de la Défense pour rencontrer la hiérarchie militaire à cet effet. Au cours de cet entretien, l’accusé se rappelle que le caporal Sami Dah (qui n’avait pas sa place dans cette rencontre des officiers), était dans la salle et portait un casque, un gilet pare-balles et un fusil AK47 comme arme.

Plus tard, vers minuit, le général Diendéré est revenu vers eux pour dire qu’une délégation de la hiérarchie militaire devait venir pour une rencontre au camp Naaba Koom II. C’est au cours de cette rencontre que les « sages », composés entre autres de monseigneur Paul Ouédraogo et du président Jean-Baptiste Ouédraogo, ont demandé de libérer les autorités retenues.

C’est pendant ces négociations que des sous-officiers comme l’adjudant-chef major Eloi Badiel, l’adjudant-chef Moussa Nébié dit « Rambo » et l’adjudant Jean Florent Nion sont revenus sur les problèmes que l’ex-RSP connaissait. Des propos que le capitaine Abdoulaye Dao et le capitaine Ousseni Zoumbri ont tenté de mieux expliquer aux sages.
N’ayant pas trouvé d’accord pour la libération des autorités, les visiteurs sont repartis. À la question du parquet et des avocats de savoir si monseigneur Paul Ouédraogo a dit d’assumer le coup « car le pays n’a pas besoin d’être dans une incertitude », l’accusé dit ne pas pouvoir confirmer ou infirmer ces propos tenus par ceux qui l’ont devancé à la barre.

Le lieutenant Gorgo reconnaît avoir envoyé le lieutenant Boureima Zagré (revenu en permission d’une mission onusienne) occuper la Place de la nation le 20 septembre, pour éviter tout rassemblement. Il reconnaît l’avoir envoyé sécuriser la poudrière de Yimdi le 21 septembre 2015, après l’attaque qui a causé un mort. L’accusé était sceptique quant à l’aboutissement de ce coup de force, car les officiers militaires ainsi que le corps de l’ex-RSP ont été mis à l’écart. Pour lui, ce n’est pas un sous-officier qui allait le commander.

À la question du parquet de savoir qui a fait ce coup d’État, l’accusé affirme que « la responsabilité du coup d’État est imputable au groupuscule réfractaire et au général Diendéré ». « De quel groupuscule s’agit-il ? », relance le parquet. L’accusé cite le soldat Boureima Zouré, le sergent-chef Roger Koussoubé dit le « Touareg », le sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo. À l’en croire, c’est d’ailleurs ces derniers qui composaient le fameux « commando invisible » qui commettait des exactions en ville.

Le lieutenant Gorgo a souligné que les officiers étaient surveillés par des binômes à moto, qui avaient pour mission d’épier leurs faits et gestes et de les tuer si toutefois ils tentaient quelque chose. L’accusé a été félicité par le parquet et les avocats des parties civiles et certains de la défense pour la simplicité, l’humilité et la constance de ses déclarations dans les procès-verbaux et à la barre. Son interrogatoire se poursuit le mercredi 12 septembre 2018 à 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

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